Le Centre Spirite Lyonnais Allan Kardec


3ème partie

LES MESSAGES DES BONS ESPRITS A PROPOS DES DOCTRINES RELIGIEUSES

Il est écrit dans les prophètes : ils seront tous renseigné par Dieu.
Quiconque s'est mis à l'écoute du Père et à son école vient à moi (Jésus).
Jean 6 : 45

Avant-propos
L'exposé des lois de la communication des Esprits avec la création matérielle ainsi que tout ce que j'avais vécu et observé avaient si bien éclairé les événements bibliques restés obscurs jusqu'alors, qu'ils n'avaient désormais plus de secrets pour moi. En outre, je pus aisément comprendre des phénomènes apparemment extraordinaires qui me furent relatés plus tard, soit verbalement, soit par des publications.
Or, ce qui me tracassait le plus dans mon for intérieur se rapportait aux grands principes définis par les théologiens de ma confession. Il me fallait obtenir des certitudes au sujet de ces dogmes. J'étais prêtre et j'avais consacré ma vie à catéchiser mes semblables. J’avais naturellement besoin de savoir si ce que je croyais jusqu'ici et que j'enseignais était vrai, ou bien si dans mon Eglise, il existait des croyances qui s'écartaient de la vérité.
Je n'imaginais pas que les divergences allaient être aussi nombreuses et aussi importantes que l'avenir devait me l'apprendre, à mon grand étonnement d'ailleurs. Pourtant, je m'étais préparé à rencontrer de telles surprises. Ces dernières années[1], j’ai lu que des écrivains appartenant à l’Eglise catholique avaient publié des mises en garde vigoureuses contre le spiritisme et en particulier contre le « spiritisme de révélation », comme ils l’appellent. C’est à dire précisément contre ce que tout chercheur de vérité est particulièrement désireux d’apprendre. De toute évidence, quiconque, comme moi, organise des assemblées spirites comme des cérémonies du culte divin, n’essaye pas de vivre des phénomènes spirites sensationnels, comme cela se fait parfois lors de séances occultes. Le but est d'entrer en contact avec les mêmes bons Esprits qui avaient été les instructeurs de l'humanité aux temps bibliques.
J'espérais obtenir de leur part la vérité sur les questions les plus vitales qui intéressent l'être humain. Je désirais être instruit par les bons Esprits sur les relations qui existe entre l'ici-bas et l'au-delà. Tout le reste était pour moi secondaire et sans importance.
En me plaçant du point de vue des « Eglises », je comprenais les raisons de leur opposition au spiritisme tel que je le pratiquais, à savoir le spiritisme de révélation. En effet, en acceptant que les hommes puissent aujourd'hui apprendre la vérité par le biais des Esprits de Dieu, les Eglises risqueraient d'ébranler leurs fondements. Les Eglises aux dogmes et aux credo souvent contradictoires craignent de perdre leurs fidèles. Le danger pour elles est que les hommes ne dépendent plus du clergé pour connaître la vérité, et qu’ils se mettent en communication avec le monde des Esprits de Dieu, comme ils le faisaient aux temps bibliques. C’est l'instinct de conservation qui pousse certains chefs religieux à se déclarer ouvertement contre le spiritisme et plus particulièrement contre le spiritisme de révélation.
Cette lutte ressemble au combat mené par Hérode pour conserver son royaume lorsqu'il fut informé de la naissance du Roi des Juifs. Ce combat engagé par quelques Eglises contre la communication avec les bons Esprits qui est voulue par Dieu, sera tout aussi vain et inutile que le combat d'Hérode contre l'envoyé de Dieu. La vérité est que les bons Esprits se mettent en rapport avec les hommes pour les éclairer sur les grandes questions de l'au-delà, indépendamment des institutions humaines. Cette vérité se propagera triomphalement sur toute la terre. Il arrivera un jour où l'on dira de l'autoritarisme et du sectarisme : ils sont morts en effet, ceux qui en voulait à la vie de l'enfant (Mathieu 2 : 20).
Les représentants des Eglises actuelles doivent répéter les messages qu'ils ont reçus de leurs supérieurs humains sous peine de sanctions. Cependant ce qu'ils enseignent au peuple ignorant ne correspond pas à la vérité. Toutes autres sont les réponses données par le monde des Esprits de Dieu à propos de Dieu, Sa création de la Rédemption, du Christ, des sacrements, du ciel et de l'enfer, ainsi que des origines et des fins.


ENSEIGNEMENTS SUR DIEU


Prétends-tu sonder la profondeur de Dieu, atteindre la limite de Shaddaï ?
Elle est plus haute que les Cieux : que feras-tu ?
Plus basse que le Shéol : que sauras-tu ?
Job 11 : 7 - 8

Dieu
« Tu voudrais que je t'instruise sur Dieu ? Mais que te dire que tu puisses comprendre ? Tu ne saisis même pas ce qui existe autour de toi. Tu ne comprends pas ton propre être. Tu ne comprends pas le plus petit caillou au bord des routes et le vermisseau qui rampe dans les jardins. Si tu ne parviens pas à comprendre la matière la plus élémentaire que tu peux voir, alors comment voudrais-tu que je t'explique l'Etre Suprême, qui est purement spirituel ? Ceci est impossible. Tu manques des notions requises pour saisir ces hautes vérités, car : un corps corruptible, en effet, appesantit l'âme, et cette demeure d'argile alourdit l'esprit aux multiples soucis. Aussi avons-nous peine à imaginer ce qui est sur terre, et ce qui est à notre portée nous ne le trouvons qu'avec des efforts. Mais ce qui est dans les Cieux, qui l'a découvert ? (Sagesse 9 : 15 - 16).
Il est cependant une chose que chacun d'entre vous peut arriver à découvrir s'il pense logiquement. Il doit exister quelque chose qui est la cause de tout ce qui est créé. Une montre n'est pas imaginable sans horloger. L'horloge de l'univers qui est le mécanisme le plus merveilleux et le plus exact qui existe, n'est pas pensable sans un grand maître qui a fabriqué cette horloge universelle avec des trillions innombrables de rouages, qui tous s'adaptent les uns aux autres, s'emboîtent et s'assemblent avec une telle minutie que, dès à présent, il vous est possible de calculer comment après des milliers d'années, ils s'enchaîneront et se réaliseront.
Ce grand créateur de l'horloge de l'univers inconcevable pour un cerveau humain, vous l'appelez "Dieu". Donc chacun est bien obligé de reconnaître qu'il existe un Dieu et seul : l'insensé dit dans son cœur : non il n'y a pas de Dieu ! (Psaume 14 : 1). Mais je ne saurais te rendre compréhensible ni l'essence divine ni la cause de l'être divin. Chercher à le faire équivaudrait à vouloir expliquer à un enfant de quatre ans le calcul de l'orbite d'un astre. Cet enfant ne posséderait évidemment aucune notion en astronomie ou en mathématiques et ignorerait les formules et les équations. Donc, si vos astronomes les plus célèbres ont eu besoin de nombreuses années pour calculer l'orbite d'un seul astre, tu finirais par rendre fou un homme dépourvu de telles connaissances en essayant de lui inculquer ce qui est pour lui inconcevable. Tu perdrais toi aussi la raison si je devais remplir ta tête de notions inaccessibles à ton intelligence et que ton raisonnement n'arrive pas à élaborer. Toi aussi tu es obligé d'avouer : Merveille de science qui me dépasse, trop élevée, je ne puis l'atteindre (Psaume 139 : 6).
Je ne puis donc pas t'en dire beaucoup plus au sujet de Dieu que tu n'en saches déjà. Ta propre raison te présente Dieu comme un esprit souverain, créateur, cause première de toute chose, doué de volonté et qui a tout ordonné dans une harmonie universelle. Tu sais qu'Il est tout puissant, souverainement sage et parfait selon que ton intelligence arrive à saisir la portée de ces attributs. Les Saintes Ecritures te révèlent des détails sur sa façon de gouverner l'univers, sur ses œuvres merveilleuses, sur sa charité et sa pitié envers ses créatures. Je ne peux que t'expliquer les vérités de l'Ecriture Sainte au sujet de Dieu et attirer ton attention sur les fausses interprétations que vos doctrines religieuses donnent de Dieu et de Ses attributs.

La personnalité de Dieu
Toutes les religions s'accordent à dire que Dieu est un esprit, selon la parole du Christ : Dieu est esprit, et les adorateurs, c'est en esprit et en vérité qu'ils doivent adorer (Jean 4 : 24). Là où des divergences émergent, c'est sur la forme que l'on attribue à cet Esprit Suprême. Beaucoup s'imaginent que la forme ne s'applique qu'à la matière et non à l'esprit. Ceci est une erreur. La matière n'est que le reflet de l'esprit. La matière possède une forme et un aspect, l'esprit également, il en est donc de même pour Dieu. Rien n'est dépourvu de forme, qu'il s'agisse du monde matériel ou spirituel. La beauté c'est la perfection des formes ici-bas et dans le royaume de Dieu. Dieu est la perfection de la beauté[2], donc la perfection de la forme.
Dieu, en tant qu'être indépendant, libre, pensant et doué de volonté, possède une personnalité. Or il n'existe pas de personnalité, pas de « moi » sans forme et sans aspect.
Dieu en tant qu'esprit suprême, est différent de tous les Esprits créés. Une différence ne peut se remarquer que là où il y a des marques distinctives. Et il n'y a de marques distinctives que là où il y a une forme. Parce que Dieu possède une forme, il peut être vu par les autres Esprits. Tous ceux qui viennent à Lui le verront tel qu'il est, face à face. Moïse pria Dieu de conduire le peuple d'Israël en personne : si tu ne viens pas en personne, ne nous fait pas monter d'ici … Yahvé dit à Moïse : Cette chose que tu as dite, je la ferai encore parce que tu as trouvé grâce à mes yeux et que je te connais par ton nom (Exode 33 : 15 - 17). Et Moïse dit aussi : fais moi de grâce voir ta gloire … et Yahvé répond : tu ne peux pas voir ma face, car l'homme ne peut me voir et vivre (Exode 33 : 18 - 20). Dieu a donc une forme et une face. Même si les hommes ne peuvent pas le voir, les Esprits le peuvent.

L'omniprésence de Dieu
Dieu étant une individualité consciente qui possède une forme, il n'est pas omniprésent au sens où vous l'entendez. Il est vrai que tout ce qui est et tout ce qui se fait est présent pour lui grâce à la force qui émane de lui ; car tout ce qui est, existe et vit, le doit à l'énergie vitale qui émane de Dieu : En lui nous vivons, nous nous mouvons et nous sommes (Actes 17 : 28). Il est relié par son énergie à tout ce qui existe. Rien ne peut se soustraire à son influence. Mais en tant qu'individualité consciente spirituelle, Il n'est pas partout. C'est pourquoi lorsque vous récitez l'oraison dominicale, vous dites : notre Père qui êtes aux cieux. C'est pourquoi il est écrit : du haut des cieux Yahvé regarde, il voit les fils d'Adam; du lieu de sa demeure il observe tous les habitants de la terre, lui qui seul forme leur cœur, qui est attentif à toutes leurs actions (Psaume 33 : 13 - 15). Des cieux Dieu se penche vers les fils d'Adam, pour voir s'il en est un d'avisé, un qui cherche Dieu (Psaume 53 : 3). Et de la demeure de Dieu, il est dit : les bras d'un fleuve réjouissent la cité de Dieu, la plus sainte des demeures où habite le Très Haut. Dieu est au milieu d'elle, elle ne peut chanceler (Psaume 46 : 5 - 6).
Ce que l'Ecriture Sainte vous dit de nombreuses fois n'est pas uniquement une image ou une allégorie, mais la vérité. Cependant ce que vous imaginez de façon matérielle devrait être conçu de façon spirituelle quand il s'agit de Dieu. Il existe un trône de Dieu et une demeure de Dieu. Dieu peut se rendre en personne dans les différentes parties de la création. La Bible dit vrai lorsqu'elle affirme : Lorsqu'il eut fini de lui parler, Dieu remonta au ciel, d'auprès Abraham (Genèse 17 : 22). Tu connais bien tous les passages de la Bible dans lesquels il est question des allées et venues de Dieu.

Le savoir divin
Combien est merveilleuse la façon dont Dieu gouverne le monde est une chose que je ne parviens pas à vous indiquer, même un tant soi peu ; tout cela dépasse trop les limites de votre intelligence. Ainsi vous ne pouvez pas imaginer que, auprès de tous les êtres vivants, il se trouve des Esprits de Dieu qui lui rendent compte de tout ce qui se passe. Donc rien ne se passe sans que Dieu le sache. Voilà pourquoi vous dites de Dieu qu’il est omniscient, et vous n’avez pas tort. Sur un point, cependant, vous allez trop loin en parlant de l’omniscience de Dieu, de peur de lui voler un peu de sa grandeur. Vous enseignez que Dieu connaît également les libres décisions de l’homme qui appartiennent encore à l’avenir. A ce sujet, vous êtes mal informés. Dieu connaît tout ce qui est concret et fondé sur le réel. Il connaît le passé et sait le présent. Il connaît chaque pensée. Pour ce qui est de l’avenir, il connaît les destins qu’il a lui-même fixés pour ses créatures. Mais il ignore quel usage les êtres créés feront de leur libre arbitre dans le futur. Il ne sait pas ce qui dans l’avenir va dépendre des décisions de la volonté des êtres créés. Il ne sait pas d’avance comment le libre arbitre de la créature se manifestera dans telle ou telle circonstance. C’est la raison pour laquelle il met ses créatures à l’épreuve. Une telle mise à l’épreuve n’aurait aucun sens et s’avérerait inutile si Dieu connaissait d’avance, et sans faire de test, le résultat de la probation. Or Dieu ne fait rien d’inutile et sans but.
De plus, si Dieu possédait la prescience de l’usage du libre arbitre par Ses créatures, cela ne serait possible qu’en vertu de lois qui dicteraient obligatoirement la décision à venir. Un tel système éliminerait l'usage de la libre volonté. Il y a contradiction à affirmer que tout dépend des choix de la volonté tout en étant inéluctable. La réalisation s’opérerait inéluctablement si Dieu l’avait prévu dans ce sens. Mais le savoir de Dieu, comme tout autre savoir, est soumis à des lois éternelles. Pour Dieu, la règle que deux et deux font quatre est la même que pour tout autre esprit. En l'absence de toute raison fondamentale, il ne peut y avoir ni connaissance, ni prescience, même de la part de Dieu. Car, pour ce qui est du savoir de Dieu, la formule qui dit qu’il n’existe rien sans raison, reste valable. Si Dieu connaissait par avance les décisions prises par les créatures libres il existait une prescience divine absolue, il existerait aussi une raison pour le savoir. Cette raison ne pourrait provenir que de Dieu qui, de lui-même, provoquerait la décision de la créature en la rendant nécessaire au point qu’elle ne saurait être évitée. Dans ce cas, la liberté de Ses créatures cesserait.
L'ignorance des décisions futures prises librement par les créatures n’est pas un défaut dans la perfection divine, mais elle est la conséquence logique du libre arbitre, le don le plus précieux octroyé par Dieu à Ses créatures. Tout comme il est impossible à Dieu de faire des choses contradictoires entres elles, comme par exemple faire que deux et deux fassent cinq, il lui serait impossible de créer un être à la fois doué de liberté et dont les décisions seraient prévues d’avance et devraient nécessairement se produire. La liberté et l’obligation de prendre certaines décisions sont deux choses contradictoires entre elles. La certitude absolue d’un événement est forcément liée à la nécessité impérieuse de cet événement. Cette vérité ne saurait être contredite par vos théologiens, quelle que soit la quantité de livres composés par eux pour tenter de prouver le contraire. Ce sont des sophismes, de fausses conclusions avec lesquels ils induisent en erreur leurs semblables. Quel sophisme que de prétendre que pour Dieu tout est présent, que pour lui l’avenir n’existe pas, que le futur, y compris les actions délibérément choisies par les créatures, sont déjà pour lui des faits réels et présents, et que par conséquent Dieu les connaît. Or, pas plus que pour vous une maison que l'on projette de construire n'est pas encore debout au moment où l'on en conçoit l'idée, les événements à venir ne sont pour Lui des faits présents.
L'existence même du libre arbitre entraîne forcément des décisions aléatoires dans leur raisonnement comme dans leur mise en œuvre. Tu sais que je dis ici la vérité comme pour tout ce que je t'ai dit auparavant. Je t'ai donné de multiples preuves que, moi qui t’instruis, je suis un esprit de vérité. Je te l'ai juré par Dieu Tout Puissant. Si je t'annonce que Dieu ne prévoit pas l'usage que fera la créature de sa liberté, je ne diminue en rien la grandeur de Dieu. C'est vous qui déshonorez Dieu en enseignant le contraire et en présentant Dieu comme une entité repoussante. En effet, nombreux sont ceux qui nient son existence parce qu'ils ne peuvent pas concevoir que Dieu puisse créer des créatures dont il sait avec certitude qu'elles vont être éternellement malheureuses. Vous enseignez bien à tort que les damnés le resteront éternellement. Votre doctrine veut que Dieu ait créé des millions d'êtres dont il sait d'avance qu'ils seront damnés pour l'éternité. Un tel Dieu ne serait pas un Dieu mais un monstre. Même le père terrestre le plus inhumain et le plus dénaturé n'enverrait pas ses enfants souffrir dans un lieu de tourments éternels. Ce qui, pour un père terrestre, équivaudrait à se rendre coupable d'une monstruosité, devrait selon vous s'appliquer à Dieu, ce Père infiniment bon !
Relis l'Ecriture Sainte. Elle te dira que Dieu envoie des épreuves afin de constater par le comportement des hommes la direction qu'ils prennent : C'est Yahvé votre Dieu qui vous éprouve pour savoir si vraiment vous aimez Yahvé votre Dieu de tout votre cœur et de toute votre âme (Deutéronome 13 : 4). La Bible indique également la raison pour laquelle Dieu ne livra pas plusieurs nations aux mains de Josué, mais les laissa subsister. Voici ce qu'on y lit : Voici les nations que Yahvé a laissé subsister afin de mettre par elles Israël à l'épreuve, tous ceux qui n'avaient connu aucune des guerres de Canaan … Ils serviraient à éprouver Israël, pour savoir s'ils écouteraient les commandements que Yahvé avait prescrits à leurs pères par l'intermédiaire de Moïse (Juges 3 : 1 - 4). Au sujet d’Ezéchias, ce roi fidèle à Dieu, il est dit : Et même avec les interprètes des officiers babyloniens envoyés près de lui pour enquêter sur le miracle qui avait eu lieu dans le pays, c'est pour l'éprouver que Dieu l'abandonna, et pour connaître le fond de son cœur (Chroniques 32 : 31). Dans les psaumes on lit : Yahvé dans son palais de sainteté, Yahvé, dans les cieux où est son trône; ses yeux contemplent le monde, ses paupières sondent les fils d'Adam. Yahvé éprouve le juste et l'impie. Son âme hait celui qui aime la violence (Psaume 11 : 4 - 5). Et dans les proverbes : Le creuset est pour l'argent, le fourneau est pour l'or, celui qui éprouve les cœurs c’est Yahvé (Proverbes 17 : 3). Dans Isaïe nous lisons : Voici que je t'ai acheté mais non pour de l'argent, je t'ai éprouvé au creuset du malheur (Isaïe 48 : 10). Le destin de Job narré dans la Bible n’est que l’épreuve au moyen de laquelle Dieu voulait savoir comment ce juste se comporterait au milieu des plus grands malheurs. Toutes les épreuves que Dieu destine aux hommes ne seraient que de simples farces si Dieu pouvait prévoir à l’avance la manière dont elles se termineront.

Les erreurs des religions à propos de Dieu
Il est certain que Dieu, qui connaît ses créatures jusqu’au plus profond de leur cœur, sait de cette manière comment leurs décisions seront très probablement prises. Nous autres, Esprits, nous possédons également cette connaissance dans une large mesure. Vous aussi, vous êtes capables de prédire avec une certaine finesse comment un de vos semblables, dont vous connaissez le caractère, se comportera dans telle ou telle circonstance. Tout cela n’est cependant que conjecture. Il n’est pas question de cela ici. Nous voulons parler d’une prescience infaillible à propos d’une décision à venir qui dépend de la libre volonté. Aucun esprit ne possède une telle connaissance. Dieu non plus. C’est pourquoi Dieu ne savait pas d’avance ni que quelques uns de ses Esprits se sépareraient de lui, ni lesquels parmi ces Esprits le feraient. Il ne connaissait que la possibilité d’une défection, qui dépendait de la liberté de décision de chacun d’eux. Si Dieu avait pu prévoir avec exactitude, comme vous l’enseignez, que des créatures qui lui doivent leur existence se sépareraient de lui en abusant de leur liberté, il ne les aurait pas créées. Il se serait limité à créer des êtres dont il savait qu’ils lui resteraient fidèles.
Je vais t’indiquer deux autres erreurs de votre religion sur le concept de Dieu. Je vous expliquerai cela plus tard dans le détail. Vous enseignez un Dieu en trois personnes. Vous prétendez donc qu’il y a trois personnes, dont chacune est Dieu, et qui ensemble ne forment qu’un seul Dieu. Cela n’est que folie humaine et sottise incommensurable. Il n’y a pas de Dieu en trois personnes comme vous l’enseignez. Dieu n’est qu’une seule personnalité. Seul le Père est Dieu. Tous les autres Esprits saints sont des créatures de Dieu. Aucun n’est l'égal du Père.
En outre, vous enseignez que Dieu inflige des châtiments éternels. L’enfer n’est certainement pas éternel. Dieu est amour. Il ne rejette aucune créature pour l’éternité. Tout ceux qui par leur faute se sont détournés de Lui, retourneront à Lui. Telle est la vérité, je t’en donnerai les preuves plus tard. »

ENSEIGNEMENTS SUR LA CREATION DE DIEU ET SON DESTIN

Mais tu as tout réglé avec mesure, nombre et poids.
Car ta souveraine puissance est toujours à ta disposition,
et qui peut résister à la force de ton bras
Sagesse 11 : 20 – 21


La création spirituelle
« Dieu est esprit et tout ce qu’il a créé est esprit. Il tire du néant des êtres spirituels à son image en quantité si considérable que vous n'aurez jamais assez de chiffres à votre disposition pour les énumérer tous, même approximativement. La manière dont Dieu infiniment grand et puissant a créé le monde des Esprits ne peut pas être présentée clairement à ton intelligence humaine. Il n’est du reste pas utile à l’homme de le comprendre et cela ne sert en rien son salut spirituel. Il suffit de connaître les relations existant entre l’homme et la création de Dieu. Elles lui apprennent pourquoi il est sur terre et quels sont ses devoirs au cours de son existence terrestre. C’est le but que je me propose d’atteindre en te parlant de la création de Dieu.
Dieu n’a pas créé le monde des Esprits en une seule fois. Dieu est le grand créateur qui, selon des lois éternellement sages, forme de grandes choses en partant de ce qui est petit. De l’unité, il crée la multiplicité et la diversité. De la moindre graine, il crée l’arbre avec ses trillions de graines qui seront les germes de nouveaux arbres. Il est celui qui ne forme pas la famille en appelant à la vie en même temps des parents et des enfants, mais il est celui qui crée le couple de parents et lui donne la faculté et le choix de procréer. Ainsi, peu à peu, la famille s’accroît par la naissance des enfants, qui à leur tour forment des couples de parents, qui engendreront d’autres familles et ainsi de suite, sans limitation.
Dieu a procédé de la même façon pour sa création spirituelle. Toutes les lois que vous rencontrez dans l’univers terrestre sont présentes dans le monde spirituel. Je te l’ai dit et redit, et je le ferai encore afin que tu saches que cette vérité est la base de toute la science de l’au-delà, que vous l’acceptiez ou que vous le refusiez avec un sourire incrédule.
C’est ainsi que vous ne me croirez probablement pas si je vous dis que la loi qui régit la nature terrestre et les êtres incarnés, et qui est celle de l’union du masculin et du féminin, existe nécessairement et avec la même ampleur dans la création spirituelle. La matière n’est que la représentation incarnée de ce qui est éthéré, elle apporte donc une autre forme à l’esprit. La matière n’abolit pas les lois spirituelles, mais elle leur donne un effet adapté à la forme matérielle. Tout comme dans la création matérielle il existe des êtres de sexe masculin et féminin, pour toutes les espèces et pour toutes les races, il existe aussi des Esprits masculins et féminins dans la création spirituelle. Le nombre des Esprits masculins est égal à celui des Esprits féminins. A chaque esprit masculin la loi de Dieu fait correspondre un esprit féminin. Ils sont parfaitement assortis et se complètent admirablement, et ainsi ils trouvent un bonheur suprême à œuvrer ensemble à la tâche que Dieu leur confie. Ces couples d'Esprits faits l'un pour l'autre s'appellent des « duals », ce qui veut dire deux qui vont ensemble, qui sont faits l'un pour l'autre. Ces unions sont contractées au Ciel. Toute la création est ainsi composée de couples : Contemple donc toutes les œuvres du Très-Haut, toutes vont par paires, en vis-à-vis (L’ecclésiastique ou Sirac, 33 : 15).
Seul Dieu, et le Fils de Dieu que vous appelez le Christ, et qui a été la première créature de Dieu, sont exclus de ce principe d’existence basé sur l’union du masculin et du féminin. Les phrases de la Bible : Il les créa homme et femme (Genèse 1 : 27) et : Croissez et multipliez-vous (Genèse 1 : 27 - 28), s’appliquent à tous les autres Esprits créés[3].
Le Christ est l'esprit suprême, le plus grand que Dieu ait pu créer dans sa toute-puissance. Il correspond en tout point à Son image, aussi parfaitement qu'un esprit créé peut posséder la perfection du créateur. C'est pourquoi Paul l'appelle très justement : l'image de Dieu l'invisible, premier né de toute créature (Colossiens 1 : 15). Le Christ n'est donc pas Dieu, comme certains l'enseignent injustement aujourd'hui. Il est le Fils de Dieu, créé en premier, sa créature la plus sublime, la plus grande et la plus parfaite.
Après le Christ, six autres Esprits sont entrés dans l'existence avec l’appellation de « fils de Dieu[4]». Cependant, ils doivent l'existence de leur corps spirituel, au Fils de Dieu le premier créé[5]. Tous les six autres Esprits sont inférieurs au Christ en grandeur, en puissance et en majesté.
Le deuxième fils de Dieu était celui que vous désignez sous le nom de Lucifer, le porteur de lumière, qui était après le Christ le plus éminent des Esprits créés et, comme on le verra, un rebelle contre Dieu. Un autre des sept fils de Dieu vous est présenté dans l'histoire de Tobie. Le noble esprit céleste matérialisé, qui avait accompagné le jeune Tobie, se fait connaître à la famille de Tobie par ces mots : Je suis Raphaël, l'un des sept anges qui se tiennent toujours prêt à pénétrer auprès de la gloire du Seigneur (Tobie 12 : 15).
A l’exception du Fils de Dieu, le premier créé, le monde entier des Esprits ne fut pas amené à exister par une création directe de Dieu, comme c'était le cas pour le premier Fils de Dieu. Le monde des Esprits a été appelé à l'existence par ce Fils, à qui Dieu avait octroyé le pouvoir de création. C'est pourquoi Paul dit dans sa lettre aux Colossiens : en lui (le Christ), ont été créées toutes choses, dans les cieux et sur la terre, les visibles et les invisibles, les Trônes, les Seigneuries, les Principautés ou les Puissances, tout a été créé par lui et pour lui. Il est antérieur à tout et toutes choses subsistent en lui (Colossiens 1 : 16 - 18).
De même que toute l'espèce humaine a la source de son existence corporelle dans le premier homme, ainsi, le monde entier des Esprits doit son existence corporelle au Christ. De même que les hommes n'ont hérité de leur premier ancêtre humain que de leur corps matériel à travers de nombreuses générations, tandis que leur esprit est à chaque fois uni à leur corps sans la coopération des parents géniteurs, ainsi les êtres célestes doivent leur corps spirituel au Premier Né de la création céleste, au Fils de Dieu, alors que leur esprit venant de Dieu, a été chaque fois uni par Dieu à leur corps spirituel. La différence qui existe entre le corps céleste et le corps terrestre devrait te sembler claire grâce à mes explications précédentes. Chez les êtres de l'autre monde, le corps existe sous une forme spirituelle. Paul vous le dit dans sa première lettre aux Corinthiens : Il y a aussi des corps célestes et des corps terrestres, mais autre est l'éclat des célestes, autre celui des terrestres… S'il existe un corps matériel, il existe aussi un corps spirituel (Corinthiens 15 : 40 - 44).
L’esprit revêt une forme par l’intermédiaire de ce que l’on appelle le corps fluidique. L’esprit lui-même est une étincelle de Dieu, dont la clarté et l’éclat se reflètent dans l’enveloppe dans laquelle il se trouve enchâssé. Ceci n’est qu’une image, mais je ne puis expliquer aux hommes ce qui relève du monde spirituel, qu’à l’aide d’images imparfaites. De même que la création terrestre se compose de différentes sortes d’êtres vivants situés à des niveaux d’évolution plus ou moins élevés, et que chaque espèce est en soi parfaite pour remplir la fonction qui lui revient, ainsi les Esprits placés par Dieu dans les corps célestes pour constituer des êtres indépendants et autonomes, se répartissent en espèces et en genres magnifiquement variés. Vous distinguez bien, d’après la Bible, les chérubins, les séraphins, les archanges, les anges, les dominations, les trônes, les puissances et les principautés. »

L’unité des Esprits créés
« Le monde des Esprits créé par le Christ pour former une communauté unie à Lui représentait un merveilleux organisme vivant. Tous les Esprits appartenaient à une même communauté spirituelle, bien que très variée en genres et en espèces. De même que les membres d’un corps terrestre forment une unité organique, malgré la diversité de leurs aspects et de leurs fonctions, une unité dans laquelle chaque membre possède son utilité et n’existe pas isolément pour son propre compte, ainsi les Esprits créés forment un corps spirituel avec le Christ comme chef et les autres comme membres. Dans un royaume terrestre bien ordonné, le roi en tant que souverain de la nation forme avec ses ministres, ses fonctionnaires supérieurs et inférieurs, et tous les sujets pris dans leur globalité, une seule et grande famille. Tout le monde œuvre pour le bien commun et l’intérêt de l’individu dépend de l’intérêt collectif. Il en est de même dans la grande famille des Esprits. Chaque esprit avait une mission à remplir, soit élevée, soit plus modeste, mais tous formaient une grande et merveilleuse unité. Aucun esprit n’était de trop et l’esprit isolé ne travaillait pas pour lui-même, mais avec l’ensemble pour concourir à l’harmonie universelle et au rôle dévolu à la création de Dieu. Il s’agissait de prendre part à la grande œuvre divine, au bonheur et à la beauté du créateur, à la magnificence de Dieu et du Christ, le roi désigné par Dieu.
Voilà pourquoi l’apôtre Paul, dans ces épîtres, revient toujours à parler du mystère du corps du Christ : Car, de même que notre corps en son unité possède plus d'un membre et que ces membres n'ont pas tous la même fonction, ainsi nous, à plusieurs, nous ne formons qu'un seul corps dans le Christ, étant, chacun pour sa part, membres les uns des autres. Mais, pourvus de dons différents selon la grâce qui nous a été donnée, si c'est le don de prophétie, exerçons-le en proportion de notre foi … (Romains 12 : 4 – 6). Mais, vivant selon la vérité et dans la charité, nous grandirons de toutes manières vers Celui qui est la tête, le Christ, dont le corps tout entier reçoit concorde et cohésion par toutes sortes de jointures qui le nourrissent et l'actionnent selon le rôle de chaque partie, opérant ainsi sa croissance et se construisant lui-même, dans la charité (Ephésiens 4 : 15 – 16). Le vaniteux ne s'attache pas à la tête, dont le corps tout entier reçoit nourriture et cohésion, par les jointures et ligaments, pour réaliser sa croissance voulue par Dieu (Colossiens 2 : 19).
Paul appelle également cette grande communauté d’Esprits « l’Assemblée » ou « l’Eglise » : Et il est aussi la tête du corps, c'est-à-dire de l’Eglise[6] : Il est le principe, premier-né d'entre les morts, il fallait qu'il obtînt en tout la primauté, car Dieu s'est plu à faire habiter en lui toute la plénitude (Colossiens 1 : 18 – 19). Il a tout mis sous ses pieds, et l'a constitué, au sommet de tout, tête pour l’Eglise, laquelle est son corps, la plénitude de celui qui est rempli, tout en tout. (Ephésiens 1 : 22 - 23). L’Eglise est donc la communauté des Esprits fidèles à Dieu dans un royaume dont le Christ est le roi. Le mot « Eglise » veut dire « domination du seigneur ». Quiconque se soumet à cette domination, donc à Dieu, fait partie de « l’Eglise ». Le véritable sens d’Eglise est donc étranger à vos Eglises terrestres et aux communautés religieuses. Tout cela a été inventé par les hommes, c’est le résultat d’erreurs humaines, et par conséquent, éphémère comme tout ce qui est humain.
Ce que Paul écrit à propos du « corps spirituel du Christ » était une réalité concrète dans la création spirituelle. Tous les Esprits qui entraient dans l’existence étaient membres de la grande organisation spirituelle et étaient soumis au Christ. Ils n’étaient cependant soumis à aucune contrainte. Ils étaient parfaitement libres. Ce qu’ils faisaient était dicté par leur propre volonté. Tous étaient volontairement dévoués au Christ, leur roi et vicaire de Dieu, et tous se trouvaient ainsi unis à Dieu. Un lien très étroit d'affection et d'amour unissait cette grande famille d'Esprits. Le règne du Christ, ce souverain envoyé et mandaté par Dieu, n'était pas la domination d'un despote, mais un accompagnement fraternel[7]. C'était la main protectrice du plus fort placée pour soutenir le plus faible. »

