Preuves scientifiques de l'Immortalité
Introduction
Les trois questions existentielles suivantes ont été à la base de presque tous les mouvements philosophiques : "Que sommes-nous ?", "D'où venons-nous ?" et "Où allons-nous ?"
"Dans les milieux universitaires, une complète incertitude règne encore sur la solution du plus important problème que l'homme se soit jamais posé au cours de son passage sur la terre. (…) La plupart des professeurs et instituteurs écartent systématiquement de leurs leçons tout ce qui touche au problème de la vie, aux questions de but et de finalité. (…) Jusqu'ici, la pensée s'est confinée en des cercles étroits : religions, écoles ou systèmes qui s'excluent et se combattent réciproquement. (…) Apprenons à sortir de ces cercles rigides et à donner un libre essor à la pensée. (…) De ces conceptions disparates, il faut dégager les fragments de vérité qu'elles contiennent, les rapprocher, les mettre d'accord ; puis, les unissant aux nouveaux et multiples aspects de la vérité que nous découvrons chaque jour, s'acheminer vers l'unité majestueuse et l'harmonie de la pensée[1] ."
C’est en suivant ces sages conseils de Léon Denis que je vous propose aujourd’hui une réflexion sur le thème de l’immortalité, traditionnellement couvert par des courants religieux et philosophiques, mais avec l’approche scientifique proposée par le Spiritisme.
1. Qu'est-ce qu'une preuve ?
"Une preuve est un fait, un raisonnement qui démontre, établit, prouve la vérité ou la réalité de quelque chose."
2. Existe-t-il des preuves absolues ?
L'absolu est le privilège de Dieu. Il n'est approché que par certains raisonnements purement théoriques ou idéalisations de l'homme, comme les mathématiques ou la philosophie.
Par contre, dans les sciences de la nature ou les sciences humaines, auxquelles appartient le Spiritisme, les preuves absolues n'existent pas. Cela est lié au fait que la connaissance de l'homme n'est que partielle ou relative, progressant pas à pas. Dans ces domaines de la connaissance et dans le Spiritisme, on ne peut parler que de "convergence de preuves" et non pas de "preuve absolue".
Après une longue période d'absolutisme, les hommes de science en ont pris conscience au début du XX° siècle, où la mécanique relativiste et la physique quantique ont bousculé les théories classiques, qui sont devenues des idéalisations ne pouvant être appliquées que dans certaines limites. L'espace et le temps ont perdu leur caractère absolu. Avec l'avènement de la mécanique quantique de Bohr et du principe d'incertitude d'Heisenberg, les raisonnements classiques, basés sur l'exactitude, ont peu à peu cédé du terrain aux raisonnements probabilistes.
Cette époque marque donc un tournant dans l'histoire des sciences. La révision radicale des concepts fondamentaux a remis en cause bon nombre de principes philosophiques liés à la science et à la méthodologie, entraînant les crises du positivisme et du déterminisme. « Aucune loi théorique ne peut sortir d'un ensemble de faits d'une manière logique et infaillible. »
En 1934, dans le livre « La logique de la découverte scientifique », Karl Popper, philosophe britannique, introduit le critère de falsifiabilité : une loi scientifique est valable jusqu'à ce que les faits prouvent où et comment elle est fausse.
On voit donc que les scientifiques sont revenus à une position plus humble devant Dieu et la nature, et ils sont conscients qu'aucune des lois dites scientifiques n'est inébranlable. Cette position se renforce à cause de la complexité croissante des théories scientifiques actuelles, notamment en physique, qui fait que les recherches fondamentales sont réservées à un cercle toujours plus restreint.
Allan Kardec avait admirablement anticipé ces changements en soulignant, dans son fascicule sur le Caractère de la Révélation Spirite, le caractère évolutif de la doctrine spirite.
3. Les meilleures preuves sont-elles convaincantes pour tout le monde ?
Il est dans la nature d’un grand nombre d’êtres humains qu’il faut voir pour croire. Mais Allan Kardec affirme qu’il ne suffit pas de voir, il faut surtout comprendre, et il souligne le grand nombre de personnes qui ont cru après avoir compris, et qui n’ont vu les phénomènes que par la suite.
