Le Centre Spirite Lyonnais Allan Kardec


CHAPITRE V - Hypnotisme et Magnétisme

Puisqu’il m'est demandé de suivre une certaine chronologie dans les étapes de mon développement, je remets à plus tard le récit d'un certain nombre de voyages astraux que j'ai pu faire.
Je m'étais entre temps lancé dans l'étude de l'hypnotisme, du magnétisme et de la suggestion aussi bien verbale que mentale. Mon maître en ce domaine a été Paul Clément Jagot, mais j'avais aussi beaucoup appris en regardant opérer hypnotiseurs et magnétiseurs. Malheureusement, souvent ces derniers se bornaient à faire des « passes » magnétiques sur des malades. J'avais lu avec passion les ouvrages du grand maître qu'est Charles Lancelin, qui n'opérait en principe que par le magnétisme. J'avais été enthousiasmé par ses expériences et je voulais l'imiter. Lancelin était un occultiste dans le bon sens de ce mot ; il ignorait les charabias cabalistiques ou sanscrits. Il pratiquait le spiritisme au moyen de la planchette Oui-Ja mais se spécialisait surtout dans la magnétisation de ses sujets, poussée jusqu'à leur mise en somnambulisme magnétique, comme l'avaient fait jadis Cahagnet et, avant lui, le marquis de Ségur. Ami et continuateur du colonel comte Albert de Rochas, administrateur de l'Ecole Polytechnique, et élève de Hector Durville, il avait écrit des livres qui seront des modèles impérissables. En particulier, « L'Ame humaine ». Dans cet ouvrage il décrit comment il parvint à sortir du corps physique le double (mortel) éthérique. Magnétisant alors celui ci, il en fit sortir le double astral (immortel). Et, continuant ainsi, il décomposa l'être humain en neuf éléments alors que les maîtres hindous n'en trouvent que sept. Mais surtout, utilisant des sujets dédoublés en corps astral, ou simplement mis en état de voyance, il s'entretenait avec les humains «   désincarnés » (les soi-disant morts). De plus, envoyant ses sujets dédoublés se livrer à des expériences et à des explorations, il fit avancer grandement la connaissance de l'Au-delà. Il est malheureux que beaucoup de spirites préfèrent laisser leurs médiums être magnétisés par des esprits qu'ils ne connaissent pas, avec le risque que cela comporte ! Le magnétiseur qui connaît bien son art peut éviter que ses propres pensées influencent le sujet médium (c'est très facile). Il reste le maître du médium comme le cocher tient son cheval par les rênes. Ainsi, il le guide, le protège, le dirige, le réintègre dans son corps en cas de danger. Quitte à le laisser entièrement conduire ensuite par un esprit-guide qu'il connaît bien. C'est ainsi que Lancelin put écrire des chefs-d’œuvre comme « La vie posthume » et bien d'autres, tel son ouvrage posthume « Mes cinq dernières vies » où, pour explorer ses vies antérieures, il utilisa douze médiums en comparant leurs dires.
L'ennui c'est que je ne disposais pas des moyens financiers de Lancelin qui pouvait payer des femmes qui venaient « dormir » chez lui comme elles seraient venues faire le ménage, et sans se fatiguer.
Les meilleurs sujets sont les jeunes femmes, les enfants, les adolescents, ou certains jeunes hommes ayant une sensibilité un peu féminine. Ceux-ci sont rares ; les enfants ont des parents qui ont peur qu'on ensorcelle leur progéniture, ou qu'on abîme leur santé (alors qu'on l'améliorerait au contraire). Quant aux jeunes femmes, si leur intérêt pour l'occultisme, ou leur curiosité naturelle, les amènent à collaborer avec un magnétiseur, ce n'est souvent que pour un temps ; après quoi elles délaissent leur magnétiseur pour aller danser le guilledou avec un danseur de rock. A moins qu'elles ne deviennent amoureuses du magnétiseur et que les séances changent de style, ce qui n'arrange rien. On a passé des mois à entraîner son sujet ; tout est à refaire ! L'idéal c'est le couple mari et femme, et cette recherche commune renforce son union.
Charles Lancelin avait aussi écrit un gros ouvrage, « Méthode de dédoublement personnel ». Cette méthode, que j'exposerai plus loin, est très facile ; pratiquement on la réussit de suite. Mais elle a un gros inconvénient, c'est que ce n'est qu'après un entraînement parfois très long qu'on se souvient de ses sorties en astral. On ne peut donc rien voir. Je réussis rapidement des dédoublements par ce procédé. Une jeune fille que je soignais par ce procédé me vit soudain dans sa chambre, un peu fantomatique, et de peur se sauva hors de chez elle (il faut prévenir les gens que cela peut se produire qu'ils nous voient). Une autre jeune fille me vit dans sa chambre, en train de la magnétiser ; mais ce qui est intéressant, c'est que sa mère qui couchait dans la même chambre me vit aussi et que toutes deux entendirent les conseils que je donnais à la malade. On voit par là la réalité du dédoublement ! Mais pour mes recherches cela n'avait aucun intérêt. Le seul moyen que j'avais d'explorer l'inconnu c'était d'avoir un sujet que je pouvais dédoubler en somnambulisme, mais en trouver un était assez difficile, à cette époque où nous passions pour des fous ou des satyres.

 

 

 

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