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1937 ! Je venais de me marier. Je m'intéressais toujours aux sciences psychiques mais mon installation m'obligea à déménager plusieurs fois, ce qui prit tout mon temps, d'autant plus que j'habitais loin de mon travail.
Ma jeune femme connaissait bien mon goût pour le spiritisme mais s'y intéressait peu. Pourtant ! Le mécanisme avait été déclenché par ceux qui nous conduisent sans que nous le sachions sur le chemin de notre Destinée.
J'avais connu ma femme dans un petit cercle de jeunes gens. Nous nous étions particulièrement liés avec deux amis, Lucienne et Fernand, et ceux-ci se marièrent, trois mois avant nous. Nous avions alors convenu d'une date un peu postérieure à notre propre mariage pour leur première visite chez nous. Hélas ! Quand cette date arriva, Fernand était mort, emporté en deux jours par une grippe. Et sa veuve vint seule à notre rendez-vous, on imagine dans quel état d'esprit !
Au bout d'un certain temps, la conversation entre les deux femmes devint si féminine que je m'en désintéressai un peu, et pendant ces quelques minutes, je concentrai ma pensée sur Fernand. Je l'imaginai devant moi et je lui parlai mentalement, lui disant que j'espérais qu'il avait accompagné sa jeune femme et que lui aussi était avec nous.
Le soir vint. Nous étions en hiver et, à cette époque d'avant-guerre, les rues étaient chichement éclairées par des becs de gaz. Lucienne devant aller prendre un tramway à environ un kilomètre, je l'y accompagnai.
Dès notre sortie, ma femme se mit à laver la petite vaisselle salie, mais pour ce faire, elle faisait face à une fenêtre donnant sur une véranda qui était dans la pénombre. Et soudain elle vit, dans la véranda, notre ami mort qui la regardait ! Effrayée, elle se sauva dans la salle à manger, puis dans le salon : partout Fernand la suivait flottant derrière elle. En sorte que quand je revins, je la trouvais dans la rue devant notre porte grande ouverte, transie de froid et de peur, toute la maison illuminée par l'électricité qu'elle avait allumée partout. Nous rentrâmes ; le fantôme avait disparu, mais la sensibilité de ma femme s'était ainsi révélée. J'avais trouvé le sujet médium qui allait me permettre de reprendre les travaux de Lancelin, et aussi de ce Cahagnet qui avait découvert le spiritisme avant que celui-ci ne prit naissance aux Etats-Unis (en 1847). En effet, le magnétiseur Cahagnet avait une somnambule, Adèle, qu'il utilisait pour soigner les malades. Elle lui indiquait les plantes que ces malades devaient utiliser en tisanes. Un jour Cahagnet lui demanda : « Mais comment savez-vous tout cela ? ». Et elle lui répondit : « Mais c'est l'esprit qui est là qui me le dit ». Il se mit à développer des sujets sensitifs et il écrivit de très intéressants ouvrages, en particulier « La magie magnétique », très connue.