La défection d'une partie des Esprits
« Le libre arbitre, ce don le plus précieux que le créateur octroya aux Esprits, leur offrait également la possibilité de s'opposer aux décrets de leur roi institué par Dieu. A tous les Esprits créés, excepté au premier Fils de Dieu, s'applique la parole de l'Ecriture : A ses serviteurs, Dieu ne fait pas confiance, et en ses anges même il trouve de la folie (Job 4 : 18), et cette autre parole : A ses saints même Dieu ne fait pas confiance et les cieux ne sont pas purs à ses yeux (Job 15 : 15). Et pourtant ces Esprits restaient de saints Esprits tant qu'ils reconnaissaient l'autorité de Dieu et du Christ, et qu'ils ne se séparaient pas du royaume de Dieu par la défection.
Malheureusement, la séparation d'une grande partie des Esprits eut lieu. Ces Esprits abandonnèrent Dieu et se révoltèrent contre le royaume du Christ. Il ne s'agissait pas, comme vous l'enseignez, d'une révolte dirigée directement contre Dieu en personne, mais contre le souverain qu'il avait institué, c'est à dire contre le Christ.
Ce fut la première révolte. Les événements correspondaient à ce qui se passe sur la terre lors d'une révolution. Dans vos révolutions humaines, ce ne sont pas les corps matériels des révolutionnaires qui manigancent les plans de la rébellion, mais bien les Esprits des hommes terrestres. Si vous analysez minutieusement l'origine et le déroulement des révolutions humaines, vous obtiendrez une image assez proche des faits qui se sont déroulés lors de la première révolte dans le monde des Esprits de Dieu.
Les révolutions n'éclatent pas spontanément, elles se préparent. Elles sont imaginées par un meneur qui rallie le plus grand nombre de sympathisants, il les initie, leur dévoile ses intentions et les informe de ses projets. Surtout il leur laisse entrevoir, qu'en cas de réussite, ils bénéficieront de fonctions élevées et de postes de commandement. Les initiés endoctrinent ensuite les masses, d'abord prudemment, puis de plus en plus ouvertement. Car sans l'appui des masses, aucune révolution n'est possible. Ces nombreux suiveurs qui, à l'occasion des révolutions terrestres, s'agitent et font beaucoup de tapage, ignorent généralement le véritable enjeu des événements. Ils suivent parce que d'autres suivent, ils crient parce que d'autres crient. Voilà pourquoi ils sont beaucoup moins coupables que les meneurs qui ont préparé l'ensemble du plan jusque dans les moindres détails. Ces dirigeants savent fort bien ce qu'ils veulent. C'est la raison pour laquelle vos lois humaines prévoient à leur égard un châtiment plus lourd que pour la masse des suiveurs qui sont jugés et traités avec davantage d'indulgence.
Le meneur, celui qui s'est mis à la tête de la révolte dans le monde des Esprits, était Lucifer, le deuxième fils du Très Haut, le porteur de lumière qui, après le Christ, était le plus grand et le plus beau des Esprits de la création de Dieu. Que cherchait-il ? Il voulait être encore plus grand. Il voulait régner et détenir le premier rôle et non se résigner à être le second sous l'autorité du premier. Il voulait prendre la place du Christ et devenir roi. Il voulait renverser le frère. Ce projet n'a pas germé en lui d'un seul coup. Sa réflexion a mûri peu à peu jusqu'à devenir une décision ferme et bien arrêtée, qui a entaché d'un péché grave cet esprit sublime.
Dieu n'intervint pas pour étouffer la révolte dans l'œuf et l'empêcher par la force, comme il aurait pu le faire. Il laisse les créatures se servir de leur libre arbitre, tout comme il n'intervient pas chez vous, les hommes, lorsque vous méditez des crimes et que vous en préparez l'exécution. Dieu laissa œuvrer Lucifer et ses proches collaborateurs et ne les empêcha pas de déployer leurs efforts pour duper les Esprits dirigeants et séduire la masse des suiveurs. C'était la grande épreuve que Dieu voulait faire subir au monde entier des Esprits créés. Les Esprits devaient choisir librement s'ils voulaient rester du côté du Christ, leur roi légitime et désigné, ou s'ils allaient adhérer au parti de Lucifer.
Les suiveurs regroupaient toutes les catégories d'Esprits et un prince du monde des Esprits en faisait partie. Dans votre Bible, il apparaît comme l'homme qui porte le nom d'Adam. Il existait d'innombrables princes parmi les Esprits de Dieu. Un grand nombre d'Esprits étaient soumis à des princes de cette hiérarchie céleste et Adam était l'un de ces princes. Certains princes aidèrent Lucifer à fomenter la révolution. D'autres, comme Adam, faisaient partie des suiveurs.
L'heure vint où Lucifer et ses partisans se croyaient assez forts pour oser revendiquer le pouvoir au royaume des Esprits, d'autant qu'une partie des troupes de Michel s'était ralliée à lui. Lors de vos révolutions terrestres, il est essentiel de gagner l'armée à la cause révolutionnaire. Et bien, Lucifer avait réussi la même manœuvre de manipulation vis à vis d'une partie de l'armée du ciel. Depuis toujours, Dieu avait prévu des Esprits combattants, une sorte d'armée régulière, pour parer à toute éventualité. Vous aussi vous pensez à constituer une armée permanente pour vous préserver de toute menace. Dès que le combat s'engagea et que les Esprits eurent pris position, pour ou contre le Christ, Dieu intervint énergiquement. La mise à l'épreuve était terminée. La défection, dans les comportements comme dans les cœurs était désormais accomplie. Ce fut l'heure du châtiment. Le prince Michel reçut l'ordre de renverser les rebelles avec les légions de son armée qui étaient restées fidèles. Nanti de la force de Dieu, il exécuta l'ordre. Le sort subi par celui qui avait été le porteur de lumière et par ses collaborateurs fut effroyable. »

Le châtiment des Esprits renégats
« Ils furent jetés dans les sphères les plus basses de la création, dont vous ne sauriez imaginer les ténèbres et la terreur. Je ne peux pas t'expliquer facilement la nature et la composition de ces ténèbres. L'obscurité sur la Terre est produite, par la disparition progressive de la lumière. Moins il y a de lumière, plus la nuit est profonde. La nuit prend donc consistance lorsque la lumière se retire, mais vous ne savez pas de quoi est faite l’obscurité. Vous savez par expérience que la couleur blanche est le résultat du mélange de toutes les couleurs et que le rayon de lumière contient toutes les couleurs. De plus vous savez que le noir est l'effet produit par l'absence de couleur. Si tu compares cette observation au fait que les Esprits ont perdu tout contact avec la lumière et les couleurs, tu comprendras combien impénétrable devait être cette obscurité, même si tu ne connais pas son essence.
L'Ecriture Sainte parle fréquemment de ce combat des Esprits et de la chute du camp maléfique. Le Christ s'en souvient lorsqu'il dit : Je voyais le Satan tomber du ciel comme l'éclair (Luc 10 : 18). Et l’apôtre Jean fut témoin, dans une vision, du combat de Michel et de ses légions contre Lucifer : Et, il y eut une guerre dans le ciel : Michel et ses anges combattirent le Dragon. Et le Dragon riposta, avec ses anges, mais ils eurent le dessous et il n'y eut plus de place pour eux dans le ciel. Et il fut jeté, l'énorme Dragon, l'antique Serpent, le Diable ou le Satan, comme on l'appelle, le séducteur de tout le monde habité, on le jeta sur la terre et ses anges furent jetés avec lui[8](Apocalypse 12 : 7 – 9). Pierre écrit : En effet, Dieu n'a pas épargné les anges qui avaient péché, mais les a livrés aux chaînes de ténèbres du Tartare, pour les garder en réserve pour le jugement[9](Pierre 2 : 4). La description de la création des Esprits et de la révolte d’une partie d’entre eux figurait également, à peu près comme je te l’ai raconté, dans la première version de la Bible. Plus tard, cette description fut supprimée.
En face de cette apostasie d’une grande partie des Esprits, vous autres les hommes, vous vous interrogez : comment est-il possible que les grands et bienheureux Esprits de Dieu aient pu tomber aussi bas ? La raison ressemble à vos considérations qui entraînent souvent vos défaillances : l’ambition, la prétention de monter plus haut. Celui qui possède voudrait posséder davantage. Celui qui détient le pouvoir voudrait devenir encore plus puissant, même au risque de tout perdre d’un seul coup. Ne voyez-vous pas qu'il se passe la même chose dans les grands événements de l'histoire de l’humanité et dans les petites situations de votre vie quotidienne ?
Ezéchiel, sur l’ordre de Dieu, décrit la défection du roi de Tyr, qui était un esprit de haut niveau lors de la grande révolte menée par Lucifer. Ce roi avait fait partie des suiveurs, ce qui lui avait valu sa chute : Tu étais un modèle de perfection, plein de sagesse, merveilleux de beauté, tu étais en Eden, jardin de Dieu. Toutes sortes de pierres précieuses formaient ton manteau : sardoine, topaze, diamant, chrysolite, onyx, jaspe, saphir, escarboucle, émeraude, d'or étaient travaillées tes pendeloques et tes paillettes; tout cela fut préparé au jour de ta création. Toi, j'avais fait de toi un chérubin protecteur aux ailes déployées, tu étais sur la sainte montagne de Dieu, tu marchais au milieu des pierres de feu. Ta conduite fut exemplaire depuis le jour de ta création jusqu'à ce que fût trouvée en toi l’iniquité. Par l'activité de ton commerce, tu t'es rempli de violence et de péchés. Je t'ai banni de la montagne de Dieu et je t'ai fait périr, chérubin protecteur, d’entre les pierres de feu. Ton cœur s'est exalté à cause de ta beauté. Tu as perdu ta sagesse à cause de ton éclat. Je t'ai jeté à terre, je t'ai offert en spectacle aux rois. Par la multitude de tes fautes, par la malhonnêteté de ton commerce, tu as profané tes sanctuaires. J'ai extrait de toi un feu : c’est lui qui t’as dévoré; je t'ai réduit en cendres sur la terre, aux yeux de tous ceux qui te regardaient. Quiconque te connaît parmi les peuples est frappé de stupeur à ton sujet. Tu es devenu un objet d'effroi, et pour jamais tu n’es plus (Ezéchiel 28 : 12 – 19).
« Ton cœur s’est exalté », voilà qui exprime admirablement la cause de la défection des Esprits. « Je ne veux pas servir, je veux commander », voilà ce qui a été à l’origine de la chute. »


Le paradis comme sphère spirituelle

« Qu’est-il donc advenu des suiveurs ? Ceux-ci étaient bien moins coupables que les meneurs. Dieu ne punit qu’en proportion de la faute commise. Cela aurait été une injustice si Dieu les avait précipités avec Lucifer dans le même abîme ténébreux. Dieu les traita avec clémence. Il leur infligea une peine relativement bénigne. Certes, ils furent privés des splendeurs dont ils avaient joui jusqu’alors, mais la sphère où Dieu les exila semblerait magnifique à vos yeux. Si ce lieu ne ressemblait pas aux splendeurs passées, il rappelait pourtant beaucoup le Ciel. Il s’agissait effectivement du « paradis » de votre Bible. C’était cela le lieu de leur relégation. Ce lieu n’était pas situé sur la terre, comme vous avez coutume de l’expliquer. En effet, en ce temps là, le monde matériel n’existait pas encore[10].
La description biblique du paradis, qui le présente comme un beau jardin sillonné de fleuves, planté d’arbres et de fleurs, rempli de fruits, vous a donné l’idée de situer ce lieu sur la terre. Vous ignorez que tout ce que vous voyez sur votre terre sous une forme matérielle, existe dans les sphères de l’au-delà sous une forme spirituelle. Il y a là-bas des formes, des demeures, des rivières, des arbres, des bois, des fleurs, des fruits, des aliments, des boissons, de l’or, des pierres précieuses, des montagnes, des vallées, de la musique, des chants, des parfums, des couleurs et des sons. La Bible confirme fréquemment mes dires. Elle décrit la cité de Dieu comme entourée de murailles percées de portes[11]. Il y a, dit-elle, des pièces d’eau, des fleurs épanouies, d’innombrables choses belles et précieuses qui réjouissent le cœur. Vous donnez à cette description une signification symbolique et imagée. Or tout cela est la réalité et non une simple image. Le Christ n’a-t-il pas dit : Dans la maison de mon Père, il y a de nombreuses demeures, sinon, je vous l'aurais dit; je vais vous préparer une place. Et quand je serai allé et que je vous aurai préparé une place, à nouveau je viendrai et je vous prendrai près de moi, afin que, là où je suis, vous aussi, vous soyez (Jean 14 : 2 – 3). Il a dit aussi : En vérité, je vous le dis, je ne boirai plus du produit de la vigne jusqu'au jour où j’en boirai de nouveau dans le Royaume de mon Père[12](Marc 14 : 25).
N’est-il pas fait expressément mention, dans la description que fait le prophète Ezéchiel du chérubin tombé, que ce dernier, avant sa chute, était resplendissant de beauté et vêtu d’or et de pierres précieuses ? Ne t’ai-je pas déjà expliqué, à propos du fluide vital, que chaque esprit possède un corps fluidique, et que les corps physiques terrestres ne sont que des matérialisations du corps fluidique. La forme la plus parfaite du corps n’est pas sa forme matérialisée, mais sa forme spirituelle. Le corps spirituel l’emporte en beauté sur le corps matériel[13]. Le joyau spirituel est supérieur en beauté à la pierre précieuse matérielle. L’or spirituel dépasse largement en valeur l’or matériel. L’or et les gemmes, qu’ils soient sous une forme matérielle ou spirituelle, ne sont que du fluide merveilleusement préparé, qui est présent dans un cas dans un état condensé, et dans l'autre cas dans un état non condensé. Ceci peut vous sembler difficile à comprendre, à cause de vos notions et de vos concepts qui se limitent à l’univers matériel. Vous vous représentez mal ce qui est spirituel ou dans un état éthéré. Dans votre jeunesse vous n’avez jamais été orientés dans ce sens. Mais les clairvoyants, dont la vision spirituelle leur permet de voir ce qui est éthéré, peuvent parfaitement comprendre ce que je viens de dire. Ils comprendront également que la description du paradis, avec ses arbres, ses plantes, ses fruits et ses fleuves présente une sphère spirituelle, c’est à dire un environnement spirituel. Dans votre propre cas, ce que vous expérimentez, ce que vous voyez et entendez dans vos rêves, vous ne le percevez pas physiquement, mais cela vous apparaît sous une forme et un aspect spirituel. »

La probation des Esprits dans le paradis
« C’est dans un environnement spirituel, dans la sphère spirituelle du paradis, que les suiveurs de la révolte des Esprits furent relégués. Il ne s’agissait pas tellement de les punir, que de les mettre à nouveau à l’épreuve. Ce fut un acte de justice et de bonté de la part de Dieu qui donna à ses Esprits une chance de se racheter. Il s’agissait de suiveurs, et leur péché n’était pas le fait d’une volonté entièrement mauvaise et corrompue. Leur faute était due à une faiblesse passagère et à l’influence néfaste des séducteurs. Extérieurement, ils avaient participé à cette défection, à cette séparation d’avec Dieu. Mais leur cœur était partagé entre le Christ et Lucifer, comme cela se produit encore de nos jours chez tant de personnes. Ils penchaient pour ainsi dire des deux cotés. La justice de Dieu exigeait une prise de position claire de leur part. En les plaçant dans la sphère paradisiaque, Dieu leur allouait une sorte de zone neutre, où ils avaient tout le loisir de prendre une décision. Faire un choix aurait été pour eux une chose évidente s’ils avaient possédé les mêmes facultés spirituelles qu’auparavant, quand ils résidaient dans le royaume de Dieu. Mais ce n’était plus le cas. Comme je te l’ai enseigné en te parlant des lois de l’énergie fluidique, dès qu’un esprit ressent une opposition vis à vis de Dieu, cela entraîne un changement de son corps fluidique qui en est souillé. Le corps spirituel perd alors sa nature purement éthérée, il s'obscurcit et subit une certaine condensation. Cette transformation diminue non seulement l’intelligence, mais prive l’esprit du souvenir de son existence passée.
Les Esprits relégués dans la sphère paradisiaque avaient donc perdu le souvenir de toutes les splendeurs vécues avant leur défection dans le royaume de Dieu. Sans cela, la mise à l’épreuve de ces Esprits dans le paradis aurait été impossible. En effet, le souvenir du bonheur passé et la comparaison avec la situation du moment n’aurait pas laissé de place à l’hésitation ou à une prise de position. Mais, ni le souvenir des splendeurs passées, ni celui de la révolte, ni celui du combat entre les Esprits, ni celui de leur propre défection, n’étaient présents dans leur mémoire. Ils ne connaissaient que leur existence du moment, comme vous autres vous ne connaissez que votre vie actuelle, sans vous souvenir de vos incarnations et de vos existences précédentes. La plupart des hommes s’imaginent que leur naissance correspond à leur première vie. Ils ne se souviennent plus de leur ancien séjour auprès de Dieu, ni des incarnations successives de leur esprit. Peu d’entre eux possèdent le sentiment diffus d’avoir déjà vécu autrefois. »
« Le test donné aux Esprits dans le Paradis consistait à respecter une interdiction de Dieu dont ils ne comprenaient pas la raison. La Bible vous présente cette interdiction par l’image d’un fruit défendu. Cette interdiction s’appliquait à tous les suiveurs qui, comme Adam, étaient tombés. Ces suiveurs séjournaient avec Adam dans la même sphère spirituelle et leur corps fluidique était de la même nature que le sien. Aussi bien les armées célestes fidèles à Dieu, que les puissances des ténèbres se pressaient autour d’Adam et des autres Esprits. Les amis de Dieu les encourageaient à persévérer et à respecter l’interdiction faite par Dieu. Les puissances du mal ne ménageaient pas leurs efforts pour les persuader du contraire, par des interventions mensongères mais alléchantes qui présentaient le mépris de l’interdiction comme la meilleure option. Il s’agissait de la même lutte qui fait rage dans chaque individu encore de nos jours. D’une part, le démon insinue ses promesses illusoires et fait miroiter que la violation de la loi divine est plus avantageuse que l’obéissance. D’autre part la voix intérieure du bien exhorte, averti et supplie de ne pas céder au mal. C’est à l’homme de décider quelle route il veut prendre.
Si dans votre vie terrestre, vous voulez rallier la masse du peuple à vos idées, vous cherchez en priorité à attirer les célébrités qui ont la faveur du peuple. Ces célébrités populaires adoptent des attitudes et des opinions qui sont copiées et suivies par un grand nombre de personnes. Ainsi, parmi la foule des Esprits du paradis, Adam, l’ancien prince céleste, occupait une place éminente en raison de ses grandes facultés spirituelles. Sa prise de position vis à vis de l’interdiction de Dieu était donc capitale aux yeux des autres Esprits. Voilà pourquoi les puissances du mal s’employèrent à le faire chuter en premier. Dans ce but, elles firent appel à l’esprit féminin qui avait été créé comme le « dual » d’Adam, et que votre Bible appelle Eve. Eve succomba aux sollicitations du mal et provoqua également la chute d’Adam, et son exemple fut suivi par les autres Esprits séjournant dans la même sphère paradisiaque.
Par cette deuxième chute dans le péché, Adam et les autres devinrent la proie du mal, par conséquent ils se retrouvèrent presque au même niveau que Lucifer. Ils furent précipités du paradis vers l’abîme des ténèbres. Lucifer était à présent devenu le prince de ces Esprits. Dans son royaume il était le seul maître. Il est vrai que Lucifer ne pouvait pas échapper à la toute puissance divine et qu’il devait la respecter. Cependant, à l’intérieur de son royaume il possédait une liberté totale pour exercer ses doits souverains sur ceux qui étaient devenus librement ses sujets.
Ce fut là une terrible conséquence de la justice divine qui châtia ainsi les coupables en les livrant entièrement au pouvoir de Lucifer. Il avait désormais le droit de traiter à sa guise tout ceux qui s'étaient rallié à lui. Le point de non-retour était atteint. Rien, pas même un repentir tardif, n’aurait pu les libérer. Ils étaient irrémédiablement tombés sous la coupe du prince de l’enfer. C’est la dette à laquelle Paul fait allusion dans ses épîtres[14], et dont il dit qu’elle avait provoqué la « mort » de ceux qui avaient péchés.
Il se passe la même chose dans vos nations terrestres. Quiconque devient le citoyen d’un pays doit se soumettre aux autorités de ce pays, et il ne peut pas repasser la frontière sans permission. Si le pays en question entre en guerre, il n'est jamais autorisé à passer à l’ennemi. Dans le fief de Lucifer, en état de guerre permanente contre le royaume de Dieu, il était hors de question que Lucifer laisse un de ses vassaux retourner dans ce royaume. Pour citer un autre exemple, je voudrai te dire que, quiconque s’engage dans la légion étrangère est obligé d’y rester, même s’il change d’avis plus tard à cause de la dureté de la vie qu’il doit mener dorénavant. S’il cherche à s’évader, les légionnaires le poursuivront. S’il est repris, son sort s’en trouvera aggravé. Il ne pourra pas retrouver son ancien mode de vie qu’il a abandonné volontairement.
Le royaume de Satan était une sorte de légion étrangère. Celui qui y entrait ne pouvait plus faire marche arrière. Un abîme infranchissable séparait le pays des ténèbres du royaume de Dieu. Aucun pont ne permettait de passer d’une rive à l’autre. Le pont fut construit plus tard par la Rédemption apportée par le Christ, qui enseigne la même vérité dans la parabole du riche et du mendiant Lazare, dans laquelle Abraham dit : Entre nous et vous un grand abîme a été fixé, afin que ceux qui voudraient passer d'ici chez vous ne le puissent pas, et qu'on ne traverse pas non plus de là-bas chez nous (Luc 16 : 26).
En prenant un troisième exemple, considérons le destin d'un soldat qui pendant une guerre déserte et passe à l’ennemi. Même si ensuite il regrette amèrement sa désertion, comme il ne peut pas revenir dans sa patrie, il ne sera pas libéré. »


La décision de Dieu et ses conséquences
« J’en suis arrivé à vous parler des deux royaumes, diamétralement opposés. Le royaume des « morts », des séparés de Dieu, et le royaume de Dieu. Le royaume des ténèbres contre le royaume de la lumière. Le royaume de Lucifer contre le royaume du Christ. Ici Lucifer, là le Christ.
Dieu aime cependant tous Ses enfants, même ceux qui, par leur faute, ont quitté la maison du Père. Dieu les a créés par l’intermédiaire de Son Fils et Il en a fait des membres spirituels du corps spirituel du Christ. Pour cette raison, Dieu souhaite que ces membres séparés soient réunis à la structure de Son Fils : Et eux, s'ils ne persévèrent pas dans leur manque de foi, ils seront greffés : Dieu est bien assez puissant pour les greffer à nouveau (Romains 11 : 23).
Mais, pour pouvoir à nouveau intégrer les branches arrachées à l’arbre de la vie, pour réincorporer les membres séparés dans l’organisme vivifiant du corps du Christ, il fallait que cela se fasse par une décision libre et volontaire des Esprits séparés. Dieu leur avait octroyé le libre arbitre. C’est librement et par choix, que les meneurs et les suiveurs avaient rejoint les rangs des rebelles lors de la guerre des Esprits. C’est librement et par choix, que les suiveurs avaient échoué une deuxième fois durant l’épreuve survenue lors de leur séjour dans le paradis. C’est donc librement qu’ils devaient aussi se relever et revenir à la maison du Père.
Malheureusement, cela paraissait impossible.
Tout d’abord, il fallait exclure tout retour de Lucifer et de ses meneurs. L’orgueil terrassé se transforme toujours en une méchanceté butée, qui préfère le malheur à l’humilité et à la soumission. Bien sûr, les anciens suiveurs parmi les Esprits séduits possédaient une mentalité différente de celle de leurs chefs. Mais ils avaient perdu tout espoir de salut. Sans espoir, il n’y a plus de volonté pour tenter de retrouver le chemin du salut, ni même pour s’y préparer. Et même s’ils avaient eu encore la volonté de retrouver Dieu, il existait un obstacle insurmontable qui était l’autorité souveraine de Lucifer sur ces Esprits, laquelle lui avait été concédée par Dieu.
Mais les voies de Dieu sont merveilleuses et sa sagesse connaît les moyens nécessaires à atteindre ses buts : Mais tu as pitié de tous, parce que tu peux tout, tu fermes les yeux sur les péchés des hommes, pour qu'ils se repentent. Tu aimes en effet tout ce qui existe, et tu n'as de dégoût pour rien de ce que tu as fait; car si tu avais haï quelque chose, tu ne l'aurais pas formé. Et comment une chose aurait-elle subsisté, si tu ne l'avais voulue ? Ou comment ce que tu n'aurais pas appelé aurait-il été conservé ? Mais tu épargnes tout, parce que tout est à toi, Maître ami de la vie (Sagesse 11 : 23 - 26).
Après la défection d’une partie des Esprits, Dieu arrêta le projet qui devait ramener à lui ces Esprits séparés. Le plan de salut de Dieu est le grand mystère communiqué à l’apôtre Paul et aux autres apôtres par les Esprits que le Christ leur envoya. Mais les apôtres n’osaient pas dévoiler dans leurs lettres aux premiers groupes chrétiens toute la vérité sur le plan de salut de Dieu[15]. Ils n’auraient pas pu en comprendre l’essentiel par une simple lecture. Il fallut donc que, au cours des cultes divins, Dieu leur révèle, peu à peu toute la vérité, à l’aide des Esprits qui s’exprimaient à travers les médiums. Ceci se faisait d’après les lois que je t’ai expliquées, et que j’utilise pour t’instruire à présent au sujet des mêmes vérités.
Toi-même tu ne comprendras pas d’emblée toute la vérité concernant le plan de Rédemption. Vous ne pouvez pas, comme Paul le répète si souvent aux premiers chrétiens, supporter des aliments solides[16]. Comme les enfants, vous ne supportez que le lait. La vérité concernant la grandeur et l’ampleur du plan est pour l’esprit humain un aliment solide que seuls ceux dont l’esprit a pris de la vigueur sont capables de supporter. Les nourrissons dans le domaine de la foi et de la vérité ne digèrent que des vérités facilement assimilables par eux.
Ce que je te donnerai ne sera pas du lait, mais des aliments solides. Je n’ai pas l’intention de me limiter à te communiquer simplement la connaissance de la vérité sur ce qui se passe dans l'au-delà. Il faut surtout que tu acquières la connaissance de l’enchaînement des causes et des effets pour chacune des vérités prises isolément. C’est cette connaissance qui te sera révélée par mes enseignements, car seule la connaissance des causes est capable de satisfaire et de nourrir l’esprit. »


LE PLAN DE REDEMPTION DE DIEU

Ce dont nous parlons, c'est d'une sagesse de Dieu, mystérieuse, demeurée cachée,
celle que, dès avant les siècles, Dieu a par avance destinée pour notre gloire.

