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On peut être initié à une foule de choses : à la conduite d'une automobile, à la pêche au lancer, etc. Dans les définitions de l'Occultisme, il y a :
— les Etudiants.
— les Initiés : ceux qui, étant sortis, ne serait-ce qu'une fois, mais consciemment, de leur corps matériel physique, savent qu'ils ont un deuxième corps de matière supra-physique, le corps astral, toujours jeune, intact, immortel, invulnérable, et que seul le corps physique meurt ; que leur vie continue dans ce corps de super-matière.
— les Adeptes qui ont acquis des facultés, des pouvoirs supérieurs.
— les Maîtres[1] sont capables de dématérialiser leur corps physique et de le rematérialiser ailleurs, ou de vivre tantôt sur terre, tantôt dans l'autre monde. Lorsqu’Apollonius de Thyane, amené devant l'empereur Damien, fut condamné à mort par ce dernier, ses chaînes tombèrent sur le sol, Apollonius s'étant dématérialisé. Il se re-matérialisa presque instantanément au milieu de ses disciples à des kilomètres de là[2] .
Mon initiation fut pour moi un événement énorme. C'était en 1937. Depuis des années je suivais régulièrement les réunions du Cercle d'Etudes Psychiques et Spirites de Roubaix. J'avais vu des magnétiseurs, aidés par les esprits guérisseurs, accomplir d'étonnantes guérisons. Les séances spirites m'avaient apporté de nombreuses preuves de l'existence du monde des esprits. Mais la grande preuve, irréfutable, me fut alors administrée. Après celle-là, les dénégations et les hypothèses tarabiscotées de ceux qui cherchent à nier n'eurent plus aucune valeur pour moi : je savais, eux pas !
En 1930, j'avais perdu mon père pour qui j'éprouvais une profonde affection. Et, ce soir-là, allongé sur mon lit, attendant le sommeil, j'étais peiné de n'avoir encore jamais reçu de lui un message médiumnique.
Tout à coup, je fus secoué dans mon lit par un violent tremblement. Mes mains, posées sur le drap, recevaient une suite de forts chocs semblables à ceux qu'on reçoit si on pose ses doigts, par mégarde, sur une prise de courant électrique. Et je fus brutalement projeté en l'air, hors de mon corps physique. Je retombais doucement sur mes pieds à côté de mon lit. Devant moi, mon... cadavre était allongé, inanimé, sur mon lit. J'avais beaucoup entendu parler du dédoublement, méthode que les théosophes préconisent de préférence aux méthodes spirites. Je compris donc de suite ce qui m'arrivait, avec autant de joie que de surprise. La grande preuve était là, indubitable, et celui qui l'a eue ne peut plus jamais douter : sa conception de la vie ne sera jamais plus ce qu'elle était avant. Devant moi, mon corps physique dormait. Et moi j'étais là, le regardant. J'avais un autre corps, matériel, solide, avec ses yeux, ses oreilles, son torse, ses bras, ses jambes. Je sentais battre mon cœur et je respirais. Je me dis qu'on aurait pu tuer, détruire, ce corps sur le lit et que je n'en aurais pas moins été là, tout entier, vivant.
Qui a vécu cela une fois est un initié car il sait que rien ne peut plus lui arriver, qu'il est immortel ; il le sait d'instinct, par une sorte de science innée ; il a l'impression de retrouver ce qu'il a toujours su en son subconscient, de se retrouver dans son état normal!
Mais j'avais entendu dire que souvent on ne se souvenait pas, au réveil, des dédoublements vécus pendant le sommeil. Je voulais laisser une trace de mon expérience. Je dormais dans une chambre mansarde attenante à un vaste grenier. Près de l'escalier se trouvait une grande et large sellette ; je la poussais dans l'escalier où elle tomba en faisant un effroyable vacarme. Je me réveillais en sursaut dans mon corps physique et je pensais que ma mère qui dormait à l'étage en dessous avait été effrayée par le bruit. Je me levais en hâte pour la rassurer A mon étonnement, la sellette était toujours à sa place dans le grenier. Je descendis et, bien entendu, il n'y avait pas de sellette dans le bas de l'escalier, et ma mère dormait tranquillement. Je me couchais très intrigué. Non ! Messieurs les ricaneurs, je n'avais pas rêvé ! Et si au lieu de rire de ce que vous ignorez complètement, vous aviez le courage de vous entraîner au dédoublement qui est accessible à tous, sauf aux cardiaques graves, vous sauriez vite qu'il n'y a aucune similitude entre le rêve et le dédoublement. En lisant ces lignes, vous savez bien que vous ne dormez pas ; il en est de même quand on est dédoublé. Le bruit ne s'était produit que dans le plan astral. Mais comment la sellette était-elle remontée à sa place ? Puis, une autre étrangeté s'implanta en moi : dans mon dédoublement la sellette était aussi grande que moi, alors que normalement, elle n'atteignait pas la hauteur de mes épaules ! Ce n'est que plus tard, au cours de mes études, que je compris.
1°) Comme le corps humain, tout objet a son double éthérique qui maintient la cohésion des molécules qui le composent et qui sans cela s'éparpilleraient dans l'atmosphère. Dans les innombrables sorties en astral que je fis plus tard, j'arrivais rarement à bouger de place un objet physique ; dès que je voulais le faire « c'est le double » que je bougeais et, sitôt que je le lâchais il retournait dans l'objet. Cependant, par la suite je parvins parfois à faire tomber des objets.
2°) Plus tard, dans un livre de Charles Lancelin, je lus que souvent le double extériorisé est plus petit que le corps physique et ne mesure qu'environ 1 m 20. Voilà pourquoi la sellette m'avait paru si grande.
De ce jour, j'entrepris le long entraînement à cette merveilleuse chose qu'est le dédoublement conscient et volontaire.
[1] Ils sont très rares.
[2] Lire à ce sujet, La vie des Maîtres par Spalding.
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