Dès le premier essai de magnétisation, ma femme s'endormit et vit près d'elle deux esprits ; l'un qui semblait très bon, l'autre qui paraissait très méchant. Je mis fin à l'expérience mais avant de commencer la suivante je pris le soin d'appeler télépathiquement mon esprit guide et celui de ma femme, ainsi que les esprits plus élevés, les priant de nous protéger et de nous aider en éloignant les entités basses ou malintentionnées. Ma femme, endormie, vit deux esprits d'aspect noble, hiératique, qui flottaient en l'air près d'elle. Ils étaient vêtus de longues robes blanches serrées à la taille par une corde blanche, et ils étaient coiffés d'un turban. L'un d'eux lui dit qu'ils étaient venus nous guider dans nos recherches et qu'ils étaient des brahmanes. J'eus le don de déchaîner chez eux une forte hilarité. Pénétré des indications contenues dans « Le Livre des Esprits » d'Allan Kardec, j'imaginais les esprits sous l'aspect de vagues lueurs, plus ou moins sous forme de grandes virgules. Kardec et Léon Denis imaginaient qu'ils erraient dans l'espace, « en erraticité » répétaient-ils, admirant, disait Denis, les lumières et les sons des astres (matériels !) et allant parfois « se reposer » sur des astres dénudés, ou imaginant autour d'eux des décors imaginaires qui disparaissaient dès qu'ils les oubliaient. J'en suis désolé, mais il en est peut-être ainsi pour les esprits qui restent sur '.Terre. Il en est tout autrement dans le monde astral. Cet aspect « fantôme » ne cadrait pas du tout avec ce que j'avais constaté lors de mon initiation. Perplexe, et ces brahmanes ayant un aspect bien réel, je m'étonnai près d'eux de leur apparence, et je leur demandai naïvement s'ils... avaient des pieds. Avez-vous vu des brahmanes rire aux éclats ?... Ma femme en vit ce jour-là. Leur hilarité passée, ils me dirent qu'ils avaient des corps comme les nôtres avec les mêmes organes et les mêmes glandes, nos corps physiques n'étant qu'une condensation de molécules recouvrant nos corps fluidiques. Ils dirent qu'ils habitaient, non des idéations illusoires, mais qu'ils avaient chacun leur appartement dans une grande bâtisse, moins périssable que nos maisons qui finissent par tomber en ruines au bout le quelques années. Je pus vérifier plus tard, en dédoublement, que les divers plans du monde astral comportent prairies, bois, arbres fruitiers, jardins ornés de fleurs dont nous n'avons pas idée, qu'il s'y trouvait des villas, et aussi des villes comprenant théâtres, bibliothèques, amphithéâtres de musique, universités, temples de toutes religions ou spiritualistes, etc.. Et le tout dans des architectures formidables qui n'ont, croyez-moi, rien d'illusoire.
Dès lors, chaque semaine nous évoquâmes nos amis esprits et ils ne tardèrent pas à nous donner des preuves de leur réalité ; en aucun cas il ne pouvait être question d'hallucinations ou d'imagination. Un soir ils m'amenèrent mon père. Ma femme ne l'avait pas connu et il n'avait rien d'une « lueur » ; elle put me le décrire exactement. Il me dit des choses que ma femme ne pouvait savoir ; il m'appela par le petit nom qu'il me donnait quand j'étais bambin. Ses tournures de phrases, ses expressions favorites, ses idées personnelles, ce qu'il me dit au sujet de ma mère, tout était si conforme à sa personnalité que sa présence réelle était évidente.
J'avais invité deux voisins, le père et le fils, à assister à nos réunions. Un jour un de mes beaux-frères reçut des lettres anonymes insultantes et scabreuses. L'écriture était malhabile, enfantine (mais le contenu n'avait rien d'enfantin !). Je les soumis à nos esprits pour en connaître l'origine. Catastrophe ! C'était la femme du voisin qui les avait fait écrire par une toute jeune nièce que son mari et elle avaient recueillie. Le voisin bondit de son siège, suivi par son fils, et nous eûmes, à travers le mur, les échos d'une belle altercation. Mais nous avions une preuve de plus de la réalité des esprits. Avis aux corbeaux : méfiez-vous des spirites !
Nos études continuaient et j'emplissais des cahiers de toutes les merveilles que nous apprenions, notamment en ce qui concerne le monde astral. Maintenant, et surtout depuis qu'on trouve des livres psychiques dans toutes les librairies, en particulier les merveilleux livres de Lobsang Rampa, dont je sais qu'il est bien un grand adepte, l'art de voyager dans les divers plans matériels ou astraux se répand de plus en plus. Ce que j'avais appris s'est confirmé. Si de nombreux désincarnés continuent à vivre dans le monde terrestre, la majorité d'entre eux montent vivre dans les plans astraux correspondant à leur degré d'évolution. Là-haut, vraiment, ceux qui se ressemblent s'assemblent et on est débarrassé des pénibles promiscuités que l'on subit dans l'enfer terrestre. Car l'enfer dont on nous menace, c'est la terre ! Le mot enfer vient du latin « infernus » qui signifie lieu bas, et on ne peut tomber plus bas que dans le monde matériel, même si certains lieux du bas astral sont effroyables ; le sont-ils plus que les sièges de la Gestapo, du K.G.B. ou de l'Inquisition ?