Dans la conclusion du Livre des Esprits, n° VII, Allan Kardec classe les adversaires du Spiritisme en trois catégories : « 1° ceux qui nient par système tout ce qui est nouveau ou ne vient pas d'eux, et qui en parlent sans connaissance de cause. A cette classe appartiennent tous ceux qui n'admettent rien en dehors du témoignage des sens ; ils n'ont rien vu, ne veulent rien voir, et encore moins approfondir ; ils seraient même fâchés de voir trop clair, de peur d'être forcés de convenir qu'ils n'ont pas raison ; pour eux, le spiritisme est une chimère, une folie, une utopie, il n'existe pas : c'est plutôt dit. Ce sont les incrédules de parti pris. A côté d'eux, on peut placer ceux qui ont daigné jeter un coup d'œil pour l'acquit de leur conscience, afin de pouvoir dire : J'ai voulu voir et je n'ai rien vu ; ils ne comprennent pas qu'il faille plus d'une demi-heure pour se rendre compte de toute une science. - 2° Ceux qui, sachant très bien à quoi s'en tenir sur la réalité des faits, les combattent néanmoins par des motifs d'intérêt personnel. Pour eux, le spiritisme existe, mais ils ont peur de ses conséquences ; ils l'attaquent comme un ennemi. - 3° Ceux qui trouvent dans la morale spirite une censure trop sévère de leurs actes ou de leurs tendances. Le spiritisme pris au sérieux les gênerait ; ils ne rejettent ni n'approuvent : ils préfèrent fermer les yeux. Les premiers sont sollicités par l'orgueil et la présomption ; les seconds, par l'ambition ; les troisièmes, par l'égoïsme. »
Ces incrédules ne méritent pas que l'on s'occupe de les convaincre, ce serait une perte de temps. Ils seront tôt ou tard forcés de se rendre à l'évidence, sous la pression de la croyance populaire.
Kardec ajoute que « nous chercherions en vain une quatrième classe d'antagonistes, celle qui s'appuierait sur des preuves contraires patentes, et attestant une étude consciencieuse et laborieuse de la question ; » De fait, après 140 ans, on peut constater que cette quatrième classe n'existe toujours pas, car toutes les personnes ayant étudié consciencieusement le Spiritisme ont fini par se rallier à sa simplicité, par se rendre à l'évidence sous la convergence de preuves que constitue l'abondante phénoménologie organisée depuis par les Esprits, et observée avec minutie et rigueur par tant de chercheurs éminents, comme nous le verrons plus loin.
Un demi siècle plus tard, dans la conclusion de la I° partie de son livre « Le Spiritisme devant la Science », Gabriel Delanne constate, après avoir analysé les dernières théories des physiologistes, qu'il n'existe aucune théorie permettant d'infirmer l'existence de l'âme.
4. Existe-t-il déjà des preuves de l'existence de l'âme et de son immortalité dans les milieux scientifiques ?
Les recherches scientifiques convergent, lentement mais sûrement, vers la nécessité de l’existence de l’âme. Gabriel Delanne cite l'illustre physiologiste Claude Bernard, qui affirme que : « La matière, quelle qu'elle soit, est toujours dénuée de spontanéité et n'engendre rien ; elle ne fait qu'exprimer par ses propriétés l'idée de celui qui a créé la machine qui fonctionne. De sorte que la matière organisée du cerveau qui manifeste des phénomènes de sensibilité et d'intelligence propres à l'être vivant n'a pas plus conscience de la pensée et des phénomènes qu'elle manifeste, que la matière brute d'une machine inerte, d'une horloge par exemple, n'a conscience des mouvements qu'elle manifeste ou de l'heure qu'elle indique ; pas plus que les caractères d'imprimerie et le papier n'ont la conscience des idées qu'ils retracent. Dire que le cerveau sécrète la pensée, cela reviendrait à dire que l'horloge sécrète l'heure ou l'idée du temps...
Il ne faut pas croire que c'est la matière qui a engendré la loi d'ordre et de succession, ce serait tomber dans l'erreur grossière des matérialistes. »
Claude Bernard, se basant sur les études montrant l'influence de la volonté sur les organismes, a admirablement conclu qu'il doit exister un « modèle organisateur » conférant la vie à la matière pour former les organismes vivants.
5. Y a-t-il des exemples récents de conception scientifique de l'âme ?
De nos jours, la science atteint un nouveau seuil qui laisse présager une prochaine révolution scientifique. De nombreuses observations expérimentales sortent du cadre des lois connues : la science ne sait pas remonter jusqu'au big bang, car les équations actuelles divergent lorsque l'on s'en rapproche, tout comme celles de Newton ne permettaient pas d'expliquer l'anomalie constatée sur la période de révolution de Mercure, trop proche du soleil. De même, elle ne sait pas encore expliquer les photons évanescents, qui semblent avoir une vitesse supérieure à celle de la lumière. Les phénomènes de synchronicité, étudiés par les parapsychologues, ne trouvent pas non plus d’explication selon les théories matérialistes.
Parmi les nouvelles théories qui ont retenu notre attention, citons celle du Professeur Régis Dutheil sur l’univers superlumineux[2]. Selon cette théorie, la conscience possède une réalité matérielle, d'un champ de matière différent de ceux qui sont actuellement connus, mais qui interagit avec eux. Il la renforce par des observations sur les sensations de l'être humain, faisant intervenir une phase non repérable dans l'organisme (qui semblent transiter par le périsprit et l'Esprit), ainsi que par d'autres expériences neurophysiologiques, notamment celles de John Eccles, prix Nobel de 1963. Selon l’auteur, la conscience, formée de matière superlumineuse (non limitée par la vitesse de la lumière), ferait fonctionner l'organisme humain par l'intermédiaire du cortex cérébral.
