Le Centre Spirite Lyonnais Allan Kardec



3ème partie - suite

LES MESSAGES DES BONS ESPRITS A PROPOS DES DOCTRINES RELIGIEUSES

 

 

L'ENSEIGNEMENT DU CHRIST COMPARE AU CHRISTIANISME ACTUEL

Prenez garde qu'il ne se trouve quelqu'un pour vous réduire en esclavage
par le vain leurre de la philosophie, selon une tradition toute humaine,
selon les éléments du monde, et non selon le Christ.
Colossiens 2 : 8

Lors de ma première séance spirite, j'avais adressé la question suivante à l'esprit qui parlait par la bouche du médium : « Comment se fait-il que de nos jours le christianisme semble avoir perdu presque toute influence sur l’humanité ? » Il me fut répondu que nous ne possédions plus la doctrine du Christ dans toute sa pureté et sa clarté primitive, mais qu'avec le temps beaucoup d'erreurs s'étaient glissées dans le Christianisme. Par la suite, des détails me furent donnés à ce sujet. On m'apprit la différence entre l'enseignement du Christ et les dogmes inventés par les Eglises chrétiennes au fil des siècles, surtout ceux de la religion catholique à laquelle j'avais appartenu en tant que prêtre. Voici ce qui me fut communiqué :

Le monde des Esprits de Dieu comme source de vérité
« Où se trouve l'eau la plus pure et la plus claire d'un fleuve ? A la source, ou bien à l'embouchure ? Sûrement à la source. L'eau de source, une fois devenue ruisseau, perd de sa fraîcheur, de sa pureté et de sa clarté. Des affluents aux eaux troubles viennent de droite et de gauche et se mélangent au ruisseau. Puis le cours d'eau reçoit les vidanges des maisons et les écoulements chargés d'immondices provenant des bêtes, des hommes et des installations industrielles. Quiconque voudrait boire à cette eau ne s'en trouverait pas désaltéré. S'il en boit, ce sera avec répugnance, en cas d'extrême besoin, et s'il n'a pas à sa disposition de l'eau pure.
La vérité subit le même sort. Puisée à la source, elle s'avérera une boisson rafraîchissante et réconfortante pour l'esprit humain. Puisée dans le ruisseau qui a déjà coulé sur un long parcours à travers les vallons des erreurs et des passions humaines, elle aura perdu sa pureté et sa fraîcheur. Ce mélange de mensonges et d'erreurs lui aura donné une saveur amère et elle ne sera bue qu'avec dégoût par quiconque est assoiffé de vérité. Ce n'est que lorsque l'eau de source pure lui manquera qu'il puisera dans le ruisseau.
Ainsi en est-il de la doctrine du Christ. Tout comme l’eau de source devenue rivière après avoir traversé les régions peuplées, elle a été également polluée dans son cheminement à travers l’histoire humaine. Les mauvais penchants de l’homme et les puissances du mal environnantes ont troublé et rendu insipide la pure doctrine du Christ, lui ôtant ainsi sa vertu vivifiante.
La source de la vérité est Dieu. L’homme, le terrien, n’y a pas accès. Il dépend exclusivement des porteurs d’eau de la vérité qui la puisent à la source. Les Esprits de Dieu sont les seuls porteurs à être admis à puiser à cette source. Eux seuls possèdent les vases sans souillures dans lesquels ils peuvent apporter à l’humanité la vérité dans toute sa fraîcheur et sa pureté.
Le premier et le plus grand porteur de la vérité a été le Christ, quand il était esprit, avant son incarnation. Il a été le premier à administrer à l’humanité primitive le breuvage de la vérité, soit personnellement, soit par l’intermédiaire des Esprits dont il était le chef. Voilà qui explique les échanges intenses entre le monde des Esprits et l’humanité malade de l’Ancien Testament. Voilà qui explique les allées et venues des Esprits de vérité, au début du Nouveau Testament, qui puisaient sans relâche l’eau de la vérité à la source divine pour l’administrer au nom du Christ aux humains assoiffés de connaissance.
Par conséquent, un des principes fondamentaux du vrai christianisme est que les hommes ne peuvent pas prêcher d’eux-mêmes et annoncer la vérité. Les hommes ne peuvent qu’être les instruments du monde des Esprits de Dieu.
Le Christ, durant son incarnation humaine, ne pouvait pas par lui-même accéder à la source de vérité. En tant qu’homme, il n’en savait pas davantage que les autres hommes. Toutes les connaissances que le Christ avait possédées, lorsqu’il séjournait auprès de Dieu comme esprit premier créé, s’étaient éteintes au moment de son incarnation. C’est une loi des corps matériels qui fait que ces connaissances disparaissent chez tous les hommes, bien que tous aient vécu autrefois auprès du Père comme Esprits de Dieu. La propriété de la matière, qui est de détruire le souvenir de l’existence passée, produisit son effet habituel sur le Christ incarné, comme sur tout autre esprit incarné dans un corps humain. Le Christ incarné fut donc obligé d’avoir recours aux Esprits que lui envoyait son Père. Il le confirme par ces paroles : En vérité, en vérité, je vous le dis, vous verrez le ciel ouvert et les anges[1] de Dieu monter et descendre au-dessus du Fils de l'homme (Jean 1 : 51). N’étant qu’un envoyé de Dieu, le Christ demeurait semblable à tous les autres envoyés de Dieu avant lui. Eux aussi recevaient leurs instructions des Esprits de Dieu. Hénok, Abraham, Moïse, tous les prophètes de l’Ancien Testament ne parlaient jamais en leur nom. Pour tous ceux-là la parole de Pierre est valable : Avant tout, sachez que toute prophétie de l'écriture ne provient d'aucune interprétation personnelle ; en effet, aucune prophétie n'est jamais venue d'une volonté humaine, mais c'est soutenu par un esprit saint que des humains ont parlé de la part de Dieu[2] (Pierre 1 : 20 - 21). C’est à dire qu’un esprit de Dieu leur inspirait ce qu’ils devaient dire.
Le Christ lui-même faisait constamment ressortir qu’il ne parlait pas de lui-même, mais qu’il ne transmettait que ce que le Père lui avait enseigné. Le Père lui communiquait les instructions nécessaires par le biais de ses messagers, les Esprits qui montaient descendaient sur le fils de l’homme : Quand sera élevé le fils de l'homme, alors vous reconnaîtrez que je suis moi, et que de moi-même je ne fais rien, mais ainsi je dis ce que le Père m'a enseigné[3] (Jean 8 : 28).
Ceux qui diffusent et propagent la doctrine du Christ ont le devoir de puiser à la même source de vérité que le Christ lui-même. En premier, ce fut le cas pour les apôtres. Il ne fallait surtout pas qu’ils communiquent selon leur propre interprétation ce qu’ils avaient appris du Christ. Il arrive fréquemment que des malentendus se glissent dans ce que les hommes rapportent de ce qu’ils ont entendu. Si cent personnes entendent la même chose, chacune de ces personnes fera, sur un point ou un autre, un récit différent de ce qui a été dit, ou de ce que l’on a voulu dire. C’est pourquoi les apôtres durent à nouveau être instruits par les Esprits de Dieu sur ce que le Christ leur avait appris, afin d’éviter que de fausses interprétations provoquent des erreurs. Les Esprits de Dieu devaient leur confirmer la doctrine enseignée par le Christ et leur communiquer de nouvelles vérités que le Christ avait été obligé de leur cacher. En effet, certaines vérités ne devaient pas être divulguées avant la mort du Rédempteur pour ne pas nuire à l’accomplissement du plan de Dieu. De plus, les apôtres n’étaient pas encore mûrs et prêts à recevoir ces vérités, et par conséquent, ils ne les auraient pas comprises.
L’exactitude de ces explications se trouve confirmée par le Christ lui-même : et je prierai le Père et il vous donnera un autre paraclet[4], pour qu'il soit avec vous à jamais, l'esprit de vérité, que le monde ne peut pas recevoir, parce qu'il ne le voit pas ni ne le reconnaît. Vous, vous le connaissez, parce qu'il demeure auprès de vous et qu'il est en vous (Jean 14 : 16 – 17). J'ai encore beaucoup à vous dire, mais vous ne pouvez pas le supporter à présent. Mais quand il viendra, lui, l'esprit de vérité, il vous introduira dans la vérité tout entière ; car il ne parlera pas de lui-même, mais ce qu'il entendra, il le dira et il vous dévoilera les choses à venir (Jean 16 : 12 – 13). Je vous ai dit cela tandis que je demeurais près de vous. Mais le paraclet, l'esprit saint, que le Père enverra en mon nom, lui, vous enseignera tout et vous rappellera tout ce que je vous ai dit (Jean 14 : 25 – 26). D’après ces paroles, les Esprits devaient accomplir une double tâche. Tout d’abord celle de remettre en mémoire l’enseignement dispensé par le Christ lorsqu’il était homme et d’en confirmer l’authenticité. Ensuite celle de prolonger l’enseignement du Christ et de communiquer les vérités que le Christ, pour les raisons évoquées, n’avait pas encore révélées. De plus les Esprits devaient rester auprès des croyants parce que la puissance du mal et la faiblesse humaine menaçaient constamment d’induire des erreurs. Ainsi, les générations à venir ne seraient pas réduites à dépendre des seules traditions religieuses de leurs ancêtres. Chacun sait que les traditions ne sont pas une garantie contre l’erreur. Les traditions n’offrent aucun moyen pour faire la différence entre ce qui provient de la source divine et ce qui a pour origine l’erreur humaine.
Donc, selon la promesse du Christ, les messagers célestes revenaient sans cesse sous la forme d’Esprits de vérité. D’ailleurs, les apôtres se réclamaient toujours de ces Esprits en demandant aux hommes de croire à leur doctrine. Paul fait constamment mention de ces porteurs de la vérité : Car c'est à nous que Dieu l'a révélé par l'esprit ; l'esprit en effet sonde tout, jusqu'aux profondeurs de Dieu. Qui donc entre les hommes sait ce qui concerne l'homme, sinon l'esprit de l'homme qui est en lui ? De même, nul ne connaît ce qui concerne Dieu, sinon l'esprit de Dieu. Or, nous n'avons pas reçu, nous, l'esprit du monde, mais l'esprit qui vient de Dieu, pour connaître les dons gracieux que Dieu nous a faits. Et nous en parlons non pas avec des discours enseignés par la sagesse humaine, mais avec ceux qu'enseigne l'esprit, exprimant en termes spirituels des réalités spirituelles. L'homme psychique[5] n'accueille pas ce qui est de l'esprit de Dieu : c'est folie pour lui et il ne peut le connaître, car c'est spirituellement qu'on en juge[6]. (Corinthien 2 : 10 - 14). Vous êtes manifestement une lettre du Christ, apportée par nous, qui a été écrite non avec de l'encre mais avec un esprit du Dieu vivant[7] (Corinthiens 3 : 3). Sachez-le, en effet, mes frères, l'évangile que j'ai annoncé n'est pas à mesure humaine, ce n'est pas non plus d'un homme que je l'ai reçu ou appris, mais par une révélation de Jésus Christ (Galates 1 : 11 – 12).
Il n’y a pas que les apôtres qui reçurent leur doctrine du Christ, mais également les médiums que l’on rencontrait partout dans les communautés chrétiennes. Tu sais qu’on les appelait « prophètes[8] » . Paul écrit que les mystères du Christ viennent : d'être révélé maintenant à ses saints apôtres et prophètes, par l'esprit (Ephésiens 3 : 5). Grâce aux médiums qui étaient les instruments des bons Esprits, les fidèles pouvaient toujours, et à tout moment, s’assurer de la valeur d’une vérité et comment il fallait l’interpréter. Voilà pourquoi Paul écrit aux Philippiens : et si, sur quelque point, vous pensez autrement, là encore Dieu vous éclairera. (Philippiens 3 :15). Ils pouvaient donc consulter Dieu à volonté dans les assemblées du culte et ils recevaient la réponse des Esprits de Dieu qui s’exprimaient par la bouche des médiums.
Pierre dit clairement que les prophètes anciens et ceux de son temps annonçaient l’évangile avec le concours d’un esprit saint envoyé du Ciel[9]. Dans une autre épître Pierre ajoute : Avant tout, sachez-le : aucune prophétie de l'écriture n'est objet d'explication personnelle ; ce n'est pas d'une volonté humaine qu'est jamais venue une prophétie, c'est poussés par un esprit saint[10] que des hommes ont parlé de la part de Dieu (Pierre 1 : 20-21). Le mot « prophétie », que l’on trouve si souvent dans la Bible, ne signifie pas, comme vous le pensez parfois, la prédication d’un événement à venir. Une prophétie est tout message venant d’un esprit de Dieu et transmis par la bouche d’un médium humain.
Dans l’Ancien Testament, Dieu invitait les hommes à venir chercher la vérité auprès de lui : « Consultez moi ! ». Et Dieu la leur communiquait par ses Esprits. Selon son propre aveu, le Christ devenu homme recevait la vérité par le biais des Esprits de Dieu. Il promis à ses apôtres de les initier à toutes les vérités par l’intermédiaire des Esprits de vérité. Les apôtres témoignent que cette promesse du Christ s’est réalisée et que, par conséquent, la doctrine leur a été communiquée par des Esprits de Dieu. »

Le christianisme actuel ne possède plus cette source
« D’ou le christianisme actuel puise-t-il la vérité ?
Les prédicateurs chrétiens des différentes confessions religieuses peuvent-ils prétendre qu’un esprit de Dieu parle par leur bouche ? Peuvent-ils affirmer avec Paul qu’ils ont reçu leur doctrine non des hommes, mais qu’ils la tiennent d’une révélation du Christ sans l’avoir apprise autrement ?
Non, ils ne le peuvent pas !
Ils ne sont que des serviteurs, des employés de leurs Eglises. Ils ont appris la doctrine de leur Eglise respective dans les écoles, les séminaires et les universités. Ils ont appris la sagesse humaine, la sagesse dispensée par des professeurs et farcie d’erreurs pour la répéter à leur tour à leurs fidèles. Ils ne savent rien de ce qui vient des messagers de Dieu et des porteurs de la vérité.
Comme le dit Paul, c’est folie pour eux de croire qu’aujourd’hui un enseignement puisse venir d’un esprit de Dieu. Selon eux, ce n’est plus nécessaire. Ils pensent que cela était utile autrefois, lorsque l’humanité ignorait les connaissances de votre siècle moderne. Bien sûr, Moïse devait encore se mettre en relation avec les Esprits de Dieu et consulter Dieu pour accéder à la vérité. Bien sûr, les grands prophètes, le Christ et les apôtres devaient faire de même. Mais ils disent qu’aujourd’hui tout cela est désuet et a fait son temps. Vous vous fiez au progrès de votre science livresque. Vous savez écrire, vous puisez votre science dans des millions de livres savants à votre disposition. Et ce sont précisément vos théologiens, vos docteurs et vos professeurs ès sciences sacrées, si imbus de leur savoir, qui ont introduit les doctrines contre lesquelles Paul met en garde quand il dit : Prenez garde qu'il ne se trouve quelqu'un pour vous réduire en esclavage par le vain leurre de la philosophie, selon une tradition toute humaine, selon les éléments du monde, et non selon le Christ (Colossiens 2 : 8). Ou encore : Pour avoir dévié de cette ligne, certains se sont fourvoyés en un creux verbiage ; ils ont la prétention d'être des docteurs de la loi, alors qu'ils ne savent ni ce qu'ils disent, ni de quoi ils se font les champions (Timothée 1 : 6 - 7). Ceux-là sont les diviseurs, des instinctifs, qui n'ont pas un esprit. Vous, bien aimés, édifiez vous vous-même sur votre très sainte foi, priant dans un esprit saint[11](Jude 19 - 20). »

Les erreurs qui découlent de ce fait
« Les Esprits de Dieu ont depuis longtemps été écartés par et dans les Eglises chrétiennes. Les dirigeants des Eglises ont étouffé l’esprit saint. Mais là où les Esprits de Dieu ont dû céder, d’autres Esprits ont pris leur place. Voici ce qu’en dit Paul à Timothée : L'esprit dit expressément que, dans les derniers temps, certains renieront la foi pour s'attacher à des Esprits trompeurs et à des doctrines diaboliques, séduits par des menteurs hypocrites marqués au fer rouge dans leur conscience (Thimothée 4 : 1 – 2). Les puissances du mal ont remplacé les Esprits du bien pour masquer la vérité et lui substituer le mensonge. Elles utilisent toutes les faiblesses humaines pour atteindre leur but. Elles se servent de la volonté de domination, de l’ambition orgueilleuse des savants, de la soif de puissance, de la course aux honneurs, à l’argent et au bien-être matériel. Toutes ces faiblesses les aident à falsifier les vérités sur la sagesse, l’amour et la pitié de Dieu. Toutes ces faiblesses leur permettent de forger des liens avec lesquels les dirigeants des Eglises asservissent les peuples naïfs et inexpérimentés pour les plier selon leurs intérêts.
La racine de tout mal est la cupidité, le désir immodéré des richesses[12]. Or l’argent joue un rôle capital dans vos Eglises chrétiennes. Satan savait ce qu’il faisait lorsqu’il fit de la collecte de fonds un élément nécessaire à l’organisation des religions. Il savait que par l’argent il arriverait facilement à conduire les dirigeants ecclésiastiques à l’erreur. Satan savait qu’aucun d’eux ne mettrait en péril une carrière brillante et bien rémunérée de fonctionnaire de l’Eglise, même s’il devait s’apercevoir d’une erreur dans la doctrine qu’il s’évertuait à prêcher.
C’est ainsi que, dès le moment où l’on renonça à communiquer avec le monde des Esprits de Dieu, les erreurs les plus variées et les plus dommageables furent introduites dans le christianisme. De siècle en siècle la situation empirait. Une vérité après l’autre fut contaminée par l’erreur et rendue incompréhensible. Quelle en a été la conséquence ? Aujourd’hui vous vous trouvez confronté à un christianisme entièrement divisé. Vous voyez d’innombrables organisations religieuses qui prêchent tout sauf la vérité, et dont chacune fait passer son credo pour la véritable doctrine du Christ. Comment dans ces conditions, pouvez vous vous étonner qu’un christianisme, si dénaturé, si divisé, n’exerce plus d’influence sur l’humanité ? Rendez au peuple le christianisme des premiers chrétiens ! Enlevez de ses épaules le poids que vous lui faites porter par des préceptes de votre cru, issus de votre despotisme et de votre esprit autoritaire [13]. Mettez à nouveau les hommes en communication avec les messagers de Dieu porteurs de la vérité. Vous serez alors étonné de voir quelle influence le vrai christianisme est capable d’exercer sur l’humanité actuelle.
L’Eglise catholique essaie de se convaincre que l’éclatement provient du fait que les autres communautés chrétiennes se sont séparées d’elle, la seule vraie Eglise capable de procurer le salut. Je vais te démontrer que l’Eglise catholique, elle non plus, ne possède plus grand chose, et même pratiquement plus rien, du christianisme du Christ et des apôtres. »

L’inexistence de l’infaillibilité papale en tant que source de vérité
« L’Eglise catholique a certes réussi à trouver un palliatif humain pour remplacer les Esprits de Dieu qui étaient actifs dans les premiers temps du christianisme. Pour cela elle inventa l’infaillibilité papale. C’était la solution la plus simple pour contourner toute question sur la vérité. Le Christ serait ainsi débarrassé du souci de devoir envoyer les Esprits de vérité aux hommes égarés comme il s’y était engagé. De plus, le Christ se trouvait délié de sa promesse de rester auprès des siens tous les jours jusqu’à la fin des temps. N’y avait-il pas un « vicaire du Christ » sur la terre ? Là où il y a un vicaire, celui dont il est le vicaire n’a plus besoin de remplir ses fonctions.
Par la proclamation du dogme de l’infaillibilité d’un vicaire de Jésus-Christ sur terre, la communication des vérités divines fut totalement abandonnée aux mains d’hommes pêcheurs et faillibles. Les Esprits de Dieu, messagers de la vérité, s’en trouvaient écartés. Ainsi la porte fut largement ouverte à la fantaisie, au caprice et au despotisme des hommes.
Vous osez dire que « l’Esprit Saint » prête son concours lors de l’élection du pape. Cependant vous ne pouvez citer aucun cas où un pape aurait été désigné directement et nommément par un esprit de Dieu. Est-ce qu’une seule fois, lors d’un conclave, un esprit de Dieu a fait savoir, par l’intermédiaire de l’un des cardinaux électeurs faisant office d’instrument, qui devait être élu pape ? Les Esprits de Dieu procédaient pourtant ainsi dans les premières communautés chrétiennes, ils utilisaient la bouche des médiums lorsqu’il s’agissait d’élire un presbyte ou un épiscope. Il n’y a qu’à se reporter à l’histoire des papes pour se rendre compte comment les choses se passaient. Bien souvent, on aurait pu croire à des manœuvres diaboliques. Les intrigues et les machinations se multipliaient. On ne reculait pas devant l’emploi des armes pour couronner de la tiare les partisans et les favoris de certaines familles. N’y a-t-il pas eu des papes dont les faits et gestes ressemblaient davantage à ceux d’un instrument de l’enfer plutôt qu’aux comportements d’un serviteur de Jésus-Christ ? Alors, pour contourner cette objection, vous avez construit une curieuse explication. Quand il s’agit du pape, vous faites une distinction entre le pape en tant qu’homme et le pape en tant que vicaire du Christ. Vous prétendez que même l’homme le plus abject, dès qu’il devient pape, remplace le Christ sur terre et acquière soudainement l’infaillibilité en matière de foi. Donc, il pourrait être un instrument de Satan et en même temps le vicaire du Christ. N’est-ce pas là la plus grande injure que vous puissiez faire à Dieu et au Christ ? Aucun homme, quel qu’il soit, ne pourrait devenir, même pour une heure le vicaire de son ennemi juré. Croyez-vous que Dieu confierait ses dons de grâce et de salut à un serviteur de l’enfer ? Tout homme qui réfléchit un tant soit peu répondra non à une pareille question.
Les Esprits n’apportent leurs dons qu’à des êtres fidèles à Dieu et ils les abandonnent quand cette fidélité cesse. L’histoire de Saül te renseigne suffisamment à ce sujet. Tant que le roi béni de Dieu restait fidèle à Dieu, ses contacts avec les Esprits de Dieu étaient quotidiens et il pouvait « consulter Dieu » à chaque fois qu’il désirait mieux comprendre telle ou telle vérité. Dieu répondait sans tarder par l’intermédiaire de ses Esprits de vérité. Dès que Saül cessa d’être fidèle à Dieu, toute communication, tout échange, avec les Esprits de Dieu s’arrêta aussitôt. Ses questions faites à Dieu restèrent sans réponse. Ce furent alors les Esprits du mal qui prirent la relève. Tous les dons que Saül avait reçus lui furent retirés.
Un homme mauvais ne peut être et ne deviendra jamais le détenteur de dons sacrés venant de Dieu, et un pape pervers non plus. Par conséquent, on peut affirmer que les mauvais papes n’ont jamais possédé le don de l’infaillibilité. Comme vous n’avez aucun moyen de savoir avec certitude si un pape, ou un autre homme, est, au fond de lui, l'ami ou l'ennemi de Dieu, vous ne pourrez jamais savoir si les paroles d'un pape reposent sur la vérité ou l'erreur.
Donc, seul Dieu choisit les individus auxquels il enverra ses Esprits. Une élection humaine ne saurait faire d'un homme le porteur des vérités divines. Même le Christ n'a pas pu choisir ses apôtres selon son bon vouloir. Dans les Actes il est expressément dit qu'il : les avait choisis par un esprit saint [14](Actes 1 : 2). Il est donc encore plus mensonger d'affirmer que Dieu pourrait lier un don d'infaillibilité à une fonction humaine telle que la papauté.
Vos commentaires, qui s'appuient sur certains passages du Nouveau Testament pour tenter de prouver votre dogme de l'infaillibilité pontificale, sont donc erronés. Vous citez les paroles suivantes du Christ : Tu es Pierre, et sur cette pierre je bâtirai mon Eglise, et les portes de l'Hadès ne tiendront pas contre elle. Je te donnerai les clefs du royaume des cieux : quoi que tu lies sur la terre, ce sera tenu dans les cieux pour lié, et quoi que tu délies sur la terre, ce sera tenu dans les cieux pour délié (Matthieu 16 : 18 - 19) De ces paroles vous tirez la conclusion que Pierre, en tant qu'homme, est devenu la base et le fondement de l'Eglise du Christ. Vous dites que ce même Pierre, devenu le chef de cette Eglise, ne saurait se tromper en matière de foi. Vous dites qu'il a, en outre, reçu le pouvoir de lier et de délier afin de décider qui seraient les membres de cette Eglise. Vous prétendez également que l'autorité papale a non seulement été confiée et déléguée à Pierre, mais qu'elle est transmissible à ses successeurs. Ses successeurs, dites-vous, sont les papes de l'Eglise catholique romaine et le pape est l'héritier spirituel de Pierre, avec les mêmes pouvoirs et les mêmes dons dont disposait Pierre.
Ces interprétations ne sont que des sophismes !
Ce n'est pas en tant qu'homme que Pierre fut désigné comme le rocher sur lequel le Christ allait bâtir son Eglise. La promesse du Christ ne concernait que la foi exprimée par Pierre à ce moment là. Une foi comme celle de Pierre, qui savait que le Christ était le Messie envoyé de Dieu, voilà ce qui est durable, impérissable et invincible, et non pas la personne de Pierre. Ce Pierre-là fut bientôt vaincu par l'enfer, lorsqu'il renia le Christ par trois fois en le jurant solennellement avec un serment. Le cas de Pierre nous fournit l'exemple du peu de confiance que Dieu peut accorder à l'homme en tant qu'instrument du salut. Dépendre d'un homme, ce serait bâtir sur du sable et ériger la grande entreprise du salut de l'humanité sur des fondations bien branlantes. Une seule chose reste immuable : la foi en la vérité transmise par les Esprits messagers de Dieu. Pierre avait reçu de la part des messagers de Dieu, la vérité que le Christ était le Messie. Le Christ lui avait dit : Tu es heureux, Simon fils de Jonas, car cette révélation t'est venue, non de la chair et du sang, mais de mon Père qui est dans les cieux (Matthieu 16 : 17). C'est parce que Pierre avait reçu cette vérité des Esprits de Dieu qu'il y croyait fermement. C'est cette foi robuste qui le plaçait sur un roc inébranlable. Les Esprits de Dieu ne sont pas des menteurs. Quiconque se comporte comme Pierre se tient debout sur le même rocher que Pierre, avec sa foi ferme et solide. Quiconque est prêt à accepter la vérité divine transmise par la bouche des messagers de Dieu, appartient à l'Eglise du Christ. L’Eglise du Christ est par conséquent une Eglise spirituelle. Elle ne reconnaît aucun lien avec une quelconque organisation terrestre qui en ferait partie. Elle ne connaît ni prêtres, ni évêques investis dans leur autorité par le clergé humain catholique. Elle ne connaît point de pape infaillible. Le Christ n'a pas de vicaire ici-bas. Des hommes appartenant à toutes les religions du monde font partie de l'Eglise du Christ[15].
Cette église spirituelle du Christ ne sera jamais vaincue par les cohortes du mal. Car elle est source de vérité et la vérité demeure invincible. Ses messagers ne sont pas des êtres humains, ni des papes, ni des évêques, ni des prêtres, mais les Esprits du royaume de Dieu.
Les « clefs du royaume », promises par le Christ à Pierre en récompense de sa foi, sont les vérités divines. C'est avec ces vérités que Paul pouvait lier et délier ceux qui se trouvaient dans l'erreur. Quiconque refuserait les clefs en préférant l'incrédulité à la vérité, s'enfoncerait encore davantage dans l'erreur et y resterait englué. Quiconque accepterait les clefs se verrait délié des liens de l'erreur. Le fait d'être lié ou délié était valable pour la vie terrestre, mais encore plus pour la vie dans l'au-delà.
La même image des « clefs du royaume » se trouve dans un autre passage du Nouveau Testament. Le Christ s'en sert pour fustiger les chefs de l'Eglise terrestre. Ceux-ci avaient remis la « mauvaise clef » au peuple en lui prêchant les doctrines issues de la tradition humaine. La « mauvaise clef » ne pouvait pas ouvrir la porte du royaume des cieux. La « bonne clef » que Jean Baptiste et le Christ tendait au peuple, et que le peuple était prêt à accepter, lui fut arrachée des mains par le clergé de cette époque. C'est pourquoi le Christ s'écria : Malheur à vous, scribes et Pharisiens hypocrites, qui fermez aux hommes le royaume des cieux ! Vous n'entrez certes pas vous-mêmes, et vous ne laissez même pas entrer ceux qui le voudraient ! (Matthieu 23 : 13).
Les paroles : Pais mes agneaux, pais mes brebis (Jean 21 : 15 - 17), que le Christ adressa à Pierre après sa résurrection sont également interprétées par vous comme un traitement de faveur à l'égard de Pierre, mais à tort. Pierre avait renié son maître publiquement et trois fois par serment. Selon la logique humaine, on aurait pu penser que le Christ renverrait cet infidèle et lui retirerait tout ministère apostolique. Pierre lui-même était persuadé que le Christ le rejetterait en vertu de ces paroles : celui qui m'aura renié à la face des hommes sera renié à la face des anges de Dieu (Luc 12 : 9). Vous auriez agit de la même façon, vous les hommes, dans de semblables circonstances. Le Christ, lui, eut pitié de Pierre touché par le repentir. Il le mit au même rang que les autres apôtres et lui conféra à lui aussi les fonctions pastorales. Lui aussi, malgré sa défection et son infidélité, conduira ses semblables, les autres hommes, et ira les faire pâturer dans les prairies de la vérité, comme le feront les autres apôtres. La question que le Christ répéta par trois fois : Pierre m'aimes-tu ? (Jean 21 : 15 - 17), devait remettre en mémoire à Pierre son triple reniement et lui rappeler combien la bonté de Dieu envers lui était grande. Malgré son reniement passé, Pierre n'était pas rejeté. Dieu lui réservait toujours un rôle de pasteur d'hommes, d'annonciateur du royaume de Dieu et d'instrument des Esprits de Dieu.
Tu vois combien sont erronées les interprétations de ces passages bibliques données par ton ancienne Eglise. Tu vois que ces passages ne justifient en rien les raisonnements qui aboutissent à une position plus élevée de Pierre par rapport aux autres et à l'infaillibilité de la papauté romaine. Il y a belle lurette que l'enfer a eu raison de cette Eglise-là. Et c'est aussi le mal qui est à l'origine du prétendu dogme de l'infaillibilité. Comme de nombreux enseignements de cette Eglise contiennent de grosses erreurs, l'enfer a tout intérêt à maintenir intactes ses erreurs au sein de l'humanité, et cela le plus longtemps possible. L'Eglise terrestre ne peut plus revenir sur ce qu'elle a enseigné, et enseigne encore, sous le sceau de l'infaillibilité. Revenir sur ses erreurs équivaudrait pour elle a un suicide.
Vous accumulez les contrevérités dans votre doctrine de l'autorité papale. Il est historiquement faux de prétendre que l'évêque de Rome est le successeur de Pierre dans le magistère apostolique[16]. Les organisateurs des premières communautés chrétiennes ne furent désignés ni par les apôtres, ni par une élection humaine, mais par les Esprits de Dieu qui se manifestaient à cet effet. Si, dans des cas isolés, un apôtre ou son disciple instaurait un responsable dans la communauté, il ne le faisait qu'après qu'un esprit de Dieu l'eut désigné comme tel. Aucun responsable n'avait droit à un traitement privilégié et aucun apôtre n'avait plus d'autorité qu'un autre. Paul dit à propos des notables et des principes hiérarchiques : peu m'importe ce qu'alors ils pouvaient être, Dieu ne fait point acception des personnes (Galates 2 : 6). Dans le même passage, Paul raconte qu'il avait critiqué Pierre devant tout le monde, et qu'il lui avait reproché de ne pas agir en conformité avec la vérité de l'Evangile[17].
S'il avait suffi que Dieu révélât à l'apôtre Pierre, en tant que premier pape infaillible, les vérités du salut, alors la descente des Esprits dans les premières communautés chrétiennes n'aurait servi à rien. Car alors, ces communautés auraient possédé, en la personne de Pierre, une source de vérité infaillible et sûre. Pourquoi Paul ne fut-il pas envoyé auprès de Pierre afin que celui-ci lui indique la vérité ? Il lui était pourtant facile de se rendre auprès de Pierre. Pourquoi, dans ces conditions, Paul a-t-il été, selon ses propres paroles, renseigné par le Christ lui-même[18] ?
Je vais t'expliquer dans le détail les vérités de l'enseignement du Christ, du moins sur les points essentiels. Je les comparerai aux enseignements actuels, en particulier aux principes que tu prêchais en tant que prêtre de l'Eglise catholique. Ainsi, je répondrai à la demande que tu m'as exprimée si souvent. Par la même occasion, les doctrines des autres Eglises chrétiennes qui divergent de la doctrine du Christ seront démontrées comme fausses et écartées.»