Le bas astral est assez sombre et les maisons sont tristes et misérables. Parfois même, certains tortionnaires sont rassemblés dans des amas de roches sombres où ils peuvent, à leur gré, se torturer les uns les autres. Mais dans les hautes sphères de l'astral il se trouve des maisons qui semblent construites avec des pierres précieuses lumineuses. Je répète que ce ne sont pas des illusions mais une absolue réalité. D'autres décédés vont vivre en corps éthériques sur des planètes faites d'une matière moins dense que nos planètes ; et quand je dis « sur », je pourrais parfois dire « dans » l'intérieur de certaines planètes. Qu'on veuille bien penser à l'Agartha dont les Orientaux ne doutent nullement. Et sur tous ces plans, que les amis des animaux sachent que leurs petits favoris ne sont pas morts, mais les attendent !
Pour donner une idée de cette matière, je veux citer quelques lignes d'une très grande initiée encore vivante au moment où j'écris, Madame Joan Grant. Dans un de ses merveilleux livres « Nos vies antérieures », écrit avec son mari, le psychiatre Denis Kesley [1], elle nous dit : « ...le corps aussi est immortel, sauf dans son enveloppe extérieure dans les trois dimensions. Le corps de chaque individu comporte un élément physique et un élément supra-physique, et quand l'échange d'énergie entre ces deux composantes vient à cesser, le corps physique meurt, mais non le corps supra-physique. Il ne peut pas mourir, pour la simple raison qu'il consiste en une matière non soumise au processus que nous appelons « mort ». Au cours de ce processus, les particules physiques intégrées par un champ d'énergie deviennent inactives.
...En réalité le corps supra-physique est le récepteur de l'expérience sensorielle, à tous ses niveaux d'activité, et une fois libéré de la nécessité de se manifester à travers sa contrepartie physique, il s'enrichit de perceptions bien plus déliées que lorsqu'il est engoncé dans la chair. Ainsi, la personnalité, que son corps physique soit mort ou vivant, endormi ou éveillé, conscient ou inconscient, garde toujours sa forme et sa fonction ».
Tout ceci, nos amis brahmanes nous l'avaient appris. Et morts, nous ne serons ni des lueurs ni des étincelles. Il arrive que des voyants ou des médiums en somnambulisme voient des esprits sous forme d'une lumière ou d'une vague forme blanche ; c'est parce que l'entité qui se manifeste n'a pas pu se matérialiser suffisamment ou parce que le médium n'a pu se dégager et s'élever suffisamment dans la gamme des vibrations supérieures. Alors le médium ne voit que l'aura de l'esprit ou la luminescence de son corps mental.
Peu après ces premières expériences, survint une nouvelle crise d'hystérie du fou Adolf Hitler qui voulut envahir la Tchécoslovaquie. La France mobilisa. Devant chez moi, un canon anti-aérien fut hissé sur le toit d'une usine. J'appelais mon guide. Il vint un court instant et me dit : « Il n'y aura pas de guerre maintenant, mais elle aura lieu dans un an si la Pologne ne cède pas». Je lui fis remarquer qu'il y avait erreur : il ne s'agissait pas de la Pologne mais de la Tchécoslovaquie ! Mais il était déjà parti précipitamment car dans les cas graves les esprits élevés essaient d'empêcher les hommes de faire des sottises.
Et ce fut la liesse populaire ! Sir Chamberlain accompagné de son parapluie et Daladier, revinrent d'Allemagne, portant fièrement dans leurs mains un nouveau « chiffon de papier[2] ». La France et l'Angleterre avaient renié leurs engagements solennels et lâchement abandonné leur alliée, permettant ainsi au fou nazi de poursuivre allègrement la complémentarité de son armement. En revanche, ce paranoïaque renonçait à toutes autres exigences : la paix était assurée ! On put continuer à chanter « Tout va très bien madame la marquise ». Mais un an après, l'Allemagne écrasait la Pologne en quinze jours. L'Angleterre et la France, cette fois, refusèrent de se déshonorer davantage et déclarèrent la guerre aux éternels Germains. C'était le commencement de la deuxième « dernière » guerre. Le guide avait eu raison !
[1] Éditions « J'ai lu »
[2] Suivant l'expression allemande.
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