Corinthiens 2 : 7

Les degrés de perfectionnement pour l’ascension des Esprits tombés
« Après l’abandon d'un grand nombre d'Esprits, Dieu établit le plan destiné à ramener dans son royaume ces malheureux êtres tombés dans les profondeurs des ténèbres. Sa pitié se pencha d'abord vers les moins coupables, les innombrables légions qui, au cours de l'épreuve renouvelée dans la sphère du paradis, l'avaient déserté. Il fallait d'abord sauver ces êtres, après quoi leurs séducteurs, Lucifer et ses lieutenants, seraient eux aussi autorisés à réintégrer la maison du Père.
Dieu est juste. Les Esprits séduits avaient péché par faiblesse, les séducteurs par malice. Le péché étant de nature différente, le châtiment l'était également et les moyens pour revenir à Dieu devaient nécessairement être eux aussi adaptés. La première mesure de Dieu pour assurer le salut de ces êtres fut la création de zones spécifiques, c'est à dire de sphères de retour. Des sphères de réparation et de progrès dans lesquelles la marche vers le mieux et vers le bien se ferait par degrés et progressivement, selon des lois que vous ne comprenez pas et que seule la sagesse divine est capable d'inventer. Dans son épître aux éphésiens[17], Paul fait allusion à ces degrés d'ascension des Esprits tombés dans les ténèbres et qui remontent vers Dieu en étant aidés. Paul parle des niveaux de perfectionnement, ordonnés par Dieu afin de mettre en application Son décret qui stipule que tout sera à nouveau réuni à Son Fils. La Bible se sert de l'image de la construction d'une maison à plusieurs étages. Transposé sur le plan spirituel, l'enseignement concernant les sphères d'évolution destinées aux Esprits tombés te semblera plus facile à comprendre.
Ce que vous appelez l'enfer est le stade le plus bas que les Esprits tombés atteignirent. Mais l'enfer lui-même se compose de nombreuses sphères d'évolution à travers lesquelles un esprit peut s'améliorer en changeant sa mentalité, jusqu'à atteindre la plus basse des sphères terrestres. La première sphère terrestre est constituée par l'échelon des animaux les moins évolués, par les niveaux des pierres, des plantes, des herbes, des fleurs. Les niveaux terrestres suivants sont constitués par les animaux plus nobles et le dernier niveau terrestre se termine par l'animal le plus évolué : l'homme, comme vous l'appelez. Ces différentes sphères matérielles n'existent pas seulement sur votre terre, mais également sur d'autres planètes.
Il existe beaucoup de niveaux parallèles à ceux de votre terre. Les degrés terrestres que vous constatez dans les règnes animal, végétal et minéral possèdent également leur forme spirituelle correspondante. Il faut donc parler aussi d'un règne animal spirituel, d'un règne végétal spirituel et d'un règne minéral spirituel. Ces règnes spirituels se rapportent aux espèces les plus variées constituées par les êtres vivants qui possèdent un corps fluidique et qui sont semblables aux êtres vivants qui possèdent un corps matériel que vous observez sur cette terre. Lors du décès, après la séparation de l'esprit et du corps matériel, les Esprits avec leur corps fluidique retournent dans les sphères spirituelles. Ils y séjournent jusqu'à leur réincarnation terrestre qui commencera par une nouvelle naissance terrestre. Si l'esprit ne s'améliore pas, ses incarnations se produiront dans la même sphère matérielle, aussi longtemps qu'il n'aura pas atteint un stade évolutif le conduisant à une incarnation plus élevée, sur un plan plus parfait.
A chacun de ces stades d’évolution, la formation des corps matériels des premiers Esprits qui y séjournèrent nécessita une intervention divine particulière. Dieu donna un aspect matériel aux formes fluidiques de ces Esprits qui allaient par couple et qui étaient parvenus à ce degré plus évolué, plus parfait. Dieu leur octroya la faculté de procréer et de reproduire ainsi le corps spécifique à ce niveau d'évolution. Les Esprits qui viennent ensuite sont incorporés dans les corps physiques ainsi engendrés, en vertu des lois en vigueur dans le monde spirituel.
Vous ne saisissez pas comment se passe l’incarnation d’un esprit, pas plus que vous ne comprenez vraiment les phénomènes naturels qui se déroulent sous vos yeux. Votre science s’occupe essentiellement de la question des origines, surtout du fait de savoir si l’homme descend du singe. Il n’est pas possible qu’une catégorie plus élevée tire son origine d’une catégorie imparfaite. Les plantes n’engendrent pas d’animaux. Les animaux peu évolués n’engendrent pas d’animaux supérieurs. Chaque catégorie d’êtres vivants engendre des membres de son espèce, mais chaque espèce se compose de multiples subdivisions. Les membres de ces différentes races de la même espèce sont aptes à procréer entre eux.
L’homme appartient à l'ordre des primates. Il représente l'espèce la plus évoluée de cet ordre. Vous avez raison de dire que le singe est le niveau de plus bas des primates et que l'homme est le plus élevé des singes, dans la mesure où l'homme est l'animal le plus élevé de la terre. Cependant, l'homme ne descend pas physiquement du singe, malgré le fait que, du point de vue du développement physique, le singe lui ressemble le plus.
Avant la première incarnation de l'esprit d'un homme dans un corps humain, cet esprit a été incarné dans le corps d'un animal. Ainsi, c'est le même esprit qui s'élève en passant par les différents stades naturels et qui progresse vers la perfection.
Les stades naturels restent inchangés dans leur existence et leur forme matérielle. Ils sont ce qu’ils étaient il y a des millénaires. Il est vrai qu’au cours des siècles, plusieurs espèces de différents degrés se sont éteintes parce que plus aucun esprit n’y était incorporé. A leur place, Dieu créa d’autres espèces plus parfaites, plus évoluées dans lesquelles furent incorporés les Esprits qui étaient autrefois destinés aux espèces maintenant disparues. Les espèces éteintes étaient des espèces intermédiaires dans le développement progressif vers une plus grande perfection. Lorsqu’elles disparurent pour laisser la place à des espèces plus parfaites, les Esprits concernés durent attendre plus longtemps avant de pouvoir intégrer les espèces plus évoluées, qui avaient remplacé celles qui avaient disparu. Vous trouvez encore des restes d’espèces éteintes de plantes et d’animaux, qui datent d'époques depuis longtemps révolues.
Un esprit ne peut pas rétrograder d’un stade évolué à un stade inférieur. Il peut s’arrêter à un stade donné. Un être spirituel qui, au moment de la mort terrestre, n’a pas évolué et se maintient au même niveau, continuera à être incarné à ce niveau, jusqu’au moment où il sera prêt à gravir un stade supérieur. Ceci est également vrai pour l'homme, si pendant sa vie terrestre il ne s’est pas perfectionné dans son ascension vers Dieu, il sera réincarné en être humain. Chaque existence est une épreuve comportant des choix. Celui qui ne réussit pas recommence jusqu’au succès définitif. Ce sont là des lois divines valables pour toute la création. Le caprice et la fantaisie n’ont pas cours chez Dieu.
Si je te dis qu’un esprit ne peut pas rétrograder à un plan inférieur, c’est parce qu’un esprit qui se dégrade sur un certain point progresse obligatoirement dans d’autres domaines, ce qui crée un équilibre. Là aussi, la loi divine est formelle. Vous ne sauriez vous faire une idée des laps de temps incalculables qui se sont écoulés depuis la révolte des Esprits jusqu’au jour où, le premier des Esprits tombés s’est trouvé prêt à être incorporé : Mais voici un point, très chers, que vous ne devez pas ignorer : c'est que devant le Seigneur, un jour est comme mille ans et mille ans comme un jour (Pierre 3 : 8).
Le christianisme actuel ne sait rien de ces vérités qui vont à l’encontre de votre logique et de votre raisonnement habituel. Je ne veux pourtant pas te cacher la vérité sous prétexte qu’elle te semble invraisemblable et provoque la risée de certains humains. Tu as la possibilité de te renseigner lors des manifestations d’Esprits au cours des séances spirites, cette vérité te sera partout confirmée. »

Le récit biblique de la création a été falsifié
« Malheureusement, ces vérités, qui étaient à l’origine mentionnées dans le récit biblique de la création, ont été supprimées. Il en reste très peu. Il n’est plus nulle part question de la création des Esprits, il ne reste que quelques bribes de la révolte, du combat et de la défection de ceux-ci. On ne parle pas des sphères, des plans d’évolution, ni de l’incorporation des corps fluidiques dans la matière terrestre. Quand votre Bible parle de la création terrestre, elle la présente comme une nouvelle création, indépendante de la création des Esprits et de la défection d’une partie du monde spirituel.
La version originale de la Bible contenait toutes ces vérités. Les version postérieures sont l’œuvre de l’esprit du mal, afin de cacher aux hommes ce qui constitue le plan de rédemption de Dieu. Il fallait cacher à l’humanité la si consolante vérité qu’à la fin tout retournera à Dieu : Voilà ce qui est bon et ce qui plaît à Dieu notre Sauveur, lui qui veut que tous les hommes soient sauvés et parviennent à la connaissance de la vérité (Timothée 2 : 3 - 4). Ramener tout à Dieu est également le but de la création matérielle[18].
Les puissances des ténèbres avaient tout à gagner en propageant les doctrines de la désespérance, du découragement et de l’enfer éternel, aux portes duquel un de vos poètes place cette inscription amère : Vous qui entrez ici abandonnez toute espérance. De telles paroles sonnaient bien aux oreilles des maîtres de ces lieux infernaux, bien mieux que la doctrine d’un Dieu compatissant. Il est vrai que Dieu châtie dans son juste courroux, mais il ne s’obstine ni dans la colère, ni dans le châtiment. Dieu pardonne à ses enfants en les rappelant à Lui. On s’est plu à profaner la vraie notion de Dieu en brandissant l’épouvantail des supplices éternels. Ainsi on a rendu plus difficile la réalisation du plan de rédemption de Dieu. Afin de redonner l’espoir aux hommes couverts de péchés et meurtris par les souffrances, Dieu avait pourtant fait proclamer cette consolation inspirée par son amour infiniment compatissant : Même si une femme peut oublier son nourrisson, moi je ne t’oublierai pas (Isaïe 49 : 15).
Beaucoup de passages de votre Bible ont eu le sort d’un grand nombre de fresques peintes par de grands maîtres sur les murs de vos anciennes églises. Plus tard, d’autres peintres sont venus et ont barbouillé les originaux ou les ont recouverts d’une couche de peinture représentant des scènes ordinaires. Lorsqu’on lave et gratte avec précaution ces couches rajoutées, il arrive que les peintures originales ressortent. Ces chefs d’œuvres de grands maîtres redécouverts font alors votre admiration. On a donc dénaturé au cours du temps l’image de la vérité, telle qu’elle se trouvait dans le texte original de la Bible[19]. Des gens induits en erreur ajustèrent et adaptèrent les textes à leur époque. Ce qu’ils ne comprenaient pas fut laissé de côté ou associé à des commentaires inexacts. Ceux qui vinrent après corrigèrent à nouveau les textes, procédèrent à des additifs ou des suppressions[20]. Ainsi la vérité fut non seulement altérée, mais certains changements rendirent la parole de Dieu ridicule. Un poète à forgé cette formule : Les livres ont leur destin. La Bible a malheureusement subit le sien. Beaucoup de son contenu a disparu, beaucoup a été ajouté et qui ne correspond pas à la vérité.
En niant cette évidence et en considérant que la Bible telle qu’elle est aujourd’hui est la véritable version, certaines de vos Eglises ne servent pas la cause de Dieu, mais elles lui nuisent grandement. Car même une personne peu cultivée doit admettre, si elle lit la Bible attentivement, surtout le récit de la création, que beaucoup de ce qui est dit ne peut pas correspondre à la vérité.
Au sujet des falsifications survenues dans l’Ancien Testament, Dieu s’en plaint par l’intermédiaire du prophète Jérémie : Comment pouvez-vous dire : nous sommes sages et la Loi de Yahvé est chez nous. Vraiment c'est en mensonge que l'a changée le style mensonger des scribes. Les sages seront honteux, consternés et pris au piège. Voilà qu'ils ont méprisé la parole de Yahvé ! Qu'est donc la sagesse pour eux ? (Jérémie 8 : 8 - 9). D’autres vérités de l’Ecriture Sainte ont été rendues de manière incorrecte par les traducteurs qui ont supprimé certains mots et certaines expressions du texte original, au point de rendre le sens exact méconnaissable.
Ce que je t’ai dit t’explique pourquoi le récit biblique de la création est tout à fait confus et obscur. Quelques indications éparses laissent encore filtrer une petite lueur de vérité. Par exemple, il est question dans ce récit de phases, des phases d'évolution du monde matériel. Mais telles qu’elles sont indiquées, ces phases ne sont pas conformes à la réalité, ni par le nombre, ni par la succession, ni par l’ordre mentionné. Ceci est vrai aussi pour la création des premiers hommes. Là, la création des Esprits se confond pêle-mêle avec l’incorporation des premiers Esprits dans un corps physique humain[21].
Dans le premier chapitre de la Genèse, il est dit que Dieu forma l’homme comme le dernier élément de sa création. La terre, les végétaux et les animaux avaient déjà été créés, puis : Dieu créa l'homme à son image, à l'image de Dieu il le créa, homme et femme il les créa. Dieu les bénit et leur dit : Soyez féconds, multipliez vous (Genèse 1 :27 - 28).
Il est vrai que Dieu avait créé à son image les deux Esprits Adam et Eve, mais c’était bien avant leur chute, bien avant qu’ils furent incorporés pour la première fois dans un corps humain. Il est vrai qu'ils furent créés comme Esprits mâle et femelle et que Dieu les bénit afin qu'ils croissent et se multiplient. Mais tout ceci n'a pas eu lieu après la création de la Terre, des végétaux et des animaux. Il s'agit de la création de ce « dual » en tant qu'Esprits. Si Dieu crée quelque chose à son image, cela ne peut être que sous forme d'esprit. Car Dieu est esprit, il n'est qu'esprit et non pas matière. Ce qu'il crée à son image n'est également qu'esprit, non pas à moitié esprit et à moitié matière, comme le sont les hommes sur la Terre.
La suite des détails du récit biblique au sujet de la création de l'homme comporte encore d'autres contradictions importantes. Ainsi, il est dit par la suite, que Dieu forma l'individu mâle quand : il n'y avait encore aucun arbuste sauvage sur la terre et aucune herbe des champs n'avait encore poussé (Genèse 2 : 4b). Rien de vivant n'existait, tandis que l'on venait de nous annoncer précédemment que l'homme avait été créé après tous les êtres vivants. La suite explique que Dieu forma l'homme à partir de la poussière du sol et plaça cet être vivant sur une terre totalement nue. Après quoi, Dieu aurait planté un jardin en Eden et y aurait placé l'homme qu'il avait formé. Ce n'est qu'après cela que Dieu aurait fait pousser du sol toutes sortes de beaux arbres et de fruits comestibles destinés à être cultivés. Donc, selon ce récit, rien n'existait sur la terre auparavant. Nous constatons une contradiction à chaque phrase.
Si tu rapproches cette interprétation si confuse de la représentation véridique que je t'ai communiquée, tu comprendras que le paradis correspond à la sphère spirituelle dans laquelle Dieu relégua les Esprits après leur révolte, en guise de châtiment. C'est là que séjournaient les suiveurs moins coupables, afin d'être mis à l'épreuve. Là s'élevait l'arbre spirituel de la connaissance du Bien et du Mal, c'est à dire le commandement de Dieu qui représentait l'épreuve de cette sphère, et dont les Esprits ne connaissaient pas la portée. Le respect ou le non-respect de cette injonction devait mettre en évidence les sentiments des Esprits qui séjournaient dans la sphère du paradis. Il fallait vérifier s’ils se rangeraient du coté de Dieu ou s’ils rallieraient définitivement le parti de Lucifer. S’ils sortaient vainqueurs de l’épreuve en obéissant à Dieu, cela les ramènerait à l’arbre de la vie, au cœur de la magnificence de Dieu. La violation de l’interdiction, les conduirait à l’arbre de la mort et signifierait le départ du paradis vers la sphère ténébreuse de Lucifer. Ce serait le jour de la séparation totale de Dieu, le jour de leur mort spirituelle : Le jour où tu en mangeras, tu encourras la mort (Genèse 2 : 17).
Tu comprends à présent pourquoi Adam a dû garder le paradis[22]. Il devait se garder lui-même et empêcher les autres de céder à la tentation de désobéir à Dieu. Tu comprends également pourquoi la Bible rapporte que Dieu, après avoir expulsé les Esprits infidèles du paradis, plaça à l’entrée du jardin d’Eden les chérubins qui devaient interdire le retour des Esprits chassés. Ces Esprits avaient fait leur choix en obéissant au prince de l’abîme et les sphères des ténèbres furent leur lot. Les Esprits tombés n’auraient plus accès au paradis jusqu’au jour où ils se trouveraient à nouveau sur le chemin du retour à Dieu. Ils seraient alors admis à pénétrer une nouvelle fois dans cette sphère de bonheur qui est l’antichambre de la sphère céleste. Ils pourraient revenir au jardin spirituel d’Eden pour en entreprendre l’ascension, vers les splendeurs dont ils avaient été chassés par leur propre faute.
Contrairement à la vérité des faits, votre Bible rapporte sur un ton sarcastique des paroles attribuées à Dieu au moment où des masses innombrables de ses enfants vécurent le malheur indicible d'une séparation complète avec le royaume de Dieu : Voilà que l'homme est devenu comme l'un de nous, pour connaître le bien et le mal. Maintenant qu'il n'étende pas la main pour prendre aussi l'arbre de la vie afin d'en manger et de vivre pour toujours (Genèse 3 : 22). C'est ainsi que s'exprimerait un démon, mais non un Dieu infiniment bon. En vérité, il s'agit des paroles de Satan qui tournait en dérision les Esprits séduits. La volonté de Dieu n'était elle pas au contraire que les Esprits cherchent à atteindre l'arbre de la vie après leur première chute ? Ainsi les Esprits seraient retournés à Dieu en se soumettant à lui.
Hélas, les puissances obscures voulaient empêcher, coûte que coûte, les premiers bénéficiaires de la miséricorde divine d'atteindre l'arbre de la vie et de revenir à Dieu qui avait créé la sphère de retour au bien. Si Lucifer l'avait pu, il aurait empêché la création de ces sphères de progrès spirituel et la création du monde matériel. Sans ces mondes de retour au bien, il pouvait exercer sans entrave son pouvoir despotique sur ces Esprits révoltés, sans crainte de n’en perdre aucun. »

La vérité sur la création du premier couple humain
« Il me faut encore prendre position contre la description de la première femme dans la Bible. La Bible relate que Dieu voulait donner une compagne au premier homme pour que celui-ci ne soit pas seul. Dieu forma à partir du sol toutes les bêtes sauvages et les oiseaux du ciel et Dieu les amena à l'homme pour qu'il se choisisse parmi ces animaux, une aide semblable à lui. L'homme ne la trouva point[23]. La Bible nous dit alors que Dieu, pour remédier à cet inconvénient, fit tomber sur l'homme un profond sommeil. Dieu prit une des ses côtes et referma la chair à sa place. A partir de la côte prélevée sur l'homme, Dieu aurait formé une femme qu'il amena à l'homme.
Pareille présentation des faits est devenue un objet de sarcasme et de persiflage, notamment chez les adversaires de la foi en Dieu. Combien il est douloureux de voir ainsi dénaturer l'action créatrice de Dieu offerte aux railleries des hommes. Ici, le Mal, avec l'aide de ses instruments humains, a également défiguré l'image de la vérité pour en faire une caricature grimaçante. Son but est de ridiculiser la notion d'un Dieu tout-puissant et créateur. On sait que le ridicule tue. Cependant, Dieu n'empêche pas ces falsifications des faits, pas plus qu'il n'intervient quand les hommes commettent le mal. De toute façon, les croyants en quête de savoir disposaient toujours d'un moyen pour distinguer le vrai du faux dans les écritures. Ils ont toujours eu la possibilité de communiquer avec le monde des bons Esprits et d'apprendre la vérité.
Quelle est donc la vérité à propos de la création du premier couple humain terrestre ? Adam était le premier esprit suffisamment évolué pour passer de l'état d'un animal très évolué à un corps humain. Mais cette incorporation dans un corps humain s'est déroulée d'une façon différente de celle expliquée dans la Bible. Dieu ne forma pas l'homme de la poussière du sol en lui insufflant la vie par les narines. Non, l'incorporation du premier esprit humain se déroula selon les mêmes lois et les principes qui s'appliquent encore aujourd'hui lors des incorporations d'Esprits.
Je t'ai expliqué le processus qui aboutit à la matérialisation d'un esprit. Tu sais qu'il faut pour cela du fluide provenant de médiums à matérialisation. Ce fluide permet de densifier et donc de matérialiser le corps fluidique de l'esprit. La même loi fut appliquée par Dieu lors de la formation du corps du premier esprit humain. A l'époque, il n'existait pas encore de médiums à matérialisation dont Dieu aurait pu utiliser le fluide. C'est pourquoi Dieu pris du fluide terrestre dosé et mélangé de telle façon qu'il correspondait à celui du corps humain. C'était le même mélange fluidique que l'on retrouve encore maintenant dans les corps terrestres et qui se condense au fur et à mesure de leur croissance. Paul dit bien : Dieu donne à chaque espèce un corps particulier. Toutes les chairs ne sont pas les mêmes, mais autre est la chair des hommes, autre la chair des bêtes, autre la chair des oiseaux, autre celle des poissons (Corinthiens 15 : 38 - 39). La préparation minutieuse du mélange fluidique destiné à former le corps du premier homme fut l'œuvre des Esprits de Dieu.
Le corps du premier homme, que vous avez nommé Adam, a été en effet tiré du limon, encore que cela se passa d'une façon différente de celle que vous imaginez. Cet homme n'a pas été formé de la poussière du sol, mais le corps spirituel de cet esprit fut enchâssé dans une enveloppe physique constituée de fluide terrestre densifié. Plus tard, le corps d'Adam ainsi formé fut dissous après sa mort en fluide terrestre. C'est sous forme de fluide qu'il avait été tiré du limon de la terre, et c'est encore sous cette forme qu'il y retourna. Cette loi de dissolution du corps demeure valable pour tous les êtres matériels, c'est à dire physiques. Le premier être humain ainsi appelé à l'existence était le seul et unique de son genre. Comme la Bible le relate, il était vraiment seul. Il n'était entouré que de plantes et d'animaux. Il soupirait en attendant le moment où un autre esprit serait prêt et suffisamment avancé pour une incorporation humaine. Il passait en revue et examinait les animaux supérieurs autour de lui. Il se demandait si à leur mort, Dieu ne trouverait pas l'un d'entre eux digne de recevoir un corps humain. Votre Bible y fait allusion lorsqu'elle raconte que Dieu mena au premier homme tous les animaux pour que parmi eux, il trouve une compagne et une aide semblable à lui.
Enfin, le jour vint où un nouvel esprit atteignit le niveau de l'homme. Cette fois, il s'agissait d'un esprit féminin. C'était l'esprit qui séjournait dans le royaume de Dieu comme compagne d'Adam, puis qui plus tard se trouvait dans la sphère paradisiaque et finit par désobéir à Dieu en persuadant Adam de désobéir également. La faute de cet esprit ayant été plus grave, le châtiment infligé le fut également. Le chemin de sortie des ténèbres vers le haut dura donc plus longtemps. Cet esprit féminin mit davantage de temps que son esprit dual masculin avant d'atteindre le niveau de l'existence humaine terrestre. La Bible décrit l'incorporation de cet esprit féminin pour en faire un être humain. A travers cette description, on arrive à déceler à peu près comment les choses se sont déroulées. L'incorporation d'Eve, qui est le nom par lequel votre Bible actuelle désigne la première femme, se passa selon le procédé de toute matérialisation d'Esprits. En ce qui concerne Eve, Dieu n'avait plus besoin de tirer le fluide du limon terrestre car il disposait d'un médium à matérialisation. C'était Adam. Ce dernier possédait d'extraordinaires facultés médiumniques parce que les Esprits qui avaient aidé à matérialiser son corps restaient en communication constante avec lui. De même que de nos jours la matérialisation d'un esprit n'est possible que si le médium à matérialisation entre en transe profonde, la matérialisation d'Eve s'opéra de la même façon en ce temps là. La Bible décrit l'état de transe profonde chez Adam de la manière suivante : Alors Yahvé Elohim fit tomber une torpeur sur l'homme, qui s'endormit (Genèse 2 : 21). Il s'agissait du sommeil médiumnique pendant lequel l'esprit d'Adam quitta son corps, son enveloppe charnelle. Lors de toute matérialisation complète d'un esprit, le fluide d'un seul médium à incorporation ne suffit pas et il faut recourir à la dissolution d'une partie de la matière corporelle du médium. Voilà pourquoi il fallait que le monde des Esprits réalise une dissolution de la matière corporelle d'Adam afin d'obtenir le fluide nécessaire à la matérialisation du corps d'Eve. C'est ce procédé qui est à l'origine du récit biblique : Puis de la côte qu'il avait tiré de l'homme, Yahvé Elohim façonna une femme (Genèse 2 : 22).
Habituellement, lorsqu'un esprit se matérialise, cela ne dure qu'un temps limité, après quoi la dissolution du fluide se produit à nouveau, et la substance physique cédée par le médium retourne au médium. Dans le cas d'Eve, l'incorporation était destinée à être durable et permanente jusqu'à son décès. Voilà pourquoi Adam, en tant que médium, ne put récupérer ni le fluide cédé, ni la portion de matière corporelle cédée sous forme de fluide. Les Esprits durent alors lui fournir un produit de remplacement. Ils tirèrent ce succédané du limon, selon la même méthode qui avait permis de former le corps d'Adam. Voilà à quoi la Bible fait allusion par ces mots : Il prit une de ses côtes à Adam et referma la place avec de la chair (Genèse 2 : 21). C'est ainsi que fut créé le premier couple. C'est de ce couple que, par la voie de la procréation, allait descendre tout le genre humain. »

La propagation du genre humain
« Lors de la procréation humaine, seul le germe qui servira à former le corps physique de l'enfant à naître est transmis par les parents. Selon des lois inconnues de vous, l'esprit n'est uni au corps de l'enfant que peu de temps avant sa naissance. L'activité de l'enfant dans le corps de la mère provient de la mère elle même. Le sang maternel inonde le corps de l'enfant et met en mouvement les organes dès qu'ils possèdent une forme à peu près utilisable. Cela se produit généralement au cinquième mois de la grossesse humaine. Les membres de l'enfant doivent se mouvoir dans le corps de la mère afin de commencer à s'habituer à leur activité. Les mouvements ne proviennent donc pas de l'esprit de l'enfant qui ne sera incorporé que plus tard, mais de la mère. Il se passe la même chose lorsqu'une machine est montée et prête à fonctionner. La machine est d'abord mise en mouvement par une action extérieure avant d'être pourvue de la force motrice qui lui permettra de fonctionner plus tard. Il est nécessaire qu'elle soit rodée avant sa véritable mise en service. Il en est de même des corps des êtres humains en formation.
La toute-puissance et la sagesse de Dieu se manifestent à vous de façon éclatante, lorsque se déroule le grand mystère naturel de la venue au monde d'un nouvel être humain. Ceci reste également vrai en se qui concerne toutes les autres créatures vivantes. Ce sont toujours les Esprits tombés qui sont unis aux corps matériels formés par procréation, d'après des lois divines si sages, que votre intelligence humaine n'arriverait pas à les comprendre, même si j'essayais d'expliquer ce mystère divin.
Adam et sa femme engendrèrent des fils et des filles[24]. Les frères prirent leurs sœurs comme femme. Par conséquent, lorsqu'il est dit dans la Bible que Caïn, après avoir tué son frère Abel, s'enfuit dans un autre pays où il connut sa femme, cela ne signifie pas qu'il y fit sa connaissance, comme s'il existait là d'autres personnes qui ne descendaient pas d'Adam et d'Eve. L'expression "connaître" au sens hébraïque, signifie avoir des rapports sexuels. De Caïn il est dit : Caïn connut sa femme, qui conçut et enfanta Hénok (Genèse 4 : 17). Au sujet d'Adam, la même expression est employée : L'homme connut Eve, sa femme, elle conçut et enfanta Caïn (Genèse 4 : 1). »

Les sphères spirituelles créées après la Rédemption
« Tout le genre humain descend donc du premier couple humain. L'humanité formait le niveau de progrès terrestre le plus élevé dans l'échelle d'ascension des Esprits tombés. Là se situait la frontière du royaume de Lucifer. Aucun esprit tombé ne pouvait franchir cette limite avant la Rédemption. Aucun esprit tombé ne pouvait se dérober à l'autorité de Lucifer dont il devait rester le sujet légitime. De plus, Lucifer ne renonçait pas à ses droits souverains sur les Esprits tombés qui s'étaient repentis et qui désiraient revenir au royaume de Dieu.
Seule la Rédemption pouvait obliger Lucifer à abandonner ses droits. Avant l'arrivée du rédempteur, tous les Esprits humains étaient obligés de demeurer dans la sphère humaine, soit comme des êtres humains dans un corps physique, soit comme Esprits dans une sphère du même niveau que celle de l'humanité. Au delà s'étendait le grand abîme séparant le royaume de Lucifer du royaume de Dieu. Cet abîme ne pouvait être franchi que par une victoire sur Lucifer. Je t'expliquerai plus tard dans le détail ce que signifie la Rédemption et comment elle s'est opérée.
En prévision de la Rédemption, Dieu avait également préparé de nouvelles sphères spirituelles. C'est vers ces sphères que les Esprits des hommes pourraient, après leur mort terrestre, monter progressivement jusqu'à atteindre la sphère céleste. Il n'était pas utile de créer ces sphères avant la Rédemption, puisque aucun des Esprits tombés ne pouvait y accéder pour ensuite retourner au Ciel.
Dans ce contexte, je voudrais attirer ton attention sur une autre vérité. Avant la Rédemption, il existait beaucoup d'hommes dans lesquels étaient incorporés, non pas un esprit tombé, mais un esprit céleste. Dieu autorisait ces Esprits du Ciel à devenir des êtres humains, par le moyen d'une naissance humaine, afin qu'ils viennent en aide à leurs semblables en les amenant à la vraie foi en Dieu et en les préparant à la Rédemption. Parmi ces Esprits célestes devenus des êtres humains, il y a Hénok, Abraham, Isaac, Jacob, Moïse, Josué, Caleb, presque tous les prophètes, Marie la mère de Jésus, et beaucoup d'autres dont les noms ne paraissent pas dans les Saintes Ecritures. Ces Esprits retournèrent au royaume de Dieu après leur mort terrestre. Ils n'étaient pas soumis à l'autorité de Lucifer puisqu'ils n'avaient pas participé à la révolte contre Dieu.
En ce qui concerne les sphères prévues dans le plan de Rédemption de Dieu, on en dénombre treize. C'est vers ces sphères que les Esprits des hommes continue leur progression vers Dieu grâce à l'accomplissement de la Rédemption. Il n’est pas utile que je décrive ces sphères dans le détail. Ce qu’en tant qu’homme, tu peux comprendre à ce sujet t’a été communiqué par les manifestations d’Esprits venus de ces sphères. Ces Esprits se présentèrent en nombre considérable à travers les médiums afin de dispenser un enseignement. En fonction du comportement et des paroles de ces Esprits, tu as pu connaître leur destin dans les différentes sphères ainsi que la nature de ces sphères.
Tu as appris à connaître les Esprits souffrants placés, après leur décès, dans les sphères les plus basses parmi ces treize sphères. C’est en eux que se vérifie la parole du Christ : « Jetez-le, pieds et poings liés, dehors, dans les ténèbres, là où seront les pleurs et les grincements de dents[25]». Et à propos de ces Esprits, on comprend mieux cette autre parole de la Bible : « Les morts ne savent rien[26]». En effet, ces Esprits séparés de Dieu et voués à la mort spirituelle en raison de leur incrédulité quand ils se trouvaient sur la Terre, ne savent rien. Ils ne savent pas qui ils étaient de leur vivant, ni où ils ont vécu autrefois, ni où ils se trouvent à présent, au moment de leur manifestation. Ils ne connaissent pas non plus la signification des choses horribles qu’ils endurent dans ces ténèbres et qui les rendent si malheureux.
Tu as pu te rendre compte que, chez les Esprits des sphères montantes, la connaissance devient plus grande au fur et à mesure que leur attitude envers Dieu devient moins réfractaire. Tu as également pu apprendre les variations de la lumière selon ce qui t’a été communiqué au sujet des différentes sphères. Les couleurs de ces sphères vont du noir le plus impénétrable de la sphère la plus basse jusqu’au blanc le plus éclatant de la sphère la plus élevée, en passant par toutes les teintes. La sphère la plus haute est celle des purs Esprits de Dieu, celle que vous appelez le Ciel.
Suite à tes expériences vécues avec les Esprits des sphères les plus basses, tu as pu te rendre compte combien il est difficile à ces Esprits de sortir de leur lamentable état. En effet, le passage dans les sphères supérieures ne devient possible pour eux que s’ils se tournent vers Dieu. Or, tu as pu mesurer combien est grande l’opposition à l’idée de Dieu, précisément chez ces Esprits. Pour eux, redevenir des êtres humains le plus tôt possible est une grande grâce de Dieu. En tant qu’hommes ils pourront, d’après ce qu’ils verront dans la création, ou par réflexion personnelle, ou par un enseignement, ou par l’exemple d’autrui, retrouver plus facilement la foi que s’ils restaient dans ces sphères inférieures. La plupart des Esprits des hommes doivent retourner sur terre à plusieurs reprises, parce qu'une fois de plus, leurs vies laissent à désirer et provoquent une rechute au lieu de les élever vers de plus hauts niveaux dans l'au-delà. Tu n’as qu’à observer ce qu’est la vie de la plupart des hommes. Toute leur attention se porte sur ce qui est matériel et terrestre. Il y en a peu qui pensent à Dieu, qui ont confiance en Dieu et qui cherchent à faire le bien. Depuis que les puissances du mal ont fait connaître l’argent aux hommes, elles possèdent un moyen d’exercer une domination absolue sur la plus grande partie de l’humanité.
La durée du séjour des Esprits dans les sphères inférieures de l’au-delà avant d’être à nouveau incarné diffère pour chaque esprit. Cette durée dépend de la peine à subir par chacun pour les péchés commis pendant sa vie terrestre. Dieu est juste, et chaque faute mérite un châtiment. Cependant Dieu est également bon et ne punit jamais autant que ses créatures le méritent.
Les communications des Esprits qui t’ont mis au courant de l’existence de ces treize sphères spirituelles se sont produites à travers les médiums les plus variés, et cela intentionnellement afin que tu obtiennes une preuve de la véracité de ces communications. En effet, si elles t’avaient été faites par le même médium, tu aurais pu penser qu’elles provenaient d’idées refoulées jadis et conservées au fond de l’inconscient ou du subconscient du médium. Votre science actuelle utilise à tort et à travers le mot « subconscient » lorsqu’il s’agit d’expliquer ce que la raison humaine ne parvient pas à comprendre, et que l’on ne veut surtout pas attribuer à l’action des Esprits.
La création des treize sphères spirituelles représentait la dernière phase du plan de rédemption divin. Avant cela, il fallait encore résoudre un problème autrement plus ardu. En effet, à qui serviraient les paliers de perfectionnement allant de la sphère la plus basse de l’enfer jusqu’au niveau terrestre le plus élevé qui est celui de l’être humain ? A qui serviraient les treize sphères spirituelles prévues ensuite pour l’ascension vers Dieu ? A qui servirait tout cela si Lucifer ne libérait aucun des Esprits passés à lui autrefois et si Lucifer continuait à faire valoir ses droits absolus sur ces Esprits ?
Qui allait forcer Satan à abandonner ses droits, au moins en faveur des Esprits repentants qui désiraient revenir à Dieu ? Certes, Dieu aurait pu l’y obliger, mais puisque par justice, Dieu avait accordé ce droit à Lucifer, en vertu de cette même justice, Dieu ne souhaitait pas le lui retirer. Seul un esprit qui s’aventurerait dans le domaine du prince des ténèbres, en acceptant d’affronter ainsi les tourments de la tyrannie satanique, aurait le droit de déclencher une levée de boucliers contre Satan. Votre droit international accepte bien la révolte d’un peuple opprimé et tourmenté contre ses tyrans, dans un effort pour secouer le joug qui l’opprime.
De plus, il ne fallait pas qu’un tel esprit fasse partie des sujets de Lucifer qui avaient fait défection et abandonné Dieu, sinon il serait sa proie, sans retour possible et sans rémission. Il fallait que ce soit un esprit céleste qui, par la voie de l’incarnation n’entrerait dans le domaine de Satan que par le biais d'un corps matériel. En effet, tout ce qui est incorporé dans la matière se trouve en contact avec l’influence du mal. Voilà pourquoi le mal a tant de pouvoir sur les êtres terrestres, même sur ceux dont les tendances ne sont pas mauvaises. Les personnes les plus fidèles à Dieu subissent aussi quotidiennement les assauts du mal et il leur arrive souvent de chanceler sous les coups de boutoir. »