Il n’y a pas de Dieu en trois personnes
« Le Christ enseignait un Dieu unipersonnel, créateur du Ciel et de la Terre. Le Christ ne connaît pas de Dieu en trois personnes tel que l'enseigne l'Eglise catholique et d'autres Eglises chrétiennes. Seul le Père est Dieu. Personne n'est son égal, ni le fils, ni celui que vous appelez « le saint esprit ».
Après sa résurrection, le Christ dit : Je monte vers mon Père et votre Père, vers mon Dieu et votre Dieu (Jean 20 : 17). D'après le paroles du Christ, c'est le Père qui domine tout : Mon Père, quant à ce qu'il m'a donné, est plus grand que tout. Nul ne peut rien arracher de la main du Père (Jean 10 : 29). Si le Père est le plus grand, il n'existe rien qui puisse l'égaler. Il est alors supérieur au fils. C'est ce que le Christ affirme quand il dit : si vous m'aimiez, vous vous réjouiriez de ce que je vais vers le Père, parce que le Père est plus grand que moi (Jean 14 : 28). Jésus dit du Père qu'il est le seul qui soit bon. Lorsque quelqu'un s'adressait à Jésus et l'appelait « bon maître », il avait coutume de répondre : pourquoi dis-tu que je suis bon ? Personne n'est bon excepté Dieu seul (Luc 18 : 19).
Parce que Dieu est au-dessus de tout, il peut donner le pouvoir à qui il veut. Ainsi, Dieu a donné tout pouvoir à son fils qui l'atteste dans sa prière : Père, l'heure est venue, glorifie ton fils, afin que ton fils te glorifie et que, selon le pouvoir que tu lui as donné sur toute chair, il donne la vie éternelle à tous ceux que tu lui as donnés (Jean 17 : 1 - 2).
Je t'ai expliqué, l'Ecriture Sainte en main, que le Christ n'est pas Dieu, lorsque je t'ai entretenu de sa vie et de son œuvre. Les apôtres enseignaient aussi que seul le Père est Dieu, et non le fils qui a reçu le titre de « Seigneur » de la part du Père. Paul écrit : Il n'est de Dieu que le Dieu unique. Car, bien qu'il y ait, soit au ciel, soit sur la terre, de prétendus dieux, et de fait, il y a quantité de dieux et quantité de seigneurs, pour nous en tous cas, il n'y a qu'un seul Dieu, le Père, de qui viennent toutes choses, et un seul Seigneur, Jésus Christ, par qui viennent toutes choses et par qui nous allons (Corinthiens 8 : 4 - 6).
En outre, Paul appelle le Père : « le Dieu du Christ[19] » : Daigne le Dieu de notre Seigneur Jésus Christ, le Père de la gloire, vous donner un esprit de sagesse et de révélation, qui vous le fasse vraiment connaître (Ephésiens 1 : 17). D’après Paul, la manifestation de Jésus-Christ est rendue possible par la puissance de Dieu qui est : le Bienheureux et unique Souverain, le Roi des rois et Seigneur des seigneurs, le seul qui possède l'immortalité, qui habite une lumière inaccessible, que nul d'entre les hommes n'a vu ni ne peut voir. A lui appartiennent honneur et puissance à jamais ! Amen (Timothée 6 : 14 – 16). Si le Père est le seul à posséder l’immortalité, c’est que le Fils ne la possède pas. Donc le fils n’est pas Dieu, mais il est bien ce qu’il dit être et ce que les apôtres disent de lui. Il est le fils de Dieu, inférieur au Père, une créature du Père.
La Bible dans son intégralité, aussi bien l’Ancien que le Nouveau Testament, ne connaît qu’un Dieu en une seule personne. Le Père est Dieu et seul et unique Dieu. Aucun des fils de Dieu, ni le premier-né ni les autres fils de Dieu ne sont Dieu.
Parce que vous dites que le Christ est Dieu, vous vous heurtez à d’invincibles difficultés. Vous avez du mal à comprendre la personne de Jésus, sa vie, sa passion et sa mort. Cette fausse idée vous empêche de saisir pleinement son enseignement, pourtant clair, au sujet de sa situation vis à vis de Dieu. Bien que sa position soit la plus élevée, au sommet des Esprits sublimes, il demeure une créature vis à vis de son créateur.
Vos théologiens se voient contraints d’utiliser des artifices puérils pour tenter de faire harmoniser les faits indéniables de la vie de Jésus, et ses propres paroles, avec sa prétendue divinité. Ils fabriquent une personne de Jésus et disent que dans le Christ-homme il y avait deux personnalités, l’une humaine et l’autre divine. De là, disent-ils, le Christ possédait deux volontés et deux connaissances, une volonté humaine et une volonté divine, une connaissance humaine et une connaissance divine. Ces deux personnalités ne forment cependant qu’une seule personne.
Ce sont là des chimères et de fausses conceptions !
Chaque esprit est une personne indépendante. Dieu lui-même ne saurait fondre deux Esprits, deux personnalités en une seule personne. De même que Dieu ne saurait faire de deux êtres humains un seul être. Il ne le peut pas, malgré toute sa puissance, en raison de la contradiction qu’il y aurait à ce que deux soit égal à un.
Votre bon sens devrait tout de même vous faire comprendre que le Christ, s’il avait été Dieu, n’aurait pas pu s’écrier sur la croix : Mon Dieu, mon Dieu, pourquoi m'as-tu abandonné ? (Matthieu 27 : 46). Dieu ne peut pas s’abandonner lui-même.
Et lorsqu'il est dit dans l'Ecriture Sainte que : le Christ est ressuscité des morts par la gloire du Père (Romains 6 : 4), pourquoi fallait-il la puissance et la gloire du Père si le Christ était Dieu lui-même ? Selon votre logique, après sa mort terrestre, le Christ se trouvait débarrassé de son corps humain et de sa partie humaine. Donc le Christ n'était plus que Dieu et ne possédait plus que sa partie divine. Dans ces conditions, pourquoi le Christ devait-il aller chercher ailleurs une gloire qu'il était censé posséder lui-même ? Vous vous engluez dans des contradictions impossibles à résoudre.
Comment expliquez-vous que le Christ ne dit pas une seule fois : « Je suis Dieu » ou « Je suis l'égal du Père en tout » ? Jésus a souvent parlé de son lien avec le Père et il n'a jamais énoncé une seule fois la prétendue vérité qu'il était Dieu lui-même. Il ne se désigne que sous le nom de « fils de Dieu » et affirme que pour tout, il dépend du Père. Il déclare solennellement : Or, la vie éternelle, c'est qu'ils te connaissent, toi, le seul véritable Dieu, et celui que tu as envoyé : Jésus-Christ (Jean 17 : 3). Il n'est que l'envoyé de Dieu, il n'est pas Dieu. Paul l'appelle : l'image du Dieu invisible, premier-né de toute créature (Colossiens 1 : 15). Il est donc une créature de Dieu, il a été créé par Dieu, il n'est pas davantage Dieu que toutes les autres créatures.

Les falsifications de la Bible
Comme on ne trouvait pas de références dans le Nouveau Testament pour appuyer la fausse doctrine de la divinité du Christ, on eut recours à la falsification de plusieurs passages de la Bible. Il s'agissait de fabriquer des preuves de la divinité du Christ. Je vais en citer plusieurs exemples.
Dans son épître aux Romains (9 : 3 - 5), Paul a écrit : « Je souhaiterais être moi-même séparé du Christ, si par là je pouvais sauver mes frères, ceux de ma race selon la chair ; ils sont Israélites. Eux, adoptés comme peuple de Dieu, eux qui ont eu la gloire, les alliances, la législation, le culte, les promesses, les patriarches, d’eux est issu, selon la chair, le Messie. Que Dieu qui est au-dessus de tout, en soit à jamais béni et loué. Amen. » C’est parce qu’il reconnaît que le Messie est issu, selon la chair, du même peuple que lui, que Paul bénit Dieu, comme il le fait souvent dans ses épîtres. Or ce passage a été falsifié et rendu de la manière suivante : Je souhaiterais d'être moi-même anathème, séparé du Christ, pour sauver mes frères, ceux de ma race selon la chair, eux qui sont Israélites, à qui appartiennent l'adoption filiale, la gloire, les alliances, la législation, le culte, les promesses et aussi les patriarches, et de qui le Christ est issu selon la chair, qui est au-dessus de tout, Dieu béni éternellement. Amen. En déplaçant « qui est au-dessus de tout », on a imprimé au Messie la marque de la divinité et on a introduit des contradictions dans la Bible.
Une falsification du même cru se trouve dans l’épître de Paul à Tite (2 : 13). Paul a écrit : « Et cela dans l’attente de la bienheureuse espérance et de la manifestation glorieuse de notre grand Dieu et de celle de notre sauveur Jésus-Christ[20] ». Dans ce passage, Paul parle de la manifestation glorieuse de Dieu, qui doit être le but recherché par la création matérielle, et de la glorieuse manifestation du sauveur Jésus – Christ par laquelle on peut parvenir à Dieu conformément aux paroles du Christ : Je suis le chemin, la vérité et la vie. Nul ne vient au Père que par moi (Jean 14 : 6). Ce passage a été falsifié et rendu de la manière suivante : En attendant la bienheureuse espérance et l'apparition de la gloire de notre grand Dieu et Sauveur, le Christ Jésus. Cette traduction a pour objet de donner au lecteur l’impression que Jésus-Christ est le grand Dieu dont nous devons attendre la glorieuse manifestation.
De telles falsifications n’échappent pas au lecteur qui est familier avec les épîtres de Paul. Ce lecteur attentif saura que Paul, dans tous ses écrits, fait nettement la distinction entre la personne du Christ et la personne divine. Il saura que Paul parle du Père comme du Dieu du Christ, et du Christ comme du « Seigneur » choisit par le Père. Il saura que Paul enseigne que Dieu mettra tous les ennemis sous les pieds du fils, et que le dernier ennemi à se soumettre sera Lucifer, le prince de la mort, et qu’alors le fils lui-même se soumettra au Père afin que tous se retrouvent en Dieu : Le dernier ennemi détruit, c'est la Mort ; car il a tout mis sous ses pieds. Mais lorsqu'il dira : « Tout est soumis désormais », c'est évidemment à l'exclusion de Celui qui lui a soumis toutes choses. Et lorsque toutes choses lui auront été soumises, alors le Fils lui-même se soumettra à Celui qui lui a tout soumis, afin que Dieu soit tout en tous (Corinthiens 15 : 26 – 28).
Paul salut toujours ainsi : « Que la grâce de notre Seigneur Jésus Christ soit avec vous ». Il ne dit jamais : « Que la grâce de notre Dieu Jésus Christ soit avec vous ». Si donc, dans quelque passage que ce soit de votre Bible actuelle on prétend lire autre chose que cette vérité, que seul le Père est Dieu, alors soit votre traduction est fausse et vous pouvez le vérifier, soit le texte grec qui a servi à votre traduction a été falsifié.
Parfois il y a même falsification du texte grec en même temps qu’une mauvaise traduction dans votre langue. Tu trouveras un exemple de ce genre dans l’épître de Paul aux Philippiens, qui aujourd’hui apparaît comme ceci : Ayez entre vous les mêmes sentiments qui sont dans le Christ Jésus. Lui, de condition divine, ne retient pas jalousement le rang qui l'égalait à Dieu. Mais il s'anéantit lui-même, prenant condition d'esclave, et devenant semblable aux hommes. S'étant comporté comme un homme (Philippiens 2 : 5 –7). Le texte correct était le suivant : « Ayez les mêmes sentiments en vous que le Christ Jésus, même si extérieurement il ressemblait à un dieu, il n’a pas considéré qu’il se rabaissait en s’humiliant devant Dieu, mais il s’est dépouillé et a pris extérieurement l’aspect d’un esclave… » Il est vrai que le Christ, sous la forme de son corps céleste, comme esprit, ressemble à Dieu. Tous les Esprits qui le voient pour la première fois croient voir Dieu, telle est la splendeur dont Dieu a revêtu son premier-né. La falsification grossière du texte a consisté à remplacer les mots « être ressemblant à Dieu » par les mots « être l'égal de Dieu ».
Comme je viens d’employer l’expression « ressembler à un dieu », je voudrais y rattacher le passage du début de l’évangile selon Jean que vous citez également pour démontrer la divinité du Christ : Au commencement était le Verbe et le Verbe était avec Dieu et le Verbe était Dieu. Il était au commencement avec Dieu (Jean 1 : 1 – 2). Regardez mieux le texte grec, il n’est pas dit « le Verbe était Dieu » mais « le verbe était un dieu[21]» . Jean se sert des mots « un dieu » selon l’expression employée à cette époque pour désigner quelqu’un qui faisait fonction d’instrument de Dieu, quelqu’un qui était en relation constante et particulière avec Dieu, quelqu’un qui était un envoyé de Dieu. Dieu avait employé la même expression en s’adressant à Moïse, ce grand envoyé et prototype du Christ : Aaron parlera pour toi au peuple ; il te tiendra lieu de bouche et tu seras pour lui un dieu (Exode 4 : 16). Lorsque le clergé juif reprocha au Christ de se faire l’égal de Dieu, en se désignant lui-même comme « fils de Dieu », il leur posa la question suivante : N'est il pas écrit dans votre Loi: J'ai dit : vous êtes des dieux ? (Jean 10 : 34). Puis il continua : « Si donc l’Ecriture appelle « dieux » les hommes chargés d’une mission par Dieu, comment pouvez vous m’accuser de blasphème quand je dis : « je suis le fils de Dieu », moi que le Père a consacré et envoyé dans le monde ? » En d’autres termes, le Christ leur dit ceci : « Comment pouvez vous prétendre que je me fais l’égal de Dieu lorsque je dis que je suis le fils de Dieu. Même si j’avais dit : « je suis un dieu », je n’aurai pas blasphémé. Car ceux qui avant moi ont été envoyés par Dieu et chargé par lui d’une mission, ont été appelé des « dieux ». J’aurais d’autant plus de raisons de me présenter comme « un dieu », puisqu’il m’a été confié la tâche la plus haute jamais confiée à un envoyé de Dieu. J’évite à dessein d’employer la désignation « dieu » pour qu’il n’y ait aucun malentendu, et je dis que je suis le fils de Dieu, ce qui correspond à la vérité. »
Paul de son côté, écrit : Car, bien qu'il y ait, soit au ciel, soit sur la terre, de prétendus dieux - et de fait il y a quantité de dieux et quantité de seigneurs pour nous en tout cas, il n'y a qu'un seul Dieu, le Père, de qui tout vient et pour qui nous sommes, et un seul Seigneur, Jésus Christ, par qui tout existe et par qui nous sommes (Corinthiens 8 : 5 – 6). Il s’ensuit que Paul désire voir les chrétiens employer le mot « dieu » au sens propre et non au sens habituellement utilisé jusqu’alors pour désigner les créatures de Dieu. Paul veut que le mot « dieu » soit employé pour désigner le seul vrai Dieu, le Père. Par ailleurs, Paul veut aussi que le mot « seigneur » ne soit employé pour personne, sauf pour désigner Jésus-Christ. Les chrétiens ne devaient donc pas attribuer à Jésus-Christ le qualificatif de « dieu ».
La première épître de Jean révèle une autre falsification. Le texte original du passage (Jean 5 : 20) est le suivant : « Nous savons que le Fils de Dieu est venu et qu'il nous a donné l'intelligence afin que nous connaissions le Véritable. Nous sommes dans le Véritable, dans son Fils Jésus Christ. Celui-ci est le Véritable et la Vie éternelle.» Ce passage a été altéré. En plus d’autres erreurs, il y a le mot « dieu » qui fut ajouté à la dernière phrase, ce qui donne aujourd’hui : Nous sommes dans le Véritable, dans son Fils Jésus Christ. Celui-ci est le Dieu véritable et la Vie éternelle. Jean enseigne dans ce passage ce que le Christ et les apôtres ont maintes fois affirmé, à savoir que Dieu est le Véritable, le vrai Dieu. Mais le fils est également véritable. Car il parle le langage de Dieu, il répète les paroles de Dieu et enseigne ce que le Père lui a demandé d’enseigner. En tout ce que le Christ prêche, annonce et enseigne, il est tout aussi véritable que le Père lui-même. Par conséquent, ceux qui sont dans le fils sont dans le Dieu véritable. Et comme Dieu a donné à son fils la vie éternelle, le fils est également la vie éternelle pour tout ceux qui sont en lui.
Une falsification d’importance dans la première épître de Jean (Jean 5 : 8) sert de preuve principale au dogme de la trinité[22], c’est à dire de l’union de trois personnes distinctes ne formant qu’un seul Dieu. Voici le texte original : Il y en a ainsi trois à témoigner : l'esprit, l'eau, le sang, et ces trois tendent au même but. Les faussaires ont rédigé la phrase suivante : Il y en a trois qui témoignent dans le ciel : le Père, le Verbe et l’Esprit Saint, et ces trois sont un. Vos théologiens catholiques savent bien eux aussi que cette phrase est une interpolation inventée de toute pièce. Malgré cela, on la trouve encore dans certaines éditions catholiques de la Bible, alors que d’autres Eglises chrétiennes l’ont supprimée.
A part cette altération, vous n’avez pas, dans le Nouveau Testament, de références qui puissent justifier l’enseignement que l’Esprit Saint, comme vous l’appelez est « un » avec Dieu le Père. Le Nouveau Testament désigne par « Esprit Saint » ou « Saint Esprit », ce qui est en réalité l’ensemble, la totalité du monde des Esprits de Dieu. Dieu est un esprit saint. Il est l’esprit le plus haut, le plus saint, le sommet de tous les Esprits. Le fils de Dieu est également un esprit saint. Il est l’esprit le plus haut, le plus saint de tous les Esprits créés.
Les princes du ciel, Michel, Gabriel, Raphaël et beaucoup d’autres sont des saints Esprits. Toutes les armées de Dieu sont de saints Esprits. Lucifer avant son abandon, était lui aussi un esprit saint. Tous les hommes et toute la création matérielle étaient autrefois de saints Esprits. Le malentendu provoqué par l’expression « l’Esprit Saint » provient de fausses traductions. Là où il faudrait lire UN esprit saint, vos traducteurs ont écrit « le Saint Esprit » ou « l’Esprit Saint », ce qui est inconcevable ! On est en droit de s’en étonner. Les traducteurs n’ignoraient pourtant pas la langue grecque et savaient fort bien que l’emploi de l’article défini ou indéfini est, en grec ancien, soumis à des règles très précises et fort strictes.
Pendant tes années d’étude, tu as étudié la langue grecque, cette langue dans laquelle vous a été transmis, par copie, le Nouveau Testament. Par conséquent, tu comprends suffisamment le grec pour contrôler mes affirmations. Je vais te citer quelques passages parmi de nombreux autres.
Prenons l’évangile selon Matthieu. Il est dit dans les premiers chapitres que Marie conçut par le fait d’UN esprit saint (Matthieu 1 : 18), et non pas par le fait de l’Esprit Saint :
Un peu plus loin on peut lire que l’enfant qui va naître vient d’UN esprit saint (Matthieu 1 : 20), et non pas de l’Esprit Saint, comme s’il n’existait qu’un seul esprit saint :
Si tu consultes l’évangile de Luc, tu trouveras la même chose. Tu verras qu’il est dit : « UN esprit saint viendra sur toi et la puissance d’UN très haut te prendra sous son ombre » (Luc 1 : 35). Votre traduction dit bizarrement : « L'Esprit Saint viendra sur toi, et la puissance du Très-Haut te prendra sous son ombre. » Ce n’est pas le Très-Haut qui couvrit Marie de son ombre, mais un des plus hauts Esprits de Dieu :
De même, il est dit auparavant, avant la naissance de Jean : « il sera rempli d’UN esprit saint dès le sein de sa mère » (Luc 1 : 15)
Et puis d’Elisabeth il est écrit qu’elle fut remplie d’UN esprit saint (Luc 1 : 41)
Et de Zacharie il est dit qu’il fut rempli d’UN esprit saint et qu’il se mit à prophétiser (Luc 1 : 67)
Le Christ dit : « Mais si c’est par UN esprit de Dieu que j’expulse les démons, c’est donc que le Royaume de Dieu est arrivé » (Matthieu 12 : 28)
Et Jean le Baptiste déclare : « Moi, je vous ai baptisé avec de l’eau, mais lui vous baptisera d'UN esprit saint » (Marc 1 : 8)
Dans les Actes des apôtres, dès les premières lignes, il est dit que Jésus avait choisi ses apôtres sous l’action d’UN esprit saint (Actes 1 : 2) :
On y trouve aussi que, durant le jour de la Pentecôte, UN esprit saint se posa sur chacun des apôtres et que tous furent remplis d’UN esprit saint (Actes 2 : 4). C’est parce que chaque apôtre recevait en lui un esprit différent que chacun d’eux s’exprimait dans une langue différente.
Lors de mon explication des chapitres douze et quatorze de l’épître aux Corinthiens, j’ai déjà attiré ton attention sur cette fâcheuse, et même fatale, faute de traduction. Cette erreur vous fait croire qu’il n’existe qu’un seul esprit saint, qui est lui aussi une personne divine, de la même essence que le Père, comme ton ancienne Eglise l’enseigne.
Tous les passages où le texte grec parle « d’un esprit saint » ou « d’un esprit » ont été traduits par « l’Esprit Saint » ou « l’Esprit ». Lorsque les textes bibliques grecs parlent d’un esprit, c’est pour signifier : un parmi beaucoup. Vous faites un contresens en lisant et en écrivant « l’Esprit Saint ». Ces documents contiennent, certes, d’autres passages dans lesquels il est question de « l’esprit saint » ou de « l’esprit ». Là, c’est pour parler de l’esprit par opposition à la matière, comme dans : Veillez et priez pour ne pas entrer en tentation : l'esprit est ardent, mais la chair est faible (Matthieu 26 : 41). Ou alors c’est pour parler de l’esprit de Dieu, c’est à dire Dieu lui-même, comme dans : et mon esprit demeure au milieu de vous. Ne craignez pas. Car ainsi parle Yahvé Sabaot (Aggée 2 : 5 - 6). Ou enfin c’est pour parler d’une catégorie particulière d’esprit, tel que les Esprits de lumière, de ténèbres, de sagesse, de vérité, de consolation, comme dans : C'est pourquoi je t'invite à raviver le don spirituel que Dieu a déposé en toi par l'imposition de mes mains. Car ce n'est pas un esprit de crainte que Dieu nous a donné, mais un esprit de force, d'amour et de sagesse (Timothée 1 : 6 – 7). Cela ne veut pas dire qu’il n’existe qu’un seul esprit de lumière, de ténèbres, de sagesse, de vérité, de consolation ou de force. Ici le singulier est employé pour exprimer le pluriel. Cette même façon de s’exprimer existe dans les langues modernes. Vous dites bien à un malade : « je vais chercher le médecin ». Vous ne voulez pas dire par-là qu’il n’existe qu’un seul médecin. Vous dites aussi « le paysan bénéficiera d’une bonne récolte cette année », pour parler de la classe paysanne. Vous dites : l’artisan, le juriste, l’artiste, le théologien, l’automobiliste, pour parler de tous les artisans, les juristes, les artistes, les théologiens et les automobilistes.
Donc, quand le Christ dit : je vous enverrai d'auprès du Père, l'esprit de vérité, qui vient du Père (Jean 15 : 26), il veut dire un esprit parmi les Esprits de vérité. Tu sais déjà que les Esprits de Dieu sont répartis et classés selon leur vocation et les missions auxquelles ils se consacrent. Il existe des Esprits de protection, des Esprits de combat, des Esprits de consolation, des Esprits se sagesse et d’innombrables autres catégories. Un esprit de vérité reçoit des tâches bien différentes à accomplir, et par conséquent des dispositions et des aptitudes différentes d’un esprit des légions de Michel. Un esprit de combat ne saurait accomplir le travail d’un esprit de consolation, ou de sagesse, ou de vérité. Chaque esprit possède sa vocation particulière, ainsi que les dons et les forces nécessaires à l’exercice de cette vocation.
Lucifer dispose également de cohortes d’Esprits organisés pour accomplir des missions spécifiques. Il possède une armée de combat, il a à son service des Esprits du mensonge, du découragement, de l’avarice, de l’orgueil, de l’envie, de la vengeance, de la lubricité et de tous les autres vices. Les Esprits, bons ou mauvais, sont des spécialistes dans leur branche et se montrent habiles quand il s’agit de conquérir, pour le bien ou le mal, ceux vers qui ils sont envoyés.
Tu vois combien la doctrine d’un Dieu en trois personnes contredit non seulement le bon sens, mais encore ne trouve aucune justification dans l’Ecriture Sainte.
Mais bien que seul le Père soit Dieu, et bien que le Fils et les autres Esprits soient ses créatures, il existe entre le Père, le Fils et les bons Esprits une affinité et une homogénéité très étroites. C’est une communauté dans la volonté et dans l’action. Ce que veut le Père, le Fils aussi le veut, ainsi que les troupes d’Esprits subordonnées au Fils. Dieu est seigneur et maître de toute la création, tant spirituelle que matérielle. Tout lui appartient et Dieu a confié au Fils la direction de la création. Le Père donne au Christ des consignes et des directives tout comme un industriel confie la direction de son usine et de son personnel à son fils aîné. Dans votre organisation économique, le père reste le maître et le propriétaire de l’usine. Le fils dépend du père en toutes choses. Le fils, en tant que directeur général, agit sous la dépendance du père et il suivra les instructions du père. Pour les employés et les ouvriers de l’usine, le fils occupe le rang de patron et le personnel lui doit le respect et l’obéissance. Pour exprimer leurs desiderata, les employés et les ouvriers doivent passer par le fils, en tant que fondé de pouvoir et remplaçant du père qui reste le propriétaire de l’affaire. Applique cet exemple humain aux rapports qui existent entre le Père créateur et le Fils de Dieu, et tu auras compris toutes les déclarations du Christ au sujet de sa relation avec Dieu, son Père.
Le Fils a reçu du Père tout le pouvoir dont il a besoin pour diriger la création. Il ne le possède pas de lui-même. Tout est soumis au Fils, mais uniquement sur l’ordre du Père. Tout ce que le Père veut réaliser dans sa création qui lui appartient, il le fait par son Fils, mandaté par lui. Tout ce qui doit parvenir au Père ne peut passer que par le Fils. D’où la déclaration : Je suis le chemin, la vérité et la vie. Nul ne vient au Père que par moi (Jean 14 : 6).
Le Fils reçoit les ordres et les missions du Père. Tout ce que le Fils ne veut pas exécuter par lui-même, il le délègue aux Esprits qualifiés qui ont vocation d’accomplir les missions en question. Les Esprits se consacrent à ces tâches sur la requête directe du Fils, pour répondre à une demande directe du Père. C’est le sens des paroles adressées par le Christ à ses disciples quand il les envoya enseigner de par le monde : Tout pouvoir m'a été donné au ciel et sur la terre. Allez donc, de toutes les nations faites des disciples, les baptisant au nom du père, ET du fils, ET du saint esprit, et leur apprenant à observer tout ce que je vous ai prescrit. Et voici que je suis avec vous pour toujours jusqu'à la fin du monde (Matthieu 28 : 18 – 20)
Ces paroles indiquaient clairement que les apôtres agissaient au nom de trois principes différents. Jésus ne disait pas : « Allez au nom du Père qui est le Fils qui est le Saint Esprit.» Mais au contraire, le Christ avait très souvent déclaré qu'il avait reçu sa mission du Père. Et maintenant Jésus chargeait les apôtres de cette même mission. Voilà pourquoi les apôtres, en l’exécutant, agissaient indirectement sur l’ordre du Père. Comme ils avaient reçu leur mission directement du Fils, alors l’exécution de la mission devait aussi se faire au nom du Fils. Et comme l’exécution de la mission n’était possible qu’avec l’aide et la force d’un esprit de Dieu, alors elle devait également se faire par l’action d’un saint esprit, c'est à dire avec un saint esprit.
Les saints Esprits dont les apôtres avaient besoin pour accomplir leur travail leur étaient envoyés par le Christ lui-même. Les apôtres se réclament toujours de ces Esprits dans leurs enseignements quand ils déclarent avoir reçu les vérités par l’envoi d’un esprit saint[23].
Il en est de même pour toutes les œuvres de Dieu. Vous les réalisez afin d’accomplir la volonté de Dieu, donc au nom du Père. Cette volonté de Dieu est annoncée par le Fils, de sorte que vous agissez aussi au nom du Fils. Enfin, la force dont vous avez besoin vous est donnée par un esprit saint. Vous accomplissez donc cette œuvre avec un esprit saint. »