La libération par un rédempteur des Esprits tombés
« Voici comment le plan de Rédemption fut conçu par Dieu[27]. Pour l’esprit destiné à ce combat contre Lucifer, l’entreprise s’avérerait osée et risquée. Par sa naissance humaine, il deviendrait un homme semblable à tous les autres hommes. Son existence antérieure en tant qu’esprit céleste échapperait à son souvenir. Il ne saurait donc pas qui il est et il ignorerait par conséquent le sens de sa mission inaugurée par son incarnation. Il serait incité au mal par Satan comme tous les autres hommes. Dieu ne le favoriserait pas spirituellement par rapport aux autres hommes, ce qui serait contraire à la justice divine. L’aide de Dieu, nécessaire à cet esprit céleste incarné pour réaliser sa tâche, devrait être conquise par lui de haute lutte en résistant aux assauts sataniques. Dans la mesure où il résisterait aux pressions grandissantes du démon, Dieu lui porterait secours. Il en est ainsi pour tous les hommes. Cependant, au fur et à mesure que Dieu augmenterait son assistance, Satan serait libre, de son coté, d’intensifier ses attaques et de redoubler d’acharnement. Dieu ne permet jamais qu’un esprit soit tenté au-delà de ses forces. Un enfant est moins tenté qu'un adulte. Nul ne reçoit un fardeau plus lourd qu’il ne peut porter[28].
Cet esprit incarné ne devrait donc pas être tenté avec autant d’intensité dans son jeune âge que plus tard pendant sa maturité. Ce n’est qu’après avoir acquis la connaissance de son identité et du but de son incarnation que l’enfer serait autorisé à l’attaquer sans relâche et par tous les moyens. C’est à ce moment là que commencerait un combat sans merci. Pour cet esprit qui deviendrait un mortel, il s’agirait donc d’une lutte défensive contre le mal qui chercherait à le séparer de Dieu. Ce combat ne devrait s’achever que par la mort terrestre atroce de l’esprit céleste incarné, en supposant qu’il résisterait jusqu’au bout. La tactique de guerre des puissances du mal consiste à ébranler par des tourments et des tortures abominables une résistance dont elles ne viennent pas à bout par des moyens plus simples. C’est comme une forteresse que les assaillants ne parviennent pas à réduire par l’usage de petites pièces d’artillerie et qu’ils décident alors de bombarder avec des canons de gros calibre. Pour arriver à leurs fins, les puissances du mal trouvent toujours des instruments dociles parmi les hommes.
En restant fidèle à Dieu jusqu’à son dernier souffle, malgré les tortures physiques et morales qui lui seraient infligées par les puissances infernales, cet esprit en lutte continuelle contre le mal obtiendrait de Dieu l’assistance la plus complète jamais accordée par Dieu à un esprit. Ainsi investi de la force de Dieu, il pourrait après sa mort terrestre, s’attaquer en tant qu’esprit à Satan dans un combat offensif, alors qu’auparavant il ne pourrait livrer qu’un combat défensif en étant incarné. De cette façon, il remporterait à coup sûr la victoire sur Lucifer, ayant à ses côtés les légions de combat du Ciel. Cette bataille s’apparenterait à celle qui faisait rage dans le Ciel lorsque Michel et ses légions avaient précipité en enfer Lucifer et ses suppôts. Ce combat se déroulerait en enfer où l’esprit rédempteur descendrait pour terrasser Lucifer dans son propre royaume. Lucifer ne serait nullement privé de son pouvoir sur les Esprits tombés, ni condamné à l’impuissance totale. Le vainqueur ne ferait que limiter l’autorité souveraine exercée jusqu’alors par Lucifer sur ses partisans et également sur ceux qui autrefois s’étaient rallié à lui volontairement et qui se repentiraient. Ces Esprits qui désireraient quitter la « légion étrangère » de Satan pourraient retourner dans la patrie divine. La victoire de l'esprit céleste obligerait Satan à renoncer à ses droits sur ces Esprits repentants grâce à une victoire de ce sublime et éminent esprit céleste. Il resterait à Lucifer le droit d’employer tous ses moyens de séduction pour convertir le coeur ces Esprits et les garder auprès de lui. Cependant, il n’aurait plus le droit de les retenir de force et de les subjuguer comme par le passé. Il lui faudrait, pour ainsi dire, retirer ses sentinelles du pont construit par le rédempteur et qui conduirait au royaume de Dieu. De cette façon, les Esprits désireux de rejoindre leur ancienne patrie ne pourraient plus être retenus contre leur gré.
En tant que vaincu, le prince des ténèbres serait bien obligé d’accepter cette limitation de ses droits puisqu’il s’agirait là d’une condition de paix. Dieu, dans sa toute puissance, veillerait alors à ce que le nouveau traité de paix ne soit pas violé. Lucifer lui même relève du pouvoir divin et l’enfer ne peut rien contre le pouvoir de Dieu[29].
Les conséquences d’un tel traité de paix devraient, à la longue, s’avérer désastreuses pour Lucifer et son royaume. Car ainsi, peu à peu, il perdrait tous ses sujets. Il se retrouverait dans la situation d’un général dont tous les soldats auraient déserté et qui n’aurait d’autre choix que de reconnaître son impuissance et de se rendre ! Par conséquent, Lucifer, après avoir reconnu son impuissance face à Dieu, se soumettrait volontairement.
Le jour arriverait alors où, selon le plan de Rédemption divin, il n’existerait plus de séparation d’avec Dieu, donc plus de « mort ». Ce serait le jour où toutes les branches arrachées violemment à l’arbre de vie seraient à nouveau greffées. Le jour où Dieu essuierait toutes les larmes versées si abondamment par ses enfants égarés sur le long chemin de la séparation. Le jour où le royaume de Dieu resplendirait de l’éclat qu’il avait avant la défection des Esprits. C’est alors que les enfants de Dieu revenus à lui reprendraient leurs places abandonnées dans la maison du Père. Et Lucifer lui-même, qui, le dernier, franchirait, plein de repentir, le pont construit par le vainqueur, redeviendrait le magnifique porteur de lumière aux côtés du Christ, son frère royal, dont il avait jadis vilipendé et méconnu l’amour et la sage autorité[30]. Alors le Ciel retentirait de jubilation et d’éclats de joie ».

La mise en œuvre du plan de Rédemption
« Ce plan rédempteur, consécutif à la chute de Lucifer et de ses suppôts, ne fut révélé par Dieu qu’à son Fils premier-né et à quelques éminents princes célestes. L’un d’entre eux devait se porter volontaire pour entreprendre, au moment voulu, la tâche périlleuse de vaincre le prince des ténèbres au moyen de l’incarnation. Tous savaient qu’en temps qu’homme, c’est à dire comme être humain, ils allaient devoir courir le risque d’être terrassé par l’ennemi qu’ils avaient l’intention de vaincre. Cela réduirait à néant les chances de réussite du plan de Rédemption. Tous savaient également qu’une défaite du premier esprit qui descendrait sur terre comme rédempteur rendrait nécessaire l’envoi d’un deuxième esprit céleste. Ce processus continuerait jusqu’à la pleine réussite de la Rédemption. Chacun des hauts Esprits célestes se déclarait prêt à courir ce risque. Mais le Christ, l’esprit créé le plus élevé et investi par Dieu de la souveraineté royale sur le monde des Esprits, se proposa le premier pour accepter cette mission. C’était contre lui que Lucifer avait combattu au moment de la grande révolte des Esprits. C’était au sujet de son autorité que la grande scission s’était produite. C’était à cause de cet affrontement à propos de sa personne qu’un abîme infranchissable s’était ouvert entre le royaume de Dieu et celui des ténèbres. Le Christ voulait donc construire le pont au-dessus de cet abîme. Ce pont qui permettrait à tous les enfants de Dieu égarés de réintégrer la demeure du Père céleste.
Dieu consentit à l’incarnation de Son Fils. Elle se réaliserait lorsque les Esprits tombés seraient parvenus au plus haut degré terrestre, qui est celui de l’homme, après avoir gravi une partie des sphères de perfectionnement. De plus, il faudrait qu’à partir de là ces Esprits manifestent le désir de retourner à Dieu.
Les autres Esprits du royaume de Dieu, ainsi que les puissances des ténèbres, ignoraient le contenu de ce plan de rédemption afin d’empêcher toute manœuvre contraire de l’enfer. Si les forces du mal avaient pris connaissance du véritable but de la naissance humaine du fils de Dieu, si elles avaient su que le douloureux combat de cet esprit contre Satan et sa mise à mort cruelle était la condition nécessaire pour assurer sa victoire sur Lucifer, elles n’auraient pas cherché à le mettre à l’épreuve et à le tenter. Elles auraient empêché par tous les moyens sa mort sur la croix, au lieu d’en devenir les principaux artisans.
Ce n’est qu’après la mort rédemptrice du Christ que le temps fut venu de révéler à toute la création le plan rédempteur de Dieu dans son incommensurable grandeur. Dès lors, la révélation de ce plan ne pouvait plus nuire, elle ne pouvait que favoriser le bien. Le gros œuvre de l’édifice de salut était prêt et ne pouvait plus être démoli. La révélation du plan ne pouvait que hâter son achèvement. Cet achèvement était le retour à Dieu des Esprits qui l’avaient quitté et qui maintenant pourraient librement franchir le pont jeté par le Rédempteur.
Ce qui pouvait être révélé du plan rédempteur de Dieu à l’humanité pour l’aider à garder l’espoir, se trouvait déjà dans le texte original de la Bible. Il s’agissait des vérités sur la création des Esprits, la révolte, la guerre des Esprits, leur défection, la création des sphères d’avancement progressives nécessaires à l’évolution du bas vers le haut, et la venue d’un sauveur envoyé par Dieu. A l’exception de l’annonce du Messie à venir, c’est à dire du rédempteur, tout a été peu à peu supprimé des livres de l’Ancien Testament au cours du temps. Comme l’humanité ne comprenait plus ces vérités, elle préféra les effacer des Ecritures et les traiter de folie.
Il en était de même du temps du Christ. Ce qui sortait du cadre de la trivialité, des lieux communs, ou bien ce qui allait à l’encontre de l’héritage religieux traditionnel, ne pouvait pas être inculqué aux hommes, comme c’est encore le cas aujourd’hui. C’est pourquoi le Christ n’entra pas dans le détail de ces vérités. Il se contenta d’apporter un enseignement sur l’existence de Dieu, sur l’accomplissement de la volonté divine et sur la mission que le Père lui avait confiée. Pour le reste, il s’en remettait aux Esprits de vérité qu’il prévoyait d’envoyer à l’humanité.
Cependant, même lorsque le monde des Esprits fut chargé d’enseigner ces vérités, seuls les initiés les plus avancés comprenaient la nature du plan de salut de Dieu. Les autres ne parvenaient pas à supporter une nourriture qu’ils n’arrivaient pas à digérer. Beaucoup de chrétiens traitaient l’apôtre Paul de fou quand il prêchait ces vérités[31]. Et lorsque Paul parlait de ses visions et révélations célestes au roi Agrippa en présence du procurateur Festus, celui-ci s’écria à haute voix : « Tu perds la tête Paul ! Ton grand savoir aboutit à la folie[32] ! »
Lorsque tu communiqueras mes enseignements à tes semblables, on dira également qu’il s’agit de fantasmagories ridicules et que tu as perdu la tête. De tout temps ce fut la destiné de la vérité de passer pour de la folie, alors que par ailleurs, des faussetés notoires à propos de l’au-delà passaient pour vraies et étaient universellement prêchées et élevées au rang de dogmes religieux.
Ce que je t’ai communiqué au sujet du plan rédempteur de Dieu te sera confirmé dans les moindres détails quand je te ferai connaître toute la doctrine du Christ telle qu’elle a été annoncée aux fidèles, en partie par le Christ lui-même, et en partie par les Esprits de vérité s’exprimant à travers des médiums. Nous établirons alors une comparaison très instructive pour toi et tes semblables entre la véritable doctrine du Christ et celle du christianisme actuel ».


ENSEIGNEMENTS SUR LE CHRIST

Car, bien qu'il y ait, soit au ciel, soit sur la terre, de prétendus dieux, et de fait il y a quantité de dieux et quantité de seigneurs, pour nous en tout cas, il n'y a qu'un seul Dieu, le Père, de qui tout vient et pour qui nous sommes,et un seul Seigneur, Jésus Christ, par qui tout existe et par qui nous sommes.
Corinthiens 8 : 5 - 6


La question christique dans ma vie
Que pensez-vous du Christ ? Cette question s’étalait en lettres de feu devant mes yeux à partir du jour où j’avais pris la décision de devenir prêtre. Ne devais-je pas, en effet, non seulement annoncer la doctrine du Christ, mais encore la vérité concernant sa personne, sa vie et son œuvre ?
Qui était le Christ ? Qui était-il avant de se faire homme ? Qui était-il en tant qu’homme ? Etait-il Dieu ou fils de Dieu ? Etait-il un homme comme nous après sa naissance humaine, intérieurement et extérieurement ? A-t-il été engendré et est-il venu au monde comme tous les hommes ? A-t-il dû acquérir des connaissances quand il était enfant, comme tous les enfants humains ? Est-il lui aussi arrivé progressivement à la connaissance de l’existence de Dieu ? A-t-il dû emprunter la même route que tous les hommes pour arriver à se faire une idée de l’Etre Divin, de Son essence et de Sa volonté ? Lui a-t-il fallu s’exposer aux tentations du mal et ainsi devoir prendre des décisions lourdes de conséquences, comme cela nous arrive constamment à nous mortels ? Pouvait-il comme tous les autres hommes, succomber à la tentation ? Pouvait-il lui aussi être poussé à abandonner Dieu par les puissants artifices du mal, comme cela arrive à des millions d’autres hommes ? Et s’il devait sauver les hommes, en quoi consistait cette Rédemption ? Comment fallait-il comprendre et expliquer tout cela ?
Lorsque, grâce aux réunions spirites, j'acquis la certitude que les Esprits de Dieu parlaient à travers les médiums, comme cela se passait autrefois lors des réunions des premières communautés chrétiennes, ma quête d’informations se concentra essentiellement sur la « question du Christ ». A ce sujet, des explications me furent données jusque dans les moindres détails. Cet enseignement devint la chose la plus précieuse de ma vie religieuse.
Je reproduis ici, dans ce qui va suivre, toutes ces vérités au sujet du Christ, telles qu’elles me furent communiquées par l'esprit qui me les a apprises :

Le Christ, guide du premier genre humain
« Tu veux être renseigné sur la personne du Christ, son incarnation, sa vie humaine, sa passion, sa mort et tout ce qui concerne la Rédemption. Je t’ai déjà renseigné en partie. J’ai répondu à quelques unes de tes questions lorsque je t’ai parlé de la création de Dieu et de son destin, ainsi que du plan rédempteur de Dieu.
Je t’ai dit à ce moment que le Christ était le premier et le plus sublime esprit créé par Dieu[33], la seule création directe de Dieu [34]. Je t’ai dit que c’est par le Christ que les autres Esprits sont entrés dans l’existence et formaient avec lui une grande communauté spirituelle, un royaume spirituel à la tête duquel Dieu avait placé le Christ[35]. Le Christ était donc pour ainsi dire, le remplaçant de Dieu dans ce royaume. Lui-même n’était pas Dieu. Il était le premier fils de Dieu. Il avait reçu de Dieu sa puissance, sa grandeur et sa royauté. Il était une créature de Dieu, et de ce fait il n'existait pas de toute éternité comme Dieu. C’était contre cette royauté du Christ qu’était dirigée la révolte des Esprits menée par Lucifer.
Après la défection d’une partie des Esprits et leur chute dans les profondeurs ténébreuses, le Christ se proposa de ramener à Dieu les Esprits tombés, selon le plan rédempteur déterminé à l’avance par le Créateur. L’œuvre rédemptrice du Christ commença dès la défection des Esprits. C’est le Christ qui créa la hiérarchie des sphères d’avancement prévues par Dieu et dont je t’ai parlé en détail lors de mes explications sur le plan rédempteur de Dieu. Ainsi, le Christ devint le créateur de l’ensemble de l’univers matériel qui forme comme une échelle graduée. Cette échelle permet aux Esprits tombés de remonter des profondeurs vers les hauteurs du royaume de Dieu.
Lorsque les Esprits qui séjournaient dans les abîmes atteignirent, au cours de leur évolution ascendante, le degré qui est celui de l’être humain, le Christ devint le guide du genre humain dès l’aube de son existence. Il travaillait à redresser les mauvais penchants de l’humanité et à la diriger vers Dieu. De leur coté, les puissances infernales mettaient tout en œuvre pour conserver leur suprématie et leur mainmise sur l’humanité. Ainsi commença la lutte violente qui opposa le Christ et Lucifer, avec comme enjeu les Esprits incorporés dans les êtres humains. C’est ce combat qui forme la majeure partie du récit biblique de l’Ancien Testament qui vous a été transmis.
Les bons Esprits prêtèrent main forte au Christ, leur chef, tout au long de ce combat. Beaucoup d’entre eux s’offraient pour devenir homme, afin qu’une fois incarnés, ils puissent prêcher la vérité et servir d’exemple aux êtres humains afin de les ramener à Dieu.
Hénok était un de ces Esprits célestes qui fut autorisé à vivre sur terre comme être humain[36]. Il enseignait à ses contemporains la vérité sur le vrai Dieu et leur indiquait la bonne route qui mène à la connaissance. Avant tout, il leur parlait de la communication avec le monde des Esprits de Dieu avec lequel lui-même entretenait des échanges quotidiens[37]. En ce temps-là, la majorité des hommes communiquait avec les mauvais Esprits et s’adonnait à une idolâtrie abominable ainsi qu’à toutes sortes de vices.
Le succès de l’action d’Hénok fut de courte durée. Le pouvoir du mal était si grand que les peuples d’alors se livraient à des atrocités que vous ne sauriez imaginer. Les plus hauts placés parmi les Esprits de l’enfer se servaient de médiums humains à transe profonde, non seulement pour parler à travers eux, mais également pour se servir de leur corps afin de procréer. Tout comme l’esprit du médium peut procréer au moyen de son corps humain, un esprit étranger peut prendre possession d’un médium à transe profonde et procréer de la même manière. Les femmes débauchées de cette époque considéraient comme un honneur le fait d’être ainsi abusées lors des cultes idolâtres. La Bible vous le confirme quand elle relate que les fils de Dieu eurent des enfants avec les femmes des hommes[38]. Ceux que l’on désigne ici par « fils de Dieu » étaient les meneurs parmi les Esprits célestes supérieurs qui s’étaient séparés de Dieu. Ce sont les mêmes Esprits dont il est question dans le livre de Job : le jour où les Fils de Dieu venaient se présenter devant Yahvé, le Satan aussi s'avançait parmi eux (Job 1 : 6). Il s’agissait des fils de Dieu qui avaient déserté. Satan n’était-il pas le deuxième des fils de Dieu ? Ces fils de Dieu qui règnent au royaume des ténèbres ne sont pas libres d’agir à leur guise, mais sont soumis à la toute-puissance de Dieu et sont parfois appelés à rendre des comptes. »

Le Christ, guide de l’humanité après le déluge
« Le Christ et les bons Esprits n’avaient aucune prise sur une telle humanité vouée si irrémédiablement au mal. Il fallait donc détruire cette génération et la remplacer par une nouvelle. Pour ce faire, Dieu fit venir le déluge. Une seule famille fut sauvée, celle de Noé, afin qu’elle soit à l’origine d’une meilleure race d’hommes.
Cependant, dès après le déluge, les descendants de Noé retombèrent sous la domination du mal. Voyez ce qu’il advint des villes de Sodome et Gomorrhe et la famille de Lot [39]. Plus les hommes se multipliaient, plus le culte de Satan se répandait par l’idolâtrie et par le vice.
Afin d’atteindre son but, malgré le pouvoir du mal sur l’humanité et bien avant son incarnation, le Christ s’efforçait de rallier au moins une petite fraction de l’humanité à la cause de Dieu. Cette fraction devait devenir l’agent de diffusion de la foi en Dieu et de l’espoir de Rédemption, pour les générations à venir. Elle devait représenter le levain qui allait faire lever et fermenter la pâte humaine. Elle devait être le grain de sénevé qui allait grandir et devenir le grand arbre de la foi divine. L’arbre de la quête de Dieu, qui rassemblerait peu à peu tous les êtres humains sous ses branches. Lorsque cet arbre aurait atteint un certain développement, « la plénitude des temps » serait arrivée[40]. A ce moment-là, le Sauveur descendrait sur la terre comme « fils de l’homme » pour achever et parfaire la dernière phase de son plan de Rédemption. C'est alors qu'il serait utile de construire le pont qui permettrait aux Esprits des hommes fidèles à Dieu de sortir du royaume de Lucifer pour regagner celui de Dieu. Vous non plus vous ne construisez pas un pont avant qu’il y ait assez de monde désireux de le franchir. »

Israël, peuple porteur de la foi en Dieu
« C’est Abraham qui fut choisi pour devenir le levain et le grain de sénevé de la foi et de l’espoir de rédemption. Il était l’homme de la fidélité inébranlable. Le Christ communiquait avec lui, soit personnellement, soit par l’intermédiaire de ses Esprits. Abraham était également un esprit céleste devenu homme.
La fidélité d’Abraham fut mise à dure épreuve. Chaque fois que Dieu confie une mission importante à quelqu’un, il le met à l’épreuve. Lorsque vous construisez un pont de chemin de fer destiné à faire passer des trains de voyageurs et de marchandises, vous contrôlez d’abord sa capacité de charge avant de le mettre en service. Si vous trouvez que le pont manque de solidité, vous le renforcez. Si sa capacité est encore défectueuse, le pont devient inutilisable et vous en faites un autre. Dieu agit pareillement avec les hommes qu’il destine à œuvrer pour lui. Si les tests auxquelles il les soumet au préalable s’avèrent négatifs et si les mesures de renforcement échouent, ces hommes sont mis de côté et remplacés par d’autres. Beaucoup seraient utilisables pour accomplir de grandes et belles choses, mais ils doivent être écartés pour s’être rendus coupables de manquements, par leur propre faute. Ces manquements prouvent qu’ils sont inaptes : beaucoup sont appelés, peu sont élus[41].
Abraham fut durement mis à l’épreuve lorsqu'on lui demanda de sacrifier son fils Isaac. Quiconque aime son père ou sa mère, ou son frère ou sa sœur, ou son fils ou sa fille, ou son ami plus que Dieu, n’est pas digne d’être choisi pour recevoir les dons de Dieu et accomplir de grandes choses pour lui.
Abraham sortit triomphant de la lourde épreuve. En récompense, il reçut de Dieu la promesse suivante : parce que tu as fait cela, que tu ne m'as pas refusé ton fils, ton unique, je te comblerai de bénédictions, je rendrai ta postérité aussi nombreuse que les étoiles du ciel et que le sable qui est sur le bord de la mer, et ta postérité conquerra la porte de ses ennemis. Par ta postérité se béniront toutes les nations de la terre, parce que tu m'as obéi (Genèse 22 : 16 –18).
La postérité promise par Dieu ne devait pas être physique, corporelle, selon la chair. Elle n’aurait pas pu embrasser toutes les nations de la terre et se multiplier comme les étoiles du ciel ou comme le sable au bord de la mer. Dieu n’exagère rien, ce qu’Il dit correspond toujours à la vérité. La descendance d’Abraham devait être spirituelle et embrasser tous les Esprits tombés, dans la mesure où sa foi en Dieu et sa fidélité allait se propager peu à peu chez tous ceux qui avaient abandonné Dieu[42]. Avoir simplement une nombreuse descendance humaine exposée au mal n’aurait certainement pas constitué une bénédiction pour Abraham. En effet, il advint plus tard que des générations entières qui descendaient d’Abraham se détournèrent de la vraie foi pour adorer des idoles.
Jacob et ses fils, la deuxième génération qui descendait d’Abraham, partirent s’installer dans le pays d’Egypte, dans la région fertile de Gochen. Ils devaient devenir un grand peuple et rester fidèles à Dieu et lui rendre témoignage au milieu de la nation idolâtre des égyptiens.
Le bien-être matériel, quand il dure trop longtemps, met en péril la fidélité et la foi en Dieu. C'est pourquoi Dieu permit que les hébreux, comme on appelait les descendants d'Abraham, soient réduits en servitude par les égyptiens. Ces maîtres les opprimaient et les accablaient de travaux forcés. Ce n'est pas Dieu qui incita le pharaon à prendre de telles mesures, mais les mauvais Esprits. Ceux-ci avaient compris que les hébreux, qui pratiquaient la vraie religion, constituaient un instrument dangereux dans les mains du Christ, qui pourrait les utiliser contre eux. C'est pourquoi ils étaient résolus à détruire ce peuple. Les travaux et les corvées n'y suffisant pas, les puissances démoniaques poussèrent le pharaon à anéantir le peuple hébreu de la façon la plus simple et la plus radicale. Ils ordonnèrent de faire mourir tous les descendants mâles des hébreux. Pour motiver un tel procédé, les puissances infernales suggérèrent au roi d'Egypte que les enfants d'Israël étaient devenus nombreux et puissants. Si une guerre survenait, ils pourraient se joindre aux ennemis des égyptiens et mettre en péril le règne des pharaons. Les puissances du mal savent séduire les humains, et en particulier les souverains, en les prenant par leur coté le plus faible. Un roi craint toujours de perdre son trône. C'est ainsi que le pharaon céda aux insinuations du mal et entreprit de faire exterminer les garçons nouveau-nés des hébreux. De cette façon, pensait le pharaon, les mâles du peuple hébreu disparaîtraient dans un proche avenir. Les filles deviendraient les femmes et les esclaves des égyptiens. Leur assimilation se ferait naturellement et bientôt elles aussi sacrifieraient aux idoles. Tout le travail du Christ et de ses Esprits se trouverait ainsi anéanti par l'extermination du peuple destiné à devenir l'agent propagateur et le représentant de la vraie foi.
Mais une fois de plus, il arriva ce qui se produit si souvent dans la nature, et dans la vie des hommes, les mêmes forces qui cherchaient à faire le mal, favorisèrent la cause du bien. Quand un peuple est poussé au désespoir par un souverain qui extermine ses enfants, il quitte le pays de ses tourments, s'il le peut et dès qu'il le peut. Pour d'autres raisons encore, il était temps que le peuple des hébreux quitte le pays des pharaons. Il résidait en Egypte depuis plus de quatre cents ans et il s'était peu à peu familiarisé avec le culte des idoles. Aussi certains Israélites s'adonnaient-ils déjà à ce culte. Seul un exode massif des hébreux du pays d'Egypte permettrait de les éloigner du grand danger de perdre leur foi.
Le moment opportun de quitter le pays était arrivé. La mise à mort systématique des enfants rendait le séjour de plus en plus intolérable. Or, pour faire sortir du pays un peuple aussi nombreux et si rétif, il fallait un guide humain de grande valeur. Le Christ choisit un des Esprits célestes parmi les plus hauts placés et le fit naître homme. C'était Moïse. Moïse était le fils de parents hébreux et fut sauvé de la mort par la fille de pharaon. Elle le fit instruire et il apprit toutes les sciences de l'époque. De cette manière, en tant qu'homme, il possédait tout le savoir dont le guide d'un grand peuple a besoin.
Lorsqu'il fut devenu un homme mûr, le Christ se révéla à lui dans le buisson ardent[43]. Il en fit le guide du peuple de Dieu et lui confia deux missions. La première était de se présenter aux hébreux asservis comme un envoyé de Dieu, pour les faire sortir d'Egypte. La seconde était de persuader le pharaon de laisser partir le peuple d'Israël. Le Christ dota Moïse de capacités surhumaines pour le préparer à ces deux missions. Mais les mauvais Esprits, conscients de voir leurs projets contrariés, se présentèrent en grand nombre sur le champ de bataille et firent des magiciens égyptiens leurs instruments.
Alors s'engagea un des plus grands combats jamais livré entres Esprits sur la terre. D'un coté se tenait le Christ avec sa troupe de bons Esprits et Moïse, son instrument visible. De l'autre coté était rangé l'enfer avec les magiciens comme complices. Moïse, avec l'aide des Esprits de Dieu que le Christ lui avait envoyés, mais qui restaient invisibles, opéra les plus grands prodiges jamais réalisés jusqu'à l'avènement du Christ sur terre. Par ce moyen, il voulait convaincre aussi bien les hébreux que le pharaon de sa mission divine. C'est par les événements miraculeux qu'il observerait que le peuple reconnaîtrait en Moïse l'envoyé de Dieu et qu'il accepterait de le prendre pour guide. Quant au pharaon, il comprendrait qu'il faudrait laisser partir les Israélites.
Les mauvais Esprits commencèrent par faire des prodiges semblables à ceux de Moïse par l'intermédiaire de leurs magiciens, afin que le peuple et le pharaon doutent de Moïse. Bientôt les puissances mauvaises cessèrent leur intervention et les magiciens eux-mêmes durent admettre que le doigt de Dieu s'était manifesté.
Jamais de si importantes matérialisations d'Esprits ne s'étaient produites que pendant ce combat. Un bon esprit dissout le bâton d'Aaron et le changea en serpent. Les mauvais Esprits en firent autant pour les magiciens d'Egypte. Afin d'assister Moïse, des troupes entières d'Esprits se matérialisèrent sous la forme de grenouilles. Mais les magiciens firent la même chose avec l'aide des Esprits imparfaits. En faveur de Moïse, l'eau fut changée en sang par les Esprits de Dieu. Les magiciens d'Egypte entreprirent la même chose avec l'appui des puissances infernales. Dieu permit aux puissances du mal d'exercer leur pouvoir à l'extrême afin de manifester sa toute puissance et surtout pour affermir la foi des Israélites. L'enjeu de ce combat était la survie des hébreux en tant que peuple de Dieu. Israël était le premier né de la foi en Dieu. S'il devait succomber et céder le pas au mal, il se passerait beaucoup de temps avant qu'un autre peuple de l'humanité puisse progresser au point de devenir le représentant et le porteur de la vraie foi en Dieu.
Le Christ, le premier-né de Dieu, se battait contre le premier-né de l'enfer pour défendre le premier porteur terrestre de la foi en Dieu nécessaire au plan de Rédemption. L'ange vengeur de Dieu frappa les premiers-nés parmi les Egyptiens. Cette plaie emporta la décision. Le pharaon et son peuple prirent peur. Il y eut une clameur dans tout le pays et le pharaon laissa partir les hébreux. Le Christ allait devant Israël dans la colonne de nuée, et dans la colonne de nuée il parlait à Moïse. Il protégea le peuple de Dieu contre les Egyptiens qui le poursuivaient. Les bons Esprits refoulèrent la mer, ils la partagèrent et la mirent à sec. Les eaux dressaient une muraille. Les enfants d'Israël eurent confiance en Celui qui parlait dans la nuée, ils pénétrèrent dans la mer sans crainte et la traversèrent à pied sec. Ce fut pour le peuple le premier baptême du Christ dans une confiance fidèle en l'ange du Seigneur. Cet ange était le Christ. Dieu et le Christ conduisirent le peuple d'Israël à travers le désert. Le monde des Esprits fit jaillir l'eau du rocher pour lui donner à boire et prépara la manne pour lui donner à manger. Paul écrit très justement : Je ne veux pas que vous ignorez, frères, que nos pères ont tous été (protégés) sous la nuée, que tous ont passé à travers la mer, que tous ont mangé le même aliment spirituel et ont bu le même breuvage spirituel. Ils buvaient en effet au rocher spirituel qui les accompagnait, et ce rocher c'était le Christ (Corinthiens 10 : 1 - 4).
Dieu, ainsi que le Christ et les bons Esprits donnèrent les instructions utiles au peuple, et Dieu lui-même promulgua sa loi sur la montagne du Sinaï. Le séjour dans le désert s'avérait nécessaire pour éprouver le peuple. Il fallait que sa foi et sa confiance soient reconnues comme étant assez solides pour résister aux dangers qui le menaceraient de la part des habitants idolâtres du pays, dont il devait prendre possession plus tard. Il fallait que la foi de ce peuple devienne indestructible, sans quoi tout le travail antérieur aurait été vain et illusoire.
Un autre péril qui menaçait la fidélité à Dieu devait à son tour être écarté. Il s'agissait de la course aux richesses de ce monde et de l'attachement immodéré au bien être matériel qui jettent toujours les hommes dans les bras du mal. Le Christ prit toutes les mesures pour enrayer ou réduire ces dangers. Dans ce but, il soumit son peuple élu à un traitement radical. Il introduisit une loi d'après laquelle les israélites, c'est ainsi que les hébreux furent appelés par la suite, devaient se séparer de la dixième partie de ce qu'ils possédaient. De plus, il fallait qu'ils présentent en offrande des produits de l’élevage et de l’agriculture. Tout devait être pur et sans défaut. Durant les moissons, ils n'avaient pas le droit de tout moissonner. Ils ne devaient pas glaner et ramasser les épis restés sur le sol après la moisson. Ce qui restait représentait la part du pauvre et de l'étranger. Chaque septième année était un sabbat et ils ne devaient pas cultiver les champs. Tous les cinquante ans, chacun devait restituer sa propriété. De plus, la loi interdisait de percevoir des intérêts, rendant ainsi l'usure impossible. L'observation de ces instructions diminuait l'attachement aux biens de ce monde et le risque de manquer de foi par amour du gain.
Un plus grand danger encore menaçait la foi en Dieu. C'était le culte idolâtre pratiqué par les nations qui peuplaient la terre promise. Ce culte, comme toute idolâtrie en général, était manifestement, visiblement et perceptiblement lié à la communication avec le monde des mauvais Esprits. Pour l'être humain, le monde des Esprits paraît une chose mystérieuse. Or, on sait que tout ce qui est surnaturel exerce un attrait irrésistible et un réel pouvoir sur chacun. Vous portez un vif intérêt aux histoires de revenants. Dans les lieux où se déroulent des faits insolites qui se rapportent aux fantômes, il y a affluence, que ces faits soient réels ou inventés. Pour la même raison, les israélites d'antan se sentaient déjà attirés par la cabale de l'idolâtrie des égyptiens. L'apôtre Paul écrit aux Corinthiens à ce propos : Vous savez bien que quand vous étiez dans le paganisme, vous étiez entraînés irrésistiblement vers les idoles muettes (ou mortes) (Corinthiens 12 : 2).
Un peu de réflexion vous fera aisément comprendre que cette fascination ne pouvait pas provenir de la contemplation passive des idoles. La pierre et le bois sans vie n'attiraient pas plus les hommes d'alors que ceux d'aujourd'hui. L'attrait de l'idolâtrie venait d'une communication réelle avec les Esprits inférieurs. Ce qui plaisait aux hommes, c'est qu'à travers les idoles et les médiums humains, les Esprits parlaient et accomplissaient des prodiges. Tant de choses secrètes et cachées étaient révélées à ceux qui les fréquentaient. On consultait les idoles au sujet de problèmes matériels et elles répondaient. Tout homme est désireux de connaître son avenir. Elles renseignaient les curieux avides de savoir et prêts à croire ce qu'on leur racontait. Ne leur communiquait-on pas tant de choses qui flattaient leurs passions humaines ? Le vice devenait vertu et la vertu se transformait en vice. Quiconque se laissait aller à ce genre de communication en devenait l'esclave.
Le Christ prit deux mesures pour protéger contre l'idolâtrie ceux dont il avait la garde en tant que guide du peuple de Dieu. Tout d'abord il remplaça la communication interdite avec les mauvais Esprits par la communication avec les bons Esprits. Il donna aux israélites la tente de réunion, ou de révélation. Il donna également le pectoral, ou oracle, ainsi que les bons médiums que vous connaissez sous le nom de "prophètes". Je t'ai déjà fourni tous les renseignements à ce sujet. La deuxième mesure était le commandement du Seigneur d'anéantir certaines peuplades établies dans le pays que les israélites devaient occuper. Il y en avait dix. Elles étaient si irrémédiablement gagnées à l'idolâtrie et à ses vices que leur conversion à la vraie foi était malheureusement exclue. Par ailleurs, elles auraient probablement amené les israélites établis chez elles à se séparer également de Dieu.
Beaucoup d'entre vous accusent le Dieu de l'Ancien Testament de cruauté, pour avoir ordonné l'extermination de ces peuplades. Ceux qui portent une telle accusation pensent que les rédacteurs de l'Ancien Testament n'étaient pas encore capables de comprendre le concept de Dieu prêché par le Christ, sans quoi ils n'auraient pas écrit qu’une pareille cruauté avait été ordonnée par Dieu. Sur ce point, vous vous trompez. Le même Christ qui a prêché le concept de Dieu du Nouveau Testament avait également ordonné l'extermination des peuplades idolâtres. Dans les deux cas, le Christ fait figure de sauveur. En faisant disparaître les peuples idolâtres, il les empêcha de tomber encore plus bas dans le vice et l’incrédulité. Il leur procura au contraire l’occasion de remonter des profondeurs en se rachetant par une nouvelle existence. La même raison avait provoqué la destruction de l’humanité par le déluge et de Sodome et Gomorrhe par le feu.
Il s’agissait aussi de préserver la foi en Dieu du peuple élu[44]. Vous avez coutume de fusiller ceux qui, pendant une guerre, incitent vos soldats à déserter. Vous trouvez naturelle une pareille condamnation, et Dieu ne devrait pas avoir le droit d'ordonner la mort de ceux qui incitent à déserter et qui cherchent à faire passer du coté des troupes infernales le peuple qu’il a choisit comme porteur de la foi ? Le Christ allait-il permettre que ses préparatifs de la Rédemption soient anéantis par des peuples ennemis de Dieu et instruments de Lucifer ? Car le peuple de Dieu devait servir à préparer et hâter l’heure de la rédemption. Vous, les hommes, vous vous montrez bien sensibles lorsque la justice et la sagesse de Dieu détruisent des gens étroitement liés et radicalement inféodés à Satan. Des gens qui rendent malheureux des millions d’autres personnes en les écartant du chemin du salut qu’ils pourraient retrouver comme Esprits. En outre, celui qui agit ainsi est Dieu, le maître de la vie et de la mort, dont la longanimité a eu trop longtemps pitié des nations qui faisaient pour leurs dieux les abominations que déteste le Seigneur. Ils allaient même jusqu’à consumer par le feu leurs enfants en l’honneur de leurs dieux[45].
Par contre, il avait été enjoint aux israélites de traiter d’autres nations plus humainement : Lorsque tu t'approcheras d'une ville pour la combattre, tu lui proposeras la paix (Deutéronome 20 : 10). Les israélites ne devaient même pas endommager un arbre fruitier de la ville qu’ils assiégeaient. Ils devaient construire leurs machines de siège uniquement avec le bois d’arbres ne portant pas de fruits comestibles.
Moïse eut un avant goût désagréable du danger que pouvait représenter l’idolâtrie pour son peuple lors de l’épisode du veau d’or. Ce premier sentiment se confirma peu après, à l’approche du territoire des Moabites : Israël s'établit à Shittim. Le peuple se livra à la prostitution avec les filles de Moab. Elles l'invitèrent aux sacrifices de leurs dieux ; le peuple mangea et se prosterna devant leurs dieux (Nombres 25 : 1 – 2). La débauche ici mentionnée faisait partie du culte idolâtre. Par la bouche de leurs médiums, les démons exigeaient que les participants s’y livrent pour mieux plaire aux dieux. Cette pratique faisait partie du culte et était connue dans toutes les nations païennes. Cette arme et ces vices serviraient plus tard aux Esprits mauvais pour faire un tort considérable au peuple de Dieu, et ainsi entraver les préparatifs de la Rédemption. Des générations entières du peuple élu devaient par la suite se détacher de la vraie foi. Afin de les ramener à lui, Dieu fut obligé de les frapper durement.
Le Christ leur envoya également des prophètes pour les convertir au bien. Les prophètes étaient des médiums au service des bons Esprits. Il ne leur fut pas facile de livrer combat aux médiums du démon, les prophètes de Baal. Des Esprits célestes étaient incorporés dans les prophètes de Dieu. Cette condition d’homme les exposait aux attaques des puissances du mal, au même titre que les autres hommes. Grâce à l'intervention des prophètes, la foi en Dieu et l’espoir de la venue du Rédempteur ne disparurent pas du cœur des générations suivantes.
Enfin arriva le moment où une grande partie de l’humanité était mûre pour le salut, tout du moins elle le désirait. Le genre humain était prêt à accepter l’œuvre rédemptrice du Christ et à traverser le pont que le Christ devait jeter sur l’abîme qui séparait le royaume de l’enfer de celui de Dieu. D’innombrables Esprits humains s’apprêtaient à franchir ce pont. La plénitude des temps était arrivée, celle prévue par Dieu dans son plan pour la venue du Rédempteur.
Peu avant que le Christ lui-même se fasse chair, il envoya un héraut chargé de préparer la voie et d’annoncer la nouvelle. A nouveau ce fut un esprit céleste : Elie, le même esprit qui jadis, au temps où l’idolâtrie infestait le monde entier, fut envoyé sur la terre par le Christ. Elie avait combattu avec succès les instruments de Satan. A la fin de sa mission, il fut élevé au Ciel sans passer par la mort terrestre. Et maintenant il allait à nouveau s’incarner comme précurseur du Christ. Il naquit fils de Zacharie et reçut le nom de « Jean ».
Même avant la naissance de Jean, l’incarnation de l’oint de Dieu fut annoncée. L’archange Gabriel, qui avait informé Zacharie de la naissance de Jean comme précurseur du Christ, fut également chargé d’annoncer l’incarnation du Rédempteur. L’archange Gabriel fut envoyé chez la vierge Marie, dans une ville appelée Nazareth, pour lui dire qu’elle avait été choisie par le Seigneur Dieu pour devenir la mère du Rédempteur. »