Tout retourne à Dieu
« Le Nouveau Testament parle peu de la création de Dieu et de son destin. Les vérités concernant la création des Esprits, l’apostasie, la défection d’une partie du monde des Esprits sous la conduite de Lucifer, les degrés de l’échelle de perfectionnement, c’est à dire les zones d’avancement créées par Dieu, et que les Esprits tombés peuvent parcourir pour retourner à Dieu, la vérité au sujet de l’incarnation des Esprits, tout cela paraissait aussi difficile à comprendre à cette époque qu’aujourd’hui. Les épîtres des apôtres ne mentionnaient tout cela que partiellement. Il s'agissait d'une matière que l’on enseignait très difficilement par écrit. Elle convenait mieux à un enseignement oral.
Cependant, Paul fait allusion à ces vérités dans plusieurs passages de ces épîtres. Vous ne comprenez plus ces exposés parce qu’ils sont étrangers à votre philosophie religieuse. Comme vous ne comprenez pas, vos traductions aboutissent à des textes très obscurs comme c’est le cas dans l’épître de Paul aux Romains (8 : 19 – 24) : Car la création en attente aspire à la révélation des fils de Dieu : si elle fut assujettie à la vanité - non qu'elle l'eût voulu, mais à cause de celui qui l'y a soumise - c'est avec l'espérance d'être elle aussi libérée de la servitude de la corruption pour entrer dans la liberté de la gloire des enfants de Dieu. Nous le savons en effet, toute la création jusqu'à ce jour gémit en travail d'enfantement. Et non pas elle seule : nous-mêmes qui possédons les prémices de l'esprit, nous gémissons nous aussi intérieurement dans l'attente de la rédemption[24] de notre corps.
D’après mon enseignement, tu peux comprendre l’enchaînement des idées exprimées ici. Paul dit que toute la création attend et espère être dégagée de la servitude liée à son enveloppe matérielle. Les pierres, les plantes, les fleurs, les bêtes, les hommes aspirent à être débarrassés de l'enveloppe physique qui les enserre. Cette espérance de la création n'est concevable que pour des êtres dans lesquels un esprit est incorporé. Dans toute la création, des Esprits sont enchâssés dans les diverses espèces qui composent la matière. Ce sont les Esprits renégats. Ils étaient autrefois des enfants de Dieu obéissants et des saints Esprits resplendissants de gloire. Ils devinrent désobéissants par la suite et furent expulsés de la maison du Père. Ils restent toujours des enfants de Dieu bien qu'ils se trouvent mis à l'écart. Ils conservent la nostalgie de la maison du Père et attendent anxieusement d'être délivrés de l'enveloppe matérielle qui les entoure. Ils se comportent comme l'enfant, qui, pendant les douleurs de l'accouchement, cherche à quitter le corps maternel. Ces Esprits ne sont pas entrés dans cette enveloppe matérielle de leur propre gré. C'est Dieu qui, par pitié, les y a enchâssés pour les purifier et les mettre à l'épreuve dans l'école de la matière. Tous les êtres incarnés aspirent à cette délivrance, bien qu'ils ne connaissent pas tous le chemin de cette délivrance. Ils attendent avec impatience le jour où, purifiés, ils seront parvenus à l'état d'enfant de Dieu et où le carcan matériel qui les enserre leur sera ôté. C'est avant tout les croyants qui éprouvent cette nostalgie et ce désir anxieux[25]. Même si, comme ce fut le cas pour les premiers chrétiens, ils communiquent quotidiennement avec les Esprits de la maison du Père, et même s'ils ont bénéficié d'un avant-goût du royaume de Dieu, ils ne peuvent pas encore participer au royaume tant qu'ils séjournent dans cet élément matériel qu'est le corps physique[26].
En ce qui concerne le développement progressif vers le sommet des espèces naturelles, Paul en parle dans son épître aux Ephésiens quand il écrit : Il nous a fait connaître le mystère de sa volonté, ce dessein bienveillant qu'Il avait formé en lui par avance, pour le réaliser quand les temps seraient accomplis : ramener toutes choses sous un seul Chef, le Christ, les êtres célestes comme les terrestres (Ephésiens 1 : 9 - 10). Il n'y a pas que les êtres humains sur la terre. Les humains ne forment qu'un minuscule fragment de ce qui existe sur la terre. Si donc Dieu veut rassembler tous les êtres terrestres dans le Christ, qui fait fonction de chef, c'est parce qu'en tout il y a des Esprits. Ces Esprits, grâce à l'échelle d'évolution prévue par Dieu, gravissent progressivement les différents échelons, jusqu'à ce que, devenus de purs Esprits, ils rejoignent la grande assemblée du Christ, dont ils avaient fait partie avant leur désertion.
Paul affirme dans son épître aux Romains, que selon le plan rédempteur, Dieu veut tout ramener à lui : Je ne veux pas, frères, vous laisser ignorer ce mystère, de crainte que vous ne vous fiiez à votre prétendue sagesse et à vos opinions : un endurcissement s'est emparé d'une partie d'Israël, jusqu'à ce que les païens soient entrés au complet dans le royaume de Dieu. Alors tout Israël sera sauvé. Car Dieu a tout enfermé à cause de la désobéissance pour faire miséricorde à tout (Romains 11 : 25 – 32). Je viens de te rendre ce passage tel qu'il a été écrit. Si tu étudies les traductions habituelles de la dernière phrase, tu liras : Car Dieu a enfermé tous les hommes dans la désobéissance pour faire à tous miséricorde (Romains 11 : 32). Ici, le traducteur a commis deux erreurs. D'abord il a écrit « tous les hommes » alors que dans le texte grec on lit le pronom indéfini : « tout ». De plus, le traducteur a écrit « dans la désobéissance », alors qu'il est dit précisément « pour désobéissance », c'est à dire « pour motif de désobéissance »
Dieu a en effet tout enfermé dans une enveloppe matérielle qui correspond à divers degrés d'amélioration. Dieu n'enferme personne dans la désobéissance, ce qui serait un non-sens. Au contraire, Dieu veut ramener tous les Esprits dans l'obéissance, tous ceux qui autrefois ont été exclus du royaume de Dieu à cause de leur désobéissance. Il y a des millénaires, le peuple d'Israël était celui qui avait reçu la vraie foi en Dieu. Ce peuple avait pour mission de transmettre cette foi en Dieu à ses contemporains et de devenir le levain de la vérité. Après avoir fidèlement accompli cette mission, Israël aurait été le premier peuple à faire son entrée dans le royaume de Dieu, en suivant la voie ouverte par le rédempteur, après l'achèvement de la Rédemption. Or la grande majorité du peuple d'Israël s'était rendue indigne de sa tâche. Voilà pourquoi le salut ira d'abord aux autres peuples qui autrefois ignoraient tout de Dieu. Ce n'est que lorsque tous les Gentils[27] seront parvenus jusqu'à Dieu que seront sauvés ceux qui jadis avaient possédé la vraie foi, mais ne vivaient pas en conformité avec cette foi. C'est pourquoi Jésus disait : Voilà comment les derniers seront premiers, et les premiers seront derniers (Matthieu 20 : 16). Mais tout, sans exception sera finalement sauvé.
La grande œuvre rédemptrice de Dieu est évoquée par Paul dans sa première épître aux Corinthiens : De même en effet que tous meurent en Adam, ainsi tous revivront dans le Christ. Mais chacun à son rang : comme prémices, le Christ, ensuite ceux qui seront au Christ, lors de son Avènement. Puis ce sera la fin, lorsqu'il remettra la royauté à Dieu le Père, après avoir détruit toute Principauté, Domination et Puissance. Car il faut qu'il règne jusqu'à ce qu'il ait placé tous ses ennemis sous ses pieds. Le dernier ennemi détruit, c'est la Mort ; car il a tout mis sous ses pieds. Mais lorsqu'il dira : « Tout est soumis désormais », c'est évidemment à l'exclusion de Celui qui lui a soumis toutes choses (c’est à dire Dieu). Et lorsque toutes choses lui auront été soumises, alors le Fils lui-même se soumettra à Celui qui lui a tout soumis, afin que Dieu soit tout en tous (Corinthiens 15 : 22 – 28). Donc, tout ce qui était séparé de Dieu, tout ce qui était spirituellement mort et soumis au prince de la mort spirituelle, tout cela retournera à Dieu. Le Christ ramènera tout à Dieu. Le Christ avait été le premier à remonter de l’enfer, le royaume du prince de la mort. Le Christ y était descendu pour livrer combat à Lucifer, puis l’avait vaincu. Cette victoire marqua la première résurrection parmi les morts spirituels. Peu à peu, tous ceux qui sont morts spirituellement suivront, au fur et à mesure qu’ils parviendront à la connaissance et à l’amour de Dieu. Pour chacun son tour viendra. Quiconque se hâte de chercher Dieu et de vivre selon sa volonté, aura son tour plus tôt que celui qui ne pense pas à son retour, ou qui néglige d’y penser, ou qui n’y travaille qu’avec nonchalance. Il dépend de chacun de ces morts spirituels d’accélérer son retour. Tout dépend de la volonté pour y parvenir. Un élève qui échoue régulièrement à ses examens n’arrivera que tardivement au but qu’il s’est fixé. Il en est ainsi dans votre vie terrestre, il en est de même dans l’au-delà.
Le dernier qui retournera à Dieu est le prince de la mort lui-même, Lucifer, celui que Paul appelle : « la mort ». Lucifer n’est- il pas la cause première de l’abandon du royaume de Dieu, et par conséquent la cause de la mort spirituelle ? Il est, comme le dit Jésus, l’assassin[28] depuis le commencement . Il est celui qui a provoqué la mort spirituelle de tous les séparés de Dieu. Il est celui qui, durant des millions d’années, a fait tout ce qui était en son pouvoir pour empêcher le retour de ses sujets dans le royaume de la vie avec Dieu. Il est par conséquent la mort personnifiée[29]. Si donc on lit dans l’Apocalypse de Jean : Et la mer rendit les morts qu'elle gardait, la Mort et l'Hadès rendirent les morts qu'ils gardaient, et chacun fut jugé selon ses œuvres (Apocalypse 20 : 13), cela signifie : « le prince de la mort, Lucifer, a été contraint de rendre les morts spirituels qui appartenaient à son royaume ».
Lorsque je te dis que le tour de chacun pour revenir à la maison du Père dépend de la libre volonté des Esprits tombés, il faut que je fasse une restriction sur ce point. En effet, Lucifer est le seul qui ne pourra pas retourner à Dieu avant que le dernier de ceux qu’il a séduits n’atteigne sa destination, c’est à dire Dieu. Lucifer ne le pourrait pas, même si après s’être repenti, il s’efforçait d’y parvenir. Il ne le pourrait pas non plus, s’il changeait complètement d’avis et s’il se mettait à encourager les Esprits tombés à corriger leurs erreurs afin de trouver Dieu plus rapidement. C’est là le destin que la justice de Dieu impose à l’ancien meneur et celui-ci ne peut rien y changer[30]. »

L’inexistence d’un enfer éternel
« Le salut de tous ceux qui avaient abandonné Dieu, y compris le salut de Lucifer, est la bonne nouvelle annoncée non seulement dans les épîtres de l’apôtre Paul, mais également dans les visions des prophètes de l’Ancien Testament. C’est la bonne nouvelle dont parle l’Apocalypse de Jean : Mais aux jours où l'on entendra le septième ange, quand il sonnera de la trompette, alors sera consommé le mystère de Dieu, selon la bonne nouvelle qu'il en a donnée à ses serviteurs les prophètes (Apocalypse 10 : 7). Si l’enfer était éternel, comme vous l’enseignez injustement, en quoi consisterait cette « bonne nouvelle » de la fin des temps, que Dieu laisse entrevoir comme l’apothéose de son plan de Rédemption ? La damnation éternelle d’innombrables Esprits ne serait certainement pas considérée comme une fin joyeuse, mais plutôt comme un jour d’épouvante et de terreur pour toute la création de Dieu. Qu’adviendrait-il alors de la vérité au sujet de la Rédemption de tout et de tous dont Paul ne cesse de parler avec insistance ? Qu’adviendrait-il alors de la vérité que Dieu affirma solennellement au prophète Isaïe : Je le jure par moi-même, ce qui sort de ma bouche est la vérité, c'est une parole irrévocable : oui devant moi tout genou fléchira, par moi jurera toute langue en disant : En Yahvé seul sont la justice et la force (Isaïe 45 : 23 - 24) [31]. Que deviendraient les promesses faites selon les passages que je viens de citer ? Tous les ennemis de Dieu seront mis sous les pieds de Dieu par le Christ. Non par la violence, mais par l’amour compatissant auquel Lucifer lui-même ne saurait résister indéfiniment. Dieu ne force aucun esprit tombé à se jeter sous ses pieds. Si Dieu avait voulu cela, il n’aurait pas eu besoin d’attendre si longtemps. Il aurait pu le faire depuis toujours. L’enfer a de tout temps été soumis à la toute puissance de Dieu[32]. Le jour où l’enfer s’humiliera devant Dieu, ce sera de son plein gré, après s’être repenti et après avoir reconnu la justice, l’amour et la patience infinie de Dieu.
Vous maintenez avec obstination votre dogme de « l’enfer éternel », qui était inconnu des premiers chrétiens. Vous ne semblez pas vouloir renoncer à cet épouvantail. Croyez-vous pouvoir obtenir de meilleurs résultats auprès de ces malheureux humains en leur imposant ce cruel mensonge, au lieu de leur enseigner les vérités sur l’amour et la miséricorde ? Vous vous donnez bien du mal pour étayer l’argumentation de votre mauvais raisonnement. Vous prétendez qu’un soi-disant « péché mortel » entraîne un « châtiment éternel ». Car un péché mortel, dites-vous, représente une offense infinie faite à Dieu. Il s’agit là de notions absurdes et de pures inventions. Aucune créature ne possède la capacité d’offenser Dieu « infiniment ». Aucune créature ne peut donc mériter un châtiment infini pour sa faute. Plus celui qui t’offense est petit par rapport à toi, plus tu estimes insignifiante l’offense qu’il te ferait. Qu’est ce qu’une simple créature par rapport à son créateur ? Une minuscule étincelle. Aucune de vos offenses ne peut atteindre Dieu. Lorsque vous agissez mal, vous vous faites du mal à vous-même, mais vous n’infligez aucun mal à Dieu. Et puis, si un péché mortel représentait une offense infinie faite à Dieu, elle ne pourrait pas être pardonnée durant votre vie terrestre. Or selon vous, une telle faute serait pardonnable à un être humain tant qu’il est sur terre et deviendrait soudain impardonnable après son décès. Ce sont pourtant les mêmes Esprits qui ce trouvent incorporés dans un corps matériel et qui se trouvent ensuite dans l’au-delà après la rupture du lien vital. Etre esprit ou être homme n’est qu’une question de changement d’état. Le « moi » de l’au-delà est identique au « moi » de l’ici-bas et ses facultés spirituelles sont semblables. Dans l’au-delà, un esprit est tout autant capable de changer de disposition que durant sa vie terrestre.
Alors, on invoque la Bible pour tenter de démontrer l’existence des châtiments éternels de l’enfer. On brandit le mot « éternel » que l’on trouve dans vos traductions du Nouveau Testament lorsqu’il est question des châtiments dans l’au-delà. Mais quel est le mot grec présent dans le texte original et que vous traduisez par « éternel » ? Partout où vos traductions françaises de la Bible contiennent le mot « éternité » ou « éternel », il s’agit du nom grec qui se décline. Ce mot grec ne désigne pas l'éternité, ou quelque chose d'éternel, mais une période dont la durée n'est pas définie. Par la suite, ce mot désigna une époque historique comme l'antiquité ou le Moyen Age. Pour les romains, il indiquait une durée de cent ans. Aujourd'hui, vous diriez « des lustres » ou « des siècles », en entendant par-là de longues périodes de temps.
En grec ancien, cela signifie par conséquent une période de temps dont la limite n'est pas précisée. Parfois, ce mot désigne même une génération, mais jamais on ne l'appliquera à une durée sans fin. Ainsi, il ne faut pas traduire par « éternité » ou « éternel », mais par « temps », « siècle » ou « ère », c'est à dire un temps d’une durée limitée.
Je voudrais attirer ton attention sur le curieux travail de traduction des textes bibliques. De façon générale, le mot et l'adjectif qui en dérive, sont correctement traduits par « de ce temps », parce que le traducteur se rend bien compte que « éternel » serait contraire au bon sens. Lorsque le même traducteur préfère le mot « éternel », c'est uniquement pour les phrases dans lesquelles il est question d'un châtiment dans l'au-delà. On s'aperçoit alors facilement que ces traducteurs subissaient l'influence des religions qui enseignaient l'éternité des tourments de l'enfer.
Reportons nous à quelques-uns des nombreux passages de la Bible dans lesquels le mot doit être traduit par « temps » ou « siècle ». Ainsi il est dit : Et quiconque aura dit une parole contre le fils de l'homme, cela lui sera remis ; mais quiconque aura parlé contre l'esprit saint, cela ne lui sera remis ni dans la suivante (Matthieu 12 : 32). Cela signifie « ni dans ce siècle, ni dans le suivant », ou bien, si vous préférez « ni dans ce monde, ni dans celui à venir ». Il serait en effet impossible de traduire par « il ne sera pas pardonné ni dans cette éternité, ni dans celle à venir ». Il n'y a pas deux éternités.
Dans la parabole du semeur, il est dit que chez quelques-uns, la semence est étouffée par les soucis que vous traduisez bien par : les soucis du monde (Matthieu 13 : 22, Marc 4 : 19). Ici, il ne saurait être question du concept d'éternité.
Dans la parabole du bon grain et de l'ivraie, le Christ affirme que la moisson est pour la fin donc à la fin de ce temps ou de ce monde (Matthieu 13 : 39). Dans ce passage, le mot ne saurait pas non plus signifier « éternité ». De plus, nous retrouvons encore ce mot dans la suite de cette parabole : De même donc qu'on enlève l'ivraie et qu'on la consume au feu, de même en sera-t-il à la fin (Matthieu 13 : 40). Là encore vous traduisez par : à la fin du monde.
Voici encore d'autres extraits des épîtres de Paul : pour que votre foi reposât, non sur la sagesse des hommes, mais sur la puissance de Dieu. Pourtant, c'est bien de sagesse que nous parlons parmi les parfaits, mais non d'une sagesse(temps ou monde) ni des princes (temps ou monde) voués à la destruction. Ce dont nous parlons, au contraire, c'est d'une sagesse de Dieu, mystérieuse, demeurée cachée (temps ou siècles), Dieu a par avance destinée pour notre gloire, celle qu'aucun des princes (temps ou monde) n'a connue, s'ils l'avaient connue, en effet, ils n'auraient pas crucifié le Seigneur de la Gloire (Corinthiens 2 : 5 - 8).
En ce qui concerne ces passages et bien d'autres textes semblables, tu comprendras « éternité », mais que ce mot désigne un contexte qui a une durée limitée, mais dont la longueur n'est pas précisée. Le même mot se trouve également dans les passages qui traitent d'un châtiment dans l'au-delà. Qui donc vous donne le droit de traduire ce mot par « éternelle », lorsqu'il est associé aux peines de l'enfer alors que vous le traduisez par « de ce monde » ou « de ce siècle » dans les autres passages ? C’est à croire que l’idée de l’enfer éternel vous réjouit !
Selon votre traduction, le Christ dit : Si ta main ou ton pied sont pour toi une occasion de péché, coupe-les et jette-les loin de toi : mieux vaut pour toi entrer dans la vie manchot ou estropié que d'être jeté avec tes deux mains ou tes deux pieds dans le feu (Matthieu 18 : 8). Ce que l’on désigne ici par « feu éternel » n’est qu’un feu de la durée qui ne dure qu’un certain temps. C’est le contraire d’un feu éternel. De plus, il faut rajouter que la phrase originale ne se terminait pas ainsi, mais par l’expression : « dans la géhenne de feu[33] ». Le mot est ici une falsification.
D’autres passages ont également été falsifiés. Ainsi vos traductions actuelles disent : Alors il dira encore à ceux de gauche : Allez loin de moi, maudits, dans le feu qui a été préparé pour le diable et ses anges (Matthieu 25 :41), alors que le texte original dit : allez-vous en loin de moi, maudits, dans les ténèbres extérieures [34] . Mais même ces falsifications ne peuvent pas justifier vos traductions orientées et tendancieuses.
Je pense t’avoir convaincu par mes explications, que la Bible ne vous fournit aucun élément pour étayer votre enseignement cruel et faux au sujet d’un « enfer éternel ». La durée du châtiment auquel sont soumis les Esprits, est individuelle et dépend des Esprits eux-mêmes. Plus ils persistent dans leur opposition à Dieu, plus la séparation et le châtiment sont longs. Dieu-lui même ignore quand ces Esprits rebelles reviendront à lui. Ce retour dépend du libre arbitre de chacun des Esprits concernés. Je t’ai déjà expliqué que les décisions que prendront les Esprits dans l’avenir n’entrent pas dans la connaissance divine.
Par ailleurs, vos traductions erronées parlent également de « vie éternelle ». Mais là encore, vous traduisez par l'adjectif « éternelle », alors que ce mot ne désigne qu’une vie c’est à dire dans les temps à venir. Il dépend de vous-même de déterminer la durée de ce temps auprès de Dieu. Si vous restez toujours fidèle à Dieu, cette vie sera effectivement sans fin, donc « éternelle ». Mais qui saura prédire si une nouvelle révolte des Esprits n’éclatera pas dans l’avenir ? Un autre conflit auquel vous prendrez part, tout comme vous avez agit lors de la première révolte menée par Lucifer. Car le libre arbitre demeure inchangé pour tous les Esprits du ciel. La possibilité d’utiliser cette liberté pour faire le mal subsistera toujours, comme lors de la première confrontation. Dieu ne sait pas lui même si une telle révolte se reproduira pour les raisons que je t’ai déjà indiquées. Ainsi, vous ne pouvez pas davantage parler d’une « récompense éternelle » que d’un « châtiment éternel ». Les traductions correctes sont donc : Car le salaire du péché, c'est la mort ; mais le don gratuit de Dieu, c'est la vie (des temps à venir) dans le Christ Jésus notre Seigneur (Romains 6 : 23). Ou encore : Et voici ce témoignage : c'est que Dieu nous a donné la vie (des temps à venir) et que cette vie est dans son Fils. Qui a le Fils a la vie ; qui n'a pas le Fils n'a pas la vie. Je vous ai écrit ces choses, à vous qui croyez au nom du Fils de Dieu, pour que vous sachiez que vous avez la vie des temps à venir) (Jean 5 : 11 - 13).
Lorsque la Bible mentionne « la géhenne de feu », il faut y voir le symbole de l'immense souffrance infligée à ceux qui se sont condamnés eux-mêmes aux peines de l'enfer. Vous aussi vous parlez d'une douleur brûlante ou d'un sentiment cuisant sans que cela se rapporte à la combustion ou au feu. Les tourments de l'enfer sont indescriptibles. Vous ne pouvez pas en avoir la moindre idée. Le Christ dit à propos des damnés : tous seront salés par le feu (Marc 9 : 49). De même que le sel imprègne tout, la douleur imprégnera et pénétrera ces Esprits. Mais le Christ ajoute : C'est une bonne chose que le sel (Marc 9 : 50). Ainsi les tourments traversés par ces Esprits représentent des épreuves bénéfiques pour leur salut, malgré leur atrocité apparente. Ce fait demeure incompris des hommes qui ne conçoivent pas comment il est possible de concilier une situation de souffrance avec la miséricorde divine. C'est pourtant l'amour de Dieu pour ses créatures que l'on retrouve jusque dans les ténèbres de l'enfer. Lorsqu'une mère tient dans ses bras son enfant que le chirurgien s'apprête à opérer pour le guérir d'un mal, elle ne craint pas le bistouri qui va faire souffrir son enfant. Son amour maternel a choisi le seul et unique remède pour guérir ce qu'elle a de plus cher. Ainsi, les sentiments et les dispositions des Esprits en enfer ne seront purifiés que par la souffrance inhérente à l'éloignement de Dieu. Il n'existe aucun autre moyen. Mais pour tous, même les plus endurcis, l'heure du retour à la maison du Père sonnera, après que par le malheur et la souffrance, ces enfants seront parvenus à la pureté. »

L’origine de l’esprit humain et le péché originel
« C’est parce que le christianisme actuel ne comprend rien à ce destin universel, qu’il se sent désemparé devant les questions les plus fondamentales concernant l’au-delà. C’est pourquoi il ne s’explique ni l’origine de l’esprit humain, ni le péché d’apostasie qui pèse sur lui, ni le but de la création matérielle.
Interrogez les religions chrétiennes d’aujourd’hui sur l’origine de l’esprit humain, et vous obtiendrez le discours suivant : L’esprit humain est créé au moment de la conception humaine. Il est cependant entaché d’un péché, que l’on appelle péché originel, parce que l’ancêtre terrestre appelé Adam a commis un péché dans un paradis terrestre. Depuis, ce même péché est contracté par tous les hommes qui sont tous les descendants d’Adam.
Une telle doctrine est insensée. Tout ce que Dieu crée sort de sa main, est pur et sans défaut. La souillure d’un esprit ne peut être que la conséquence d’une faute personnelle. De sorte que l’esprit humain, s’il était créé par Dieu au moment de la conception, serait pur et sans tache. Il ne peut pas exister le moindre « péché originel » dans ce cas-là. Pourquoi les descendants d’Adam seraient-ils punis, chargés du poids d’un péché et exclus du royaume de Dieu uniquement parce que l’ancêtre, le premier homme, a commis un péché ? Et cela par le même Dieu qui a déclaré : Celui qui a péché, c'est lui qui mourra. Un fils ne portera pas la faute de son père ni un père la faute de son fils : au juste sera imputée sa justice et au méchant sa méchanceté (Ezéchiel 18 : 20). D’après cette parole divine, les descendants d’Adam ne peuvent en aucun cas être punis en raison de la défection de leur ancêtre, à moins qu’ils ne soient eux-mêmes directement impliqués dans cette défection.
En réalité, comme je te l’ai dit précédemment, tous s’étaient rendus personnellement coupables en suivant l’exemple d’Adam. Tous s’étaient ainsi attirés, par leur propre faute, le châtiment d’être exclus du royaume de Dieu, avec les terribles conséquences que cette exclusion entraîne.
Il est exact que l’esprit de l’homme porte, dès la naissance, un péché que vous nommez « péché originel ». Mais vous vous trompez lorsque vous enseignez que l’esprit humain n’entre dans l’existence qu’au moment de la conception et qu’il porte le poids d’un péché qu’il n’a pas commis personnellement.
Comment expliquez-vous, à partir de votre fausse doctrine sur l’origine des Esprits, toute cette souffrance dans le monde ? Dieu appellerait-il à l’existence des créatures pour ensuite les exposer au malheur, sans que ces créatures se soient rendues coupables d’une faute personnelle ? Chaque année, des millions de petits enfants meurent dans des douleurs atroces. L’ont-ils donc mérité ? Ont-ils dans leur existence offensée Dieu pour qu’il les punisse aussi cruellement ? Ces enfants ne pouvaient pas pécher, car ils ne pouvaient pas encore distinguer le bien du mal. Et Dieu, si infiniment juste et bon, comment pourrait-il tourmenter ainsi d’innocentes victimes ? Même le père terrestre le plus brutal et le plus cruel ne s’attaquerait pas à un enfant innocent qui ne l’aurait pas offensé. Et selon vous, Dieu serait capable de faire cela ?
Vous pouvez inventer tous les prétextes imaginables pour expliquer ce que vous prétendez. La vérité est que Dieu n’est ni cruel ni injuste. Vous ne supprimerez pas, à force d’arguments, le sentiment de cruelle injustice provoqué par la mort de ces enfants, si tout cela se passait comme vous le racontez. Mais lorsque vous saurez que votre esprit a commencé sa vie actuelle chargé des péchés qu’il a commis dans son existence antérieure, les énigmes du destin trouveront facilement leur solution. Vous comprendrez les conséquences de la grande révolte, dont l’esprit de l’homme s’est rendu coupable autrefois. Vous comprendrez que l’homme, durant d’éventuelles vies antérieures, a commis bien des crimes, dont l’expiation pèse sur sa vie actuelle. Si vous réfléchissez lucidement, vous ne vous interrogerez plus lorsque la douleur vous écrase et que vous vous demandez : comment ai-je pu mériter cela ? Si Dieu répondait à votre question en faisant défiler devant vos yeux toute votre existence passée, vous vous tairiez d’horreur.
En outre, vous comprendrez bien mieux les écrits bibliques qui jusqu’ici vous semblent obscurs. Vous saurez expliquer les contradictions apparentes qui existent entre des textes de l’Ancien Testament. Par exemple, Dieu vous dit : Un fils ne portera pas la faute de son père ni un père la faute de son fils (Ezéchiel 18 : 20), et Dieu se présente ainsi : Yahvé, Yahvé, Dieu de tendresse et de pitié, lent à la colère, riche en grâce et en fidélité ; qui garde sa grâce à des milliers, tolère faute, transgression et péché mais ne laisse rien impuni et châtie les fautes des pères sur les enfants et les petits-enfants, jusqu'à la troisième et la quatrième génération (Exode 34 : 6 – 7). Si Dieu châtie les péchés des pères sur les enfants, ce n’est pas en faisant souffrir des enfants innocents en raison des fautes de leur père. Ce serait une épouvantable injustice ! Par contre, Dieu incorpore dans les enfants de ce père des Esprits qui, par leur propre comportement passé, ont mérité un destin tourmenté. Ce destin malheureux des enfants constituera également une juste punition pour le père. Et comme un père ne voit, tout au plus que la troisième ou la quatrième génération de ses descendants, la punition qui le frappe peut s’étendre jusqu’à la quatrième génération.
Lorsque tu enseignais ton ancienne doctrine qui prétend que l’esprit de l’homme est créé au moment de la conception, comment expliquais tu cette phrase de la Bible : Car je vous le dis, Dieu peut, des pierres que voici, faire surgir des enfants à Abraham (Matthieu 3 : 9) ? Tu me répondras que Dieu, dans sa toute puissance, pourrait changer des pierres en êtres humains. Mais ces êtres surgis des pierres ne pourraient pas être des enfants ou des descendants d’Abraham. Les êtres humains ne peuvent devenir des enfants d’Abraham que par la procréation et uniquement si Abraham est l’un de leurs ancêtres humains. Comment des pierres peuvent-elles devenir des enfants d’Abraham par le moyen de la procréation ? Malgré toute votre science théologique, vous n’arrivez pas à l’expliquer. Mais en sachant que dans les pierres et dans la matière en général, des Esprits sont incorporés, tu trouveras que l’explication est évidente. Tu comprendras que Dieu peut débarrasser les Esprits incorporés dans les pierres de leur enveloppe physique minérale. Ensuite Dieu pourra les incorporer dans des corps d’enfants que des descendants d’Abraham concevront par procréation.
Tout ceci se vérifie également dans les paroles du Christ : Je vous le dis, si eux se taisent, les pierres crieront (Luc 19 : 40). Des pierres ne pourront crier que si des Esprits les habitent. »

La notion du péché
Votre conception du péché en général est aussi erronée que votre fausse doctrine du péché originel. La Bible fait la distinction entre le péché qui consiste à abandonner Dieu et le péché dans lequel la faiblesse humaine fait tomber les croyants.
Dans la première épître de l’apôtre Jean, il se trouve un passage dont l’interprétation vous cause de grandes difficultés. Le voici : Quelqu'un voit-il son frère commettre un péché ne conduisant pas à la mort, qu'il prie et Dieu donnera la vie à ce frère. Il ne s'agit pas de ceux qui commettent le péché conduisant à la mort ; car il y a un péché qui conduit à la mort, pour ce péché-là, je ne dis pas qu'il faut prier. Toute iniquité est péché mais il y a tel péché qui ne conduit pas à la mort (Jean 5 : 17). Ici, Jean fait donc une distinction entre « un péché ne conduisant pas à la mort » et « un péché qui conduit à la mort ». Mais ce qui vous paraît incompréhensible, c’est que pour l’un on peut prier et que pour l’autre il ne sert à rien de prier.
Un exemple rendra clair le sens de ces mots. Les soldats qui rejoignent l’armée doivent prêter le serment de fidélité au drapeau. Ce serment fait d’eux des soldats de leur patrie. Les soldats pourront cependant commettre des fautes pour lesquelles les lois du code militaire les puniront, sans qu’ils cessent pour autant d’être des soldats de leur patrie. Mais il existe une faute grave qui fait que celui qui la commet cesse d’être un soldat de sa patrie et encoure la mort. Cette faute est la désertion et le passage à l’ennemi. Ce « péché » entraîne la « mort » du soldat par rapport à sa patrie. D’un point de vue militaire, c’est une faute punie de mort. Et si la mère d’un déserteur demandait la grâce pour son fils déserteur, en s’adressant au chef du gouvernement, sa demande serait déboutée. Ce soldat passé à l’ennemi se trouve maintenant soumis aux lois du pays dans lequel il se trouve. Même le gouvernement de son propre pays ne peut plus rien pour lui. Le pays où il se trouve conservera ce déserteur qui ne désire pas rentrer chez lui. Tant que le soldat continuera à servir l’ennemi, sa mère aura beau multiplier les recours en grâce aux dirigeants de son pays, ils ne mèneront à rien.
Applique cet exemple à votre position vis à vis de Dieu. En tant que croyants vous êtes des sujets du royaume de Dieu. Mais comme vous êtes de fragiles pèlerins sur la terre, vous tombez fréquemment le long du chemin. Vous commettez ainsi des fautes plus ou moins graves qui entraînent des punitions sans que vous cessiez pour autant d’être des sujets du royaume de Dieu. Mais si par contre, vous tournez le dos à Dieu, par l’incrédulité, par l’athéisme, ou bien par une vie dans laquelle Dieu n’a aucune part, vous commettez le péché de désertion. C’est ce péché-là qui vous séparera du royaume de Dieu. Vous passerez de nouveau au royaume des forces du mal, à celui des ennemis de Dieu. En renonçant à l’obéissance à Dieu, tout comme le déserteur passé à l’ennemi se dérobe à l’obéissance envers son gouvernement, vous devenez des morts pour le royaume de Dieu. Ainsi, vous commettez « le péché qui mène à la mort ». Dans ces conditions, à quoi servirait la prière d’un autre en faveur de ce déserteur qui ne veut rien savoir de Dieu et qui refuse de retourner vers lui ? Si Dieu accédait à votre prière, il lui faudrait contraindre de force ce déserteur à revenir. Or Dieu ne peut pas le faire, étant donné qu’il a accordé le libre arbitre à sa créature. Chacun forgera son salut sur la base d’une décision personnelle. La première désertion fut celle qui suivit la grande révolution sous Lucifer. C’était le premier péché qui mène à la mort. »

La résurrection des morts n’est pas la résurrection des corps
Ce n'est qu'après l'ascension du Christ que les Esprits de Dieu firent comprendre aux apôtres et aux croyants le vrai sens de la résurrection des morts. Le Christ s'était fréquemment entretenu avec ses disciples sur le fait qu'il ressusciterait des morts, sans qu'ils comprennent véritablement le sens de ses paroles : Ils gardèrent la recommandation, tout en se demandant entre eux ce que signifiait « ressusciter d'entre les morts » (Marc 9 : 10). Du cotés des chefs religieux du peuple juif de cette époque, leurs opinions sur la résurrection des morts restaient contradictoire : Les Sadducéens disent en effet qu'il n'y a pas de résurrection, ni anges, ni Esprits, tandis que les Pharisiens professent l'un et l'autre (Actes 23 : 8).
La résurrection des morts est le retour des Esprits repentants qui séjournent dans le royaume de la mort spirituelle et qui regagnent le royaume de Dieu. Anciens déserteurs, ils peuvent désormais retrouver leur patrie. C’est au Rédempteur qu’ils doivent ce privilège de pouvoir retourner à Dieu sans en être empêché par Lucifer, le prince des ténèbres et l'adversaire de Dieu. Le Christ a remporté la victoire sur Lucifer, le prince du royaume des morts. Le Christ lui a arraché la libération des Esprits repentants désireux de revenir à Dieu. Le Christ a été le premier à descendre parmi les « morts » dans les enfers sans faire partie des « séparés de Dieu ». Le Christ a été le premier à remonter de l’enfer vers le ciel. Avant lui aucun esprit tombé ne pouvait remonter. Le retour du Christ des enfers a représenté la première résurrection des morts. Paul le mentionne fréquemment dans ses épîtres : Il est monté, c’est à dire qu'il est aussi descendu, dans les régions inférieures de la terre. Et celui qui est descendu, c'est le même qui est aussi monté au-dessus de tous les cieux, afin de remplir toutes choses (Ephésiens 4 : 9 - 10). Paul entend par là que Jésus est descendu dans les sphères des enfers. Elles sont situées plus bas que les sphères terrestres, comme je te l’ai expliqué. Paul écrit aussi aux Colossiens : Il a dépouillé les Principautés et les Puissances et les a données en spectacle à la face du monde, en les traînant dans son cortège triomphal (Colossiens 2 : 15). Il s’agit là des puissances infernales contre lesquelles il mena victorieusement les armées célestes lors de sa descente aux enfers. Lucifer, le chef des forces vaincues, fut forcé de rendre ceux qui ne voulaient plus être ses sujets. Paul y fait allusion par ces mots qu’il adresse aux Colossiens : vous en êtes aussi ressuscités avec lui, parce que vous avez cru en la force de Dieu qui l'a ressuscité des morts. Vous qui étiez morts du fait de vos fautes et de votre chair incirconcise, Il vous a fait revivre avec lui ! Il nous a pardonné toutes nos fautes! Il a effacé, au détriment des ordonnances légales, la cédule de notre dette, qui nous était contraire ; il l'a supprimée en la clouant à la croix (Colossiens 2 : 12 – 14). Les Colossiens faisaient aussi partie des morts spirituels, et étaient des sujets de Lucifer. Par la suite, ils adoptèrent la doctrine du Christ et leur foi dans le royaume de Dieu fit d’eux des chrétiens. Ils appartenaient désormais au Christ et participaient avec lui au royaume de Dieu. Lorsqu’il est dit ici que la force de Dieu a ressuscité le Christ des morts, il ne faut pas interpréter que le Christ était lui aussi spirituellement mort. Mais comme le Christ pénétrait dans le royaume de ceux qui étaient spirituellement morts, et que ce royaume était séparé de celui de Dieu, alors le Christ se retrouvait dans la situation des « morts » sans être lui-même « mort ». Dieu le ressuscita dans le sens ou il lui donna la force de vaincre les puissances du royaume des morts, et d’en sortir pour revenir dans le royaume de la vie céleste.
La résurrection des morts n’a rien à voir avec la résurrection des corps terrestres. Une « résurrection de la chair », comme il est question dans le credo religieux, n’existe pas. Durant les premiers siècles chrétiens, on ne disait pas « résurrection de la chair », mais on parlait de la « résurrection des morts ». Cette expression renferme la vérité réconfortante que tous ceux qui sont spirituellement morts, y compris Lucifer, reviendront à Dieu. Plus tard l’expression fut changée, lorsque l’on introduisit la fausse doctrine de la résurrection des corps terrestres des défunts. Pourtant Paul avait clairement exprimé la vérité en ces termes : Il en est ainsi pour la résurrection des morts : semé corruptible, on ressuscite incorruptible … semé corps animal, on ressuscite corps spirituel. S'il y a un corps animal, il y a aussi un corps spirituel (TOB, 1 Corinthiens 15 : 42 - 44).
Le corps terrestre du Christ n'a pas été ressuscité. Comme tous les autres corps matériels des hommes, il était composé de fluides terrestres. Comme tous les autres corps matériels des hommes, il retourna à la poussière de la terre. A l’exception près que son corps ne fut pas dissous en fluide terrestre par simple décomposition, mais au moyen d'une dématérialisation complète opérée par le monde des Esprits. Ce procédé n'était pas nouveau. Le corps d'Enoch et celui d'Elie, tout comme le corps du Christ, furent rapidement dissous de cette manière, et ils disparurent de la vue des hommes. Mais quelle que soit la méthode utilisée, tout corps humain étant composé de fluides terrestres condensés, il doit obligatoirement se dissoudre en fluides terrestres. Cette loi de Dieu ne souffre d'aucune exception.
Aujourd'hui, certaines personnes s'imaginent que la « résurrection des morts », signifie « la recomposition des cadavres ». Selon ces personnes, la résurrection du Christ au dimanche de Pâques est la réunion de l'esprit du Christ avec son ancien corps qui avait séjourné trois jours dans le tombeau. Ce sont là de grossières erreurs. La résurrection du Christ, comme je te l'ai dit, est son retour triomphal du royaume des morts dans lesquels il était descendu sous forme d'esprit. Les apôtres ont raison d'annoncer : Descendu aux enfers, le troisième jour ressuscité des morts[35]. Ils auraient pu tout aussi bien dire : « Descendu chez les morts, et au troisième jour revenu de chez les morts. »
L'expression « résurrection des morts » prête à confusion et vous perturbe parce que le mot « mort » évoque pour vous le décès sur la terre. Par ailleurs l'expression, « les morts », au pluriel, vous fait penser à des cadavres, des tombes ou des cimetières. Vous oubliez la tradition biblique qui emploie le mot « mort » pour désigner la séparation d'avec Dieu. Ainsi, le pluriels « les morts » s'applique nécessairement à ceux qui sont séparés de Dieu.
Les mauvaises traductions de certains passages de la Bible ont grandement contribuées à entretenir une pareille erreur. Ainsi, le texte de Job est : Je sais, moi, que mon rédempteur est vivant, que lui, le dernier, se lèvera sur la poussière. Une fois qu'ils m'auront arraché cette peau qui est mienne, hors de ma chair, je verrai Dieu (Job 19 : 25 – 26). Par la suite, ces mots ont été remplacés par : Je sais que mon rédempteur est vivant, que je serai une seconde fois revêtu de ma peau, que je verrai mon Dieu dans ma chair[36].
Je t'ai déjà expliqué une autre falsification. C'est le chapitre de l'Evangile de Matthieu qui relate qu'au moment du décès de Jésus, les morts sortirent de leurs tombeaux. En réalité, il est dit qu'un tremblement de terre avait projeté les cadavres hors des sépultures.
Ici, il convient de citer un passage de l'Evangile de Jean dans lequel le Christ affirme : En vérité, je vous le dis, l'heure vient, et c'est maintenant où les morts entendront la voix du Fils de Dieu et ceux qui l'auront entendue vivront…. N'en soyez pas étonné, car elle vient l'heure où tous ceux qui sont dans les tombeaux entendront sa voix et sortiront. Ceux qui ont fait le bien pour une résurrection de vie, ceux qui auront fait le mal pour une résurrection de jugement (Jean 5 : 25 - 29). Ici, le mot « tombeau » ne désigne pas les sépultures dans les cimetières, puisque, selon le Christ l'heure est déjà arrivée où tous les morts dans les tombeaux entendront sa voix. Donc les corps de tous les défunts qui ont fait le bien ou le mal, auraient déjà dû quitter leurs tombeaux. En fait, le Christ veut parler des morts spirituels enfermés dans les prisons de Satan, qu'il a l'intention de délivrer de l'enfer en y descendant, s'ils sont prêts à entendre sa voix. Pierre confirme que les morts sont séquestrés dans leur tombeau dans l'attente de la venue du Christ : C'est alors qu'il est allé prêcher aussi aux Esprits en prison, aux rebelles d'autrefois[37] (Pierre 3 : 19). Et ailleurs : Car Dieu n'a pas épargné les anges qui avaient péché, mais les a mis dans le Tartare et livrés aux abîmes de ténèbres, ou ils sont réservés pour le jugement (Pierre 2 : 4, voir Jude 6).
Le fait que Jésus soit apparu à ses amis après sa mort terrestre sous une forme palpable a inspiré la fausse interprétation qu'il avait réintégré son ancien corps humain. En réalité, il s'était rendu visible à la manière des Esprits, c'est à dire en densifiant le fluide de son corps spirituel. Beaucoup d'Esprits avaient eu recours à ce moyen avant le Christ. Un jour, trois Esprits, sous une forme humaine complètement matérialisée, vinrent trouver Abraham et mangèrent avec lui[38] , tout comme le Christ déjeuna avec ses disciples après sa mort. L'archange Raphaël n'était-il pas devenu le guide du jeune Tobie en agissant physiquement comme un homme pendant des semaines ? L'archange possédait tout d'une forme humaine et personne ne pouvait savoir qu'il s'agissait d'un ange de Dieu. Dans toutes ses activités quotidiennes, on le prenait pour un homme comme les autres. Il n'y avait donc rien d'étrange, ni de nouveau, dans le fait que le Christ partageait un repas avec ses disciples après sa mort. Vous pouvez, encore aujourd'hui, assister à de telles matérialisations d'Esprits. Les mauvais Esprits peuvent aussi se matérialiser et se constituer un corps physique temporaire de la même façon.

L'explication des sacrements
Pour quitter le royaume des morts spirituels et revenir au royaume de Dieu, il n'y a pas besoin d'un cours préparatoire dans des écoles humaines, ni d'une structure religieuse organisée, ni de prêtres, ni de tout cet apparat pompeux. Celui qui est séparé de Dieu peut toujours communiquer dans son cœur avec Dieu son Père et obtenir, sans intermédiaire, le pardon et la force de vivre selon la volonté de Dieu.
L'Eglise à laquelle tu appartenais enseigne le contraire de ce que je viens de dire. Selon elle, le salut s'obtient nécessairement par les sacrements. Les sacrements ne peuvent être administrés que par des prêtres ordonnés par les évêques. Ainsi, ce système procure à l'Eglise catholique un puissant moyen pour lier les croyants et les rendre dépendants de son organisation. Car elle enseigne la nécessité de passer par un de ses prêtres pour trouver Dieu.
La lecture du Nouveau Testament nous montre que la doctrine du Christ et des apôtres ne contient rien qui puisse étayer ce que l'Eglise enseigne au sujet des sacrements. Votre interprétation de ce que vous appelez les sacrements est pure invention humaine, et voici pourquoi.