La naissance humaine du Christ
« Dans la création de Dieu, l’engendrement et la naissance se produisent selon des lois immuables. L’union de la semence masculine et féminine est nécessairement requise pour engendrer. Cette loi ne souffre d’aucune exception. Il faut donc dire que la procréation ne se produit que lorsque le sperme mâle féconde la cellule femelle. Il est donc impossible à un esprit séparé d’un corps, qu’il soit un esprit céleste ou infernal, d’engendrer un être humain sans l’aide d’un corps humain pourvu de sperme.
Le récit biblique de la conception du Christ est interprété par vous comme si un esprit céleste, sans l’aide d’un corps masculin et de sperme, avait créé dans le sein d’une vierge humaine, le germe vital de l’enfant à naître. Voici une interprétation erronée qui fournit à d’innombrables hommes, croyants et incroyants, le prétexte légitime de nier une telle incarnation du fils de Dieu ou du moins de la mettre en doute.
C’est ici que se croisent le miraculeux, pourtant conforme aux lois naturelles, et le déraisonnable inventé par des hommes. Je vais t’expliquer la vérité au sujet de cette question. Je sais que tu la comprendras.
Si l’esprit d’un médium à transe profonde quitte son corps et si un esprit étranger prend possession de ce même corps, alors l’esprit étranger peut utiliser les organes du médium de la même façon que le propre esprit du médium. Par conséquent, un esprit étranger présent dans le corps d’un médium masculin est capable de procréer avec une personne de sexe féminin, que cet esprit soit bon ou mauvais. Lors de mes explications sur le culte idolâtre des temps antédiluviens, n’ai-je pas attiré ton attention sur le commerce sexuel entretenu par les mauvais Esprits avec les filles humaines par l’intermédiaire de médium humain ? Ne t’ai-je pas dit qu’ils ont engendré des enfants de cette façon, comme le témoigne la Bible ? Ce que les mauvais Esprits sont capables d’accomplir par les médiums humains, les bons Esprits ne seraient-ils pas en mesure de le faire également ? Si les « Fils de Dieu » séparés de Dieu pouvaient faire naître des enfants par des médiums humains pour la perte de l’humanité, les « Fils de Dieu » restés fidèles pouvaient aussi le faire pour le salut de la même humanité.
A présent tu comprendras comment le Christ fut conçu et enfanté humainement, sans d’autres explications. Le médium humain était Joseph, à qui Marie était fiancée. Les Esprits de Dieu avaient déjà souvent entretenu Marie de la Rédemption à venir par la bouche de Joseph qui leur servait de médium. De telles manifestations étaient donc familières à Marie, d’autant plus que le peuple juif dans son ensemble connaissait tout ce qui touchait aux communications avec les Esprits. Tu t’en rendras compte par le récit biblique de l’apparition de l’ange à Zacharie. En sortant du sanctuaire, Zacharie ne pouvait pas parler au peuple qui comprit qu’il avait rencontré un messager de Dieu dans le sanctuaire[46]. Les gens de cette époque étaient coutumiers du fait.
Marie ne fut donc pas interloquée lorsqu’un jour, un esprit entré dans Joseph qui lui servait de médium, se manifesta et lui apporta un message. Elle ne fut troublée qu’à cause de la salutation [47]. L’esprit l’appelait une femme comblée de grâce. Par-là, il lui signifiait qu’elle allait concevoir et enfanter. Marie répondit à l’esprit qu’elle ne comprenait pas qu’il puisse en être ainsi puisqu’elle ne connaissait pas d’homme et que par conséquent elle ne pouvait pas enfanter. Il lui fut répondu qu’un esprit saint viendrait sur elle et que l’ombre de la puissance d’un Très Haut la couvrirait. Pour cette raison, l’enfant à naître, qui est un esprit saint, serait déclaré Fils de Dieu. L’esprit lui expliqua aussi comment cela se déroulerait, ce que votre Bible ne relate pas. Il lui dit que, dès qu’il aurait quitté le corps du médium, un très haut esprit du Ciel entrerait à son tour dans le médium et que par lui, elle deviendrait mère selon les lois universelles de la création. Marie lui signifia son accord. Dès que Gabriel eut quitté le médium, avant que Joseph se réveille de son sommeil médiumnique, le Christ lui-même entra dans son corps et Marie devint mère par lui, d’après la même loi naturelle qui fait entrer toutes les mères humaines en état de grossesse. Quelques instants avant la naissance de l’enfant, l’esprit du Christ entra dans le corps de l’enfant, au même moment où chez toutes les mères, l’incarnation s’accomplit lorsqu'un esprit prend possession de l’organisme de l’enfant.
Cette conception du Christ était connue des premiers chrétiens. Elle leur fut communiquée comme je te le communique à présent. Ils savaient donc que le corps humain du Christ fut conçu par le Christ lui-même en tant qu’esprit qui s’était servi de Joseph comme médium. L’esprit saint, qui selon les paroles de Gabriel devait venir sur elle, était le Christ lui-même. Car il voulait accomplir par lui-même tout ce qui lui semblait nécessaire pour parachever la Rédemption.
Dès le début, il avait entrepris les laborieux préparatifs de la Rédemption de l’humanité. Il avait choisi le peuple de Dieu comme porteur de la foi en Dieu. Il avait guidé ce peuple, instruit, exhorté et même puni. Il avait envoyé des hauts Esprits du Ciel comme prophètes. Son dernier travail préparatoire fut la conception de l’enveloppe physique qui allait grandir pendant les quelques mois nécessaire dans le sein maternel. Le Christ allait ensuite y entrer pour que, par une naissance humaine, il puisse vivre comme homme parmi les hommes.
Lorsque Joseph sorti de sa transe, Marie lui fit part de ce qui s’était passé. Joseph dû alors traverser une pénible épreuve. Devait-il croire ce que sa fiancée lui racontait ? Il lui fallut livrer un rude combat intérieur. Joseph était un homme comme les autres. Satan lança contre lui ses attaques. Les puissances infernales cherchaient à le troubler et à semer le doute dans son esprit afin qu'il répudie sa fiancée. Selon la loi juive, une vierge fiancée infidèle devait mourir par lapidation. Satan lui suggérait continuellement que Marie avait eu des relations avec un autre homme et qu'elle usait d'un subterfuge en prétendant qu'un esprit de Dieu s'était servi de Joseph en état de médium pour qu'elle devienne enceinte. Les puissances du mal lui inspiraient sans relâche des sentiments de méfiance, de jalousie, d'amertume, de déception et de frustration. Il supportait difficilement une si lourde épreuve qui l'obsédait constamment. Il était tenté de répudier sa fiancée secrètement. Secrètement, parce que Joseph était un homme juste qui ne voulait pas diffamer et exposer Marie sans preuve de culpabilité. D'autre part, le doute qui le tenaillait l'empêchait de la prendre pour épouse. Marie lui dit simplement que Dieu lui ferait sûrement connaître la vérité d'une manière ou d'une autre. Elle aussi souffrait de l'état d'esprit de son fiancé qui doutait d'elle. Et voici que cette nuit là, un messager de Dieu apparut à Joseph qui était doué de clairvoyance, et lui expliqua ce qui s'était passé. C'est ainsi qu'il fut mis fin à cette lutte intérieure.
Je sais que cette vérité vous semble trop humaine parce que trop conforme aux lois naturelles. Elle ne vous paraît pas assez merveilleuse, pas assez mystérieuse. La procréation humaine passe aux yeux de beaucoup de gens pour une chose basse et vulgaire. On ferait presque un reproche à Dieu d'avoir introduit dans sa création un acte aussi vil. Dieu n'est pas assez chaste pour vous ! Misérables humains qui jugez avec tant de mépris les magnifiques lois issues de la toute puissance sagesse de Dieu, qui se manifeste de manière éclatante lors de la conception. Ces lois qui rendent possible l'enfantement et le devenir d'un enfant. Le Christ, l'esprit le plus haut, le plus sublime, le plus éminent parmi les Esprits, n'a pas trouvé indigne, lui, de former son enveloppe physique en conformité avec les lois immuables de la procréation, afin de pouvoir habiter, souffrir et mourir parmi vous. Vous ne trouvez peut-être pas la conception humaine du Christ suffisamment admirable et merveilleuse ! Pourtant lui, le Christ, trouve merveilleux tout ce qui s'accomplit selon les lois sacrées de son Père céleste, dont L'Ecclésiaste dit : J'ai appris que tout ce que Dieu fait, cela sera toujours. A cela il n'y a rien à ajouter, de cela il n'y a rien à retrancher et Dieu fait en sorte qu'on le craigne. Ce qui est fut déjà. Ce qui sera est déjà et Dieu recherche ce qui a disparu (Qohélet 3 : 14 - 15).
Vous ne possédez pas cette crainte de Dieu. Vous affabulez et vous expliquez l'incarnation à votre façon. Votre version d'un enfantement que vous prétendez miraculeux est pleine de contradictions et sert de prétexte aux incroyants, qui, avec raison, tournent en dérision cette première étape de l'incarnation.
Si l'incarnation du Christ ne s'était pas produite conformément aux lois de la conception humaine, Paul n'aurait pas pu dire que Le Christ est devenu semblable à vous en toutes choses[48]. Si le Christ n'était pas issu d'une semence humaine, il aurait été par essence différent de vous autres. Or Paul a raison. Le Christ est devenu semblable à vous en toute chose, notamment en ce qui concerne la formation de son enveloppe physique à partir d'une semence humaine. »

La mère de Jésus
« A présent, j'en arrive à accéder à ta demande en abordant quelques dogmes de l'Eglise catholique dont on peut parler ici. Vu que tu as été prêtre de cette Eglise, il est naturel qu'il te tient à cœur d'apprendre ce qui dans ses enseignements correspond à la vérité et ce qui est erroné.
L'Eglise catholique enseigne que la mère de Jésus a été conçue sans la tache du « péché originel ». Ceci est exact, mais non pour la raison invoquée par ton Eglise. En Marie était également incorporé un esprit céleste. C'était d'ailleurs le cas de beaucoup d'hommes et de femmes de cette époque-là qui devaient remplir une mission importante de la part de Dieu. Je peux citer comme exemples connus Hénok, Abraham, Moïse, et d'autres que j'ai déjà nommés. Il en était de même pour ce qui est de Jean, le précurseur du Christ dans lequel Elie était revenu sur terre. En Marie était donc incorporé non pas un esprit renégat, mais un des Esprits restés fidèles à Dieu. Elle n'avait pas commis le péché de désertion, le péché originel, qui pèse sur tous les humains. Elle était donc sans la tache du péché originel.
Mais la doctrine de l'Eglise catholique qui enseigne que Marie, en tant qu'être humain, ne pouvait pas commettre le moindre péché est fausse. Aucun être humain ne peut être exempt de ce que vous appelez le péché. Ce type de péché n'a rien de commun avec le péché dont le Christ devait racheter et délivrer le monde, à savoir le péché d'abandon, de séparation, de défection vis à vis de Dieu. C'est cela le véritable péché. Toutes les autres fautes se résument en défaillances humaines dont Marie n'était pas exempte. Malgré tout, elle resta fidèle à son Dieu, tout comme Moïse, ce haut esprit du Ciel qui était resté fidèle à Dieu malgré ses défaillances humaines. En conséquence de ses fautes, Moïse ne fut d'ailleurs pas autorisé par Dieu à entrer dans la terre promise au seuil de laquelle il mourut.
L'Eglise catholique commet également une erreur quand elle prétend que Marie était restée vierge après la conception et l'enfantement de Jésus. Marie n'était pas plus restée vierge que toute autre vierge ne le demeure après la conception et l'enfantement. Marie était vierge avant de concevoir. Il ne fallait pas que le rédempteur naisse d'une mère ayant déjà enfanté et conçu. C'est le sens de la parole de Mathieu quand il dit : Voici que la vierge sera enceinte et enfantera un fils (Matthieu 1 : 23). »

Les frères et sœurs de Jésus
« L'Eglise catholique se trompe aussi quand elle prétend qu'après la naissance de Jésus, Marie n'eut plus d'enfants. Pour quelle raison aurait-elle dû, après la naissance de son premier enfant, renoncer à ses droits maternels ? Pour quelle raison Joseph aurait-il dû renoncer à ses droits paternels et conjugaux ? Les frères et les sœurs nés après Jésus ne diminuent en rien la personnalité du Christ, ni sa vie, ni sa doctrine, ni son œuvre.
Le nouveau testament mentionne ça et là les frères et les sœurs de Jésus. Il s'agit effectivement de ses propres frères et sœurs, et non de proches parents, comme les catholiques s'efforcent de le prétendre. S'il s'était agi de proches parents du Christ, l'évangéliste aurait écrit « proches parents » et non « frères » et « sœurs ». Pensez-vous peut-être que la langue de cette époque ne comportait pas de mots pour désigner les proches parents ? On ne saurait prendre au sérieux une telle affirmation[49].
Dans le récit de Jésus au temple, quand il eut douze ans, il est dit que son père et sa mère se mirent à le rechercher parmi leurs « parents et connaissances[50]». Donc, dans ce chapitre, il est question de vrais proches parents, et l'évangéliste se sert bien du mot « parents ». Plus loin, le même évangéliste écrit : Sa mère et ses frères arrivèrent alors vers lui, et ils ne pouvaient pas s'approcher de lui à cause de la foule (Luc 8 : 19); il ne veut certainement pas dire que ces frères là, qui accompagnaient la mère, n'était que des proches parents. De plus, les gens qui annoncèrent à Jésus l'arrivée de sa famille lui dirent : Ta mère et tes frères se tiennent dehors et veulent te voir (Luc 8 : 20). Et Matthieu et Marc rapportent eux aussi que sa « mère » et ses « frères » vinrent le trouver. Les trois évangélistes se seraient-ils servi du mot « frères » quand il s'agissait de proches parents ou de cousins ? Si cela avait été le cas, n'auraient-ils pas pu et dû employer les mots « parents » ou « cousins » ? Il serait insensé de croire ces évangélistes aussi incompétents.
En outre, Matthieu, en parlant du séjour de Jésus dans sa propre ville, à Nazareth, dit : s'étant rendu dans sa propre patrie, il se mit à enseigner aux gens dans leurs synagogues, si bien qu'ils étaient saisis d'étonnement et disaient : D'où tient-il cette sagesse et ces miracles ? Celui-là n’est-il pas le fils du charpentier ? N'a-t-il pas pour mère la dénommée Marie, et pour frère Jacques, Joseph, Simon et Judas ? Et ses sœurs ne sont-elles pas toutes chez nous ? D'où lui vient donc tout cela ? (Matthieu 13 : 54 - 56). Est-ce que quelqu'un, en pleine possession de ses facultés intellectuelles, pourrait prétendre que dans cette énumération du père, de la mère, des frères et des sœurs de Jésus, il ne s'agit que de proches parents ? De même qu'il est question de la vraie mère de Jésus, il s'agit également des vrais frères et sœurs de Jésus. Et d'ailleurs, à quoi servirait ici l'énumération de parents ? Les habitants de Nazareth étaient interloqués à la vue du savoir et des miracles de Jésus. Les gens se demandaient tout naturellement : D'où tient-il tout cela ? Son père, le charpentier, est pourtant un homme simple et modeste. Ses frères et ses sœurs ne sortent pas du commun. Car nous côtoyons fréquemment ses frères et ils n'ont rien d'extraordinaire, qui puisse les distinguer de nous autres. Ses sœurs, qui résident toutes dans notre ville, ressemblent aux autres femmes de Nazareth. Comment se fait-il donc que Jésus, le seul parmi ses frères et sœurs, soit si extraordinairement doué ?
On ne peut pas soutenir que la désignation de « frères et sœurs » de Jésus veut dire « proches parents » ou « cousins ». Ce serait une bien sotte affirmation, à moins d'y être poussé par d'autres considérations. Voilà ce qui arrive lorsqu'on veut cacher un mensonge par un autre mensonge. L'Eglise catholique soutient la doctrine illogique que Marie est restée vierge malgré la naissance de Jésus. Il fallait donc que Marie n'eût pas d'autres enfants. Or la Bible mentionne fréquemment l'existence de frères et sœurs de Jésus, ce qui contredit la doctrine de la virginité perpétuelle de Marie. Il était donc nécessaire de transformer les frères et sœurs de Jésus en « proches parents ». Sans cela, aussi bien le dogme de la virginité de Marie, avant, pendant et après l'enfantement, que le dogme de l'infaillibilité papale seraient menacés. »

L’enfance de Jésus
« La naissance de Jésus se passa chez Marie de la même manière que toute autre naissance humaine. Le nouveau-né fut allaité, soigné et plus tard sevré comme tout autre enfant.
L'annonce de l'ange aux bergers leur disant qu'un sauveur était né, le Messie des hommes, la présentation au temple, la venue des mages d'Orient, se produisirent comme le relate le Nouveau Testament. En fait, les mages étaient des instruments de Dieu doués de facultés médiumniques considérables. Dans leur pays, ils étaient des apôtres de la vraie foi. Ils avaient été initiés à plus d'une vérité à propos du salut par leurs relations avec le monde des bons Esprits. Les mêmes Esprits qui annoncèrent aux bergers la naissance du Sauveur informèrent également les mages de l'heureux événement. Déjà auparavant, des messagers de Dieu leur avaient annoncé que cela se produirait dans un proche avenir. Plus tard, ils furent invités par les mêmes messagers à se mettre en route pour aller retrouver l'enfant dans lequel le Fils de Dieu s'était incarné. Le lieu même ne leur fut pas précisé, mais seulement qu'une lueur brillante se présenterait devant eux pour leur indiquer le chemin. Tout le monde, et pas seulement les mages, vit cette lumière qui ressemblait à une étoile scintillante et qui avançait devant eux. Cette étoile les guidait tout comme autrefois la colonne de nuée guidait Moïse et le peuple d'Israël.
Ils arrivèrent d'abord à Jérusalem, chez Hérode. Dieu l'avait ordonné ainsi. En effet, le monarque en place devait apprendre la naissance du roi de l'univers afin que le destin des enfants de Bethléem prédit par les prophètes se réalise. Ici encore, c'est l'intervention des puissances ennemies du Christ qui, en insinuant au monarque terrestre que son trône était en péril, le persuadèrent du même coup de faire tuer tous les enfants de Bethléem. Le but était d'éliminer celui qui venait de naître et qui était le Maître de la Vérité.
L'arrivée des mages à Bethléem se produisit après la présentation de Jésus au temple. Les parents de l'enfant étaient allés avec l'enfant à Jérusalem, puis étaient revenus à Bethléem. Ils avaient l'intention d'y résider quelques temps avant de retourner à Nazareth. C'est pendant leur séjour à Bethléem que les mages firent leur apparition. Après le départ des mages vers leurs pays, les parents de l'enfant se préparèrent également à quitter Bethléem. C'est à ce moment que Joseph fut averti par un messager de Dieu de prendre l'enfant et la mère pour fuir avec eux en Egypte. En effet, Hérode, qui dès la première annonce de la naissance du nouveau roi des juifs avait décidé de le faire disparaître, s'apprêtait à mettre son dessein à exécution.
Après que l'enfant Jésus soit sorti de son bas âge, son enfance se déroula comme celle des autres enfants. Il se comportait comme tous les enfants, il grandissait, apprenait à marcher, à parler, jouait et montrait les mêmes défauts que les autres. Puis il entra dans l'âge de raison. Comme le plus haut des Esprits créés était incorporé en lui, il se montrait très doué d'un point de vue humain. Il fallait pourtant qu'il commence son apprentissage comme tout autre homme, même le plus doué. Quand il était enfant, il apprit à connaître l'existence de Dieu, comme toi-même tu l'as apprise, d'abord par ses parents et ses maîtres. Il entendait parler de Dieu à la synagogue de sa région, il en discutait avec ses maîtres et ses parents lui expliquaient ce qu'il n'avait pas compris. »