Le sens et la signification du baptême
Le baptême d'eau est, selon vous, le premier et le plus nécessaire des sept sacrements. Vous prétendez que le baptême, sans aucune participation de la part de celui qui le reçoit, transforme un ennemi de Dieu en enfant de Dieu. Vous prétendez que le baptême efface aussi bien le péché originel que les péchés personnels commis avant cette cérémonie. C'est pourquoi vous baptisez des enfants qui ne se rendent même pas compte qu'on les baptise. Ce sont là des erreurs au sujet du sens du baptême. Car, aux premiers temps du christianisme, le baptême ne représentait qu'un rite extérieur qui symbolisait une disposition intérieure du cœur et de l'esprit. Le baptême n'apportait rien de nouveau, comme vous l'enseignez, il n'était qu'un signe extérieur des convictions de celui qui était baptisé. Ainsi, le baptême de Jean permettait à tous ceux qui croyaient en la prédication du Baptiseur, de montrer publiquement qu'ils se repentaient et qu'ils s'engageaient à changer de vie. Ce qui importait le plus, c'était le caractère public de ce baptême. La foule devait pouvoir constater qui recevait le baptême.
Tu pourrais penser qu'un signe extérieur n'est nullement nécessaire pour attester un changement intérieur. Mais vous vous trompez souvent sur vos sentiments personnels. Vous ne vous rendez vraiment compte de vos sentiments que lorsque vous devez les extérioriser et les manifester publiquement. C'est alors qu'il apparaît que, bien souvent, le bien en vous n'est pas aussi grand que vous l'estimiez.
Parmi ceux qui venaient voir Jean pour l'écouter, beaucoup croyaient qu'un changement s'était opéré en eux. Mais quand il fallait rendre un témoignage public en se faisant baptiser devant tout le monde, beaucoup reculaient. La réputation humaine était chez eux plus importante que la tendance au bien. Ils craignaient de s'exposer aux railleries de leurs semblables, surtout du clergé officiel qui ne reconnaissait pas Jean comme un envoyé de Dieu. Par convention et par tradition, ils refusaient donc le baptême de repentir prêché par Jean. Sans passer par cette démarche publique et volontaire, ils n'auraient pas vraiment su s'ils étaient prêts ou non à entrer dans le royaume de Dieu. Car celui qui n'ose pas avouer publiquement ses convictions, par crainte des conséquences terrestres, n'est pas digne de confiance. Il n'est pas l'homme de la cause de Dieu, car il attache plus de prix aux choses de ce monde.
Pour la même raison, le Christ se fit baptiser par Jean. Jésus voulait lui aussi témoigner à la face du monde qu'il approuvait la vérité prêchée par Jean.
Jean avait choisi le baptême d'immersion dans l'eau, comme un signe destiné à officialiser la volonté d'amendement de celui qui acceptait sa prédication. Jean aurait pu choisir un autre signe. Mais l'immersion dans l'eau représentait le plus beau symbole des principes prêchés par Jean. Il enseignait la rémission des pêchés par le repentir. Il baptisait dans l'eau pour marquer le repentir et la fin des habitudes pécheresses. Tout comme une immersion dans l'eau nettoie et lave des saletés extérieures, ainsi l'acceptation de la vérité devait purifier le cœur et rendre un homme capable de mener une vie nouvelle consacrée à l'obéissance de Dieu.
C'est pour la même raison, et en employant le même symbole, que le Christ a conservé le baptême d'eau comme le signe extérieur de l'acceptation de sa doctrine.
Vous ne sauriez imaginer ce que le baptême public, en tant que profession de foi chrétienne, pouvait entraîner comme conséquences pénibles pour les hommes des premiers temps chrétiens. Les convertis au christianisme s'exposaient à la haine, à la persécution et à des préjudices matériels de la part de leurs anciens coreligionnaires, surtout du clergé juif traditionnel. On les insultait dans la rue, on les traînait en prison, on les lapidait. L'histoire de Paul et d'Etienne te montre avec quel fanatisme les juifs orthodoxes s'acharnaient contre les juifs chrétiens. Les persécutions des chrétiens par les païens étaient tout aussi cruelles. La religion païenne était à cette époque, élevée au rang de religion d'état. L'adoration des idoles, les fêtes et les sacrifices en leur honneur étaient prescrits par la loi. On considérait comme un crime de lèse-majesté toute absence lors des cultes et des repas de sacrifices. La peine de mort et la confiscation des biens frappaient les contrevenants. La délation était courante et n’épargnait personne. Les horreurs des persécutions des chrétiens par les païens te sont connues, tu sais que la mort et la saisie de leurs biens étaient le sort de tant de chrétiens.
Combien de chrétiens d'aujourd'hui accepteraient de se laisser baptiser en s'exposant à un tel danger, pour leur vie et pour leurs richesses ? Celui qui n'a pas le courage de confesser sa foi en acceptant un tel sacrifice n'est pas un vrai chrétien.
Le baptême n'était pas la source de grâces extraordinaires, mais seulement le signe que celui qui le recevait était prêt à accepter toutes les conséquences d'une telle déclaration publique.
Il s'ensuit que le baptême des enfants n'a aucune valeur. Ils ne sont pas en état de reconnaître la vérité ou d'exprimer un sentiment à ce sujet. Pour cette raison, les premiers chrétiens ne baptisaient pas les enfants. Pour cette même raison, le Christ ordonna à ses apôtres de catéchiser d'abord, et après les avoir instruits, de baptiser ceux qui acceptaient la vérité. Il s'ensuit également que les Eglises chrétiennes actuelles se trompent quand elles prétendent que le baptême efface le péché originel et que les enfants qui meurent sans être baptisés ne pourront jamais entrer au ciel. La purification du péché ne peut s'effectuer que si on se détourne de la volonté de faire le mal, et non pas par un rite extérieur.
Paul parle de quelques chrétiens de son temps qui se faisaient baptiser à la place de personnes déjà décédées. Il s'agissait là d'un excès de zèle de la part de néophytes. Personne ne peut se faire baptiser pour un autre. Chacun forge son propre salut. Il n'existe aucun système de substitution. Malgré leur maladresse, ces chrétiens étaient de bonne foi et voulaient, par ce geste, manifester que leurs défunts, s'ils étaient encore vivants, auraient eux aussi accepté la doctrine du Christ, et auraient eux aussi participé à un baptême public.

La confirmation
Le deuxième des sacrements de l'Eglise catholique est la « confirmation ». Lorsque l'évêque administre ce sacrement, il impose les mains à celui qu'il confirme, puis, après l'avoir oint, il prie sur lui. Ce rite extérieur a pour but de faire descendre « l'Esprit Saint » sur le confirmand, ainsi qu'il était descendu sur les apôtres le jour de la Pentecôte.
Il est exact que le Christ avait promis d'envoyer, après sa résurrection, des Esprits aux croyants de la part du Père. Mais cette effusion des Esprits de Dieu s'était effectuée sans aucun cérémonial accompli par un évêque. Les messagers de Dieu avaient pour mission de venir à tous ceux dont le cœur était prêt à les recevoir. Si, dans les Actes des apôtres, il est fait mention de l'imposition des mains à l'occasion de la descente des Esprits de Dieu, les choses ne se sont pas passées comme vous l'imaginez. Les responsables de la communauté imposaient les mains aux baptisés et aux néophytes pour signifier que ceux-ci faisaient désormais partie du groupe. Ces responsables de la communauté occupaient cette fonction parce qu'ils possédaient une énergie fluidique considérable. En imposant les mains aux nouveaux venus, ils renforçaient la force fluidique de ceux qui possédaient une constitution médiumnique. Ainsi, il n'était pas rare que des Esprits de Dieu se manifestent à travers ces croyants. Ce phénomène n'allait pas nécessairement jusqu'à provoquer une transe profonde chez ces personnes. Le plus souvent, l'action de ces Esprits correspondait à celle que tu as pu observer chez les médiums à inspiration. Les personnes qui se trouvaient dans cet état récitait une prière ou louaient Dieu. C'était ce qu'on appelait à cette époque « une prière dans et selon l'esprit.» Parfois ces personnes prononçaient des paroles d'exhortation ou d'enseignement, ce qui ne manquait pas de frapper l'assistance. En outre, ceux qui étaient investis de certaines charges dans les communautés chrétiennes imposaient les mains pour proclamer qu'ils étaient des instruments de Dieu, et qu'ils avaient été désignés comme tels par les Esprits de Dieu.
Par conséquent, lorsque Paul exhorte son collaborateur Timothée à ne pas imposer les mains inconsidérément, il y a deux raisons à cela. Premièrement, Timothée devait éviter de favoriser la formation de médiums dont les dispositions morales n'auraient pas été éprouvées. Un médium faible dans sa foi risquait de finir par céder aux avances du mal et de nuire grandement à la communauté. Deuxièmement, Timothée ne devait pas imposer les mains dans le but de former un médium à exercer une activité spécifique, à moins qu'un esprit de Dieu ne l'ait expressément chargé de cette tâche. Ainsi, celui qui avait reçu le don de guérir ne devait se consacrer qu'à la guérison des malades et non à la prophétie. Ce médium n'en avait ni la vocation, ni la capacité. Timothée ne devait pas chercher à l'aider à développer d'autres capacités médiumniques. Paul reprend ces points dans son épître aux Corinthiens et demande : Tous sont-ils apôtres ? Tous prophètes ? Tous docteurs ? Tous font-ils des miracles ? Tous ont-ils des dons de guérisons ? Tous parlent-ils en langue ? Tous interprètent-ils ? (Corinthiens 12 : 29 - 30).
Lorsque Paul exhorte Timothée à ne pas délaisser le don spirituel qu'il a reçu d'un esprit de Dieu par imposition des mains, il veut parler du don d'enseignement. Paul avait, sur l'ordre d'un esprit, imposé les mains à Timothée et lui avait ainsi conféré publiquement la charge d'annoncer la parole de Dieu et les vérités du salut. Paul l'avait ensuite envoyé enseigner la vraie doctrine. Mais Timothée perdit courage devant les difficultés qu'il rencontra dans l'exercice de cette fonction.
Si tu compares l'action des Esprits au temps des premiers chrétiens avec votre enseignement actuel, tu verras à quel point vous avez fait fausse route sur ce point. Dieu ne se laisse pas manipuler. Dieu ne laisse pas distribuer ses grâces par les hommes au moyen de rites extérieurs et selon leurs caprices. Il vient à ceux qui le méritent et désirent ardemment s'unir à lui. Dieu n'a nullement besoin d'évêques ou d'onctions épiscopales. L'esprit de Dieu souffle où il le souhaite et non pas où les hommes voudraient qu'il souffle.
Avant que le Christ apporte la Rédemption, l'esprit des ténèbres remplissait l'humanité. L'influence des forces du mal sur les hommes était considérable. Souviens-toi des nombreux cas de possession dont parle la Bible et qui sont guéris par le Christ. Chez diverses personnes, les mauvais Esprits, les démons, infligeaient de graves troubles physiques et mentaux. Vous lisez dans les évangiles que beaucoup étaient devenus sourds, muets, aveugles ou épileptiques, à la suite de l'action d'un mauvais esprit. Parfois, un seul démon s'emparait de sa victime, parfois une armée entière se mettait en marche. « Nous sommes légion » reconnaît l'un de ces Esprits.
Bien que la plupart des hommes ne ressentaient pas la puissance du mal autant que ceux qui étaient tourmentés dans leur corps, le mal les influençait tout autant en endurcissant leur cœur et les empêchant de reconnaître la vérité et le bien.
La Rédemption n'a rien changé à l'influence des mauvais Esprits sur ceux qui choisissent de rester les esclaves du mal. Toujours et encore, aujourd'hui comme autrefois, Satan continue à exercer son pouvoir sur ceux dont le cœur lui appartient. Il y a parmi vous beaucoup de possédés. Vous croyez qu'il s'agit de malades mentaux alors que tout ceux dont le cerveau est intact, sont à classer dans la catégorie des possédés.
Depuis la Rédemption, la domination du mal ne s’exerce plus sur ceux qui croient en Dieu et se tournent vers Lui dans l'obéissance. Cependant ils doivent continuer à lutter et ont besoin, comme dit l'apôtre Paul, de l'armure de Dieu pour rester debout face aux attaques sournoises du démon : Car ce n'est pas contre des adversaires de sang et de chair que nous avons à lutter, mais contre les Principautés, contre les Puissances, contre les Régisseurs de ce monde des ténèbres, contre les Esprits du mal qui habitent les espaces célestes (Ephésiens 6 : 12).

La Cène et l'eucharistie
Le troisième sacrement de l'Eglise catholique est l'eucharistie, appelé aussi sacrement de l'autel. D'autres Eglises chrétiennes le désignent sous le nom de « Cène ». Paul lui donne le nom de « repas du Seigneur ». En ce qui concerne ce sacrement, les intentions du Christ ont également été dénaturées au cours des siècles.
Le repas du sacrifice était, pour les juifs et pour les païens, une tradition culturelle bien ancrée dans leur religion. On immolait des animaux dans des lieux sacrés, on répandait le sang et on brûlait des morceaux de viande en l'honneur de la divinité. Enfin, ce qui restait était consommé lors d'un repas pris en commun. Il n'y avait pas que des holocaustes, mais aussi des oblations non sanglantes comme des offrandes de fruits, de pain, d'huile ou de vin. Une partie de ces oblations étaient détruites en l'honneur de la divinité, ce qui restait était mangé pendant le repas du sacrifice. Les produits brûlés ou répandus pour la divinité servaient, comme tu le sais déjà, à fournir l'énergie fluidique nécessaire aux manifestations d'Esprits.
Mais ce qui était consommé par les participants au culte était également considéré comme sacré et consacré par la divinité. Boire et manger les restes des sacrifices représentait le symbole de l'union intime avec la divinité. De même que les aliments et les boissons consacrés étaient intégrés dans les corps des consommateurs et faisaient partie d'eux, ainsi les participants s'unissaient à la divinité et acceptaient de s'imprégner spirituellement de la divinité et de suivre sa volonté. Voici quelle était la signification des repas de sacrifice, tant chez les juifs que chez les païens.
La Pâque juive célébrée le soir précédent leur sortie d'Egypte signifiait leur attachement à Dieu qui, par Moïse s'était révélé comme leur Sauveur. Ils s'engageaient ainsi à lui obéir à l'avenir. La Pâque des israélites symbolisait leur délivrance par Dieu du joug égyptien, sous la conduite de Moïse, l'envoyé de Dieu. Le Christ était le grand envoyé de Dieu préfiguré et annoncé d'avance par Moïse. Le Christ devait faire sortir l'humanité de l'esclavage de Satan, ce pharaon des enfers. La veille du jour où il allait délivrer tous les hommes par sa mort et sa victoire sur l'enfer, le Christ célébra avec ses fidèles le même repas que celui que Moïse avait célébré la veille de la délivrance du peuple juif.
Le Christ voulait, par ce repas, indiquer deux choses importantes à ses disciples: son adieu avant sa mort physique et son union constante avec eux selon l'esprit. Comme symboles il choisit du pain et du vin. Il prit une tranche de pain, la rompit en morceaux et en donna aux siens pour qu'ils le mangent. Puis il leur dit : « Prenez et mangez, ceci est le symbole de mon corps qui sera donné pour vous dans la mort. Faites ceci pour ma mémoire ». De même qu'il brisa la tranche de pain en morceaux pour la détruire, ainsi le lendemain son corps terrestre devait être brisé par la mort et perdre sa vie. Il prit ensuite la coupe de vin, le leur donna pour qu'ils en boivent tous et il leur dit : « Ce calice est le symbole de la nouvelle alliance dans mon sang qui sera versé pour vous. Toutes les fois que vous boirez ce calice, pensez à moi ». Ainsi que le vin coula de la coupe pour être bu, de même le jour de la mort du Christ son sang coula de son corps et fut versé.
Pour l'essentiel, ce repas était le symbole du lien spirituel qui unissait la communauté et que le Christ entendait conserver avec ses fidèles, après qu'il allait être séparé d'eux par sa mort terrestre. Le pain distribué aux disciples était resté du pain et les gorgées de vin avalées correspondaient au vin de la coupe. Le but était que les disciples pensent à conserver leur unité du moment avec le Christ et entre eux. Ils devaient se souvenir qu'ils formaient un seul tout par l'esprit et par l'amour. C'est pour cette union et cette unité que le Christ avait prié avec tant de ferveur ce soir-là. Ils devaient garder dans leur cœur l'amour pour leur Maître et lui rester attaché, pour ne former qu'un seul corps spirituel, le Christ étant symboliquement la tête et eux les membres. C'est cela que les disciples devaient se rappeler toutes les fois qu'ils se réuniraient pour commémorer le repas d'adieu du Christ. Ils ne devaient pas oublier que ce repas avait été une réunion d'amour que leur Seigneur et Maître avait célébré avec eux avant son départ de cette terre. Il faudrait que ce repas ne soit célébré que par ceux qui sont unis à Dieu et aux hommes par le bien et l'amour. Celui qui ne porte pas dans son cœur cet amour, n'est pas digne de prendre part au repas d'amour. Tout participant à ce repas qui entretiendrait des sentiments d'inimité, de rancune, d'envie ou d'autres péchés contre son prochain se rendrait coupable de la plus vile des hypocrisies. Il s'agirait de l'offense la plus grave faite à celui qui a institué ce repas, cette cène, dédié à l'amour. Voilà pourquoi celui qui veut communier à ce repas devra commencer par examiner son sentiment d'amour envers Dieu et son prochain, sans quoi sa participation ne serait qu'une insulte au Christ.
Voici la vraie signification du dernier repas du Christ et de la commémoration de ce repas pour sa mémoire et en souvenir de lui.
Et qu'est devenu ce repas au cours des siècles ? On a inventé la doctrine qui prétend que le Christ a prononcé des paroles qui ont changé la substance du pain et du vin en celle de son corps et de son sang. On a ajouté que rien n'était changé à l'aspect extérieur du pain et du vin et que ce changement de substance, cette « transsubstantiation », continue à se produire encore aujourd'hui, chaque fois qu'un prêtre prononce les paroles du Christ à propos du vin et du pain.
Ce dogme représente assurément l’ineptie la plus contraire au bon sens. D'après cette doctrine, lors de la Cène à Jérusalem, la personne du Christ était vingt trois fois présente au même moment. Le Christ se tenait personnellement à table et en plus se trouvait dans chaque morceau de pain et dans chaque gorgée de vin avalée par les onze disciples.
Il est incompréhensible que l'on puisse inventer pareille folie. Ni un homme, ni un esprit ne peut se multiplier ainsi, pas même Dieu. Personne ne peut se transformer en autre chose et en même temps demeurer ce qu'il est. Le Christ ne pouvait pas être présent en personne auprès des apôtres et en même temps être mangé par eux. Il ne pouvait pas non plus se manger lui-même. En effet, le Christ mangea lui-même du pain qu'il distribua aux apôtres, ce qui fait que d'après votre enseignement insensé il se dévora lui-même.
Je ne trouve aucun terme dans votre langue qui soit propre à stigmatiser cette doctrine issue de l'aveuglement le plus barbare.
Vous enseignez que les prêtres procèdent quotidiennement à cette transmutation. Lorsqu'ils prononcent les paroles : « ceci est mon corps, ceci est mon sang ». Ils disent que tout le pain jusqu'à la dernière miette et tout le vin jusqu'à la dernière goutte sont soudainement changés en la personne du Christ. Vos prêtres s'arrogent par-là un pouvoir que Dieu ne possède pas lui-même, parce que Dieu ne peut pas rendre possible ce qui est fondamentalement aberrant.
Vous avez beau affirmer qu'il s'agit d'un mystère incompréhensible, d'un mystère de la foi, mais vous ne changerez rien à la fausseté de cette doctrine. Il suffit de parler de « mystère » pour couvrir une multitude de balivernes humaines. On trouvera toujours des mots pour argumenter, même s'ils n'ont aucun sens.
Il y a encore autre chose à relever à propos de cette doctrine. Vous lisez bien la Bible. Or, vous avez dû remarquer que dans le Nouveau Testament il n'est ni question de la présence réelle du Christ dans des aliments, ni de votre doctrine absurde. Si lors du dernier souper du Seigneur, le pain et le vin avaient été véritablement changés en Jésus-Christ, les apôtres n'auraient pas cessé de le rappeler à tout moment. Les évangiles en auraient largement parlé et les apôtres dans leurs épîtres auraient continuellement attiré l'attention sur cet événement extraordinaire. Or, il n'en est jamais question. L'apôtre Jean, qui se tenait tout prêt du Maître lors du repas, et qui reçu le premier un morceau de ce pain béni, ne parle pas dans son évangile de la distribution du pain et du vin par Jésus. Il mentionne le lavement des pieds, il raconte la trahison de Judas. Comment donc se fait-il qu'il se taise à propos de l'événement le plus « mystérieux » et le plus colossal de la vie de Jésus ?
Les épîtres des apôtres restent tout aussi muettes au sujet de la dernière Cène. Les Actes des apôtres se contentent de nous communiquer que les premiers chrétiens maintenaient la tradition d'une vie en communauté, la coutume de rompre le pain et l'habitude de la prière. Quand il est dit qu'ils rompaient le pain, on fait allusion à la célébration de la Cène, mais il n'est pas question de la cérémonie par laquelle vous avez travesti cette coutume.
Les premiers chrétiens rompaient le pain pour rappeler le sacrifice de Jésus et pour symboliser l'amour qu'ils devaient pratiquer et entretenir envers leur entourage et envers le Christ. Ils rompaient le pain et le mangeaient, tout en pensant à celui qui leur avait fait cette promesse : Que deux ou trois, en effet, soient réunis en mon nom, je suis là au milieu d'eux (Matthieu 18 : 20). Manger le pain et boire le vin était pour eux le symbole sacré de leur union spirituelle avec le Rédempteur.
L'apôtre Paul, qui a écrit un grand nombre de lettres aux communautés, est le seul qui dans sa première lettre aux Corinthiens mentionne le repas du Seigneur. Il n'en aurait pas parlé s'il n'y avait pas été poussé par des circonstances particulières. Il lui fut rapporté que chez les Corinthiens, des abus s'étaient produits lors des célébrations du repas du Seigneur.
Les premiers chrétiens faisaient du « repas du Seigneur » un repas complet[39], tout comme ce fut le cas à Jérusalem quand le Christ célébra la Sainte Cène avec ses apôtres. Car avant que le Christ ne donnât à ses disciples du vin et du pain pour sa mémoire, il avait mangé avec eux l'agneau pascal et avait bu du vin. Ainsi, les premiers chrétiens commençaient par manger eux aussi de la viande garnie lors de leur célébration du repas du Seigneur. Ils buvaient également du vin. Ce n'est qu'à la fin du repas qu'ils rompaient le pain et buvaient du vin dans une coupe commune en mémoire du Christ.
Ces chrétiens étaient, comme vous, de faibles humains avec les mêmes défauts que vous. Leurs mauvais penchants s'affichaient même lors des célébrations du repas de Seigneur à Corinthe. Comme ils célébraient le repas du Seigneur dans des maisons privées, les propriétaires n'étaient pas en mesure d'acheter de la nourriture pour tout le monde. Dans l'ensemble, il ne s'agissait pas de gens très fortunés. Chaque participant devait donc apporter de quoi manger et boire lors du repas ordinaire qui précédait la célébration en mémoire du sacrifice de Jésus. Il arrivait que les plus pauvres ne puissent apporter aucune nourriture et qu'ils ne fussent admis à participer qu'à la célébration du repas du Seigneur qui avait lieu à la fin. Ils attendaient et voyaient les plus favorisés manger et boire abondamment au point de devenir ivre parfois. Certains avaient faim et d'autres s'empiffraient. La situation devenait scandaleuse. Cette façon de faire ne correspondait plus du tout à l'esprit d'une célébration du repas du Seigneur.
Lorsque Paul apprit ces agissements dans sa communauté de Corinthe, il fit des remontrances à ces chrétiens et les tança vertement en leur rappelant leurs dérives lors des célébrations. Il leur écrivit : Lors donc que vous vous réunissez en commun, ce n'est pas le Repas du Seigneur que vous prenez. Dès qu'on est à table en effet, chacun prend d'abord son propre repas, et l'un a faim tandis que l'autre est ivre. Vous n'avez donc pas de maisons pour manger et boire ? Ou bien méprisez vous l'assemblée de Dieu, et voulez vous faire honte à ceux qui n'ont rien ? Que vous dire ? Vous louer ? Sur ce point je ne vous loue pas (Corinthiens 11 : 20 - 22). Puis Paul leur expose la signification de la Cène. Il n'était pas nécessaire qu'il leur fasse un grand exposé. Il les avait déjà maintes fois entretenus à ce sujet. Paul cite les paroles prononcées par le Christ lors de la Sainte Cène, qui était le premier repas de ce genre. Il résume la signification de ces paroles ainsi : Chaque fois en effet que vous mangez ce pain et que vous buvez cette coupe, vous annoncez la mort du Seigneur, jusqu'à ce qu'il vienne (Corinthiens 11 : 26). La célébration de la Cène consiste donc à manger et à boire le calice pour commémorer la mort du Christ qui a donné sa vie par amour pour les Esprits tombés. Quiconque, lors d'une célébration dédiée au Christ, maltraite ainsi les symboles du corps et du sang du Sauveur, comme le faisait beaucoup de chrétiens de Corinthe, insulte le Christ lui-même. Celui qui profane et dégrade une fête donnée en l'honneur d'un souverain déshonore ce souverain et encourt une punition. C'est pourquoi Paul ajoute : quiconque mange le pain ou boit la coupe du Seigneur indignement aura à répondre du corps et du sang du Seigneur. Que chacun donc s'éprouve soi-même, et qu'ainsi il mange de ce pain et boive de cette coupe. Car celui qui mange et boit, mange et boit sa propre condamnation, s'il ne discerne le corps (Corinthiens 11 : 27 - 29).
Quiconque méprise et galvaude le pain et le vin lorsqu'ils symbolisent le plus grand acte d'amour de la création, quiconque partage le pain et boit la coupe dans des circonstances scandaleuses, sera puni par Dieu. Celui qui déshonorerait un souvenir que vous lui auriez laissé se rendrait coupable envers vous. Le fait de participer sans sérieux au banquet qui rappelle la mort du Sauveur équivaut à mépriser le souvenir de la mort et de l'amour du Christ. Un banquet commémoratif de l'amour exige des participants qu'ils aient un cœur pur de tout sentiment contraire à la charité. L'humeur coléreuse, l'inimité, l'amertume, la rancune, sont des péchés contraires à l'amour du prochain. Celui qui porte ces sentiments dans son cœur ne saurait participer au banquet de l'amour. Les Corinthiens s'étaient rendus grandement coupables dans ce sens. Paul leur explique que non seulement leur manière de célébrer la Cène ne pouvait rien leur apporter de bon, mais qu'en plus, ils s'exposaient à un préjudice spirituel. La cause de cela était les rivalités qui divisaient cette communauté et qui étaient le contraire de l'amour du prochain.
Une célébration purement extérieure et indigne, comme il s'en déroulait dans la communauté de Corinthe, provoquait parfois des conséquences bien néfastes. Selon les paroles de l'apôtre, il y avait : beaucoup de malades et d'infirmes (Corinthiens 11 : 30). De plus, certains d'entre eux étaient tombés dans la mort spirituelle, dans l'indifférence envers Dieu, ce qui est pire que tout.
Tu comprends à présent que Paul ne voit pas autre chose dans le pain et le vin que des symboles du corps terrestre et du sang terrestre du Christ. Si le pain cessait d'être du pain, comme vous l'enseignez, et s'il devenait le Christ, Paul l'aurait dit clairement. Cet ardent disciple du Christ aurait parlé de façon autrement plus catégorique aux Corinthiens si le pain de la Cène était devenu le Christ lui-même !
Dans la même lettre, en parlant des sacrifices païens, Paul avait déjà mentionné le souper des chrétiens. Il établit une comparaison entre la participation aux repas où l'on mangeait de la viande sacrifiée aux idoles et la participation aux repas dédiés au souvenir du Christ. En résumé, le sens des paroles de Paul est le suivant (Corinthiens 10 : 14 - 22) : « En mangeant les viandes immolées aux idoles, les païens se mettent en communication avec les mauvais Esprits. La viande sacrifiée aux idoles n'est rien d'autre que de la viande. Une idole n'est rien d'autre qu'une idole. Mais ce sont les sentiments et les intentions des païens lorsqu'ils offrent et mangent cette viande qui les font entrer en communication avec les démons. Les chrétiens qui partagent le pain et le vin lors du repas du Seigneur se mettent en communication avec le Christ. Le pain et le vin ne sont rien d'autre que du pain et du vin. Mais ce sont les sentiments entretenus par les chrétiens lorsqu'ils offrent et mangent ces aliments qui les font entrer en communication avec le Christ. Vous ne pouvez pas à la fois boire à la coupe du Seigneur et à la coupe des démons. Vous ne pouvez pas à la fois être les invités à la table du Seigneur et à la table des démons ».
Pas plus que la viande immolée aux idoles ne devient un démon, le pain et le vin n’est transformés en Jésus-Christ. Dans un cas comme dans l'autre, il s'établit une communication avec le monde des Esprits. Chez les païens, il s'agit d'une communication avec les démons figurés par la viande immolée et le vin offert en sacrifice. Chez les chrétiens, il s'agit d'une communication avec le Christ figuré par le pain et le vin partagés. Lors des repas païens, les participants ne communiquaient pas uniquement avec le mauvais esprit en l'honneur duquel ils festoyaient, mais également avec l'ensemble du monde des mauvais Esprits qui forme un tout. De la même manière, les chrétiens, en consommant le pain et le vin, se mettaient en communication non seulement avec l'esprit du Christ, mais également avec l'ensemble des Esprits du royaume de Dieu dont le Christ est le roi. Paul emploie l'expression « corps du Seigneur » pour désigner cette grande communauté. Le Christ est la tête, et le monde des bons Esprits, y compris les croyants sur la terre, son membre de ce corps spirituel. Celui donc qui est en communion avec le Christ est également en communion avec les membres du Christ. Cette communion est symbolisée par le pain. De même que les morceaux de pain avalés proviennent d'un pain entier, ainsi tous ceux à qui il est distribué forment un tout par le lien de l'amour : Parce qu'il n'y a qu'un seul pain, à plusieurs nous ne sommes qu'un corps, car tous nous participons à ce pain unique (Corinthiens 10 : 17).
Paul se sert souvent dans ses épîtres de la figure de notre appartenance au Christ sous la forme d'un corps spirituel. C'est l'idée que vous reprenez dans votre credo quand vous parlez de la communion des saints.
Pour tenter de prouver votre faux enseignement, vous vous obstinez à répéter les prétendues paroles du Christ : « Ceci est mon corps, ceci est mon sang ». Vous mettez l'accent sur le « est mon corps », et vous dites que le Christ n'a pas dit « ceci représente mon corps ». Comment faites-vous pour savoir les mots exacts employés par le Christ ? Vous ignorez la phrase prononcée en araméen et vous ne possédez même plus le texte grec original du Nouveau Testament. En réalité le Christ a utilisé les mots qui signifient que le pain et le vin sont les symboles de sa mort rédemptrice qu'il allait subir le lendemain pour le salut du monde.
Considérons que le Christ avait vraiment dit : « Ceci est mon corps, ceci est mon sang ». Pourquoi prenez-vous tout à coup le Christ au mot ? Quand on connaît les récits bibliques, on sait que le Christ expliquait sa doctrine sous forme de paraboles imagées, comme il le dit lui-même : Tout cela je vous le dis en figures. L'heure vient où je ne vous parlerai plus en figures, mais je vous entretiendrai du Père en toute clarté (Jean 16 : 25). Quand a-t-il prononcé ces paroles ? Précisément pendant le dernier repas, quelques heures avant sa mort. Au temps de son humanité, le Christ se servait constamment de paraboles : Tout cela, Jésus le dit aux foules en paraboles, et il ne leur disait rien sans parabole (Matthieu 13 : 34). Le soir, au cours des derniers entretiens avec ses disciples, il ne leur parla pas seulement de pain et de vin comme des figures symboliques de sa mort, mais il leur exposa une autre allégorie. Ainsi il présenta les rapports entre lui et ses disciples en disant : Je suis la vigne, vous les sarments (Jean 15 : 5). Si vous ne voulez pas admettre que le pain et le vin ne sont que des figures symboliques, vous devez alors refuser d'admettre que les termes « vigne » et « sarments » sont également des symboles. Vous devrez aussi dire que les paroles du Christ : « je suis la vigne » signifient qu'il est changé en vigne et les disciples en sarments. Dans un cas comme dans l'autre la phrase contient le verbe « être » et la transmutation devrait s'accomplir, or ni l'une ni l'autre ne sont possible.
On conçoit que l'Eglise catholique s'efforce de glaner dans la Bible tout ce qu'elle peut pour défendre sa monstrueuse doctrine. Pour cela elle prend à la lettre d'autres figures employées par le Christ. Par exemple, l'image exprimée par Jésus dans ces paroles : Je suis le pain vivant descendu du ciel. Qui mangera ce pain vivra à jamais ! Et même le pain que je donnerai, c'est ma chair pour la vie du monde … car ma chair est vraiment une nourriture et mon sang vraiment une boisson. (Jean 6 : 51-55). Tout cela est à prendre au sens figuré et contient une signification spirituelle, comme le Christ ne cesse de le préciser : C'est l'esprit qui vivifie, la chair ne sert de rien. Les paroles que je vous ai dites sont esprit (spirituelles) et elle sont vie (vivifiantes) (Jean 6 : 63). Jésus dit que sa nourriture à lui c'est de faire la volonté de son Père céleste[40]. Sur le rebord du puits de Jacob, il promit à la Samaritaine qu’il deviendrait une source : mais qui boira de l'eau que je lui donnerai n'aura plus jamais soif ; l'eau que je lui donnerai deviendra en lui source d'eau jaillissant en vie éternelle (Jean 4 : 14). Toutes ces phrases correspondent à des expressions allégoriques et symboliques qui ne sont pas à prendre à la lettre, sous peine de se perdre dans des aberrations. Le pain de la Cène n'est pas son vrai corps et le vin n'est pas son vrai sang. Ces mots possèdent un sens spirituel et figuré. C'est du reste de cette manière que les apôtres et les premiers chrétiens ont interprété ces images.
Le culte actuel tourne autour de la prétendue consécration, c'est à dire la transsubstantiation, le changement de la substance du pain et du vin en celle du corps et du sang du Christ. Ce culte est appelé « messe » par les catholiques. Votre transsubstantiation est aussi le renouvellement de la mort du Christ sur la croix, le sacrifice de son corps et de son sang. Or, il n'y a pas de renouvellement de la mort du Christ sur la croix sous une forme non sanglante. Quelle idée vous faites-vous d'un renouvellement non sanglant de la mort sur la croix ? En fait vous n'avez aucune idée claire à ce sujet puisqu'un tel concept ne correspond à rien de raisonnable.
La messe représente la lointaine évolution de la célébration de la Cène par les premiers chrétiens et de leurs prières. Mais au cours du temps, ce rite a perdu tout ce qui faisait de la Cène un repas communautaire et commémoratif du Seigneur. Aujourd'hui la messe n'a conservé de bien que les prières que chacun peut d'ailleurs réciter en privé sans l'aide d'un prêtre. La grande confiance des catholiques quant à l'effet de messes payées est malheureusement une grande illusion.
Rendez au peuple la célébration du repas du Seigneur des temps apostoliques. Cette célébration est sacrée et génératrice de grâces. Faites-en une habitude fréquente. Les veilles de grandes fêtes ou bien les jours de fêtes se prêtent très bien à ces célébrations. Vous pouvez vous rassembler en famille n'importe quel autre jour également, sans dépendre de personne. Vous n'avez besoin ni de prêtres, ni d'églises, ni d'autres serviteurs ecclésiastiques. Il se trouvera bien dans chaque cercle de croyants quelqu'un qui sera capable de célébrer la Cène de façon digne et respectable !
Je vais te décrire comment une telle célébration s'accomplit.
Il vaut mieux se servir de pain sans levain, que vous appelez pain azyme. Vous remplirez une coupe en verre ou en cristal de vin rouge ou de vin blanc. Vous placerez le pain et le vin sur une table nappée de blanc. Vous recouvrirez le vin pour qu'il ne se souille pas. Vous couvrirez le pain d'un linge propre. A la manière des premiers chrétiens, vous pourrez poser sur la table une simple croix ou un crucifix. Derrière la croix vous placerez sept cierges, le cierge du milieu étant posé juste derrière la croix.
Quand vous serez rassemblés, à l'heure fixée, vous commencerez par un hymne convenable. Puis le président de l'assemblée récitera une prière ou lira un psaume qui conviendra. Il pourra choisir dans les psaumes les versets adaptés à la situation du moment. Il continuera par une lecture de l'Ecriture Sainte. Si un des participants se sentait capable d'adresser une allocution de circonstance, l'assistance en tirerait profit.
Puis les participants se recueilleront, feront dans le silence un examen de conscience, se repentiront de leurs péchés et demanderont pardon à Dieu. Le président seul ou accompagné de tout le monde, récitera alors le psaume 130 : Des profondeurs je crie vers toi. Après cette supplication de pêcheur, le président s'approchera de la table, demandera à Dieu de bénir le pain et le vin afin que ce que les assistants mangent et boivent contribue à leur salut. Ensuite, il distribuera à chacun un morceau de pain en déclarant : « Prenez et mangez. Ceci est le symbole du corps du Christ, notre Sauveur, qui pour nous sauver est mort sur la croix ». Il prononcera ces paroles lentement en distribuant le pain que les assistants accepteront et porteront à la bouche. Celui qui distribue se servira le dernier et mangera sa part, après quoi il distribuera la coupe en déclarant : « Buvez en tous. Ceci est le symbole du sang de notre Seigneur Jésus-Christ qui a été versé pour la rémission des péchés ». Quand tous auront bu, il boira lui aussi du vin de la coupe et récitera une prière d'action de grâce. On terminera la cérémonie par un chant pieux.
S'il se trouve dans la pièce un médium à transe profonde, l'esprit saint qui parlera par sa bouche, prendra la présidence et agira en conséquence.
Il n'est pas défendu de faire suivre la cérémonie de la Cène d'un repas et de rester ensemble dans la joie et dans la bonne humeur. Vous devrez rayonner de joie intérieure et la manifester. Vous ne devez pas seulement accepter avec reconnaissance les dons spirituels accordés par Dieu, mais aussi les dons matériels et les apprécier sans dépasser les limites de la décence.

La pénitence, la confession et l’absolution
L'Eglise catholique enseigne également le sacrement de la pénitence. D'après le Nouveau Testament, « pénitence » signifie « changement d'attitude ». Jean le Baptiseur prêchait le repentir, pour que les péchés soient pardonnés. A propos du Christ, l'évangile rapporte : Dès lors Jésus se mit à prêcher et à dire : « Repentez-vous, car le royaume des cieux est tout proche » (Matthieu 4 : 17). Les paroles : « faites pénitence », signifient littéralement dans la Bible : « changez votre façon de penser, changez votre cœur et la disposition de votre esprit ». La pénitence est donc une conversion, un acte spirituel par lequel on se détourne du mal pour retourner à Dieu. C'est un changement de conduite. Celui qui cesse de faire le mal et commence à faire le bien qu'il avait négligé auparavant, se convertit. Il change les dispositions de son cœur, ses sentiments et son comportement. Il fait donc partie des pénitents.
Les catholiques ont une conception beaucoup plus large du sacrement de pénitence. La conversion d'un homme selon le cœur et la conduite ne leur suffit pas. L'Eglise catholique pose comme condition absolue : la confession de chaque péché grave à un de ses prêtres. Lui seul possède, selon cette doctrine, le pouvoir de pardonner les péchés à la place de Dieu. Sans l'absolution donnée par un prêtre, il n'existe pas de pardon des péchés. Par cette doctrine, l'Eglise rend les croyants dépendants du système ecclésiastique. Ce discours autoritaire lui confère un grand pouvoir sur les âmes.
Qui peut remettre les péchés, sinon Dieu seul ? (Marc 2 : 7). Les scribes qui tenaient ce langage au Christ avaient tout à fait raison en cela. Aucun homme, aucun prêtre ne peut absoudre et remettre les péchés. Le Christ ne le pouvait pas non plus.
Dieu peut, il est vrai, dans certains cas, se servir d'un homme comme messager pour annoncer à un pécheur que lui, Dieu, a pardonné ses péchés. Dieu chargea d'une telle mission le prophète Nathan. Il l'envoya à David pour lui annoncer qu'il lui avait pardonné les péchés d'adultère et d'homicide[41]. De la même manière, le Christ avait, dans des circonstances bien particulières, reçu la mission de Dieu qui consistait à pardonner leurs péchés à certains pécheurs. Il ne décidait pas le pardon des péchés de lui-même, et selon son propre jugement. Il ne le notifiait qu'à ceux qui avaient été désignés par les Esprits de Dieu. C'est ce que le Christ confirme en insistant auprès de ses adversaires pour leur dire que c'est Dieu qui lui en avait donné l'ordre[42]. Il ne s'agissait pas d'un chèque en blanc permettant au Christ d'agir à sa guise, mais d'une mission limitée à des cas particuliers.
Or, le prêtre catholique prétend, lui, avoir reçu de son évêque le pouvoir d'accorder ou de refuser l'absolution aux fidèles selon son propre jugement. Etes-vous donc assez sot pour penser que Dieu pardonne à un pécheur à la suite de l'absolution d'un prêtre et refuse le pardon à un autre parce qu'un prêtre l'a refusé ? Comment ce prêtre sait-il que Dieu a pardonné à un tel ou retenu les péchés à tel autre ? Est-ce qu'il possède des dons surnaturels pour connaître ainsi la pensée de Dieu ? Est-ce que les Esprits de Dieu ont transmis à ce prêtre catholique, comme à Nathan et au Christ, l'ordre de remettre les péchés à l'un et pas à l'autre ? Est-ce qu'il sait lire dans le cœur du pénitent pour voir si Dieu lui a bien pardonné ses péchés ? Les prêtres catholiques devront bien avouer qu'il n'en est rien.
Comment peuvent-ils communiquer aux autres que Dieu leur a pardonné leurs péchés sans avoir la moindre indication qui confirme la vérité de leur affirmation? Aucun homme, aucun prêtre ne peut lire dans le cœur du pécheur ni connaître la volonté de Dieu. Si vous pensez que l'absolution n'est valable qu'à partir du moment où le pénitent se repent vraiment et manifeste la ferme intention de s'amender, alors l'absolution traditionnelle est une aberration parce que le prêtre n'a aucun moyen de savoir si le pénitent remplit ces conditions. Il lui est donc impossible de prononcer valablement la formule : « Je t'absous de tes péchés ». Il peut tout au plus dire : « Que Dieu veuille bien te remettre tes péchés ».
Exprimer un tel souhait n'est pas le privilège du prêtre. Tout un chacun peut en faire autant. C'est un simple vœu sans effet certain. Le prêtre, lui, préfère dire : « Je t'absous de tes péchés ». En faisant cela, il prononce un jugement sans savoir si les conséquences de cette décision sont appliquées par Dieu. Que diriez-vous d'un juge terrestre qui prononcerait des jugements sans s'assurer qu'ils sont suivis d'effet ? Il s'agirait d'une farce ridicule. Il en est de même par l'absolution donnée par un prêtre.
Le bon sens vous le dit. La vérité, la voici : celui qui se repent sincèrement de ses péchés et s'adresse à Dieu pour qu'il lui pardonne, sera exaucé, qu'un prêtre ait donné l'absolution ou non. Celui qui ne se repent pas ne recevra pas le pardon de Dieu. Le prêtre aura beau lui donner l'absolution aussi souvent qu'il le voudra. La doctrine de la rémission des péchés par les prêtres est donc une des plus grandes erreurs qui se soient glissées dans le christianisme au cours des temps.
L'Eglise fonde sa doctrine de la rémission des péchés par des prêtres catholiques sur un passage biblique falsifié. Je t'ai déjà mentionné cette falsification lors de notre première rencontre. Voici le passage en question : Ceux à qui vous remettrez les péchés, ils leur seront remis; ceux à qui vous les retiendrez, ils leur seront retenus (Jean 20 : 23). Tu sais que dans le texte grec un petit mot a été supprimé qui change complètement le sens de la phrase. Au lieu du mot « leur », le texte grec disait « à vous-même ». Le passage correct est le suivant : « Si vous pardonnez les péchés aux autres, ils seront pardonnés à vous-même. Si vous les retenez (si vous ne les pardonnez pas), ils seront retenus à vous-même (ils seront non pardonnés) ». Le Christ enseigne ici la doctrine que l'on retrouve dans le « Notre Père » : Pardonnez-nous nos offenses comme nous pardonnons à ceux qui nous ont offensés. Et il ajoute ces paroles : Oui, si vous remettez aux hommes leurs manquements, votre Père céleste vous remettra aussi. Mais si vous ne remettez pas aux hommes, votre Père céleste non plus ne vous remettra pas vos manquements (Matthieu 6 : 14 - 15).
Le pouvoir de pardonner les péchés n'existe pas comme l'Eglise catholique se l'est arrogé pour elle-même, une telle doctrine n'a jamais été enseignée ni pratiquée par les premiers chrétiens. C'est pourquoi la confession des péchés à un prêtre n'a jamais été exigée des chrétiens d'autrefois. Les premiers chrétiens étaient invités, conformément à la doctrine du Christ, à se confesser les péchés les uns aux autres. C'est à dire les péchés dont ils s'étaient rendus coupables les uns envers les autres. Ils devaient avouer le tort qu'ils avaient fait à leurs semblables afin d'arriver à une réconciliation. C'est le chemin le plus court et le meilleur pour mettre fin à un conflit de personnes. Si quelqu'un qui t'a offensé vient te trouver et te l'avouer lui-même, tu lui tendras volontiers la main en signe de réconciliation. C'est ce à quoi le Christ invite par ces paroles : Quand donc tu présentes ton offrande à l'autel, si là tu te souviens que ton frère a quelque chose contre toi, laisse là ton offrande devant l'autel, et va d'abord te réconcilier avec ton frère, puis reviens, et alors présente ton offrande (Matthieu 5 : 23 - 24).
Si la confession à un prêtre et l'absolution étaient nécessaires, le Christ et les apôtres n'auraient pas manqué de le répéter pour attirer l'attention sur ce point capital. Cela aurait constitué la base fondamentale de la doctrine chrétienne, puisque, sans pardon des péchés, personne n'entre dans le royaume des cieux. Mais il se trouve que ni le Christ, ni les apôtres ne connaissaient la confession à un prêtre et l'absolution des péchés par celui-ci.
La confession et l'absolution par un prêtre sont des règles purement humaines. Ces traditions ne facilitent nullement le cheminement des croyants vers Dieu, mais au contraire, elles mettent des obstacles sur leur route en leur procurant un faux sentiment de sécurité. Les pénitents qui se confessent et reçoivent l'absolution du prêtre s'imaginent qu'ils sont en règle avec Dieu, ce qui équivaut à une illusion trompeuse. Toute erreur dans le domaine des vérités du salut est comparable à un labyrinthe qui, loin de rapprocher le voyageur du but, l'en éloigne de plus en plus.