Les faiblesses humaines de Jésus
« Le garçon fut tenté de mal agir, comme les autres enfants des hommes, mais jamais au delà de ses jeunes forces. Il triompha de la tentation au péché selon la connaissance qu'il pouvait en avoir à son âge. Mais lui aussi trébuchait parfois et se laissait aller à des faiblesses humaines, tout comme l'enfant le plus sage. Chaque fois qu'il triomphait d'une tentation du mal, Dieu lui prodiguait une force et une connaissance accrues. Au fur et à mesure que sa résistance intérieure se consolidait, les puissances du mal furent autorisées à redoubler leurs attaques contre lui. Il en est ainsi pour tout le monde. L'enfant Jésus partageait le sort de tous et lui aussi subissait la loi valable pour chaque homme : toute nouvelle victoire sur le mal procure une plus grande résistance au péché, mais le mal est également autorisé à redoubler ses assauts, de sorte que la vie d'un homme craignant Dieu est une lutte continuelle contre l'enfer. La vie de l'homme sur la terre est un combat continuel.
Les multiples erreurs de la religion juive, qui était celle de ses parents, provoquèrent une déchirante lutte intérieure chez l'enfant Jésus. Ces erreurs étaient les dogmes établis au cours des siècles par l'Eglise juive, ainsi que les prétendues doctrines supplémentaires introduites par cette Eglise. Lorsqu'il fut en mesure de lire et de comprendre les écrits de l'Ancien Testament, il trouva inexactes les explications et les commentaires que les docteurs de la loi donnaient à maints passages de la Bible. Souvent il fut rappelé à l'ordre quand, avec sa franchise juvénile, il s'ouvrait de cette conviction à ses parents et à ses maîtres. C'est cette conviction opposée à la doctrine officielle, que le garçon âgé de douze ans exposait aux docteurs dans le temple de Jérusalem à leur grande stupéfaction. Jésus les écoutait, leur posait des questions et répondait lui-même à ces questions conformément à son intelligence.
Il était, de ce point de vue, un enfant prodige, comme vous le dites. Vous avez des enfants prodiges dans beaucoup de domaines. Ce garçon était un enfant prodige dans les connaissances des vérités sur le salut de l'humanité. Cependant, Jésus était devenu homme et semblable aux autres hommes. Il ne savait pas d'emblée qui il était et quelle était sa mission sur terre.
On découvrit chez ce jeune garçon, dès qu'il eut atteint l'âge de raison, la présence d'extraordinaires dons médiumniques. Il s'agissait des facultés de clairvoyance et de clairaudition qui, progressivement, atteignirent la plus haute perfection. Cette constitution médiumnique lui permettait de se mettre en communication avec le monde des Esprits, de voir les Esprits par clairvoyance et de les entendre par clairaudition. Il n'y avait rien de vraiment nouveau à cela, car avant lui, d'autres hommes avaient eu ces mêmes dons. Mais chez cet envoyé de Dieu, ces facultés se développèrent au point d'atteindre un degré inouï.
Grâce à ses contacts avec le monde des Esprits, le Christ fut mis au courant, durant sa vie terrestre, de ce qu'il devait savoir et de ce qui était nécessaire à l'accomplissement de sa tâche. En tant qu'homme, il n'en savait rien. Il ne conservait aucun souvenir de son existence antérieure, comme esprit sans pareil, le plus sublime des Esprits célestes. Comme tu le sais, l'incorporation d'un esprit dans un corps efface tout souvenir. Donc, ce que le Christ apprit sur lui-même durant sa vie terrestre lui fut nécessairement communiqué par les Esprits. De la même manière, Moïse avait appris beaucoup en consultant Dieu dans la tente de réunion, avant de communiquer ce savoir au peuple.
Le garçon devint un adolescent, puis un homme. Ses connaissances s'accrurent au fur et à mesure qu'il avançait en âge, surtout les connaissances qui lui étaient communiquées par les Esprits de Dieu. De la même façon il progressait en bien, ce que votre Bible exprime ainsi : Quant à Jésus, il croissait en sagesse, en taille et en ferveur auprès de Dieu et des hommes (Luc 2 : 52).
Ce progrès était bien réel et pas seulement une découverte progressive de lui-même, comme la religion que tu professais le prétend. En tant que mortel, le Christ n’était pas parfait au départ, car c'est là une chose impossible pour un esprit incarné dans un corps humain. En effet, toute matière est à la base remplie d'imperfections. Même un esprit qui entre pur et sans défauts dans le vêtement de la chair, doit, durant sa vie d'être humaine, s'élever peu à peu vers la perfection au milieu de l'influence dégradante du mal[51].
Chaque corps humain relié à un esprit incarné est sujet à des faiblesses. Tout esprit, même le plus parfait, devra lutter contre ces imperfections dont il ne sera jamais exempt en tant qu’homme. Tout cela fait partie de la nature humaine. Le Christ lui-même n’échappait pas à ces imperfections contre lesquelles il a été obligé de lutter jusqu’à son dernier souffle. Plus d’une fois il a succombé à ses faiblesses. A Gethsémani, ce grand triomphateur du mal devint la proie de l’angoisse et du découragement lorsqu’il priait et qu'il implorait son père d’écarter de lui la coupe de la souffrance, tout en ajoutant cette prière : « Cependant que ce ne soit pas ma volonté qui se fasse, mais la tienne ». Jésus savait qu’il souffrait selon la volonté du Père, et sa plainte mettait en avant son côté humain faible et imparfait qui tremblait et se révoltait contre une mort pénible et atroce. Un être parfait aurait plutôt déclaré : « Père, donne-moi toutes les souffrances qu’il te plaira de m’envoyer, je les accepte de bon cœur.» Il n’aurait pas dit : « Enlève-les ! » C’est encore la faiblesse humaine qui lui arracha cette plainte du haut de la croix : « Mon Dieu, mon Dieu, pourquoi m’as-tu abandonné ? » Un homme au sommet de la perfection n’aurait pas émis une telle plainte. Mais il n’existe pas d’homme si parfait. L’homme cesserait d’être homme et le corps d’être matière.
Paul a affirmé cette vérité dans son épître aux Hébreux. Bien sûr, il s’agit de paroles gênantes pour celui qui se persuade de la divinité du Christ et qui refuse d’admettre chez lui toute possibilité de pécher et de s’écarter de Dieu. Paul écrit : C'est lui (le Christ) qui, lors de sa vie terrestre, offrit prières et supplications avec grand cri et larmes à celui qui pouvait le sauver de la mort, et ayant été exaucé en raison de sa soumission, tout fils qu'il était, il apprit à obéir en souffrant, et parvenu à la perfection, il est devenu pour tous ceux qui lui obéissent cause de salut éternel, ayant été proclamé grand prêtre par Dieu à la manière de Melchisedek (Hébreux 5 : 7 – 10).
Ces paroles confirment dans le détail ce que je t’ai dit.
Lors de mon exposé sur le plan rédempteur de Dieu, j’ai attiré ton attention sur le fait que même le plus haut des Esprits créés s’exposait, en se faisant chair, au danger d’être vaincu par le mal et au risque d’abandonner Dieu. Ce danger menaçait justement le Christ qui en était pleinement conscient. Plus d’une fois il se trouvait sur le point de céder à Satan. Paul fait allusion à cette vérité dans l’épître citée lorsqu’il dit que le Christ s’était adressé à Dieu par des cris et des larmes en le suppliant de le sauver de la mort. Il est clair qu’il ne s’agissait pas de la mort physique, du fait que Paul dit expressément que Dieu exauça la prière du Christ. Dieu le sauva donc du genre de mort que le Christ craignait par-dessus tout. Dieu a-t-il préservé le Christ de la mort terrestre et des affres de l’agonie ? Certainement pas. Dieu lui a fait vider jusqu’à la lie le calice de la souffrance et de la mort terrestre. Il doit donc s’agir d’une autre mort de laquelle Dieu sauva le Christ à sa demande.
Tu sais bien que le mot « mort », presque partout dans la Bible, et tout particulièrement dans les épîtres de Paul, désigne la « mort spirituelle » ou l’apostasie. Le Christ prenait peur et craignait un tel abandon, déjà bien avant qu’il soupçonne sa crucifixion, tellement les persécutions de Satan le harcelaient. Votre Bible ne parle pas des luttes quotidiennes soutenues par le Christ contre les puissances infernales qui mettaient tout en œuvre pour le mater et le séparer de Dieu. Il suppliait, offrait à Dieu des larmes et criait au secours lors des terribles assauts livrés par Satan et ses suppôts. Il tremblait de peur à l’idée de finir par céder à l’enfer. Tout cela prouve bien que la possibilité d’une défection de sa part existait réellement, sinon comment expliquer cette angoisse, ces larmes et ces cris par lesquels il suppliait Dieu de ne pas l’abandonner. Satan, qui savait à qui il s’attaquait, n’aurait pas employé des moyens si considérables pour faire tomber son adversaire s’il n’avait pas entrevu une chance de succès. Ses assauts ne sont jamais dirigés contre Dieu en personne, mais contre Ses créatures. Si Lucifer, le deuxième des plus grands Esprits créés par Dieu avait abandonné son créateur, pourquoi le premier esprit, le plus sublime, ne ferait-il pas la même chose ? Surtout à un moment où sa faiblesse humaine le laissait sans défense face aux puissances de l’enfer. Satan n’entreprend rien s’il n’existe aucune chance de réussite.
Dans le passage cité, Paul fait également allusion aux faiblesses humaines du Christ lorsqu’il dit que, tout fils de Dieu qu’il était, le Christ apprit à obéir en souffrant. Donc Jésus aussi dut apprendre à obéir pendant qu’il était homme, et il ne suivait pas toujours ses inspirations intérieures et les incitations extérieures au bien. Cependant, le châtiment qu’il reçut pour le moindre manquement à l’obéissance lui apprit peu à peu à obéir. Cela continua jusqu’à ce que tout soit accompli par le plus grand acte d’obéissance, sa mort sur la croix.
C’est précisément ce qu’il y a de grand et de merveilleux chez le Christ. Tout Fils de Dieu qu’il était, il eut à combattre les mêmes imperfections et faiblesses qui sont le lot de tous les hommes. En dépit de ces difficultés, il tint tête au mal et triompha de l’enfer. Il dut subir les assauts les plus impétueux et il était exposé à la défaite. De crainte d’être vaincu, il adressait à Dieu des appels au secours. C’est pourquoi il sait ce que vous, pauvres hommes faibles et chancelants, devez ressentir et endurer : En effet, nous n'avons pas un grand prêtre qui soit incapable de compatir à nos faiblesses, lui qui a été éprouvé en tout, comme nous, à l'exception du péché (Hébreux 4 : 15). Le mot « péché » n’a rien à voir ici avec le fait de chanceler, de trébucher par faiblesse humaine. Aucun être humain, le Christ y compris, n’est à l’abri du péché pris dans ce sens. « Péché » signifie ici la séparation d’avec Dieu, l’apostasie. C’est cela le péché qui provoque la mort par suite de l’abandon de Dieu.
Jamais le Christ n’a abandonné Dieu. Jamais pendant sa vie humaine il se laissa séparer de Dieu. Jamais il n’a connu le péché qui cause la « mort ». Pour tout le reste il est devenu semblable à tous les hommes, sans excepter leurs faiblesses et leurs défaillances. Celui qui ne trébuche pas n’est jamais faible. »

Jésus prend connaissance de sa condition de fils de Dieu
« L’intervention publique de Jean le Baptiste qui prêchait la pénitence était destinée à être un moment décisif dans la vie du Christ. Jusqu’ici, il ignorait qu’il était le Messie promis. En rendant visite à Jean, celui-ci le présenta au peuple en l’appelant l’agneau de Dieu destiné à ôter le péché du monde. Dès lors, Jésus prit connaissance de sa propre identité. A ce moment même où il entendit la confirmation donnée par la voix de Dieu « Tu es mon Fils aimé, tu as toute ma faveur» (Marc 1 : 11).
C’est alors que fut arrivé le temps où le monde des Esprits de Dieu mit le Christ au courant de sa mission. Il lui fut annoncé qu’il était le plus haut des Esprits créés, le premier né de Dieu. Il lui fut communiqué que sa mission consistait à annoncer les vérités de Dieu, qu’il devait tenir bon face aux attaques de Satan. Satan, dans son combat contre lui, irait jusqu’à la dernière extrémité et le pousserait jusqu’à la crucifixion, ainsi qu’il avait été prédit par les prophètes.
Pourtant, ce n’est qu’après la mort de son corps terrestre sur la croix, et après la libération de son esprit que le Christ apprit en quoi consistait son ultime victoire sur Satan. L’enfer reconnu alors le Christ comme le Fils et l’envoyé de Dieu destiné à ramener l’humanité à Dieu et prêt à sacrifier sa vie pour faire triompher la vérité.
Avant cela, Satan ne réalisait pas la relation qu’il pouvait y avoir entre la mort du Christ sur la croix et une victoire sur l’enfer. S’il avait pu le prévoir, il se serait bien gardé de tenter le Christ et de causer sa mort. Il cherchait à entraver l’action de celui en qui il reconnaissait un apôtre destiné à propager et à défendre la vraie foi. Il n’était pas sûr de parvenir à séparer le Christ de Dieu. Il espérait cependant mettre fin à son ministère en le faisant condamner à une mort ignoble sur la croix. Il escomptait que la doctrine d’un supplicié mort dans la déchéance n’aurait pas de prise sur une humanité persuadée que le fils de Dieu, que Jésus prétendait être, aurait pu s’éviter une mort si infamante dans les mains de ses ennemis. Si Jésus se montrait incapable de se sauver, sa doctrine périrait avec lui. Voilà ce que Satan espérait. »

La tentation de Jésus dans le désert
« Le Christ, lui, savait à présent qui il était et ce que l'on attendait de lui. Mais avant de s'engager sur le chemin de sa destinée, il fallait qu'il soit au préalable mis à l'épreuve, à l'instar de tous les instruments de Dieu. Il devait démontrer qu'il possédait les qualités nécessaires à la réalisation de sa mission qui était si importante et si lourde de conséquences. C'est dans ce but que l’esprit le conduisit dans le désert[52].
Seul, dans une contrée sauvage, Jésus fut confronté aux redoutables assauts lancés contre lui par les cohortes de l'enfer. Aucun soutien ne se tenait à ses côtés. Aucune parole de consolation de sa mère, de ses frères, de ses sœurs ou de ses amis ne pouvait l’atteindre, alors qu’au même moment il était en proie à un conflit dans son âme, et qu’il aspirait à recevoir les marques de sympathie d’un cœur humain. Tout cela lui était refusé dans le désert. Là, environné de bêtes sauvages et d’Esprits malins venus de l’enfer et que, par clairvoyance, il voyait aller et venir sans cesse, Jésus entendait leurs promesses fallacieuses ainsi que leurs menaces. Ce « fils de l’homme » eut à subir les plus violentes tentations qu’un homme puisse supporter. Satan disposait d’auxiliaires spécialisés dans tous les domaines du mal. Il avait à son service les Esprits du découragement et du désespoir, et les Esprits du doute qui s’acharnaient à arracher à Jésus sa conviction qu’il était le fils de Dieu. Tous le harcelaient au sujet de sa mission et le poussaient à douter de lui-même. Les Esprits de haine l’incitaient à se révolter contre Dieu, en lui suggérant que Dieu l’avait abandonné à tant de misère au cœur d’un affreux désert. Les Esprits de l’insouciance faisaient miroiter à ses yeux le mirage du bien être matériel, de l’opulence, de la vie facile, si attrayante par rapport à l’austérité du désert. Ces démons se présentaient tous à lui sous la forme d’anges de lumière et se faisaient passer pour ses amis.
Ces spécialistes de la séduction s’étaient partagés les rôles. Les plus nombreux et les plus puissants étaient les Esprits du doute. Sans arrêt, ils lui inspiraient un sentiment d’horreur vis à vis d’un Dieu livrant son Fils premier-né à la faim, à la soif et à tant de souffrances morales dans la désolation infinie du désert. Ils le tourmentaient en lui faisant perdre ses certitudes au sujet des affirmations des bons Esprits, de Jean Baptiste, de la voix qui, au Jourdain, provenait des cieux et semblait être celle de Dieu. Toutes ces choses, se demandait Jésus, étaient-elles vraies ou n’étaient-elles que des mirages, des illusions trompeuses, voire des manifestations du mal. Et cette conviction intime d’être le fils de Dieu, n’était-elle pas un espoir vain et une chimère dont il était la victime ?
Le but était d’anéantir chez ce « fils de l’homme » la conviction qu’il était aussi « Fils de Dieu ». Y parvenir signifierait partie gagnée pour Satan, parce que celui qui doute de sa mission la laisse tomber.
Pendant quarante jours et quarante nuits, Jésus fut en butte aux tentations de l’enfer. Il restait une victime sans défense qui tremblait de tout ses membres, accablé de misères physiques et morales, tenaillé par la faim, épuisé par le manque de sommeil. Oui le Christ avait faim, il jeûnait non pas volontairement, mais parce qu’il ne trouvait rien à manger. Dans le désert, il n’y a que des pierres et du sable. Tous ces spécialistes de l’enfer s’efforçaient en vain de provoquer la chute de Jésus de Nazareth affaibli par la faim et la soif. Lui, s’adressait à son Père et le suppliait de l’aider pour l’empêcher de céder et de commettre le péché d’abandon, c’est à dire la mort spirituelle. Il priait pour obtenir la force de résister aux assauts du mal jusqu’à la victoire finale.
Lorsque, après quarante jours, toutes les puissances de l’enfer durent baisser pavillon devant leur victime torturée qui avait résisté à leur séduction et à leurs appels prometteurs, le tentateur suprême, le prince des ténèbres, se présenta en personne. Il était passé maître en beaucoup de choses, avant tout il était l’esprit des miracles de l’enfer. C’est donc comme thaumaturge qu’il se présenta devant Jésus affamé et lui dit : « Tu crois être le Fils de Dieu ? Si tu es vraiment le Fils de Dieu, pourquoi souffrir de la faim ? Tu n’as qu’à faire que ces pierres se changent en pain. Tu n’y arrives pas, pauvre égaré, alors tu devras mourir de faim en ce lieu à cause de cette folie. Tu es incapable de réaliser des miracles, tu n’en as jamais fait et tu n’en feras jamais. Et pourtant tu t’imagines être le Fils de Dieu ! Regarde-moi, moi aussi je suis un fils de Dieu, mais j’ai quitté ce Dieu qui, dans sa cruauté, te laisse périr dans ce désert. Moi, je sais produire des miracles. Je peux changer ces pierres en pain et te les donner à manger. Tu verras que j’en ai le pouvoir. Abandonne celui qui te laisse mourir de faim. Rends-moi hommage et les mets les plus succulents seront à ta disposition ».
« Arrière Satan, je ne veux ni de ton pain, ni de celui que je pourrais faire à partir de ces pierres. J’attends la parole qui sort de la bouche de Dieu. Cette parole viendra à l’heure voulue et me procurera de quoi manger, et je resterai en vie.»
Mais Satan ne se laisse pas éconduire aussi facilement.
« Bien ! » dit-il « Si tu ne veux pas faire de miracle en ma présence et si tu ne veux pas accepter le pain que je t’offre, alors il existe un autre moyen pour savoir si tu es réellement le Fils de Dieu. Je vais te prouver que tu ne l’es pas. Je voudrais te délivrer de cette illusion. Regarde, voici le pinacle du temple. Je vais t’y amener et tu te jetteras en bas. Il a été promis aux Fils de Dieu qu’ils seront portés par les mains des anges. Fais-le, tente cet essai ! Je ne t’aiderai pas, car mon but est te prouver que tu n’es pas un des Fils de Dieu. Je suis certain que tu t’écraseras dans ta chute. Mais fais-le, essaie ! Dieu ne peut pas te demander de croire aveuglément que tu es Fils de Dieu. Fais en la preuve, au moins une fois, et montre que tu sais réfléchir et juger. Si tu ne t’écrases pas dans ta chute, alors moi aussi je croirai en toi. Mais si tu meurs, tu pourras te réjouir d’être délivré par la mort de cette illusion à laquelle on t’a fait croire. Mieux vaut cela que de sacrifier toute ta vie à cette folie, pour être déçu à la fin et périr rejeté par les hommes. »
En rassemblant toutes ses forces, cette victime torturée depuis tant de semaines répondit ainsi à Satan : « Je ne tenterai pas mon Dieu et ce n’est pas de cette façon là que je prouverai que je suis Son Fils. Je laisse à mon Père le soin de démontrer que je suis son fils. Il produira cette preuve et tu t’en apercevras par toi-même. »
Devant ces paroles, Lucifer, le deuxième fils de Dieu, passé à la révolte et à l’apostasie, céda un moment devant son frère aîné qui restait fidèle à Dieu, ici comme autrefois. Ses pouvoirs de sorcellerie ne lui servaient à rien contre celui qui n’acceptait ni miracle de sa part, ni le fait qu’il pourrait produire des miracles par lui-même.
Satan n’abandonna pas tout espoir. Il lui restait un autre appât qui en maintes occasions lui avait valu des succès. Le monde lui appartenait, toute matière lui était soumise. Il pouvait donner librement les royaumes terrestres à qui il voulait. Il était le maître et pouvait choisir comme bénéficiaire aussi bien Nabuchodonosor, roi de Babylone, que Tibère, le romain ou même Jésus de Nazareth. Tous ceux à qui il avait offert de tels présents été devenus ses vassaux, et lui obéissaient au doigt et à l'œil. Voici que Jésus, le fils de l'homme, contemplait de ses yeux fiévreux les royaumes que lui montrait Satan. Tous ces royaumes du monde, opulents et glorieux. « Regarde, de tout cela je te ferai don », dit le tentateur. « Prends-le si tu le veux, choisis le royaume qui te plaît le plus, à condition toutefois que tu te prosternes devant moi et que tu me reconnaisses comme ton maître. Je suis, et je resterai, le maître de tout ce que je te montre. Toi, tu pourras être le second à gouverner ». Sur quoi Jésus répondit : « Va-t'en Satan ! Je ne reconnais qu'un seul maître, mon Seigneur et Dieu ».
Satan avait perdu. Il croyait qu'il sortirait vainqueur lorsqu'il avait entendu sa victime implorer le secours de son Père sous l'effet de l'angoisse. Cela se produisait quand ses auxiliaires entreprenaient de torturer la victime. Puis il était venu en personne, pensant venir à bout des dernières résistances d'un être affaibli par la faim. Il s'était trompé. Les armes spirituelles et les séductions humaines n'avaient pas eu de prise sur ce « fils de l'homme ».
Il restait néanmoins une arme à Satan, une arme qui fait trembler les hommes et les rend dociles, l'arme de la torture physique. Satan allait se servir des tortures les plus raffinées. Il avait à son service assez d'auxiliaires humains : des incultes et des instruits, des rois et des paysans, des autorités politiques et religieuses. Il finirait bien par réussir, il lui suffirait d’attendre le meilleur moment. C’est pourquoi la Bible vous dit : ayant épuisé toute tentative, le diable s'éloigna de lui jusqu'au moment favorable (Luc 4 : 13).
Les terribles assauts du mal contre Jésus dans le désert correspondaient bien à la description de Paul, lorsque Paul affirme que le Christ implorait avec des cris et des larmes celui qui pouvait le préserver de la tentation d’abandonner le royaume de Dieu, ce qui provoquerait à sa mort spirituelle.
Tu vois, Dieu ne galvaude pas ses dons précieux. Il ne les accorde qu'à ceux qui les ont mérités en passant par de rudes épreuves. Même Le Christ en tant qu’homme a dû mériter la force nécessaire à l'immense tâche qu'il était destiné à accomplir. Pour chaque victoire sur le mal, il reçut en récompense la force de Dieu. Le Ciel s'ouvrit et tous les Esprits de Dieu se pressèrent autour de lui : alors le diable le quitta, et voici que les anges s'approchèrent et ils le servirent (Matthieu 3 : 11). Ils lui prodiguèrent également la nourriture terrestre dont il avait été privé quarante jours durant. Maintenant que les pierres furent changées en pain par une intervention divine, Jésus accepta tout cela, plein de reconnaissance pour Dieu, alors qu'il avait refusé le pain que lui offrait Satan ».

La mission de Jésus
« Après avoir triomphé de cette première épreuve, Jésus s'en retourna en Galilée pour commencer son ministère et sa prédication. Il rassembla autour de lui quelques hommes pauvres et simples mais capables d’accepter la vérité. Vous connaissez ces hommes sous le nom « d'apôtres ». Jésus voulait leur enseigner la doctrine de la Rédemption. Mais il s'avéra qu'ils étaient aussi faibles que les enfants de leurs temps et seulement capables de supporter une fraction de sa doctrine. Tout d'abord, il fallait que Jésus justifie sa qualité d'envoyé de Dieu, aussi bien vis à vis de ses disciples que du peuple. Il devait leur expliquer qui il était, ce qu'il voulait et le prouver par la force de celui dont il prétendait être l'envoyé.
Il en avait été de même pour Moïse dont la tâche avait été en tout une image fidèle de celle du Sauveur à venir. C'est à Jésus que Moïse faisait allusion lorsqu'il dit : Yahvé ton Dieu suscitera pour toi, du milieu de toi, parmi tes frères, un prophète comme moi, que vous écouterez (Deutéronome 18 : 15). Moïse, l'envoyé de Dieu, avait pour mission de délivrer un seul peuple du pays de la servitude jusqu'à la terre promise. Les asservis étaient les israélites. Leurs bourreaux étaient les Egyptiens et les pharaons. Les asservis que le Christ devait sauver de l'esclavage étaient tous les Esprits séduits et amenés à déserter, tout ceux poussés à renier et à trahir la cause de Dieu. Leurs maîtres étaient les puissances de l'enfer avec Lucifer à leur tête. Moïse ne pouvait accomplir sa tâche qu'à condition que les asservis acceptent de quitter le pays de la servitude et consentent à le suivre, lui Moïse. Après avoir rempli cette première condition, Moïse devait encore parvenir à convaincre les Egyptiens et leur pharaon de laisser partir le peuple d'Israël qu'ils tenaient en esclavage. Il était bien évident que le pharaon ne laisserait pas partir de bon gré les israélites, ses serfs qui constituaient une main-d'œuvre bon marché.
De la même manière, l'œuvre rédemptrice du Christ nécessitait deux conditions. Premièrement, Jésus devait persuader les Esprits incorporés au niveau humain, et soumis à l'esclavage du mal, de renoncer volontairement à la domination des puissances qui les asservissaient. En second lieu, il s'agissait de forcer ces puissances conduites par Lucifer à laisser partir ceux qui désiraient retourner à Dieu. Ces deux tâches devaient s'accomplir séparément et consécutivement aussi bien pour Moïse que pour le Christ.
En ce qui concerne Moïse, il devait rester ferme face au pharaon, sans se laisser détourner de sa tâche par des menaces ou des promesses fallacieuses. S'il avait échoué, la mission que Dieu lui avait confiée serait restée inaccomplie et le plan rédempteur de Dieu réduit à néant. De son coté, le peuple d'Israël devait y mettre du sien en acceptant l'exode et en s'y préparant. Finalement, Dieu procura la victoire complète sur le pharaon et acheva la libération du peuple d'Israël. Comment et par quel moyen, cela restait l'affaire de Dieu et ne regardait ni Moïse ni le peuple.
Le Christ ne trouva pas utile non plus d'expliquer au peuple comment se déroulerait la Rédemption. Il devait cependant lui faire savoir que le temps de la délivrance approchait, que le peuple devait s'en rendre digne et que c'était lui-même qui avait été désigné par Dieu et envoyé pour être le Sauveur.
Le Christ devait, quant à lui, opposer une résistance aux puissances du mal qui ne négligeraient aucun moyen pour le faire tomber et faire avorter sa mission divine. Le Christ devait, comme Moïse, rester sur ses gardes pour éviter d'être dominé par celui qu'il voulait vaincre. S'il restait ferme dans sa défense contre le mal, Dieu se chargerait du reste et préparerait la victoire sur Satan. Le Christ en tant qu'homme n'avait pas les moyens d'attaquer des Esprits. Les êtres humains ne peuvent que résister et se défendre lorsque l’enfer lance ses attaques par des suggestions, des appâts trompeurs, des terreurs, des apparitions ou à l’aide d’auxiliaires humains. Tous ces moyens visent à séduire les hommes et à les rallier au mal. Le Christ ne pouvait déclencher une offensive contre Satan qu’en étant redevenu un esprit, et uniquement après sa mort terrestre. Ce n’est qu’à ce moment là qu’on pourrait dire de lui, qu’il était « descendu aux enfers ».
Je t’ai dit que le Christ, en tant qu’homme, aurait pu succomber dans sa lutte contre Satan. Dans ce cas, le prince des ténèbres aurait fait du premier Fils de Dieu son vassal. Cet échec aurait obligé Dieu à faire s’incarner un autre des grands princes du Ciel pour accomplir l’œuvre de Rédemption inachevée en raison des faiblesses humaines que le premier Fils de Dieu aurait éprouvées en tant qu’homme. Tu frémis à l’idée que le Christ aurait pu succomber à Satan, mais il en était pourtant ainsi. Vous ne savez pas apprécier l'amour immense de votre Père céleste qui n’a pas épargné Son Fils. Ce Fils, le seul né directement de lui, que Dieu, par amour pour vous prit le risque de perdre comme il avait déjà perdu son deuxième fils. Et vous ne sauriez imaginer la violence du terrible combat que le Christ eut à soutenir pour vous, contre l’enfer réuni, dans le but de vous sauver. Le plus insignifiant des démons parvient à vous faire abandonner Dieu en peu de temps. Chez vous, il suffit d’une poignée d’or, d’un honneur humain ou d’une satisfaction sensuelle pour assurer la victoire de Satan. Mais le Christ, votre frère aîné, fut attaqué par la totalité de l’enfer sous la conduite de Lucifer. Ce combat a duré pendant toute une vie humaine. Jour après jour, les troupes d’assaut des puissances du mal s’en prirent à ce fils de l’homme. Pour finir, elles eurent recours au moyen le plus atroce, au martyr de la mort lente sur la croix. Le Christ, en tant qu’homme, fut mis à mort, certes, mais il ne fut ni vaincu, ni poussé à l’apostasie et à la désertion. Satan ne parvint pas à gagner. Et cependant sa victime n’était qu’un homme comme vous, semblable à vous en toutes choses. Voilà le véritable portrait du Sauveur, et c’est ainsi qu’allait se dérouler l’œuvre de Rédemption. »