La pauvreté, les privations, la chasteté et le célibat
Dans la religion que tu pratiquais autrefois, ce que l'on appelle les « mortifications corporelles extérieures » jouent un rôle important. Cette religion prescrit l'abstinence de certains aliments, certains jours de l'année. Elle exige des jours de jeûne et considère les privations et les austérités comme des moyens pour atteindre un plus haut degré de perfection. Elle recommande des pèlerinages et impose aux prêtres et aux religieux le célibat comme l'expression d'une perfection plus complète. Toutes ces choses n'ont rien à voir avec le véritable esprit de la pénitence ni avec la perfection intérieure. Le Christ n'a jamais jeûné volontairement et ne s'est jamais mortifié de son plein gré. Lorsqu'il jeûnait dans le désert il y était obligé, car il n'y avait rien à manger. C'est pourquoi vous ne trouverez rien dans l'enseignement du Christ, ou dans celui des apôtres, qui incite les hommes à jeûner ou à se livrer à des mortifications corporelles. Au contraire, de telles choses sont qualifiées d'inutiles. Ainsi, Paul rappelle aux Corinthiens : Ce n'est pas un aliment qui nous fera connaître en jugement devant Dieu. Si nous n'en mangeons pas, nous n'avons rien de plus, et si nous en mangeons, nous n'avons rien de moins (Corinthiens 8 : 8). Aux Colossiens il écrit : Du moment que vous êtes morts avec le Christ aux éléments du monde, pourquoi vous plier à des ordonnances comme si vous viviez encore dans ce monde ? « Ne prends pas ! Ne goûte pas ! Ne touche pas ! », tout cela pour des choses vouées à périr par leur usage même ! Voilà bien les prescriptions et les doctrines des hommes ! Ces sortes de règles peuvent faire figure de sagesse par leur semblant de religiosité et d'humilité qui ne ménage pas le corps, en fait elles n'ont de valeur que pour satisfaire la chair (Colossiens 2 : 20 - 23).
Les préceptes et les lois que les religions imposent ne viennent pas du Christ, mais comme l'écrit Paul à Timothée, de ceux qui : renieront la foi pour s'attacher à des Esprits trompeurs et à des doctrines diaboliques, séduits par des menteurs hypocrites marqués au fer rouge dans leur conscience. Ces gens-là interdisent le mariage et l'usage d'aliments que Dieu a créés pour être pris en action de grâce par les croyants et ceux qui ont la connaissance de la vérité. Car tout ce que Dieu a créé est bon et aucun aliment n'est à proscrire, si on le prend avec action de grâce (Timothée 4 : 1 - 4).
L'Eglise catholique compte parmi les religions qui attachent une grande valeur à l'abstinence alimentaire à certaines occasions. Elle prescrit le jeûne et interdit à ses prêtres et religieux de se marier et déclare que l'état de religieux représente l'idéal de la perfection. Elle aussi s'est attachée à des doctrines inspirées par les démons. Ce sont là des préceptes inventés par les hommes, qui, selon la parole de l'apôtre, passent pour de la sagesse et de l'humilité, mais n'ont en fait aucune valeur. Ces pratiques n'apportent absolument rien pour le salut des hommes. Voilà pourquoi aucune Eglise n'a le droit d'imposer de tels commandements à ses fidèles et de qualifier leur violation de « péché grave ».
L'Eglise a beau affirmer, en ce qui concerne le célibat des prêtres et des religieux, qu'elle ne force personne et qu'elle n'oblige personne à se faire prêtre ou à entrer en religion. Mais lorsque quelqu'un croit être appelé à devenir prêtre, l'Eglise le force au célibat et l'oblige à choisir entre sa vocation et le célibat non voulu de Dieu. Il se trouve alors sous la plus grande contrainte que l'on puisse imposer à un homme. De plus, si effectivement l'Eglise ne force personne à prendre la voie du célibat religieux, elle exerce une immense pression morale en faisant passer l'état religieux pour le sommet de la perfection. Ce sont les meilleurs parmi les hommes qui considèrent que leur devoir est de progresser pour atteindre la perfection. Cependant cet idéal de perfection leur est présenté sous la forme rebutante et contre nature d'une vie religieuse dans le célibat.
Qu'on ne dise pas que Dieu donne à ceux qui se sentent appelés à la prêtrise ou à l'état religieux, la force de persévérer dans le célibat. C'est une illusion grossière. Dieu ne donne la force que pour accomplir sa volonté et non pour réaliser ce que les hommes s'imposent à eux-mêmes au nom d'une prétendue dévotion volontaire. Le bien est ce qui correspond à la volonté de Dieu et ce qui est à tout instant librement accepté par l'homme. Rien de bon ne s'accomplit sous la contrainte. Il n'y a rien de bien dans une situation qui commence par un choix volontaire mais qui, peu à peu, devient un boulet à traîner jusqu'à la fin de sa vie. Dieu lui-même ne force pas l'homme à se soumettre à sa volonté. Et comment une Eglise humaine oserait-elle s'arroger le droit de ravir aux hommes leur liberté au nom de ce même Dieu qui, lui, n'y porte jamais atteinte.
Le mal s'impose toujours par la force, par la contrainte et par l'asservissement. Le bien s'impose dans la liberté. C'est le mal qui a introduit la servitude dans les religions. L'autoritarisme et la passion de dominer les autres ont introduit la suppression de la liberté personnelle dans l'Eglise catholique sous le masque de la vertu. Le célibat, la vie monacale avec les vœux de pauvreté, de chasteté et d'obéissance à la hiérarchie religieuse, tout cela ne sont que des moyens pour consolider l'appareil institutionnel de l'Eglise humaine. Ni le Christ, ni les apôtres ne connaissaient un sacerdoce semblable à celui de l'Eglise catholique. Ils ne connaissaient pas non plus les ordres religieux. Ils n'ont rien enseigné ni institué de tel. Ils n'ont jamais parlé d'un vœu de pauvreté, de célibat, de chasteté, ou d'obéissance à un supérieur religieux, tout cela au nom de l'idéal de perfection.
Ils ne savaient rien de la pauvreté volontaire dans le sens où l'entend l'Eglise catholique. Ils n'ont pas fondé d'ordres religieux et n'ont pas enseigné qu'il fallait en fonder pour accueillir des personnes qui apporteraient leurs richesses personnelles. Les religieux, les moines, sont-ils réellement pauvres ? Ne sont-ils pas plutôt à l'abri de tout souci alimentaire leur vie durant ? Pour eux la table est mise chaque jour. Est-ce là la pauvreté ? Si tout le monde en possédait autant, il n'y aurait plus aucun pauvre sur la terre. Et si la pauvreté représente l'idéal de perfection, pourquoi tant de couvents et de monastères sont-ils riches et nantis de biens ? Si la pauvreté constitue un idéal pour chaque religieux en particulier, elle devrait l'être également pour la communauté. Pourquoi vos prêtres qui prêchent et exaltent la pauvreté volontaire ne la pratiquent-ils pas eux-mêmes ? Celui qui prêche une doctrine a pour premier devoir de la pratiquer. Vos prêtres sont-ils pauvres ? Et le pape ? Et les évêques ? Si tous les hommes se portaient aussi bien que ces prédicateurs de l'idéal de pauvreté, il n'y aurait plus aucune misère dans le monde.
Vous mettez en avant les paroles que le Christ adressa au jeune homme riche pour démontrer que la pauvreté volontaire mène à la perfection. Mais vous interprétez bien mal ces paroles. Lorsque le Christ annonce au jeune homme : « Si tu veux être parfait, va et vends tout ce que tu as et donne l'argent aux pauvres, et tu auras un trésor dans le ciel, puis viens et suis-moi », il ne s'adresse qu'à un jeune homme très attaché aux richesses de ce monde. Le Christ ne s'en prend qu'à la domination de la matière qui retient le jeune homme prisonnier et qui l'empêche d'entrer dans le royaume des cieux. Puis, lorsque le jeune homme tourne le dos au Christ, à la suite de cette recommandation, le Maître dit à ses disciples : « Mes enfants, combien il est difficile à ceux qui sont attachés aux richesses et aux biens temporels d'entrer dans le royaume des cieux[43] » . Selon le Christ, celui qui est « riche » n'est pas celui qui possède beaucoup d'argent, mais celui qui est l'esclave de la matière, l'esclave de Mammon et qui en fait son Dieu.
Abraham, Isaac, Jacob, Job ou David achevèrent leur vie dans l'opulence, ils disposaient de nombreux biens matériels. Cependant, ils ne faisaient pas partie des riches dont parle Jésus. Leur richesse ne constituait pas pour eux un obstacle sur le chemin qui les menait à Dieu. Le Christ ne leur avait jamais demandé de se dépouiller pour devenir parfait. La situation était différente pour le jeune homme riche. Son attachement à sa fortune l'empêchait de suivre l'appel de Dieu. Il préférait renoncer au royaume de Dieu plutôt qu'à son confort.
Chez tous les hommes se dressent des obstacles entre eux et Dieu. Ils sont aussi variés que les hommes eux-mêmes. Chacun devra se débarrasser de l'obstacle qui le gêne. C'est aussi le sens de cette parole du Christ : si ton œil est pour toi une occasion de péché, arrache-le et jette-le loin de toi : mieux vaut pour toi entrer borgne dans la vie que d'être jeté avec tes deux yeux dans la géhenne de feu (Matthieu 18 : 9). Si quelque chose dans ta vie t'empêche d'accomplir la volonté de Dieu, même s'il s'agit d'une chose précieuse à tes yeux, sépares-toi de cette chose. L'obstacle qui retenait le jeune homme était sa fortune. C'est pourquoi, il aurait du s'en séparer en vendant son capital et en distribuant le produit de la vente aux pauvres. Si la richesse ne constitue pas un obstacle pour une personne qui chemine vers Dieu, alors il n'y a aucune raison pour que cette personne renonce à ses biens. Si tout le monde devait vendre ce qu'il possède pour devenir parfait, personne ne devrait plus acquérir de biens matériels. Car si le fait d'économiser de l'argent constituait un obstacle sur le chemin de la perfection, toute possession de valeurs terrestres serait également contraire à la perfection. Dans ce cas, les Eglises et les couvents auraient, moins que quiconque, le droit d'acquérir et de posséder des biens de ce monde.
Le Christ n'était pas pauvre avant d'entrer dans la vie publique. Il possédait plusieurs maisons qu'il avait acquises grâce à son travail. Il les vendit avant de s'adonner à son ministère et remit le montant de la vente à ses amis chez qui il logea par la suite. Et si durant son ministère il avait fait le choix de ne rien posséder, il ne se trouvait pas pour autant réduit à la mendicité.
La chasteté parfaite, sous la forme du célibat, représente également un idéal de perfection pour ton ancienne Eglise. Bien sûr, chacun peut et doit pratiquer la chasteté, mais elle n'a rien à voir avec le célibat. Le mariage n'a rien d'impudique. Les gens mariés peuvent être parfaitement chastes et les non mariés peuvent être tout à fait le contraire, même s'ils appartiennent au clergé.
La vraie chasteté consiste à observer la bonne mesure dans toutes les choses qui dépendent des principes naturels de la vie sexuelle. La sobriété en mangeant et en buvant ne consiste pas à tenter de brider le besoin de nourriture, mais plutôt à se rassasier raisonnablement, sans dépasser les limites qui rendent malade. Et bien, il en est de même pour l'activité sexuelle. La vie sexuelle est une loi naturelle que Dieu destine à toutes les créatures. Tout ce que Dieu crée est bon et ne doit pas être étouffé, mais il faut en user dans les limites fixées par la volonté divine.
La loi de la reproduction s'applique à chaque être humain. Fonder une famille est un devoir sacré auquel personne ne peut se soustraire sans conséquences. La procréation terrestre est le moyen qui permet aux Esprits tombés de progresser vers la perfection en passant par les stades de la nature. La sagesse divine a conçu ce principe qui permet aux Esprits incarnés qui sont arrivés jusqu'à un certain niveau de progrès, de faire venir leurs frères et sœurs sur la terre, par le moyen de la procréation, afin que ces frères et soeurs progressent eux aussi sur le chemin de la perfection. Lorsque des frères et sœurs terrestres tombent ensemble dans une fosse, celui qui s'en extrait le premier aide les autres à s'en sortir. C'est un devoir d'entraide entre frères et sœurs.
Vous devez considérer la loi de la vie sexuelle comme un aspect de la sagesse et de la miséricorde divine. Dieu a fortement développé l'instinct sexuel parce que la procréation fait partie du plan rédempteur de Dieu. Ainsi, il est difficile aux créatures de se dérober à l'exécution de ce plan. Il est donc clair qu'il s'agit d'un devoir, dont seulement les raisons les plus sérieuses peuvent dispenser les humains. Voilà pourquoi le vœu de célibat est un manquement grave à la volonté de Dieu. Ni les prêtres catholiques, ni les religieux n'ont, vis à vis de Dieu, de raison suffisante pour rester célibataires.
Je sais que pour justifier le célibat, on cite le septième chapitre de la première épître aux Corinthiens. Paul met en avant plusieurs raisons pour préférer le célibat. Cependant, il affirme aussi qu'il vaut mieux se marier si l'abstinence ou le célibat entraînait des troubles : Mais s'ils ne peuvent se contenir, qu'ils se marient, mieux vaut se marier que de brûler (Corinthiens 7 : 9), Si quelqu'un pense en étant en pleine ardeur juvénile, qu'il risque de mal se conduire vis à vis de sa fiancée, et que les choses doivent suivre leur cours, qu'il fasse ce qu'il veut, il ne pèche pas, qu'il se marie ! (Corinthiens 7 : 36).
L'opinion de l'apôtre sur le célibat était fausse. Paul n'avait reçu aucune consigne du Christ en ce sens. Paul était tout à fait conscient qu'il n'exprimait que sa propre pensée. Si tu lis ce premier chapitre de la première lettre aux Corinthiens, tu remarqueras quelque chose qui est spécifique à ce texte. Paul insiste continuellement sur le fait que ce chapitre sur le célibat est son avis personnel, et qu'il n'agit pas sur l'ordre du Christ. C'est pourquoi il répète souvent : ce que je dis là est une concession, non un ordre … (7 : 6), voici ce que je prescris … (7 : 10), c'est moi qui leur dit, non le seigneur … (7 : 12), pour ce qui est des vierges, je n'ai pas d'ordre du Seigneur, mais je donne un avis en homme … (7 : 25), je pense donc que … (7 : 26). Et à la fin du chapitre, il répète : … à mon sens … (7 : 40). Son avis était faux, même s'il ajoutait qu'il pensait posséder, lui aussi, un esprit de Dieu à ce moment-là.
Paul n'était pas marié. Il considérait que son ministère apostolique qui l'amenait à voyager au loin était une raison suffisante pour rester célibataire. S'il avait eu une famille, les visites des églises lointaines n'auraient pas été possibles. Il n'aurait pu, ni se faire accompagner de sa femme et de ses enfants, ni les abandonner aussi longtemps. Son propre célibat le rendait sur ce point plutôt partial et le défenseur d'idées fanatiques. Les êtres ont tous leurs défauts. Ne nous étonnons pas d'en trouver chez les apôtres.
Cet avis erroné de Paul fut corrigé plus tard par le Christ lui-même. Paul fut obligé de se rétracter dans une lettre adressée à toutes les communautés. Je t'ai parlé de cette lettre dès notre première rencontre. Dans ce texte, d'autres passages de ses épîtres antérieures qui avaient donné lieu à des malentendus furent également rectifiés. Je t'ai dit que cette épître fut détruite par la suite, parce que les corrections et les modifications apportées ne s'adaptaient pas à la doctrine de l'Eglise postérieure.
Ses lettres à Timothée et à Tite te font comprendre à quel point Paul changea d'avis sur le célibat à la suite du rappel à l'ordre de son Maître. Lui qui avait écrit aux Corinthiens qu'il désirait qu'ils ne se marient pas, demandait maintenant le contraire. Et même plus, Paul disait que pour le bien de la communauté, il fallait que ceux qui occupent une charge soient mariés : Aussi faut-il que l'épiscope soit irréprochable, mari d'une seule femme … sachant bien gouverner sa propre maison et tenir ses enfants dans la soumission d'une manière parfaitement digne. Car celui qui ne sait pas gouverner sa propre maison, comment pourrait-il prendre soin de l'église de Dieu ? (Timothée 3 : 2 - 5). Les diacres doivent être maris d'une seule femme, savoir bien gouverner leurs enfants et leur propre maison (Timothée 3 : 12). Il adresse la même exhortation à Tite et lui demande de ne pas établir de célibataires comme responsables de l'église en Crète : Chaque candidat doit être irréprochable, mari d'une seule femme, avoir des enfants croyants (Tite 1 : 6). Alors que dans son épître aux Corinthiens, Paul avait conseillé aux veuves de ne pas se remarier, il écrit le contraire à Timothée : Je veux que toutes les jeunes veuves se remarient, qu'elles aient des enfants, gouvernent leur maison … (Timothée 5 : 14).
Paul insiste sur le terme : « mari d'une seule femme ». Paul ne veut pas dire qu'il ne faut se marier qu'une seule fois, sans remariage possible. En effet, il conseille aux veuves et donc aux veufs de se remarier. Son expression « mari d'une seule femme » a le sens suivant :
Beaucoup de païens qui se faisaient chrétiens avaient eu auparavant d'autres femmes à côté de leur femme légitime. Ceci était de notoriété publique. Paul refuse que de tels hommes occupent les charges du ministère ecclésiastique, afin d'éviter tout scandale. Paul n’accepte que les hommes mariés jouissant d'une bonne réputation auprès des chrétiens et des non chrétiens. Il le dit expressément à Timothée : Il faut en outre que ceux du dehors (les païens) rendent de lui un bon témoignage, de peur qu'il ne tombe dans l'opprobre et dans les filets du diable (Timothée 3 : 7).
Pendant dix siècles, le mariage que Paul imposait aux épiscopes et aux collaborateurs de son temps, était également autorisé pour les prêtres catholiques. Ce ne fut pas un idéal religieux qui incita les papes à imposer le célibat à leur clergé. Si un tel idéal était pensable, il aurait été érigé en précepte dès les premiers temps de l'Eglise. Ce qui décida l'Eglise à l'adopter et à en faire un précepte par la suite, était une considération purement matérielle et terrestre. Il s'agissait de renforcer le pouvoir papal. Un ecclésiastique sans obligations familiales est un instrument docile entre les mains du système de l'Eglise, bien plus qu'un prêtre qui a une femme et des enfants à entretenir. De plus, on pouvait escompter que le prêtre célibataire léguerait ses biens à l'Eglise, lors de son décès.
Les dangers du célibat qui firent que l'apôtre Paul récusait les collaborateurs célibataires pour le service de la religion demeurent les mêmes à chaque époque. Ils n'étaient pas plus grands alors qu'aujourd'hui. L'explication qui dit qu'un prêtre non marié possède une plus grande pureté et un dévouement plus grand à la cause de Dieu est un prétexte qui de tout temps s'est révélé comme illusoire. »

L’obéissance à des supérieurs humains

« Ce qui est vrai à propos du vœu de pauvreté et du vœu de chasteté dans le célibat est également vrai en ce qui concerne le vœu d'obéissance inconditionnelle envers des supérieurs humains. Ceci va à l'encontre de la volonté de Dieu et n'est que l'invention du despotisme humain.
Dieu a octroyé à chaque esprit en le créant, le don suprême du libre arbitre. Cette liberté de décision personnelle dans tout ce que l'on fait ou omet de faire, Dieu ne la limite jamais, pour personne. Dieu ne veut pas non plus qu'elle soit limitée pour les hommes. Chaque être humain est personnellement responsable de tout ce qu'il fait, à chaque moment de sa vie. Cette responsabilité de chacun est inamovible. Personne ne peut s'excuser auprès de Dieu en prétextant qu'il a soumis sa volonté et sa décision personnelle à la volonté d'un autre. Dès qu'un homme atteint l'âge de raison, il ne doit jamais soumettre sa volonté à celle d'un autre homme, qu'il s'agisse d'un supérieur terrestre ou spirituel. L'obéissance aveugle n'est due qu'à Dieu. Lorsque la Bible dit : Oui, l'obéissance vaut mieux que le sacrifice, la docilité, plus que la graisse des béliers (Samuel 15 : 22), cette obéissance ne s'applique qu'à Dieu, jamais aux hommes. Les supérieurs humains, surtout les supérieurs ecclésiastiques et religieux, s'appuient volontiers sur cette phrase biblique pour obtenir de leurs subordonnés une complète soumission. On a établi la fausse doctrine qui dit qu'une obéissance aveugle aux supérieurs religieux libère celui qui obéit de toute responsabilité personnelle dans l'ordre qu'il exécute. L'homme peut désobéir uniquement dans le cas où l'ordre pousse à commettre un péché. Ceci est une erreur. L'être humain n'est pas seulement responsable pour le mal qu'il fait, mais aussi pour le bien qu'il omet de faire. L'omission du bien est bien souvent un plus grand péché qu'un acte mauvais. Si, selon votre doctrine, un supérieur religieux ordonne à un subordonné de commettre un vol, ce subordonné ne doit pas obéir. Mais si on interdit à ce subordonné de secourir un semblable qui lui demande de l'aide, alors votre doctrine prétend que ce subordonné doit obéir à son chef. Pourtant aux yeux de Dieu, une telle omission constituerait un péché supérieur à celui d'un larcin. Dans ce dernier cas, le subordonné ne pourrait pas faire valoir son devoir d'obéissance à son supérieur pour expliquer qu'il ne pouvait pas réaliser la bonne action que sa conscience lui dictait. Il doit au contraire, obéir à sa propre conscience en toute circonstance. La conscience d'un autre ne saurait remplacer la sienne. Dieu donne à chacun une tâche particulière et spécifique. Chacun doit accomplir sa mission sans se laisser détourner ou arrêter pas des directives et des préceptes humains. Il s'ensuit que personne, à la suite d'un vœu d'obéissance, ne peut soumettre sa volonté à celle d'un autre. Le vœu d'obéissance que font vos prêtres et vos religieux est par conséquent contraire à la volonté de Dieu.
En ce qui concerne les lois des souverains temporels, seule l'obéissance à des règlements terrestres qui ne soient pas contraires à la volonté de Dieu est à prendre en considération.
Vous vous réclamez des paroles de l'apôtre Paul au début du treizième chapitre de son épître aux Romains pour étayer l'obligation d'obéir aux autorités temporelles. Vous ne comprenez pas le sens de ces paroles et vous les avez mal traduites dans votre langue. Paul ne parle pas des souverains temporels, mais des guides spirituels que Dieu lui-même assigne à chacun. Dieu assigne à chaque homme des Esprits pour le conduire et le diriger. Certains hommes en reçoivent beaucoup et d'autres moins. Cela dépend de l'importance de la tâche qu'un homme doit accomplir pour faire la volonté de Dieu. Ces Esprits n'ont pas seulement pour mission de vous protéger, de vous exhorter, de vous avertir, de vous instruire et de vous encourager à faire le bien. Ils ont aussi le droit de vous corriger et de vous punir. Ils manient l'épée de justice de Dieu. Les punitions que Dieu inflige sont exécutées par ses Esprits. Tu sais cela par plusieurs passages de la Bible.
Voici la vraie traduction des paroles de Paul (Romains 13 : 1 - 8) : « Que chaque âme soit soumise aux autorités des Esprits supérieurs ! Car il n'y a pas d'autorités en dehors de celles que Dieu a établi. Ainsi celui qui s'insurge contre cette autorité spirituelle se révolte contre l'ordre établi par Dieu. Ceux qui se révoltent attireront sur eux la condamnation. Car ces puissances sont à craindre, non pas pour celui qui fait le bien, mais pour celui qui fait le mal. Veux-tu ne pas avoir à craindre cette autorité des Esprits ? Alors fais le bien et tu recevras des éloges d'elle. En effet elle est pour toi ministre de Dieu en vue du bien. Si tu fais le mal, tu as des raisons de craindre, car ce n'est pas pour rien qu'elle porte le glaive. Elle est aussi ministre de Dieu, elle assouvit la colère en châtiant celui qui fait le mal. Il faut donc se soumettre, non seulement par crainte de la colère divine, mais encore pour obéir à la voie de la conscience. C'est aussi pour le même motif que vous faites les offrandes spirituelles qui vous sont imposées. Car ces serviteurs de Dieu sont chargés de rester auprès de vous dans ce but. Rendez à chacun ce qui lui est dû. Si l'un vous demande d'exécuter telle ou telle œuvre, alors exécutez-la. Si l'un vous dit de craindre quelque chose, alors craignez cette chose. Si l'un vous montre qu'une chose est précieuse, alors honorez cette chose. Ne soyez redevable à personne sur aucun point. Vous accomplissez la loi et votre devoir si vous vous aimez les uns les autres, car celui qui aime son prochain accomplit pleinement la loi. »
Comment avez-vous pu appliquer ces paroles aux souverains temporels? Croyez vous sérieusement que toute autorité sur la terre est établie par Dieu? Est-ce que les innombrables rois et princes qui ont vécu jusqu'à ce jour n'ont pas plutôt été les instruments du mal dans bien des cas? Est-ce que ces souverains ont régné par la « grâce de Dieu » ou par la « grâce du Diable »? Pourrait-on appliquer à ceux qui ont si cruellement et injustement opprimé le pauvre peuple par les paroles du passage cité : cette autorité est ministre de Dieu en vue du bien? Vous les hommes, vous vous soumettez aux autorités humaines en vous basant sur des lois venues des hommes et non de Dieu. Aucun esprit de Dieu ne prend part à vos couronnements de princes ou à vos élections papales ou épiscopales.
Si, dans votre traduction du texte précédent, vous parlez « d'impôts » et de « taxes », et si vous pensez qu'il s'agit d'autorité temporelle à qui vous devez payer ces impôts, vous oubliez qu'il existe aussi des impôts dû à Dieu. Ces impôts spirituels sont les fruits de votre esprit. De même que chaque année, l'arbre vous cède ses fruits en guise de redevance annuelle, vous aussi vous produisez des fruits qui sont redevables à Dieu. Ces fruits que les Esprits placés par Dieu à vos côtés s'efforcent ardemment de faire mûrir en vous.
Tu vois que les premiers chrétiens ignoraient ce que l'Eglise catholique considère comme l'idéal de perfection : la pauvreté volontaire, la chasteté dans le célibat et l'obéissance aveugle aux supérieurs. Tous ces préceptes humains sont autant d'erreurs grossières. »