Le Christ n’est pas Dieu, mais l’envoyé de Dieu
« Le premier soin de Moïse avait été de se présenter aux Israélites comme le libérateur envoyé de Dieu et de le prouver par des miracles. De la même façon, le Christ avait à cœur d’expliquer au peuple qui il était et la nature de sa mission. Lui aussi dû authentifier sa mission salvatrice par des miracles.
Qui était le Christ et comment se désignait-il lui-même ? Il disait : « je suis le Christ, le fils du Dieu vivant[53]». Voilà le témoignage qu’il donnait de lui-même. Et Dieu lui-même confirma ce témoignage : Celui-ci est mon fils bien-aimé, qui a toute ma faveur (Pierre 1 : 17). Par conséquent, le Christ était le fils de Dieu et il n’a jamais prétendu être quelqu’un d’autre. Il n’était pas Dieu. Il n’a jamais dit : je suis Dieu. Il n’a jamais affirmé être l’égal de Dieu en quoi que ce soit. Jésus ne se lasse jamais de dire qu’il ne peut rien par lui-même, qu’il ne dit rien par lui-même et qu’il n’accomplit rien de merveilleux par lui-même. Il dit que c’est le Père qui l’a envoyé et que c’est du Père qu’il a reçu toute vérité. C’est le Père qui lui donne la force de guérir les malades et de ressusciter les morts. Jésus accomplit tout ce que veut le Père et à l’heure fixée par le Père.
De même qu’un gouverneur n’exerce ses fonctions et ses pouvoirs qu’au nom et sur l’ordre de son souverain qui l’a mandaté, et qu’il n’outrepasse pas ses pouvoirs, de même le Christ est soumis à Dieu. Même si un souverain confère les pleins pouvoirs à son gouverneur, le gouverneur ne possède rien par lui-même. Il ne devient pas le souverain, mais il dépend de lui dans tous les domaines. A tout moment il peut être destitué et privé de ses fonctions. Joseph était le ministre du pharaon qui lui avait conféré les pouvoirs pour sauver le pays. Pharaon ôta son anneau de sa main et le passa au doigt de Joseph, puis il le fit vêtir d’habits royaux. L’anneau devait servir à Joseph pour cacheter les documents et pour les authentifier comme des messages royaux. Ses vêtements ressemblaient à ceux du pharaon. Mais Joseph n’était pas le souverain, il n’était pas le maître suprême. Par le trône, le pharaon était le plus grand et tenait à le rester. Joseph n’était qu’un subordonné élevé à de très hautes fonctions par le roi d’Egypte qui lui transmettait son autorité royale, mais Joseph n’en demeurait pas moins le ministre. Ses pouvoirs lui avaient été conférés par une libre décision du roi. Celui-ci pouvait les limiter, les supprimer ou les conférer à un autre.
Voici le moyen le plus simple pour illustrer la relation entre le Christ et Dieu. Dieu est le Seigneur et le Créateur de toutes choses, notamment de Son Fils. Dieu est de par lui-même éternel depuis toujours et tout puissant, mais ce n’est pas le cas pour son Fils. Le Père a transmis au Fils le pouvoir de gouverner la création, et surtout de la tâche d’effectuer la Rédemption. Mais par lui-même le Fils ne possède rien, ni l’existence, ni le pouvoir de gouverner, ni aucune force quelle qu’elle soit. Tout lui a été donné par le Père. Dans le Ciel, le Fils a beau ressembler au Père et agir en vertu de l’autorité divine, il reste néanmoins subordonné à Dieu. Le Christ n’est pas Dieu, pas plus que Joseph n’était le pharaon.
Cette vérité se trouve si clairement exprimée dans les Ecritures que l’on se demande comment des hommes ont pu considérer le Christ comme l’égal de Dieu, alors que Dieu déclare solennellement : Moi seul je suis Dieu, et nul n’est semblable à moi[54].
Ceux qui professent la divinité du Christ et en font l’égal du Père, n’osent pas prétendre et affirmer que le Christ a dit lui-même qu’il était Dieu[55]. Ils tirent cette conclusion du fait que le Christ se disait le fils de Dieu. Ils raisonnent comme les grands prêtres, les scribes et les pharisiens dont il est dit : Aussi les Juifs n'en cherchaient que davantage à le tuer, puisque, non content de violer le sabbat, il appelait encore Dieu son propre Père, se faisant ainsi l’égal de Dieu (Jean 5 : 18).
Le Christ ne niait pas qu'il appelait Dieu son Père et cela dans un sens très particulier. Car en effet, il est bien un Fils de Dieu mais d'une manière différente de tous les autres Fils de Dieu et de tous les autres Esprits de Dieu. Le Christ n'est pas seulement le plus sublime, le plus élevé des Esprits créés par Dieu, mais il demeure l'unique esprit dont le corps célestes a été créé par Dieu. Tous les autres fils de Dieu existent parce que Dieu a créé leur esprit mais leur corps célestes a été créé par le Christ, qui est le premier Fils créé. Le Christ n'est pas seulement le premier né de Dieu, mais encore le seul qui dans tout son être est une création directe de Dieu. Il est le seul dans ce cas. Il est l'unique Fils entièrement et directement né du Père.
Il existe une autre raison qui fait que le Christ est un Fils de Dieu unique dans son genre. C'est à lui seul que le Père a conféré la souveraineté sur toute la création. Le Père lui a donné la même position dans Sa création que celle que le Pharaon avait donnée à Joseph dans son royaume d'Egypte.
Les juifs n'avaient donc pas tort d'affirmer que le Christ donnait un sens tout particulier à l'expression « Fils de Dieu ». Il était LE Fils de Dieu. Mais ce dont le Christ se défendait avant tout, c'était l'affirmation de ses ennemis qui prétendaient qu'il se disait l'égal de Dieu. Au contraire, Jésus ne cessait d'affirmer qu'il ne possédait aucun pouvoir par lui-même et qu'il ne pouvait rien faire par lui-même. Lorsque quelqu'un ne peut rien réaliser par lui-même, c'est bien la preuve irréfutable qu'il n'est pas Dieu. Les scribes et les grands prêtres auraient dû et auraient pu le comprendre. En réalité, ils savaient ce que Jésus voulait dire par « Fils de Dieu ». Mais ils faisaient semblant de ne pas comprendre. Ils étaient à l'affût d'un prétexte pour le tuer et croyaient l'avoir trouvé dans la prétendue affirmation du Christ qu'il était Dieu, parce qu'il se disait Fils de Dieu. L'enseignement du Christ restait sans effet contre un tel parti pris et un tel mensonge qui servait de prétexte à ses ennemis pour le faire condamner.
Il est exact que tout pouvoir avait été donné au Christ dans le Ciel et sur la terre. Mais il ne détenait pas cette autorité de lui-même, pas plus que Joseph ne la détenait en Egypte. Joseph n'était pas le pharaon et le Christ n'était pas Dieu.
Seul le Père est Dieu et nul autre. Le Père détient tous les pouvoirs et il est le seul. Le Père peut conférer ses pouvoirs comme bon lui semble et à n'importe quel esprit créé, en agissant par cet esprit et à travers cet esprit. Dieu aurait pu donc déléguer ses pouvoirs à un autre esprit créé au lieu de les déléguer au Christ. Il n'était pas nécessaire que ce fût son fils premier né. Les miracles que le Christ opérait auraient pu être accomplis par tout autre homme ayant reçu les mêmes pouvoirs de Dieu. Le Christ ne proclamait-il pas que ceux qui auraient foi en lui pourraient réaliser ce qu'il a fait ? En vérité, en vérité, je vous le dis, celui qui croit en moi fera, lui aussi, les œuvres que je fais et il en fera même de plus grandes parce que je vais vers le Père (Jean 14 : 12). Avoir foi en Christ veut dire croire en Dieu, non pas parce que le Christ est Dieu lui-même, mais parce qu'il annonce et prêche la doctrine divine. Jésus disait aussi : Ce n'est pas de moi-même que j'ai parlé, mais le Père qui m'a envoyé m'a lui-même commandé ce que j'avais à dire et à enseigner (Jean 12 : 49).
Le plus grand sentiment d'amour unit le Père et le Christ mais ce n'est pas une exclusivité. En effet, chaque créature de Dieu peut atteindre cette union parfaite avec le Père. Le Christ l'a demandé à Dieu pour ses disciples : Je leur ai donné la gloire que tu m'as donnée, pour qu'ils soient un comme nous sommes un, moi en eux et toi en moi, afin qu'ils soient parfaits dans l'unité et que le monde reconnaisse que tu m'as envoyé et que tu les as aimés comme tu m'as aimé (Jean 17 : 22 - 23). Tu vois combien ton ancienne Eglise se trompe en s'appuyant sur la parole suivante pour tenter de démontrer la divinité du Christ : « Moi et le Père nous sommes un », alors que cette unité que le Fils partage avec le Père est également promise à tous les croyants.
Si tu rassembles les paroles du Christ qui se rapportent à ses relations avec le Père, tu reconnaîtras qu'il est sacrilège d'attribuer la divinité au Christ. Il est sacrilège de le présenter comme celui qui donne alors qu'il est celui qui reçoit et qu'il ne peut donner à d'autres que ce qu'il a lui-même reçu de Dieu. Le grand blasphème inventé par les ennemis de Jésus était de prétendre faussement qu'il se disait l'égal de Dieu. Ceux qui aujourd'hui racontent que le Christ est Dieu se rendent coupables du même blasphème. En vérité, le Christ n'a jamais eu l'audace de prétendre qu'il était l'égal de Dieu.
L'enseignement du Christ au sujet de sa personne, au sujet de l'origine de son savoir, de son pouvoir et de sa puissance est très clair. Il a tout reçu du Père. De lui-même il ne possède rien. Il n'est pas Dieu. D'ailleurs, le Père ne lui a pas tout délégué. Le Père se réserve certains droits exclusifs. Jésus dit aux fils de Zébédée : Quant à siéger à ma droite et à ma gauche, il ne m'appartient pas d'accorder cela, c'est pour ceux à qui mon Père l'a destiné (Matthieu 20 : 23). Ou encore : Quant à la date de ce jour et l'heure, personne ne les connaît, ni les anges des cieux, ni le fils, il n'y a que le Père qui le sache, lui seul (Matthieu 24 : 36).
Dieu n'avait pas autorisé le Christ à se soustraire aux tourments de la mort sur la croix. C'est pour cette raison que Dieu n'exauça pas sa prière lorsque, dans le jardin de Gethsémani, Jésus supplia son Père d'écarter de lui la coupe de l'agonie ».

Le Christ jugé par son entourage
« Les proches parents de Jésus, les apôtres et le peuple ne voyaient en lui que le prophète et l'envoyé de Dieu[56]. Bien sûr, la mère de Jésus savait, grâce à l'annonce de l'ange avant la naissance, qu'un des Fils de Dieu était devenu homme. Elle savait également qu'en tant qu'homme il serait sujet à toutes les faiblesses humaines. Elle n'avait pas bien accepté l’action publique de son fils. Elle le désapprouvait quand il propageait sa doctrine. Elle se rendait compte que son enseignement n'était pas conforme à la religion juive traditionnelle sur des points essentiels. Elle se sentait affligée de le voir prêcher sa propre doctrine au peuple. Elle s'était imaginée sa mission d'une toute autre manière. Dès qu'elle apprit que Jésus s'opposait publiquement aux chefs spirituels du peuple juif et déclarait faux bon nombre d'aspects de la religion traditionnelle, elle et ses autres fils cherchèrent à l'en empêcher. Elle voulait ramener Jésus dans la maison familiale en espérant éviter ainsi le scandale causé par son attitude vis-à-vis des prêtres, des scribes et des pharisiens : Il vient à la maison et de nouveau la foule se rassemble, au point qu'ils ne pouvaient pas même manger de pain. Et les siens l'ayant appris partirent pour se saisir de lui, car ils disaient « il a perdu la raison » (Marc 3 : 20 - 21). Pas même ses frères en effet ne croyaient en lui (Jean 7 - 5).
D'un point de vue humain, il était parfaitement logique que sa mère et ses frères s’opposent à son ministère public. Eux acceptaient comme vraie la doctrine de l'Eglise juive. Ils avaient été élevés dans cette religion. Leurs ancêtres avaient vécu et étaient morts dans cette religion. Et voici que leur propre fils et frère se mettait à prêcher que cette religion était fausse sur plus d'un point. Ce fut une chose insupportable pour ces gens simples et rustres. Les considérations humaines n'étaient pas non plus étrangères à un pareil comportement. L'opinion des autorités religieuses comptait beaucoup pour eux. On les montrait du doigt comme étant les parents d'un homme qui s'attaquait à la religion ancestrale. Le responsable de la synagogue de leur bourg leur fit fréquemment des remontrances à ce sujet. Ils craignaient en outre des persécutions et des préjudices économiques. Ils étaient affligés par la décision des chefs de l'Eglise d'exclure Jésus de la synagogue, et de mettre sans délai au ban de la société les sympathisants qui le reconnaîtraient comme le Messie : Les juifs avaient convenu que si quelqu'un reconnaissait Jésus comme le Christ, il serait exclu de la synagogue (Jean 9 : 22).
Le clergé mit en garde le peuple contre Jésus et sa doctrine en se servant sans gêne de l’arme de la calomnie. Il l’appelait « faux prophète », « possédé du diable », « buveur de vin », « débauché » ou « ami de prostituées et de pêcheurs publics[57]». Pour les prêtres, aucun moyen ne paraissait exagéré pour faire perdre toute crédibilité à Jésus, car ils craignaient qu’il réduise leur influence sur le peuple. Le clergé voyait d’un très mauvais œil le fait que la masse du peuple puisse accepter comme vérité religieuse autre chose que ce que lui-même, le clergé, enseignait. Chacun devait se soumettre à sa loi et à son enseignement, sous peine d’être anathème : Les gardes répondirent : « Jamais homme n'a parlé comme cela ! » Les Pharisiens répliquèrent : « Vous aussi, vous êtes-vous laissé égarer ? Est-il un des notables qui ait cru en lui ? ou un des Pharisiens ? Mais cette foule qui ne connaît pas la Loi, ce sont des maudits ! » (Jean 7 : 46 – 49).
C’est la vieille rengaine que le clergé de toutes les religions a coutume d’entonner dès que son influence sur le peuple se trouve menacée par un propagateur de la vérité. Tu as entendu les mêmes discours lorsque tu as diffusé les vérités que tu as apprises de moi. Cela te montre que les mêmes causes produisent les mêmes effets, maintenant comme autrefois. Le serviteur n’est pas mieux traité que le maître. On parlera de toi comme d’un défroqué, d’un faux prophète, d’un fou, d’un possédé du démon et d’un dépravé. Tes proches parents te critiqueront, te reprocheront d’avoir voulu jouer au novateur au lieu de laisser les choses comme elles étaient. Ils te diront que tu aurais dû te contenter de ce que d’autres ecclésiastiques trouvent suffisant. Sois sans crainte ! Place ta confiance en Dieu. Que peuvent les hommes contre toi ? Tu rendras service à bon nombre d’entre eux en leur dévoilant la vérité. Plus d’un ecclésiastique qui lira ton livre reconnaîtra qu’il contient la vérité, même s’il dissimule sa conviction. Il en était de même au temps du Christ : Toutefois, il est vrai que même parmi les notables, un bon nombre crurent en lui, mais à cause des Pharisiens ils ne se déclaraient pas, de peur d'être exclus de la synagogue, car ils aimèrent la gloire des hommes plus que la gloire de Dieu (Jean 12 : 42 – 43).
Les apôtres également ne savaient pas trop quoi penser de leur maître. Eux aussi avaient leur propre idée du Messie. Eux aussi ignoraient que le Fils de Dieu était descendu sur terre jusqu’au jour où il en prirent conscience pour la première fois lorsque Pierre le découvrit et s’exclama : Tu es le Christ, le Fils du Dieu vivant (Matthieu 16 : 16). Cette conviction n’était pas venu à Pierre en écoutant les paroles du Christ ou en observant ses œuvres, ni même par un raisonnement intellectuel. Cette découverte de l’identité de Jésus lui fut accordée par une révélation divine : Tu es heureux, Simon fils de Jonas, car cette révélation t'est venue, non de la chair et du sang, mais de mon Père qui est dans les cieux (Matthieu 16 : 17) ».

Les relations du Christ avec le monde des Esprits
« Je t’ai déjà fait comprendre par quel moyen Dieu se manifestait et communiquait avec le Christ. Je voudrais à présent détailler davantage ce point. Cette connaissance importe au plus haut point, si l’on veut pénétrer la vie et l’œuvre du Christ. Tu verras que, là aussi, rien n’est entièrement nouveau et inédit.
Souviens-toi comment Dieu entra autrefois en contact avec ses instruments pour leur faire parvenir ses révélations et ses ordres. Comment procéda-t-il avec Abraham, Isaac, Jacob, Moïse, Josué, les juges, les rois, les prophètes, Zacharie, Marie et Joseph ? Et bien les choses se déroulèrent de la même manière avec le Christ. En cela, Jésus n’était pas plus avantagé que les envoyés et les messagers d’autrefois. Dieu mit simplement Jésus en communication avec le monde des Esprits, comme il l’avait jadis fait pour ses autres instruments. Par ce moyen, Dieu fit transmettre à Jésus tout ce qu’il devait savoir et tout ce qui lui était utile pour l’accomplissement de sa mission.
Les conditions nécessaires pour communiquer avec les Esprits étaient celles qui s’imposent à tout homme qui veut entrer en relation avec eux. Il est évident que la constitution médiumnique de Jésus était extraordinaire. N’était-il pas en effet le plus sublime des Esprits créés par Dieu ayant pris forme humaine ? Le recueillement intérieur et la capacité à fournir l'énergie fluidique dont je t’ai parlé à propos de la formation des médiums, atteignaient chez le Christ un niveau jamais atteint par un homme. De plus, aucun autre médium humain n’avait jamais possédé un fluide corporel aussi pur que celui du Christ. Jésus réunissait donc en lui-même, toutes les conditions requises pour entrer en communication avec les Esprits de Dieu, à une degré tel qu’aucun mortel ne peut espérer atteindre.
La mission du Christ en faveur du royaume de Dieu était la plus importante de toutes celles confiées à un homme. Dieu lui envoya donc de nombreux Esprits dotés de grandes forces et de capacités. Lorsque le Christ se trouvait aux prises avec le mal et commençait à faiblir, les Esprits de la vigueur venaient lui apporter des forces nouvelles. Il était fréquent que des Esprits porteurs d’espoir, de joie et de paix interviennent. Lorsque Satan cherchait à terrasser Jésus par des assauts supérieurs à toute résistance humaine, les anges combattants des légions de Michel se lançaient dans la mêlée. Chaque fois que le Christ avait besoin d’être renseigné sur ses problèmes et sur ses travaux personnels, les Esprits de vérité et de science venaient l’éclairer. Les Esprits de sagesse l’aidaient à mener à bien ses tâches particulières.
Cette aide de la part des bons Esprits ne s’accomplissait que lorsque les forces de Jésus risquaient de faiblir. Aide-toi et le Ciel t’aidera est un précepte qui restait valable pour le Christ comme pour tout autre homme. Fais tout ce que tu pourras, si tes forces ne suffisent pas pour atteindre ton but, alors Dieu interviendra par le biais de ses Esprits. Dieu n’accorde pas de victoire gratuite. Il veut que l’on mette tout en œuvre pour réussir sans secours de sa part. Dieu demandait la même chose au Christ.
Toutes les fois qu’il s’agissait de guérir les malades, Dieu envoyait des Esprits guérisseurs qui entraient en action lorsque les capacités de Jésus ne suffisaient pas pour assainir le fluide malade d’un infirme. Cependant, l’extraordinaire vertu curative du fluide de Jésus suffisait dans de nombreux cas pour assurer la guérison sans l’intervention d’Esprits guérisseurs[58].
Le Christ guérissait beaucoup de gens mais il ne guérissait pas tous ceux qui s’adressaient à lui[59]. Pour certains, la maladie est une punition de Dieu que le malade devra supporter pendant un temps plus ou moins long. Son don de clairvoyance permettait au Christ, dans chaque cas, de savoir s’il devait guérir ou non. La foi en Dieu et en lui-même comme envoyé de Dieu était une condition préalable à chaque guérison. D’ailleurs, la guérison n’était pas définitive pour tous les malades guéris. Beaucoup d’entre eux subirent une rechute dès qu’ils cessèrent de placer leur confiance en Dieu et dans le Christ. Ainsi, aussi bien les guérisons que les maladies devaient confirmer la vérité annoncée par le Christ.
En ce qui concerne la résurrection des morts opérée par le Christ, je vais t’apprendre quelque chose qui te surprendra. Lors de ces résurrections, tant celles de l’Ancien Testament que celles réalisées par le Christ, il ne s’agissait jamais de personnes décédées dont l’esprit était déjà entré dans l’au-delà. Une personne réellement morte ne pourrait pas revivre de cette manière, car son esprit ne serait pas capable de reprendre possession du corps qu’il avait quitté au moment de sa mort terrestre. C’est une loi divine qui ne souffre d’aucune exception. Sa carrière terrestre s’achève irrévocablement. Son esprit ne pourrait revivre sous une forme humaine que par la voie d’une nouvelle naissance.
Chaque fois que le Christ a ressuscité des morts, il s’agissait d’individus dont l’esprit s’était séparé du corps, tout en restant encore lié à l’enveloppe physique par un lien fluidique ténu. Ce lien fluidique était si subtil que l’esprit détaché de son corps n’aurait jamais pu le réintégrer par ses propres moyens. Ce cordon fluidique vital allait bientôt se rompre et cette rupture était sur le point d’entraîner une mort certaine. Dans le cas de Lazare, ce lien fluidique était devenu si faible qu’il ne passait même plus assez d’énergie vitale pour empêcher le processus de décomposition de l’enveloppe charnelle. Ni l’odeur de putréfaction, ni les tâches livides sur le corps ne sont des signes d’une mort véritable.
Le Christ fait très bien comprendre qu’il ne s’agissait que d’une mort apparente lorsqu’il rappela à la vie la fille de Jaïre : « Retirez-vous ; car elle n'est pas morte, la fillette, mais elle dort. » (Matthieu 9 : 24). Pour vous ces paroles paraissent fantaisistes. Or le Christ ne plaisantait jamais quand il s’agissait de prouver au peuple sa mission divine. En ce qui concerne Lazare, Jésus faisait également remarquer à ses apôtres qu’il n’était pas réellement mort. Dès qu’il fut informé que Lazare était malade, Jésus dit à ses disciples : Cette maladie ne le fera pas mourir, mais elle est pour la gloire de Dieu : afin que le Fils de Dieu soit glorifié par elle (Jean 11 : 4). Et lorsque l’on annonça à Jésus la mort de Lazare, il répondit : Notre ami Lazare s'est endormi, leur dit-il ; mais je vais aller le réveiller (Jean 11 : 11). Ses apôtres n’avaient pas saisi le sens de ces paroles, et comme il paraissait inutile de donner à ce sujet de longues explications qui seraient restées tout aussi incomprises, Jésus leur a dit que pour les hommes : Lazare est mort (Jean 11 : 14). Jésus ne s’est pas servi de l’expression la plus exacte pour désigner l’état de Lazare, mais c’était la seule expression que les apôtres pouvaient comprendre. A ce moment, Lazare se trouvait déjà dans la tombe et du point de vue des hommes, il était mort. Pourtant s’il avait été réellement mort, le Christ n’aurait pas affirmé quelques jours auparavant que la maladie de Lazare devait servir à glorifier Dieu. Et en outre, après la mise au tombeau, il n’aurait pas dit que son ami s’était assoupi. Dans un cas comme dans l’autre, le Christ disait vrai, puisqu’il ne s’agissait pas d’une mort véritable mais d’une mort apparente.
Tout ceci ne diminue en rien l’œuvre de la résurrection. Elle n’aurait pas pu s’opérer par des moyens humains, il fallait pour cela la force de Dieu. Cette force fut nécessaire lors de toutes les résurrections opérées par le Christ. Aucune n’aurait pu se faire au moyen de forces humaines. Il fallait que les Esprits de Dieu interviennent et entreprennent ce qui était nécessaire au retour de l’esprit dans le corps. Le Christ suivait leur travail par clairvoyance, et, sur son ordre, l’esprit du mort apparent réintégrait le corps abandonné, après quoi le mort apparent se réveillait.
Vous les hommes, vous ignorez que de tels effets se produisent selon des lois établies par Dieu. Ceci ne concerne pas seulement les résurrections, mais également tous les miracles opérés par le Christ. Lorsque Jésus changea l’eau en vin, ce fut grâce à l’action des Esprits de Dieu. C’est la raison pour laquelle le Christ se montrait incapable de procéder à cette transmutation au moment où sa mère le lui demandait[60]. En fait, il était encore trop tôt, parce que la tâche que les Esprits entreprenaient dans ce but n’était pas encore achevée. Et leur travail demande toujours un certain temps.
Du fait que vous ne comprenez rien à ces procédés, vous ne saisissez pas non plus le sens de bon nombre de passages de votre Bible, ce qui fait que vous les traduisez mal dans votre langue. Le récit biblique de la résurrection de Lazare contient, dans votre traduction, une phrase qui doit vous sembler obscure. Il est dit : Lorsqu'il la vit pleurer, et pleurer aussi les Juifs qui l'avaient accompagnée, Jésus frémit en son esprit et se troubla (Jean 11 : 33). Il y en a même qui traduisent : Il eut un mouvement de colère. Pour quelle raison le Christ aurait-il du se sentir courroucé ou remué de colère en voyant pleurer les sœurs et les amis du mort ? La vraie version est la suivante : Un frémissement remua son esprit et il se senti secoué[61]. En effet, lorsque les Esprits vous visitent et font agir sur vous leur intense rayonnement fluidique, vous sentez un frémissement qui vous remue et qui vous secoue. S’il s’agit de bons Esprits, le frémissement est agréable. Si un esprit inférieur et imparfait est à l’œuvre, le frémissement que vous éprouvez est désagréable. Le Christ fut pris d’un frémissement provoqué par le puissant rayonnement fluidique émis par les Esprits qui l’entouraient et qui lui donnaient les forces pour crier : Lazare vient dehors ! , agissant ainsi sur le mort apparent.
Le Christ ne pouvait opérer ces résurrections que lorsque les messagers de Dieu lui avaient fait savoir qu’elles correspondaient à la volonté de Dieu. Or, Dieu n’intervenait que lorsque son action s’avérait utile à l’extension de son royaume, ou encore pour authentifier de façon nette la mission de son envoyé et la doctrine qu’il prêchait.
Le Christ ne parlait jamais en public de ses relations avec le monde des Esprits de Dieu, sauf s’il y était obligé. Un jour que des juifs lui reprochaient de chasser les démons des possédés avec l’aide du mal, il leur répliqua qu’il faisait cela avec l’aide d’un esprit de Dieu : Mais si c'est par un esprit de Dieu que j'expulse les démons, c'est donc que le Royaume de Dieu est venu jusqu'à vous[62](Matthieu 12 : 28).
Le suprême degré de clairvoyance qui était celui de Jésus comprenait également la capacité de lire les pensées d’autrui et de connaître leur état d’esprit. Il a toujours existé des personnes douées des mêmes facultés. Vous ne comprenez rien à ces phénomènes et vous ignorez surtout que des lois immuables président à de telles manifestations. Chez le Christ, tout se déroulait conformément à ces mêmes lois. Il ne manquait jamais d’en tenir compte et choisissait soigneusement l’heure et le lieu pour entrer en communication avec les Esprits en cherchant à établir les meilleures conditions pour cela. Le Christ recommandait à ses disciples de se retirer dans l’intimité de leur chambre pour prier. Lui-même recherchait les coteaux ombragés rafraîchis par le crépuscule, car la luminosité, la chaleur et le vacarme de la journée empêchent la formation du fluide nécessaire à la communication avec le monde des Esprits. C’est pourquoi il appréciait la solitude des bois et des jardins et la sombre fraîcheur de la nuit.
Toutes les fois que le Christ prédisait l’avenir, il le faisait parce que les Esprits de son Père l’en avaient chargé. En considérant les miracles et les prédictions de Jésus comme des preuves de sa divinité, vous élaborez un faux raisonnement. C’est un sophisme que de confondre l’artisan avec l’instrument. L’artisan c’est Dieu. L’instrument visible c’est le corps physique de son messager et l’instrument invisible c’est le corps fluidique des Esprits de Dieu qui assistent son messager. Il suffit de réfléchir pour comprendre et trouver cela. Lorsque dans tes sermons qui traitaient de la divinité du Christ, tu cherchais à la prouver en mettant en avant ses miracles et ses prophéties, tu oubliais d’établir une comparaison avec les envoyés antérieurs de Dieu. Ces envoyés avaient également opéré des signes miraculeux qui n’étaient pas inférieurs à ceux de Jésus. Est-ce que les miracles de Moïse étaient inférieurs aux miracles de Jésus ? Lorsque le bâton d’Aaron devint un serpent, et l’eau du sang, lorsque périrent les premiers-nés des Egyptiens, et que les Hébreux traversèrent à pied sec la mer Rouge, lorsque Moïse fit jaillir l’eau du rocher en le frappant, y avait-il dans tout ce merveilleux opéré par Moïse quoi que ce soit qui fut inférieur à ce que fit Jésus lorsqu’il changea l’eau en vin, lorsqu’il marcha sur la mer et calma les eaux agitées par la tempête ? Si vous étiez logiques, vous devriez prétendre que Moïse était Dieu pour avoir opéré des miracles semblables à ceux de Jésus que vous estimez être Dieu pour cette raison. Et n’y eut-il pas de nombreuses guérisons de malades, et même des résurrections opérées par des humains qui étaient des instruments de Dieu ? Tous ces individus n’étaient pourtant pas Dieu. Et Josué, Elie, Elisée, et les autres grands prophètes, étaient-ils Dieu ? Les apôtres n’étaient pas Dieu, pourtant ils produisaient les mêmes miracles que le Christ et selon sa parole, ils devaient même accomplir des choses encore plus merveilleuses. Vous ne pouvez pas citer un miracle de Jésus qui n'ait pas été accompli d'une manière similaire par d'autres hommes sur l'ordre de Dieu. Vous oubliez pourquoi Dieu faisait faire ces miracles par ses envoyés. Vous oubliez que Dieu veut ainsi prouver l'authenticité de ses instruments afin que les hommes reconnaissent que c'est Lui qui les a envoyés. »

La passion du Christ et sa signification pour la Rédemption
« Tous les envoyés de Dieu ont eu à souffrir de la main des hommes dans l'accomplissement de leur mission. Tous ont suivi leur chemin de croix. Ils étaient les phares de la vérité, mais les hommes qui croupissaient dans les ténèbres supportaient difficilement la lumière. Elle paraissait trop éblouissante et irritait leurs yeux rendus infirmes par le péché. Les hommes se détournèrent souvent de la lumière et cherchaient à détruire ceux qui la propageaient. Il existera toujours des yeux qui se fermeront à la lumière et à la vérité parce que le péché les a rendus infirmes. Les puissances du mal et les hommes sous leur domination détestent la lumière et les phares de Dieu, et s'efforcent de les faire disparaître.
Quelle rage et quelle fureur devaient animer les démons contre le plus grand propagateur de lumière qui ne soit jamais venu sur terre ! Combien le Christ a dû endurer de la part de ceux qui s'obstinaient à le perdre. Les souffrances intérieures ne se voyaient pas. Les hommes les ignoraient, et c'est pourquoi la Bible n'en parle pas. Elle ne mentionne que la tentation de Jésus dans le désert. Et pourtant les assauts de Satan contre lui étaient si terribles que tous les autres envoyés de Dieu dans le passé auraient succombé si Dieu avait autorisé les puissances infernales à les attaquer avec autant de forces qu'ils utilisèrent contre le Christ.
Par ailleurs, les tourments physiques qu'il dû endurer jusqu'à son dernier souffle sur la croix furent si violents que les autres envoyés de Dieu n'auraient jamais pu en supporter de semblables, d'autant plus qu'ils étaient associés à d'atroces souffrances morales. Il est vrai que les souffrances que le Christ eut à supporter étaient liées à des conséquences bien plus importantes que celles des actions des autres prophètes de Dieu. Ces derniers, s’ils restaient fidèles à Dieu, voyaient leur tâche terminée à la fin de leur vie terrestre. Les épreuves douloureuses que le Christ devait traverser ne constituaient qu'une partie de sa mission. En effet, après sa mort terrestre, il lui restait la tâche essentielle de triompher, en tant qu'esprit, des puissances de l'enfer. Le fait de rester fidèle à Dieu malgré l'ignoble torture sur la croix n'était qu'une condition préalable. Le Christ crucifié aurait pu désespérer au dernier moment et succomber au mal. Dans ce cas, bien que mort sur la croix il aurait été vaincu par Satan et séparé de Dieu. Jusqu'au bout, il lui fallait résister aux assauts incessants de l'enfer. Une défaite du Christ aurait signifiée l'échec de la rédemption et le Christ serait devenu le prisonnier du prince des ténèbres.
Si le Christ résistait aux pressions contre son esprit et aux douleurs infligées à son corps, alors après sa mort il allait devoir livrer la deuxième partie du combat de libération. Il avait affronté l'enfer quand il était homme, il allait continuer à le combattre en tant qu'esprit pour remporter la victoire définitive. Pour livrer ce combat ultime, il ira jusqu'à descendre en enfer. »