Les indulgences, les saints, et la vénération des saints
« A propos de la doctrine de ton ancienne Eglise qui se rapporte à la pénitence et à la rémission des péchés, je voudrais encore mentionner l'étrange et ingénieuse doctrine des indulgences, cet appendice de la doctrine du pardon des péchés. Si une Eglise peut pardonner les péchés, pourquoi ne pourrait-elle pas remettre tout ou partie des punitions encourues pour ces péchés ? Elle s'arroge ainsi le droit de grâce. Or Dieu seul peut pardonner les péchés et Dieu seul peut exercer le droit de grâce.
L'explication fournie par l'Eglise pour justifier son droit de grâce est bien singulière. Elle parle d'un « trésor de l'Eglise », qui est constitué par les excédents des bonnes actions des saints et des martyres dont les mérites ont dépassé les peines correspondant à leurs péchés. L'Eglise dit qu'elle prélève une partie de ces mérites sous forme d'indulgences, afin de donner aux pécheurs repentis un peu de cette réserve de bienfaits qui compense les fautes de ce pécheur. Ainsi, ce dernier n'est plus exposé aux peines normalement méritées pour les fautes qu'il a commises. Les peines sont remises soit partiellement, soit totalement. La rémission pleine et entière est accordée, selon cette doctrine, par l'indulgence plénière, et la rémission partielle est accordée par l'indulgence limitée.
Cette doctrine des indulgences est absurde pour diverses raisons. Aucune créature ne peut réaliser plus de bien qu'elle ne doit à Dieu, ni un esprit, ni un être humain. Aux yeux de Dieu, même le ciel est impur. Devant Dieu, l'esprit le plus parfait n'est qu'un serviteur qui ne fait que son devoir, même s'il l'accomplit à la perfection. Il n'existe pas d'excédent, il n'y a pas de solde créditeur dans le domaine des mérites. Le Christ lui-même n'a pas fait plus qu'il ne devait. S'il avait fait moins, il n'aurait pas rempli la tâche qui lui incombait. Il aurait été vaincu par l'enfer et se serait séparé de Dieu. Personne ne peut faire davantage que la volonté de Dieu. En accomplissant la volonté de Dieu, chacun n'accomplit que son devoir. Nul ne peut donc céder la moindre parcelle de mérites à d'autres.
Chacun doit travailler à son propre salut, et c'est là la deuxième raison pour laquelle il est impossible de s'octroyer les mérites d'un autre. Ce qui n'est pas réalisable d'après vos lois humaines, ne l'est pas non plus devant la justice de Dieu. Un juge humain ne consentira pas à accorder une remise de peine à un contrevenant parce que d'autres observent la loi. Ainsi, aucune remise de peine ne sera consentie à un pécheur parce que d'autres ont respecté les commandements de Dieu. Sans quoi, qu'adviendrait-il de la justice ?
Comment vous imaginez-vous un tel « trésor de l'Eglise », ce capital provenant d'un excédent de mérites accumulés par d'autres? Pensez-vous vraiment que la vie spirituelle en union avec Dieu puisse être stockée dans une réserve? Pouvez-vous emmagasiner cela, comme vous entassez vos objets précieux, vos trésors matériels qui appartiennent à vos églises, dans le but d'y opérer des prélèvements pour satisfaire les besoins des hommes? Comme vous pouvez être insensés! Et comme la doctrine des indulgences enseignée par ton ancienne Eglise est insensée ! Comment pouvez-vous concevoir qu'une rémission des péchés puisse dépendre de conditions extérieures ridicules ? Tu aurais donc droit à une réduction des peines encourues pour tes péchés parce que tu as prié en tenant un chapelet béni à la main, mais pas si tu pries Dieu sans chapelet? Et comment tes peines pourraient-elles être remises entièrement parce que tu aurais récité telle prière, dans telle église, à tel jour, alors que tu n'aurais pas droit à ce privilège si tu récitais cette même prière avec plus de ferveur, seul dans ta chambre ? Et à l'heure de ta mort, crois-tu que toutes les peines pour tes péchés te seront remises parce que tu tiens à la main le « crucifix de la bonne mort » béni à cet effet ? Seras-tu sauf parce que tu portes un scapulaire béni, au port duquel est attachée, selon ton Eglise, une indulgence plénière ? Penses-tu vraiment que le crucifix de la bonne mort et le scapulaire te sauveront lorsque tu seras jugé devant Dieu ? Crois-tu réellement que certaines prières, certains pèlerinages et certaines pratiques semblables te vaudront des remises de peine selon un barème établi par ton Eglise ? N'est-ce pas plutôt blasphémer la grandeur et la sainteté de Dieu, sa miséricorde et son amour, que d'en faire les tributaires de telles absurdités ? Les hommes, les évêques et les papes n'ont pas le pouvoir de remettre les peines que méritent les péchés. Dieu seul rémunère chacun selon ses œuvres.
La conversion intérieure du pécheur envers Dieu ainsi que ses œuvres de charité sont les normes d'après lesquelles Dieu applique son pardon et sa grâce. Celui qui se repent et se tourne vers Dieu reçoit le pardon de ses péchés à condition qu'il s'efforce de réaliser de bonnes actions en pardonnant à ses semblables et en les aidant selon ses possibilités. Dieu lui remettra les peines qu'il aurait méritées pour ses péchés. Voilà pourquoi le Christ dit au sujet de Marie Madeleine : ses péchés, ses nombreux péchés, lui sont remis parce qu'elle a montré beaucoup d'amour. Mais celui à qui on remet peu montre peu d'amour (Luc 7 : 47). De toute évidence, il n'est pas ici question d'amour physique, mais de l'amour de Dieu et du prochain. Celui qui a beaucoup d'amour pour son prochain recevra une large remise de la peine qu'il a méritée pour ses péchés en demandant pardon. Sur un plateau de la balance sont placées les peines méritées et sur l'autre les actes d'amour et les bonnes œuvres. Le surplus de poids du coté des peines correspond à la quantité de peines consécutives aux péchés que le pécheur devra expier en guise de réparation de ses fautes. Celui à qui peu de peines sont remises est celui qui a peu de bonnes œuvres à son actif.
Marie Madeleine avait beaucoup péché. Mais elle se montrait toujours prêtre à rendre service quand il s'agissait d'aider les gens dans la souffrance ou ceux qui étaient persécutés injustement. C'est pourquoi il lui fut beaucoup pardonné après qu'elle eut tourné le dos à sa vie de pécheresse.
Le Christ parle aussi d'un péché qui ne peut pas être pardonné ni dans ce monde, ni dans le monde à venir. Le mot « pardonné » a ici la signification de « gracié », comme c'est souvent le cas dans la Bible. Le péché mentionné par le Christ ne saurait trouver grâce ni rémission de peine. La peine qui frappe ce péché est intégrale et l'expiation est totale. Il faut payer jusqu'au dernier centime. Voici en quels termes le Christ parle de ce péché : Aussi je vous le dis, tout péché et blasphème sera remis aux hommes, mais le blasphème contre l'esprit ne sera pas remis. Et quiconque aura dit une parole contre le Fils de l'homme, cela lui sera remis; mais quiconque aura parlé contre l'esprit saint, cela ne lui sera remis ni en ce monde ni dans le monde à venir (Matthieu 12 : 31 - 32).
Celui qui connaît l'effet de l'esprit de Dieu, celui dont l'âme a été pénétrée de la lumière de la vérité que les Esprits de Dieu lui ont communiquée avec l'aide de la force divine, et qui, malgré cela, pour des raisons terrestres, refuse cette vérité, commet le péché contre l'esprit et ne pourra pas échapper au châtiment de ce péché. La raison pour laquelle tout pardon est impossible vient de la nature même de ce péché. En effet, lorsque les preuves les plus éclatantes que les Esprits de Dieu peuvent fournir n'incitent pas un homme à accepter la vérité, même si dans son for intérieur il ressent qu'il s'agit de la vérité, quel autre moyen serait propre à l'amener à prendre en compte cette vérité ? Il ne reste plus qu'une solution : lui faire subir intégralement les lourdes peines que ce péché entraîne, lui faire expier et réparer cette faute pour l'attendrir, le fléchir et le toucher. Il faut qu'il devienne misérable, qu'il ait faim, comme le fils prodigue. Ce n'est qu'alors qu'il deviendra apte et digne de recevoir une nouvelle offre de la vérité.
Le clergé juif, les scribes et les Pharisiens ont commis ce péché contre l'esprit. Ils entendaient le Christ prêcher et enseigner tous les jours. Ils étaient les témoins oculaires de la confirmation de cet enseignement en voyant les effets de l'action des Esprits de Dieu qui permettait au Christ de guérir les malades, de ressusciter les morts et d'accomplir d'autres miracles. Il n'existait pas de preuves plus convaincantes de la vérité. Malgré cela, ses adversaires refusèrent la vérité. Ils blasphémaient contre les Esprits de Dieu qui agissaient par le Christ en l'appelant « démon ».
Toi aussi tu commettrais le péché contre l'esprit si, après avoir été le témoin de preuves aussi indéniables fournies par des bons Esprits de Dieu, tu refusais les vérités offertes, pour des motifs humains ou pour d'autres raisons.
En ce qui concerne les autres péchés, Dieu fait un large usage du droit de grâce. Dieu va même au-delà de ce que les hommes méritent, pour peu qu'ils montrent leur bonne volonté et s'efforcent de faire le bien. Tous les hommes et les Esprits pécheurs dépendent de cette remise de peine, de cette grâce. Personne n'est sans péché et quitte le monde d'ici-bas pur et sans faute pour entrer dans le monde de l'au-delà. C'est pourquoi il n'existe pas de « saints » dans le sens qu'enseigne ton ancienne Eglise.
L'Eglise catholique entend bien autre chose que le christianisme primitif quand elle parle d'un « saint ». Les apôtres se servent souvent de ce mot « saint » dans leurs épîtres. Ils désignent par là tout un chacun qui accepte l'enseignement du Christ comme vérité divine et s'efforce de conformer sa vie à cet enseignement. C'est pourquoi les apôtres s'adressent aux membres des communautés chrétiennes en les appelants des « saints ». Ils ne veulent pas dire que les premiers chrétiens étaient sans péché. Bien au contraire, ils les blâment dans chaque lettre pour leurs péchés quotidiens et leurs erreurs humaines. Ils savaient qu'aucun homme n'est sans péché, l'apôtre Jean dit : Si nous disons : « Nous n'avons pas de péché », nous nous abusons, la vérité n'est pas en nous (Jean 1 : 8). Ton Eglise affiche un avis différent, elle affirme que ceux qu'elle vénère comme des « saints » ont été, soit « immaculés » leur vie durant comme la mère de Jésus, soit qu'ils n'ont plus péché après leur conversion. Elle enseigne que ces « saints », après leur mort terrestre, sont immédiatement conduits devant Dieu qui confirme leur sainteté par des miracles. Elle s'arroge le droit de déclarer, sans se tromper, que quelqu'un est saint, et de le mettre au nombre des saints en le canonisant et en lui décernant un titre de vénération.
La sainteté réside dans la volonté et dans l'état d'esprit d'un homme. Vu qu'aucun être humain, et donc aucun pape, ne peut connaître l'état d'esprit d'un homme ni porter un jugement infaillible, point n'est besoin de démontrer par d'autres arguments qu'une canonisation, une déclaration solennelle faite par les hommes, ne peut pas correspondre à la vérité. Dieu seul « canonise », personne d'autre. Dieu seul connaît le cœur humain. Vous ne pouvez jamais savoir si quelqu'un mérite l'amour ou la colère de Dieu. C'est une monstrueuse présomption humaine que de vouloir déclarer avec infaillibilité que telle ou telle personne se trouve auprès de Dieu. Car à côté de la vraie sainteté, il y a la fausse sainteté qui passe pour de la vertu. Souvent il est bien difficile de distinguer l'une de l'autre.
En ce qui concerne les soi-disant miracles obtenus de Dieu par l'intercession des saints, un certain nombre de ces événements dits surnaturels relèvent du domaine de la légende ou du mythe. D'autres événements de leur vie qui vous semblent merveilleux provenaient de divers dons médiumniques qui les mettaient en communication avec les Esprits. Cependant, vous ne pouvez discerner si les Esprits qui se manifestaient étaient bons ou mauvais. Les magiciens du temps de Moïse en Egypte et le magicien Simon à Samarie, que ses contemporains surnommaient « la grande puissance de Dieu[44] », ont accompli davantage de prétendus miracles que n'importe quel saint de l'Eglise catholique. C'était pourtant le mal qui agissait en eux, sous le couvert et l'apparence du bien.
Dieu n'a aucun intérêt à vous signaler par des miracles qui est saint. Dieu ne veut pas d'un « culte des saints », il ne veut pas que l'on vénère des reliques, que l'on se rende en pèlerinage sur la tombe d'un saint ou dans d'autres sanctuaires. Tout cela tient de l'idolâtrie. Pourquoi Satan voulait s'emparer du corps de Moïse ? Satan le destinait aux israélites afin qu'ils lui rendent un culte de vénération, comme vous vénérez les reliques de vos saints. Pourquoi Michel a-t-il lutté avec Satan afin de lui arracher le corps de Moïse ? Pour la même raison qui devrait vous pousser à refuser la vénération des saints et de leurs reliques, et les pèlerinages. Les israélites auraient privé Dieu d'une partie de l'honneur qui lui est dû. Ils auraient institué, vis à vis du corps de Moïse, un culte semblable à celui que vous rendez aux reliques de vos saints. Vous avez beau affirmer que, à travers les saints, c'est Dieu lui-même que vous honorez, cela n'est que pure apparence. En réalité, les catholiques accordent aux saints, à leurs images et à leurs statues, une grande partie de la confiance qu'ils ne devraient témoigner qu'à Dieu. S'il avait voulu, Dieu aurait pu abandonner le corps de Moïse aux israélites, si ce genre de culte lui avait été agréable.
Les premiers siècles chrétiens ne connaissaient pas le culte des saints, ni le culte de Marie que l'on pratique davantage dans vos églises que le culte divin, comme tu as dû t'en apercevoir. La salutation angélique, c'est à dire la prière qui débute par : « Je vous salue Marie » est bien plus récitée que le « Notre Père ». Pense à votre récitation du chapelet qui remplace n'importe quelle prière et dans n'importe quelle occasion.
Le Christ, les apôtres et les premiers chrétiens n'adoraient que Dieu et ne connaissaient pas la vénération des Esprits du royaume de Dieu. Il se trouvait parmi eux des hommes qui, d'un point de vue humain, achevèrent leur vie dans un état de perfection et de sainteté. Il y avait Jean le Baptiste, dont le Christ disait qu'il était le plus grand jamais né d'une femme. Il y avait Etienne, le premier martyr du christianisme et l'apôtre Jacques, pour ne citer que quelques-uns qui décédèrent aux temps bibliques. Mais jamais il ne vint à l'esprit des apôtres de présenter ces hommes comme des « saints », à plus forte raison de leur vouer un culte comme cela se pratique de nos jours. Pour ce qui est de Marie, elle n'est jamais mentionnée par les apôtres. Le culte des saints est une invention humaine qui date de beaucoup plus tard. Paul se déclare contre ceux qui se plaisent à rendre un culte aux anges[45]. Par « anges » il entend les Esprits qui séjournent auprès de Dieu, c'est à dire ceux que vous désignez par les « saints ».
Tous les Esprits créés par Dieu ne possèdent rien par eux-mêmes et ne peuvent rien, mais absolument rien, donner aux hommes. Tout vient de Dieu. Donc l'honneur ne revient qu'à Dieu seul. C'est pourquoi les bons Esprits de Dieu qui se présentent à vous refusent les remerciements que vous leur adressez. Toutes les fois que tu voulais les remercier, ils te répondaient en disant : Remercie Dieu. »

L'extrême-onction
« Dans l'Eglise catholique, vous avez un sacrement que vous appelez « extrême-onction ». Les premiers chrétiens connaissaient l'onction des malades avec de l'huile, mais elle avait une autre signification que celle que vous donnez maintenant à l'extrême-onction. Vous n'administrez l'extrême-onction qu'aux malades en danger de mort afin de leur procurer le pardon de leurs péchés, l'amélioration de leur état restant un aspect secondaire. Les premiers chrétiens appliquaient l'onction des malades comme un remède physique, dont l'efficacité dépendait de la volonté d'amendement du malade.
L'épître de Jacques dit : Quelqu'un parmi vous est-il malade ? Qu'il appelle les presbytres de l'Eglise (les anciens de la communauté) et qu'ils prient sur lui après l'avoir oint d'huile au nom du Seigneur. La prière de la foi sauvera le patient et le Seigneur le relèvera. S'il a commis des péchés, ils lui seront remis. Confessez donc vos péchés les uns aux autres et priez les uns pour les autres, afin que vous soyez guéris. La supplication fervente du juste a beaucoup de puissance (Jacques 5 : 14 - 16).
Ceux que l'on appelait les anciens dans les premières communautés chrétiennes étaient les hommes qui avaient reçu beaucoup de grâces et de dons. Ils possédaient le don de guérison, la visite des malades étant un de leurs premiers devoirs. Par l'onction avec de l'huile et par la prière, ils transmettaient la force de guérison aux affaiblis. Par la prière, l'homme s'unit intiment à Dieu, source de toute force de guérison. Plus cette union est intime, plus la force qui émane de cette source est grande et remplit celui qui prie.
Les guérisons du Christ t'ont appris que beaucoup de maladies sont des punitions pour les péchés commis, surtout pour des manques de charité envers le prochain. Voilà pourquoi le Christ répétait à ceux qu'il avait guéri : Te voilà guéri ; ne pèche plus, de peur qu'il ne t'arrive pire encore (Jean 5 : 14). Il fallait d'abord éloigner le péché qui causait la maladie. Le malade qui avait péché contre son prochain devait reconnaître son manquement et s'en ouvrir à celui qui en avait souffert. Le malade le faisait, au besoin, appeler au chevet de son lit et il tentait de se réconcilier avec son ancien ennemi. C'est pourquoi l'apôtre Jean dit : « Confessez donc vos péchés les uns aux autres, afin que vous soyez guéris. N'allez pas les confesser à quelqu'un d'autre ou à un prêtre, mais à celui que vous avez offensé ». Dès que le malade s'était réconcilié avec celui qu'il avait offensé, Dieu pardonnait aussi son péché au malade. La maladie disparaissait par la force de guérison de l'ancien qui, par la prière et l'onction de l'huile, la transmettait au corps du malade. L'apôtre Jean décrit ici la plus sublime des guérisons de malade qui peut exister. Il s'agit de la guérison qui soigne à la fois le corps et l'âme du malade.
Qu'avez vous fait de cette onction des malades et de cette guérison ? Selon votre doctrine, il faut de l'huile bénie par un évêque. Seul un prêtre ordonné par un évêque peut pratiquer l'onction avec cette huile en récitant les prières prévues à cet effet. Et vous pensez que pareille onction produira le pardon des péchés. Vous administrez cette onction même à un malade qui a perdu conscience et vous croyez que, même pour un malade dans cet état, l'onction produit le pardon des péchés. Si vous réfléchissez, vous devez quand même vous dire qu'une telle onction ne peut avoir aucun effet sur l'âme d'un homme qui n'est plus conscient. Chez les premiers chrétiens, l'onction ne produisait pas non plus le pardon des péchés. Elle était l'occasion du pardon préalable des péchés par l'offensé et ôtait ainsi tout obstacle qui s'opposait à la guérison. Ainsi, l'onction devenait une force de guérison. Votre extrême-onction actuelle est presque toujours dépourvue des conditions préalables qui étaient requises dans les premières communautés chrétiennes. Ce qui fait que, dans la plupart des cas, l'extrême-onction est rabaissée à une cérémonie purement extérieure, sans véritable effet intérieur. »

Le sacerdoce chez les premiers chrétiens et la prêtrise de nos jours
« Le christianisme primitif ne connaissait pas non plus l'ordination des prêtres. Le mot prêtre vient du grec « presbytre » de l'ancienne Eglise. Il veut dire « ancien ». Non pas ancien pour désigner le plus ancien en années, le plus âgé, mais celui qui est intérieurement le plus avancé, le plus parfait sur le plan religieux et divin. C'est à ces « anciens » que s'applique le mot tiré du livre de la Sagesse : La vieillesse honorable n'est pas celle que donnent de longs jours, elle ne se mesure pas au nombre des années; c'est cheveux blancs pour les hommes que l'intelligence, c'est un âge avancé qu'une vie sans tache (Sagesse 4 : 8 – 9). Voilà pourquoi les presbytres des premières Eglises chrétiennes n'étaient pas choisis par les hommes, puisque ces derniers ne savent pas évaluer la dignité intérieure de leurs semblables. Ils étaient désignés lors des assemblées du culte chrétien, par les Esprits de Dieu, car ils avaient été choisis par Dieu pour servir ses desseins. Les membres des communautés chrétiennes leur imposaient solennellement les mains, reconnaissant ainsi qu'ils exerçaient leurs charges sur l'ordre de Dieu.
En quoi consistait leur activité ? Disposaient-ils de plus grands pouvoirs spirituels que les chrétiens ordinaires ? Avaient-ils les pleins pouvoirs spirituels ? Exerçaient-ils leurs pouvoirs en donnant aux fidèles l'impression de dépendre des presbytres pour atteindre Dieu et obtenir le salut ? Rien de tout cela. On ne connaissait pas le sacerdoce qui est le vôtre. Il n'existait pas alors de prêtres nantis de pouvoirs spirituels spéciaux et exclusifs. Il n'y avait pas de prêtres qui administraient les sacrements, comme vous les appelez, qui absolvaient les pénitents de leurs péchés ou négociaient d'autres grâces spirituelles. Il n'y avait point d'évêques qui conféraient des ordres sacrés et des pouvoirs spirituels en ordonnant des prêtres. La charge, les fonctions des anciens ou des presbytres étaient tout à fait autre.
Partout où les hommes se réunissent et se rassemblent dans un but déterminé, il faut un chef pour diriger, présider et veiller au bon ordre, afin que tout concoure au but défini. Il en était de même chez les premiers chrétiens. Ils se rassemblaient pour célébrer le culte divin et le repas du Seigneur, la Cène, ainsi que pour s’instruire et s’encourager les uns les autres dans la foi et la poursuite du bien. Il fallait donc quelqu’un pour organiser ces assemblées, pour les préparer, pour déterminer les horaires, bref, pour superviser l’ensemble afin que règnent l’ordre et l’harmonie. Dieu aime l’ordre, il a tout créé dans l’ordre et maintient tout dans l’ordre[46]. Dans le monde des Esprits il a prévu des guides, des chefs, des dirigeants chargés de l’exécution de ses décisions. Sur la terre également il désire qu’il y ait des chefs qui organisent les rassemblements, en vue du salut spirituel de leurs membres.
Voilà en quoi consistait la tâche des presbytres. Ils s’occupaient de l’intendance, déterminaient le moment et le lieu des services divins, s’occupaient de tous les préparatifs et pourvoyaient au bon déroulement des cérémonies. La vie des communautés exigeait toujours plus de soins et d’efforts, les problèmes d’organisation grandissaient. Les Esprits qui se manifestaient au cours des services divins instituaient et ordonnaient beaucoup de choses indispensables au progrès spirituel de la communauté. Le rôle des presbytres, dans ce cas, consistait à veiller à la prompte et consciencieuse exécution de ces ordres et de ces dispositions.
La vraie religion consistait avant tout à développer un amour actif pour son prochain, les premiers chrétiens attachaient une grande importance à apporter de l'aide aux nécessiteux dans leur entourage. Les presbytres maintenaient un contact permanent avec les familles de la communauté et réglaient avec elles tout ce qui les accablait spirituellement ou matériellement.
Le presbytre était l'ami fidèle de tout le monde. Tous lui accordaient une confiance sans limite, précisément parce qu'il avait été désigné par les messagers spirituels de Dieu comme l'homme qui partagerait avec les chrétiens les joies et les peines, et qui serait leur confident à toute épreuve. Suite à sa nomination par les Esprits de Dieu, il recevait le don divin de savoir secourir les membres de la communauté au mieux de leurs intérêts. Il vérifiait quand et où il devait porter assistance, il visitait les malades, les abandonnés, les veuves et les orphelins, et leur procurait l’aide provenant d’autres familles chrétiennes. Les chrétiens apportaient beaucoup de dons matériels lors de leurs réunions et les remettaient à l’ancien qui les distribuait aux pauvres.
Comme l’ancien possédait le don de guérison et qu’il soulageait grandement les malades, il est évident que son activité lui valait la sympathie et l’affection de son entourage. On s’adressait également à lui pour les questions spirituelles, on lui confessait les fautes commises et on lui demandait conseil. Il encourageait, consolait, éduquait, et priait avec eux. Il était leur père spirituel et leur bon pasteur.
Les premières communautés chrétiennes étaient formées de voisins qui se réunissaient. Un certain nombre de familles résidant dans une zone géographique restreinte constituait une communauté. Ces groupes ne dépassaient un nombre d’individus supérieur à celui qui peut tenir dans une maison privée lors d’une assemblée plénière. Par conséquent, le nombre des communautés était considérable dans les grandes localités ou dans les quartiers très peuplés. Chaque groupe était présidé par un presbytre. Il arrivait souvent que certaines communautés se composent surtout de gens aisés, alors que d’autres communautés ne comptaient que des pauvres. Puisque les familles riches désiraient utiliser leur richesse à des fins bénéfiques, mais qu’elles ne trouvaient pas l’occasion de le faire dans leur secteur, on eut recours au moyen suivant : on établit une liaison entre les communautés en nommant un agent de liaison. Ce dernier était chargé de transmettre les messages entre les presbytres des communautés voisines. L’agent de liaison se renseignait auprès des presbytres au sujet des besoins et des ressources. De cette façon, une répartition judicieuse des dons avait pu être organisée. Les presbytres tenaient à jour la liste des pauvres et la liste des biens matériels disponibles.
Celui qui était chargé de recenser l’ensemble des richesses collectées et de les répartir communauté par communauté s’appelait « épiscope », d’où est dérivé le mot « évêque ». Ce titre signifie « surveillant ». Il n’avait pas de contact direct avec les membres des différentes communautés. Ses fonctions consistaient à coordonner l’action des presbytres de sa région afin de ventiler équitablement les moyens d’assistance. Les épiscopes et les presbytres débattaient également des questions relatives au salut des âmes.
L’épiscope, comme le presbytre, n’était pas élu par les hommes, mais désigné par des Esprits qui se manifestaient dans ce but. Naturellement, l’influence de l’épiscope sur la vie sociale s’avérait très grande. Cette influence provenait de sa dignité intérieure et de la pureté de ces mœurs. On le consultait sur tous les sujets importants. Les Esprits dirigeaient les presbytres vers l’épiscope de la région à chaque fois qu’une question concernait l’ensemble des communautés chrétiennes. L’épiscope recevait ses instructions directement de l’esprit de Dieu qui lui indiquait comment résoudre le problème.
Tout comme les positions de pouvoir sur vos semblables deviennent souvent l’objet d’abus, ainsi se produisit-il la même dérive dans les communautés chrétiennes par la suite. Il vint le temps où les Esprits de Dieu furent écartés de l’Eglise chrétienne. A partir de cet instant, les presbytres et les épiscopes ne furent plus désignés par les Esprits, mais par des personnalités humaines influentes. L’autoritarisme et d’autres vices humains prirent la relève. Là où les Esprits de Dieu font défaut, d’autres sortes d’Esprits se mettent à l’œuvre, des Esprits qui ne veulent pas du salut des hommes mais qui fomentent leur perte. Le bien règne par la liberté, le mal par la contrainte et par la force. L’Eglise primitive, lorsque les Esprits de Dieu étaient les maîtres, était l’Eglise de la liberté des enfants de Dieu. L’Eglise qui vint plus tard et qui écarta les Esprits de Dieu, devint peu à peu une Eglise de servitude spirituelle sous l’influence du mal qui s’insinuait en elle. Les nouveaux dirigeants s’arrogeaient des pouvoirs contraires à la volonté de Dieu et faisaient ainsi obstacle aux croyants en leur fermant le chemin qui mène à Dieu.
Cette situation existe encore de nos jours dans l’Eglise catholique. Les catholiques sont pendus aux basques de leurs prêtres. Car, sans l’intervention d’un prêtre, cette Eglise ne conçoit pas le pardon des péchés, elle n’admet pas la venue des Esprits de Dieu, ne célèbre pas la Cène du Seigneur, ne reconnaît pas l’effet bénéfique de l’onction des malades et interdit le mariage. Après tout ce que je t’ai dit à ce sujet, je ne veux pas m’étendre davantage.
Si le Christ revenait sur la terre, il exhalerait à nouveau cette plainte : « J’ai pitié du peuple ! ».
Si les Eglises chrétiennes actuelles veulent devenir les porteurs de la vraie doctrine du Christ, il leur faudra revenir au service divin tel que le pratiquait l’Eglise primitive. Certes, rien ne permet encore d’espérer que les dirigeants des Eglises chrétiennes s’apprêtent à emprunter le chemin du retour vers le christianisme du Christ. Ce retour devra partir du peuple. Le peuple auquel on a imposé, au nom de la religion, le lourd carcan des règles et des lois humaines, devra réapprendre à chercher et à trouver Dieu. Il pourra alors accomplir la volonté divine, comme le faisait les premiers chrétiens sous la direction des Esprits de Dieu. La sentence brève et frappante adoptée comme règle de conduite par l’Eglise primitive demeure toujours valable :

Là où sont les Esprits de Dieu, là est la vérité. »

[1] Le mot grec est
qui signifie aussi « messagers ». Le Christ parle donc des messagers de Dieu.

[2]Traduction littérale du texte grec.

[3]Traduction littérale du texte grec.

[4]Littéralement : « défenseur ».

[5] Littéralement : « naturel » ou « ordinaire ».

[6]Dans les versions courantes de la Bible, le mot « esprit » est presque toujours écrit avec une majuscule. Dans le texte grec, ce mot n’est jamais écrit avec une majuscule.

[7]Traduction littérale du texte grec.

[8]Les premières communautés chrétiennes ont noté les points essentiels de leur doctrine dans un manuel du premier siècle intitulé "La Didachè ou l'enseignement des douze apôtres". On peut notamment y lire leur manière d’accueillir les prophètes médiums. Ce livre nous permet aussi de voir que ces chrétiens ne connaissaient aucun des dogmes religieux de notre époque.

[9] Pierre 1 : 12

[10]« par un esprit saint » est la traduction littérale du texte grec

[11]« dans un esprit saint » est la traduction littérale du texte grec

[12] Thimothée 5 : 10.

[13]Paul insiste souvent sur le fait que les religions sont des préceptes humains qui poussent l’homme à adorer « la créature » au lieu du « Créateur » (Romains 1 : 22 – 23, Corinthiens 1 : 19 – 20, Romains 1 : 24 – 25).

[14]« par un esprit saint » est la traduction littérale du texte grec

[15] Colossiens 3 : 11, Galates 3 : 26 - 28, Corinthiens 12 : 13.

[16]Aucun des apôtres n'a jamais désigné de successeur.

[17]Galates 2 : 11 - 14. Dans ce passage Paul s'oppose ouvertement à Pierre (Képhas).

[18]Galates 1 : 11 - 12., Ephésiens 3 : 2 - 3.

[19]Pierre aussi : Pierre 1 : 3.

[20]Traduction concordante avec le texte grec dans lequel il est écrit : « la manifestation de la gloire du grand dieu et de notre sauveur Jésus Christ »

[21]

signifie : « la parole était un dieu ». Quand Jean parle de Dieu

,
il prend bien soin d'utiliser la bonne orthographe en écrivant :

qui signifie « si Dieu n'est pas avec lui », Jean 3 : 2.

[22] Le mot « trinité » n’existe pas dans la Bible quelque soit la version.

[23]1 Pierre 1 : 12, 1 Pierre 1 : 15, 1 Corinthiens 2 : 10, 2 Corinthiens 13 : 13 …

[24]Le mot grec est "délivrance"
.
La fin de la phrase est donc très précisément : « … dans l'attente de la délivrance de notre corps ».

[25] Philippiens 3 : 20 - 21.

[26] Romains 8 : 24 – 27.

[27] Nom que les hébreux donnaient aux étrangers ou aux non juifs.

[28] Jean 8 : 44

[29] Apocalypse 6 : 8.

[30] Par conséquent toutes les manœuvres de Lucifer pour faire chuter les hommes se retournent contre lui puisqu’elles retardent son propre retour auprès du Père

[31] Repris dans Romains 14 : 10 - 12.

[32] Philippiens 2 : 9 – 10.

[33] C’est cette expression que l’on retrouve dans Matthieu 18 : 9.

[34] Comme dans Matthieu 8 : 12. Par ailleurs, tous les autres textes de Matthieu concernant ce sujet ne font jamais état d’une peine perpétuelle (Matthieu 13 : 42, 13 : 50 ; 22 : 13, 24 : 51, 25 : 30).

[35] Corinthiens 15 : 20, Romains 6 : 9.

[36] Toutes les éditions ne contiennent pas cette erreur, la « Bible de Jérusalem » par exemple, contient le texte exact.

[37] Traduction littérale du texte grec.

[38] Genèse 18 : 1 - 16.

[39] La Didaché ou l'enseignement des douze apôtres, chapitres 9 et 10.

[40]Jean 4 : 34.

[41] Samuel 12 : 13.

[42] Jean 6 : 38.

[43] Matthieu 19 : 23, Luc 18 : 24.

[44] Actes 8 : 10

[45] Colossiens 2 : 18

[46] Sagesse 11 : 20

 

Chapitre suivant




Téléchargement | Bulletin
nous écrire | L’Agora Spirite