Les dernières heures de souffrance du Christ
« Avant d'aller plus loin, je voudrais m'arrêter sur la première partie du combat le plus important jamais livré. Je voudrais passer en revue avec toi les heures d'agonie du Christ que vous appelez sa passion. Vous, les hommes, vous ne vous rendez pas compte du niveau colossal des indicibles tourments que cet envoyé de Dieu a dû supporter pour votre salut.
Le soir avant sa mort Jésus se trouvait avec ses disciples dans la salle de la cène. La Pâque qu'il célébrait avec eux était également son souper d'adieu. Qui ne saura jamais quelles tortures intérieures le déchiraient à ce moment là ! Les Esprits de Dieu l'avaient prévenu que tout était prêt pour le faire arrêter et le condamner le plus vite possible. Il savait que l'un de ses disciples avait négocié sa capture avec les grands prêtres pour le vil prix de trente deniers d'argent. Pour cette somme, ce disciple trahirait son maître et le livrerait à ses ennemis. Ce traître se tenait maintenant accoudé avec lui, à la même table. Les convives n'étaient pas, comme votre tradition le représente, assis à une longue table, mais ils étaient couchés sur des peaux d'animaux dont les têtes servaient de coussins - accoudoirs. Trois dîneurs occupaient une petite table et, un bras appuyé au coussin - accoudoir, chacun se servait de l'autre bras pour manger. Jésus était couché près d'une table avec Jean et Judas. Jean se tenait à sa gauche, la tête tout prêt de la poitrine du maître et à sa droite il y avait Judas. Celui-ci n'osait pas lever les yeux pour regarder le maître et guettait le moment opportun pour quitter discrètement la salle.
Le maître avait le cœur déchiré de se trouver à coté de ce disciple dont il prévoyait l'horrible fin : Mieux eût valu pour cet homme là de ne pas naître (Matthieu 26 : 24). Les yeux de Jésus s'emplissaient de larmes chaque fois qu'il le regardait. Son cœur saignait à l'idée de voir ce frère perdu. Dans son esprit se dessinait l'image qui allait devenir réalité quelques heures plus tard. Judas ayant pris conscience de son horrible crime, se tenait avec une corde à la main au pied de l'arbre où il allait se pendre. A coté de lui, Lucifer attendait pour entraîner avec lui dans les profondeurs, l'esprit de cet homme qu'il avait séduit. Le maître fut saisi d'horreur à la vue de ce tableau.
Et les autres apôtres ? Allaient-il l'entourer, le secourir et le soutenir durant son horrible agonie ? Jésus voyait, devant ses yeux spirituels, se dérouler les événements des douze heures à venir. Il les voyait s'enfuir, craignant pour leur vie. Il voyait Pierre qui jurait à la servante qu'il ne connaissait pas cet homme. Il voyait les démons se rassembler près de la porte de la salle où les siens mangeaient. Les serviteurs de l'enfer attendaient les disciples pour les séduire et les détacher du maître, afin que les apôtres ne lui soient plus d'aucun secours : Simon, Satan a demandé de vous secouer au crible comme du blé (Luc 22 : 31). Pourquoi Satan avait-il réclamé une chose pareille ? C'est parce qu'à présent il savait, par une révélation divine, ce que cette lutte décisive signifiait pour lui. Dieu, dans sa justice, devait maintenant informer Lucifer de l'enjeu du combat entre lui et le Christ, cet enjeu était les droits de souveraineté de l'enfer sur les Esprits tombés. Dieu lui révéla que si le Christ restait constant et fidèle dans cette lutte à mort, cela aurait pour conséquence que lorsque le Christ redeviendrait un esprit, il pourrait lancer une attaque contre l'enfer et son prince avec l'appui des légions célestes. Une victoire du Christ et des siens priverait alors Lucifer d'une part considérable de ses droits. A cette nouvelle, Satan pris peur. Il demanda à Dieu, au nom du décret de justice qui lui avait concédé tout pouvoir sur les Esprits tombés, de garder une neutralité absolue pendant ce duel. Dieu devait ôter sa main protectrice et refuser tout secours à Jésus pour laisser le champ libre à l'enfer. Si Dieu accédait à cette demande, Lucifer espérait venir à bout de Jésus de Nazareth au prix de gros efforts et le pousser enfin au désespoir.
Dieu accepta la demande de Satan à une seule exception près. Dieu se réserva le droit de fortifier la force vitale et la constitution physique de Jésus. Sans cette force supplémentaire, le Christ serait déjà mort dans le jardin de Gethsémani et son destin n'aurait pas pu s'accomplir.
Toutes les souffrances morales et physiques du monde devaient, à la demande de Lucifer, s'abattre sur son adversaire durant quelques heures. De plus, Satan, ses représentants et tout l'enfer se rueraient sur la personne du Christ. Ainsi, cet homme seul, trahi par les siens, abandonné de tous, privé du secours de Dieu, serait livré aux ténèbres et peut être connaîtrait-il le sort funeste d'un Judas.
Dès l'instant où, après le départ de Judas, Jésus eut offert à ses apôtres du pain et du vin en signe de sa mort et qu'il eut achevé son dernier discours, son cœur fut accablé d'une immense tristesse. Il était un homme comme vous. A cette heure sombre, comme dans toute autre circonstance, il était semblable aux autres hommes. Pour son malheur, il se trouvait même privé de tout ce qui peut réconforter un homme dans les moments de peine et de souffrance.
Le voilà qui s'avance dans la nuit profonde vers le jardin de Gethsémani. La nuit n'est l'amie d'aucun homme, surtout pas de celui qui se sent accablé de douleur. Les disciples, déjà harcelés par les mauvais Esprits, le suivent, anxieux et incertains de l'avenir. Lui aussi garde le silence, écrasé qu'il est par sa souffrance morale.
Dans ce jardin retiré que Jésus a choisi pour prier et demander la force de résister, Lucifer est aux aguets, en compagnie de ses suppôts les plus fanatiques. Les démons se préparent à terrasser cet homme par les épreuves qu'il voit venir. L'heure accordée par Dieu au prince des ténèbres est arrivée.
Personne ne saurait vraiment décrire les torrents d'horreurs déversés par l'enfer sur sa victime. Dans le passé, Lucifer avait montré à ce fils d'homme perdu dans le désert, les royaumes du monde dans toute leur splendeur, afin de le séduire. Maintenant il entreprend de faire défiler devant les yeux de Jésus toutes les ignominies et les vilenies dont l'humanité est capable. Il montre au Christ cette humanité écumante de blasphèmes, plongée dans les profondeurs du vice. Les images se succèdent inlassablement dans toute leur laideur. Il fait voir à Jésus les prétendus fruits de son ministère et de sa prédication parmi le peuple juif, ce peuple élu de Dieu. Satan lui montre en ricanant ses disciples. Ces disciples dont l’un d’eux s’approche à la tête d’une horde de sbires, pour le faire arrêter. Ces disciples qui dorment tout prêt de là au lieu de veiller un peu avec leur maître et de lui adresser quelques mots de consolation. Alors Lucifer martèle sa victime avec ces mots terribles chargés d’ironie et de mépris : « Tu voudrais donc mourir pour une telle humanité afin de faire triompher ta doctrine ? Pour une humanité qui blasphème et insulte ton père ? On se moquera de toi comme d’un fou si tu donnes ta vie pour ces criminels ! Et regarde ce que sera ta mort ». Et Satan entreprend de dérouler devant les yeux clairvoyants de Jésus le film de sa passion pour ajouter à son angoisse. Il voit son arrestation, la fuite des apôtres, le reniement de Pierre, les cris à mort d’une meute assoiffée de sang et qui était naguère le peuple qui l’acclamait d’interminables « hosannas », la condamnation à mort, la flagellation, les tortures et les mauvais traitements, le couronnement d’épines, le chemin de croix aux scènes douloureuses, et enfin l’atroce crucifiement. Tout cela en une série d’images horrifiantes en vue de provoquer l’effondrement de la victime. En même temps, les Esprits du découragement et du désespoir s’acharnent de toute leur force sur cet homme seul. Son pouls bât à une cadence fiévreuse. Son cœur menace de rompre. L’angoisse de l’agonie le tenaille. Sous l’emprise de la terreur, il sue du sang qui tombe en gouttelettes serrées sur le sol. Et tandis que les affres de la mort oppriment leur maître, ses disciples dorment tranquillement non loin de là.
Les tortures physiques et morales endurées par le Rédempteur pendant sa passion, telles que votre Bible les décrit, sont peu conformes à la vérité. Certains supplices ne sont pas mentionnés. Entre autre, on passe sous silence les heures terribles passées par le Christ dans les souterrains de la résidence du gouverneur. C’est dans ces oubliettes humides, infestées de vermine, que les sbires jetèrent Jésus après sa flagellation, le couronnement d’épines et les autres souffrances infâmes. On avait versé du sel dans les nombreuses plaies béantes de son corps déchiré par le fouet, après lui avoir lié les mains afin de l’empêcher de retirer ce sel et d’atténuer ainsi ses douleurs cuisantes et inhumaines.
Jamais encore homme n’avait enduré un calvaire semblable à celui que dut supporter le fils de Dieu devenu homme. Les puissances du mal avaient mis tout en œuvre dans l’utilisation de leurs instruments humains parce qu’elles reconnaissaient dans le Christ leur plus dangereux adversaire sur la terre. Pourtant les tortures physiques infligées à Jésus ne sauraient se comparer aux souffrances morales qu’il eut à supporter. Il se voyait obligé de résister à la fois aux unes et aux autres, cela sans la moindre consolation humaine et, plus navrant encore, sans le secours de Dieu.
Dieu retira sa main secourable et livra son fils sans défense aux puissances acharnées de l’enfer. Le cri désespéré de cet homme cloué sur la croix et luttant contre la mort : Mon Dieu, mon Dieu pourquoi m’as- tu abandonné ?[63] nous dévoile toute l’ampleur de sa souffrance humaine et de son désarroi. Il ne fallait pas que Satan puisse prétendre qu’il n’avait pas pu venir à bout de sa victime parce qu’un secours était venu du Ciel. Il fallait faire avouer à Satan qu’il n’avait pas réussi à séparer de Dieu un homme livré à lui-même, malgré les tourments physiques et moraux qu’il lui avait infligés. »

La mère de Jésus n’était pas présente au pied de la Croix
« Il est inexact que, comme le relate votre Bible, la mère de Jésus se tenait au pied de la croix avec Jean. Cette ultime consolation ne lui fut point accordée. De tous ceux qui l’aimaient le plus, aucun n’était présent lors du crucifiement. Ils n’auraient pas pu en supporter le spectacle. Comment une mère humaine pourrait-elle supporter le crucifiement de son enfant ? Et selon votre version des faits, Marie aurait été personnellement présente au pied de la croix[64]. Même si elle avait été spectatrice, elle ne se serait pas tenue debout, comme vous le rapportez, mais elle se serait évanouie.
Il est donc inexact de dire que, du haut de la croix, Jésus s'adressa ainsi à sa mère : « Mère voici ton fils, fils voilà ta mère. » Jésus a effectivement déclaré cela à sa mère et à Jean, mais c'était lorsqu'il quittait le palais de Ponce Pilate, peu après sa condamnation à mort. A ce moment là, sa mère et Jean, égarés par la douleur, tentaient de s'accrocher à lui. Tous deux étaient venus assister aux débats et sa mère avait espéré une sentence plus clémente. Elle pensait constamment au sacrifice d'Abraham dont le fils fut, au dernier moment, épargné de la mort par Dieu, alors que le couteau sacrificateur était déjà tiré. Vos mères assistent également au procès où se joue le sort de leur enfant bien aimé. Mais aucune mère ne se rend sur le lieu d'exécution de la sentence pour regarder le supplice. Après son procès, la vue de sa mère écrasée de douleur déchirait le cœur de Jésus. Il ne voulait pas la mêler à la suite des événements et aux épreuves qu'il allait traverser. C'est pourquoi il invita Jean à l'emmener chez lui jusqu'à ce que tout soit achevé. Il persuada sa mère, par des paroles affectueuses, d'aller avec Jean et de prier Dieu de lui accorder la force de supporter tant de chagrin. Car, dit-il, ce qui lui arrivait était voulu par Dieu et elle le reverrait après trois jours.
Jean suivi le conseil du maître et conduisit chez lui la mère de Jésus qui, au prix d'une peine extrême, s'efforçait de se tenir debout malgré la douleur de milles glaives qui la transperçaient. Par la suite, Jean ne la garda pas auprès de lui, comme votre version des faits le prétend. Jean l'hébergea tout d'abord dans sa maison où, peu à peu, tous les amis de Jésus se rassemblèrent. Puis, lorsqu'on estima le crucifiement terminé, quelques fidèles, dont Marie de Magdala, se rendirent à un endroit d'où ils pouvaient voir le lieu du supplice, et revinrent rendre compte de la mort de Jésus. La mère de Jésus ne demeura auprès de Jean que le temps de son séjour à Jérusalem. Après cela elle retourna à Nazareth. Là se trouvaient ses autres enfants et là était son foyer. Au fil du temps, elle se rendit fréquemment à Jérusalem pour rendre visite aux apôtres, tant qu'ils y habitaient, surtout chez Jean. »

Les morts ne sont pas sortis des tombeaux le jour du vendredi saint
« De même que le Christ, au cours de sa vie, avait été confirmé dans ses actions par le Père, ainsi celui-ci se manifesta après la mort du fils pour témoigner de l'authenticité de la mission du Christ. Le soleil s'éclipsa pendant trois heures pour céder la place à d'épaisses ténèbres. Cette obscurcissement n’était pas banale et résultait d'une intervention divine. Et, au moment où le Christ rendit l'âme, le rideau du temple se déchira de haut en bas pour signifier que le mur de séparation entre le royaume de Dieu et le domaine de Satan s'était effondré avec la mort de Jésus. La terre trembla, les rochers se fendirent. Mais, le récit de votre évangile selon Matthieu qui rapporte que les morts sortirent des tombeaux et apparurent à de nombreux habitants de Jérusalem[65] est une falsification du premier texte qui lui était exact. Voici son contenu : Et le rideau du temple se déchira en deux de haut en bas, la terre trembla, les rochers se fendirent, les tombeaux furent chamboulés et beaucoup de corps de défunts furent projetés au dehors du lieu de leur repos. Beaucoup de personnes qui étaient sorties de la ville purent voir ces cadavres. Ce texte relate les faits comme ils se sont déroulés. Le tremblement de terre avait ébranlé les sépultures sculptées dans le roc et avait projeté les cadavres à la surface. Tous ceux qui avaient quitté la ville pour se rendre sur le lieu du supplice du Christ et qui passèrent près des tombeaux éventrés en revenant chez eux purent observer les cadavres exhumés.
Il s'agit là d'un autre exemple de falsification du texte. On eut souvent recours à ce procédé dans le passé, dans un but bien précis. Comme on avait établi la fausse doctrine que les corps terrestres des humains ressusciteraient un jour, il fallait bien trouver une phrase pour confirmer une telle affirmation. Pour cela, on modifia ce passage de la Bible, comme tant d'autres, en substituant au texte authentique la version suivante. A la place des mots : et beaucoup de corps de défunts furent projetés au dehors du lieu de leur repos, on écrivit : et beaucoup de corps de saints défunts ressuscitèrent. On ajouta le mot « saints » parce qu'il ne fallait pas dire que les corps de ceux qui n'étaient pas morts saintement ressuscitèrent également à la mort du Christ. Il fallait encore écarter une autre contradiction créée par cette falsification. D'après l'enseignement de la Bible, aucune résurrection de défunts ne devait s'effectuer avant la résurrection du Christ qui allait être le premier à ressusciter des morts[66]. Voilà pourquoi on ajouta : ils sortirent des tombeaux après sa résurrection, entrèrent dans la sainte ville et se firent voir à beaucoup.
Les faussaires omettaient de signaler qu'au préalable, le texte mentionnait expressément que cet événement, durant lequel les tombeaux se vidèrent, s’était déroulé le jour du Vendredi Saint, donc trois jours avant la résurrection du Christ qui devait être le premier à ressusciter. Le fait que la falsification fasse apparaître les morts ressuscités aux habitants de Jérusalem ce vendredi là plutôt que le dimanche de Pâques ne semblait gêner personne. De plus, où donc les corps de ceux qui étaient prétendument ressuscités le Vendredi Saint avaient-ils séjourné les jours suivants ? Où étaient-ils passés après le dimanche de Pâques ? Etaient-ils retournés dans leurs tombeaux, qu'en était-il advenu ? N’est- il pas curieux que les trois autres évangélistes paraissent tout ignorer de la résurrection des corps le Vendredi Saint ? Et d'ailleurs Matthieu n'a pas rapporté ce récit qui lui est attribué, comme cela apparaît dans mes rectifications. »

La descente du Christ aux enfers et sa victoire
« Le Christ était physiquement mort. Sa mort matérielle avait libéré son esprit de son enveloppe charnelle[67]. Homme, il avait résisté à toutes les attaques de l'enfer. Ainsi, une partie de sa mission, la première et la plus importante, était achevée et accomplie. L'enfer n'était pas venu à bout de lui. Mais le Christ n'était pas pour autant le vainqueur définitif de l'ennemi auquel il venait de résister avec succès. Il avait remporté une victoire défensive. Il fallait à présent passer à l'offensive pour triompher complètement. Lorsque deux adversaires s'affrontent, et que l'un d'eux repousse les assauts de l'autre, il n'y a pas encore de gagnant. Pour vaincre définitivement, il faut contre-attaquer et écraser l'ennemi afin de le forcer à se déclarer vaincu.
Il en allait de même pour le Christ. Homme, il avait fait tout ce qui était en son pouvoir pour repousser les assauts de l'ennemi. Maintenant, libéré de son corps terrestre, il pouvait en tant qu'esprit, passer à l'attaque contre le prince des ténèbres. Le Christ descendit aux enfers, confiant en la force toute puissante de Dieu. Dieu lui envoya les légions du Ciel pour combattre à ses côtés. Alors commença un combat semblable à la guerre survenue lors de la grande révolte de Lucifer dans le monde des Esprits de Dieu. Ce nouvel affrontement allait cette fois se dérouler dans le royaume de Satan. La lutte prit la forme d'un combat singulier entre le Christ et Lucifer et d'un choc massif entre les légions célestes et les hordes infernales. La charge s'enfonça jusqu'au plus profond des ténèbres où Lucifer et ses partisans se repliaient. Au moment où la défaite des puissances du mal devenait de plus en plus évidente, beaucoup de serviteurs de Satan, qui regrettaient leur apostasie, se rangèrent du côté des troupes célestes pour lutter avec elles contre leur ancien oppresseur. Le nombre des désertions augmentait à chaque instant[68].
Lorsque Lucifer s'aperçut que tout espoir était perdu, il supplia qu'on lui fasse grâce. Lui, qui lors de la tentation au désert avait offert au Christ tous les royaumes du monde, chancelait à présent devant celui qu'il voulait autrefois ébranler dans sa certitude d'être le fils de Dieu. Maintenant il tremblait à l'idée que Jésus de Nazareth pourrait lui retirer tout son pouvoir et qu'il serait relégué dans les profondeurs abyssales des ténèbres avec ses suppôts. Il connaissait la prophétie selon laquelle le jour viendrait où, prince du royaume des morts, il serait jeté avec ses hordes au fond des enfers[69], condamné à une impuissance totale et privé de sa souveraineté sur les créatures tombées et séparées de Dieu.
Le Christ signifia à Lucifer que tout pouvoir ne lui serait pas ôté, mais limité à ceux qui partageaient ses convictions et qui désiraient rester auprès de lui. Par contre, il serait contraint de laisser partir ceux qui souhaiteraient revenir à Dieu, et de ce fait, cesseraient de faire parti des sujets de Satan. Lucifer resterait libre de les attacher à sa personne par la séduction et la tromperie, mais non plus de force comme autrefois.
Satan fut bien obligé de se plier à cette condition, lui qui en attendait de beaucoup plus dures. La charte de ses droits de souverain que Dieu lui avait délivrée autrefois fut changée comme le voulait le Christ, son vainqueur. Dieu, au nom de qui le gagnant stipula sa convention avec Lucifer, demeure le juste et tout puissant gardien qui garantit la stricte application de ce traité de paix. Tout l'univers, y compris l'enfer, est soumis à la toute-puissance de Dieu. Amis et ennemis, tous doivent obéir.
C'est ainsi que se termina la grande œuvre rédemptrice qui se réalisa sur tous les points essentiels. Par dessus l'abîme qui séparait le royaume des ténèbres de celui de Dieu, un pont venait d'être jeté, et il était désormais possible de le franchir. Quiconque était désireux de quitter la légion étrangère de Satan et de retourner dans l'ancienne patrie divine avait le droit de traverser ce pont. Aucune sentinelle du règne infernal ne pouvait l'empêcher de passer d'une frontière à l'autre. »

Les Esprits sauvés retournent à Dieu
« Entouré de son armée d'Esprits délirants de joie, le Christ remonta de la résidence de Satan vers la sphère de l'ancien paradis. Les chérubins qui jusque là en gardaient l'accès baissèrent leurs flamboyantes épées pour souhaiter la bienvenue au Christ, leur seigneur et maître, ainsi qu'à la troupe victorieuse des Esprits célestes. Tous restèrent dans cette sphère jusqu'au jour où le Christ fit son entrée dans le Ciel à la tête de son armée.
Pendant ce séjour, ni le Christ ni les Esprits ne restèrent inactifs. Il s'agissait maintenant de proclamer à toute la création la victoire du Sauveur et d'exhorter toutes les bonnes volontés à revenir dans la patrie céleste. C'est surtout les innombrables Esprits souffrants qui croupissaient dans les sphères spirituelles inférieures qui furent visités. Il fallait les instruire, les encourager, les consoler et les pousser à se ressaisir pour qu'ils prennent la route ouverte par le Christ en direction de la maison paternelle. Le Christ lui-même se mit en rapport avec ses nombreux frères et sœurs afin d'en décider le plus grand nombre possible à revenir. Paul fait allusion à cette tâche accomplie par le Christ en tant qu'esprit quand il écrit : C'est alors qu'il est allé prêcher aussi aux Esprits en prison, aux rebelles d'autrefois, quand Dieu dans sa longanimité temporisait aux jours de Noé, alors que se construisait l'arche[70](1 Pierre 3 : 19 - 20).
Le Christ, sous forme d'esprit matérialisé, apparut à ceux qui, humainement avait été ses proches et avaient beaucoup souffert avec et à cause de lui, c'est à dire sa mère, ses apôtres, ses amis.
Enfin, le jour arriva où le Christ monta vers les Esprits qui l'attendaient au paradis, après qu'il eut pris congé de ses amis sur terre et qu'il leur eut fait ses recommandations. C'était au jour de son ascension, qu’il entra en vainqueur dans le royaume de Dieu à la tête d'une immense armée d'Esprits.
Après la grande œuvre rédemptrice du Christ, il revient aux créatures séparées de Dieu de faire bon usage de la Rédemption[71]. Les prisonniers de Satan ont vu leurs portes s'ouvrir après la victoire du Christ. Les anciens captifs peuvent désormais rentrer dans leur patrie. Il ne dépend plus que d'eux-mêmes de profiter de leur liberté. Le Christ a jeté le pont. Mais c'est librement que chacun devra franchir le pont et prendre le chemin du retour. Personne ne devra lésiner sur les efforts à déployer en cours de route. Les prisonniers qui, après la guerre mondiale, rentrèrent chez eux, durent endurer des épreuves harassantes avant d'arriver chez eux. Des plus lointaines steppes sibériennes ils marchaient jour après jour, semaine après semaine, les pieds ensanglantés, pour regagner leur patrie.
Les prisonniers de Satan doivent se mettre en route dans des conditions semblables pour retrouver la patrie de Dieu. Le Christ, avec l'aide des Esprits, les soutient et les encourage le long du parcours. Ses messages leur montrent la voie, les fortifient, les exhortent, les consolent et les tirent de l'abattement, lorsque ces rapatriés tombent et trébuchent dans leur périple. Il ne faut pas qu'ils retournent à l'ennemi en abandonnant Dieu, sans quoi il se passerait un temps considérable avant qu'ils soient à nouveau capables de prendre la résolution de se mettre en route vers la maison du Père. Le jour viendra malgré tout pour chacun, où, incapable de trouver auprès du mal l'apaisement de sa faim de bonheur et de paix, chacun se décidera quand même au retour définitif.
Les uns n'ont besoin que d'une seule vie terrestre pour regagner leur foyer. Pour d'autres, des siècles et des millénaires sont nécessaires avant de retrouver leur patrie. Séparés de Dieu, enfouis dans les antres ténébreux des faux-monnayeurs, ils cherchent sans cesse l'or du bonheur, se laissant tromper par les illusions de Satan et errant d'un labyrinthe à l'autre. C'est bien de leur faute s'ils doivent se soumettre à une multitude d'incarnations et recommencer de fréquentes existences humaines avant de retrouver, bien tardivement, le chemin de la lumière et de la pureté construit par l'amour de Dieu et de son fils, le grand Sauveur de la création tombée[72] ! »

[1] Entre 1925 et 1935.

[2]Sagesse 13 : 3

[3]Ce paragraphe est conforme à l’édition originale. Cependant la deuxième édition allemande comporte un texte différent qui est le suivant : « Seul Dieu est exclu de ce principe d’existence basé sur l’union du masculin et du féminin. La loi des couple concerne la créature de Dieu entrée dans l’existence sous le nom de Fils de Dieu, et que vous appelez le Christ. Les phrases de la Bible: Il les créa homme et femme (Genèse 1 :27) et : Croissez et multipliez-vous (Genèse 1 : 27 – 28), s’appliquent à tous les Esprits créés ». Comme ce changement est intervenu lors du vivant de l’auteur, qui l’a écrit dans sa langue maternelle, il est probable que la deuxième version avait sa préférence.

[4]Job 1 : 6, Job 2 : 1, Zacharie 3 : 2, Psaume 29 : 1, Psaume 82 : 1, Psaume 89 : 7. La création des fils de Dieu est antérieure à la création terrestre (Job 38 : 4 – 7).

[5] Comme le ferait un couple, le Christ possède la capacité de créer les corps de nouveaux êtres spirituels, mais seul Dieu peut fournir l’esprit qui animera le corps spirituel créé par le Christ (Ephésiens 2 : 10).

[6]Dans le texte grec, c’est le nom commun , écrit sans majuscule, et qui signifie « l’assemblée », qui est habituellement traduit en français par « l’Eglise ». Le Christ n'a jamais dit que cette assemblée serait sur Terre.

[7]Mathieu 11 : 28-30.

[8]Traduction littérale du texte grec.

[9] Traduction littérale du texte grec.

[10]Les mots de « paradis terrestre » n’apparaissent qu’une fois dans une tête de chapitre qui a été ajoutée au texte original, afin de faciliter la lecture. Cette tête de chapitre ajoutée se trouve notamment dans la Traduction Œcuménique mais n'apparaît pas dans d’autres éditions.

[11]Apocalypse 21 : 10 et suivants.

[12] Traduction littérale du texte grec

[13] Corinthiens 15 : 40 et suivants

[14]Colossiens 2 : 13 - 14.

[15] Corinthiens 3 : 1 – 2.

[16]Hébreux 5 : 11 – 14.

[17]L'ensemble de cette épître explique que le rôle du Christ est de regrouper sous son autorité l'ensemble des Esprits incarnés et non incarnés (Ephésiens 1 : 10, Ephésiens 4 : 10 - 13).

[18]Ephésiens 1 : 9 - 10.

[19]Les dizaines de livres qui constituent la Bible ont été ajoutés les uns aux autres progressivement, traduits de façons diverses et recopiés manuellement pendant des siècles. Le résultat final diffère forcément de l’original.

[20]Par exemple, on peut se rendre compte que les remarques inscrites en : Samuel 9 : 9, Josué 4 : 9 ou Jean 21 : 25, sont des additifs à un texte plus ancien.

[21]On peut constater que les chapitres sur la création sont constitués par l’assemblage de deux récits différents. Le premier récit se déroule dans un lieu non localisé, ne parle ni de corps matériels, ni de la faute d'Adam et s'achève sur la perfection de la création. Le second récit se passe en Eden, explique la faute d'Adam et se termine par l'impossibilité de revenir en arrière. Le deuxième récit désigne systématiquement Dieu par : « Yahvé Elohim » ce qui n'est jamais le cas dans le premier.

[22] Genèse 2 : 15

[23] Genèse 2 : 18 - 20.

[24] Genèse 5 : 4.

[25] Matthieu 22 : 13

[26] Qohelet 9 : 5

[27] Galates 1 : 3 - 14 ou Ephésiens 1 : 3 - 23.

[28] Corinthiens 10 : 13

[29] Matthieu 16 : 18 – 19.

[30] Corinthiens 15 : 24 - 27, Philippiens 2 : 9 - 11, Pierre 3 : 18 - 22, Ephésiens 1 : 18 - 21, Colossiens 1 : 19 – 20.

[31] Corinthien 3 : 1-2 et Corinthiens 5 : 13.

[32] Actes 26 : 24.

[33] Colossiens 1 : 15 – 18.

[34] Hébreux 1 : 3 - 4, Jean 1 : 1 - 3, Proverbes 8 : 22 - 31 (si le Christ représente la sagesse), Apocalypse 3 : 14.

[35] Jean 18 : 36.

[36] Genèse 5 : 18 –24.

[37] Le livre d’Hénok est un ouvrage majeur de la littérature apocryphe, bien antérieur aux évangiles. Le Christ en reprend de nombreux passages dans ses discours et Jude en cite un extrait dans son épître. Le livre d’Hénok est sans ambiguïté en ce qui concerne le destin de l’homme : Tout ceux qui suivent le droit chemin deviendront des anges (Hénok 51 : 4).

[38] Genèse 6 : 4.

[39] Genèse 13 : 10 et suivants

[40] Galates 4 :4, ainsi que Marc 1 : 15 et Ephésiens 1 : 10.

[41] Matthieu 22 : 14

[42] Galates 3 : 8 – 9, Romains 9 : 6 – 8.

[43] Nous pouvons remarquer que la Bible ne dit pas que c'est Dieu qui se révèle dans le buisson mais que c'est un ange de Yahvé qui apparaît dans le buisson (Exode 3 : 2). Dans la suite du passage certaines paroles viennent de Dieu lui même, et d'autres viennent d'une autre source qui parle de Dieu à la troisième personne (Exode 3 : 12).

[44] Deutéronome 20 : 17 – 18.

[45] Deutéronome 12 : 31.

[46] Luc 1 : 11-22.

[47] Luc 1 : 29.

[48] Hébreux 2 : 17. Selon Paul, bien que le Christ est été créé directement par Dieu à l’origine, il n’était pas différent des autres hommes durant le temps de son incarnation sur terre (Philippiens 2 : 6 – 8).

[49] Paul jure devant Dieu qu'il a rencontré Jacques, le frère de Jésus (Galates 1 : 19).

[50] Luc 2 : 44.

[51] Hébreux 4 : 15 ; Hébreux 2 : 10, Hébreux 7 : 28

[52] Matthieu 4 : 1 – 11, Marc 1 : 12 – 13, Luc 4 : 1 – 13.

[53] Matthieu 16 : 16-17, Jean 10 : 36

[54] Isaïe 45 : 21-22, Isaïe 46 : 9

[55] Devant le fait que le Christ ne déclare jamais « je suis Dieu », certains traducteurs ont trouvé un moyen pour faire tout de même dire cela à Jésus. Dans le texte grec, le Christ utilise souvent l’expression :
qui est généralement traduite par « je le suis » (Marc 14 : 62, Luc 22 : 70). Mais dans certains passages, la traduction change bizarrement pour devenir : « Je Suis » ou « …, Moi, Je Suis » ou bien encore : « je suis qui je suis » (Jean 8 : 24, Jean 8 : 28, Jean 8 : 58). Dans tous ces cas, les majuscules, les virgules, ou les répétitions sont des ajouts qui n’existent pas dans le texte grec. Ces traducteurs proclament ensuite que puisque le nom de Dieu est « je suis celui qui est » ou « je suis » (Exode 3 : 13 – 14), alors on peut en déduire que Jésus affirme qu’il est Dieu. En fait, cette concordance entre le texte hébreu et le texte grec est un effet de traduction voulu en ce sens. Les soit disantes preuves de la divinité du Christ sont ainsi fabriquées de toute pièce.

[56] Luc 24 : 19, Matthieu 21 : 11, Jean 6 : 14.

[57] Matthieu 9 : 3, 9 : 11, 11 : 19, 12 : 24, Marc 2 : 7, 2 : 16, 3 : 22 et suivants.

[58] Ce fluide était même parfois utilisé par des malades à l’insu de Jésus (Luc 8 : 43 – 46).

[59] Marc 3 : 10.

[60] Jean 2 : 4.

[61] Traduction concordante avec le texte grec :

[62] Traduction littérale du texte grec dans lequel il est bien écrit « par un esprit de Dieu »
et non pas « par l'Esprit de Dieu ».

[63] Marc 15 : 34.

[64] Cet épisode de la passion (Jean 19 : 25 - 27) est d'ailleurs contredit par les trois autres évangiles. Tous les autres récits sont unanimes pour affirmer que les fidèles de Jésus, essentiellement des femmes, ne s'approchèrent du Golgotha qu'après la mort du Christ et en restant à une certaine distance (Matthieu 27 : 55 - 56, Marc 15 : 40 - 41, Luc 23 : 49).

[65] Matthieu 27 : 52 -53.

[66] Corinthiens 15 : 20, Colossiens 1 : 18, Apocalypse 1 : 5.

[67] Luc 23 : 46.

[68] La descente de Jésus aux enfers est détaillée dans un ouvrage chrétien du deuxième siècle intitulé « Les actes de Pilate » ou « L'évangile de Nicodème ». La défaite de Satan est racontée par les deux fils de Syméon qui en sont les témoins directs puisque, selon ce texte, ils se trouvaient dans l'Hadès avant de ressusciter. Notons qu'ils ne ressuscitent pas dans leur corps physique mais qu'ils séjournent quelque temps sur terre sous forme d'Esprits matérialisés. A la fin du récit, leur corps fluidique devient moins dense ils disparaissent à la vue des hommes (Actes de Pilate 27). D'autres Esprits délivrés par Jésus ressuscitent aussi, notamment Adam, c'est à dire qu'ils quittent l'Hadès pour rejoindre le Ciel (Actes de Pilate 25). Dans ce livre de la tradition chrétienne, il n'est jamais question d'une résurrection des corps sur la Terre.

[69] Peut être Daniel 7 : 11, ou Apocalypse 20 : 13 – 14.

[70] Traduction littérale du texte grec.

[71] Romains 3 : 24.

[72] Depuis la rédaction de ce livre, de nombreux messages qui confirment et qui complètent son contenu ont été transmis au travers de médiums. Une synthèse de cet enseignement supplémentaire a été réalisée par le professeur Walther Hinz, dans les ouvrages : Neue Erkenntnisse zu Leben und Wirken Jesus (Nouvelles connaissances sur la vie et l'œuvre de Jésus) et Neue Erkenntnisse über die Schöpfung Gottes (Nouvelles connaissances sur la création de Dieu), édités par ABZ Verlag, Zürich.

 

Chapitre suivant




Téléchargement | Bulletin
nous écrire | L’Agora Spirite