Un modèle mathématique détaillé a été élaboré par l'auteur. Les calculs mathématiques de Régis Dutheil dans l’Univers superlumineux lui permettent d’obtenir deux sortes de temps : un premier, qu’il appelle « temps vécu », qui aurait un caractère spatial, et un deuxième, plus proche de celui que nous connaissons dans l’univers matériel tangible.
Régis Dutheil s’est ainsi démarqué des scientifiques matérialistes, qui font tout pour rejeter a priori l'hypothèse spiritualiste, par crainte de se remettre en cause ou de se laisser fasciner par les croyances religieuses. Dans ses travaux, Dutheil a tout simplement considéré l’hypothèse de l’existence d’autres formes de matières que celle que nous connaissons, suivant les conseils de Joseph Mazzini (cité par Ernest Bozzano) : « La Vérité est un prisme à plusieurs faces, et l'erreur consiste à en contempler quelques-unes, en se figurant qu'on les contemple toutes. »
Espérons donc que la prochaine révolution scientifique viendra par la prise en compte et la modélisation de l'âme et de l'Esprit.
6. Pourquoi les progrès scientifiques sont-ils si lents dans ce domaine ?
Les Esprits avaient prévenu très tôt en affirmant que[3] « Ce serait bien peu connaître les hommes, si l'on pensait qu'une cause quelconque pût les transformer comme par enchantement. Les idées se modifient peu à peu selon les individus, et il faut des générations pour effacer complètement les traces des vieilles habitudes. La transformation ne peut donc s'opérer qu'à la longue, graduellement et de proche en proche ; à chaque génération, une partie du voile se dissipe ; le spiritisme vient le déchirer tout à fait ; (…) »
FREDERIC MYERS affirme (La personnalité humaine, page 402) : « CE N'EST PAS L'OPPOSITION, MAIS L'INDIFFERENCE QUI A ETE LE VERITABLE OBSTACLE AU PROGRES DE CET ORDRE DE RECHERCHES. »
En effet, on constate que les livres d'Allan Kardec sont boudés par des scientifiques et par les personnes qui aiment se croire le privilège de découvrir quelque chose de neuf. Ces personnes l'accusent d'avoir tiré des conséquences spéculatives précipitées, mais elles ne se sont pas donné la peine d'observer autant qu'a pu la faire Allan Kardec.
Allan Kardec ne s'est pas cantonné aux faits, il a immédiatement su tirer les conséquences et les généralisations découlant des phénomènes, et ce avec une clarté et une simplicité qui a fait dire à Camille Flammarion que Kardec était « le bon sens incarné ».
On rencontre souvent aussi ce que j'appellerais le syndrome cérébral du mur de Berlin, de nombreux scientifiques séparant de façon radicale leurs raisonnements scientifiques des aspirations religieuses. Ils s’interdisent les raisonnements pour les questions de foi.
A l’opposé, répondant à Bacon, qui avait abandonné à l'Autorité et à la Foi le domaine des "choses divines", Frederic Myers affirme que (La Personnalité Humaine, page 403) : « Je prétends qu'il existe une méthode d'arriver à la connaissance de ces choses divines avec la même certitude, la même assurance calme auxquelles nous devons les progrès dans la connaissance des choses terrestres. (…) Les impulsions de la foi se transformeront en convictions raisonnées et résolues qui feront naître un idéal supérieur à tous ceux que l'humanité avait conçus jusqu'ici. »
Charles Richet a eu l'honnêteté de déclarer qu'aller plus loin que les phénomènes ne l'intéressaient pas.
7. Que faut-il faire pour que les hommes de science acquièrent la certitude de l'immortalité ?
Ce n'est que lorsque les hommes de science travailleront en se basant sur l'hypothèse de l'existence de l'âme qu'ils avanceront à pas de géants. Les premiers à faire ce pas ont été et seront encore condamnés et rejetés par leurs homologues envieux ou orgueilleux. Cela a été le cas de William Crookes, qui a résisté à cette pression en affirmant, devant le sourire narquois de ses collègues de la communauté scientifique britannique : « Je ne dis pas que cela est possible, je dis que cela est. »
Dans la Revue Spirite d'août 1858, Allan Kardec affirme : « La physiologie (…) veut tout rattacher à l'élément matériel, sans tenir aucun compte de l'élément spirituel. Tant qu'elle s'obstinera dans cette voie restrictive, elle sera impuissante à résoudre les mille problèmes qui surgissent à chaque instant sous son scalpel, comme pour lui dire : « Tu vois bien qu'il y a autre chose que la matière, puisque avec la matière seule tu ne peux tout expliquer. » Et ici nous ne parlons pas seulement de quelques phénomènes bizarres qui pourraient la prendre au dépourvu, mais des effets les plus vulgaires. S'est-elle seulement rendu compte des rêves ? (…) dit-elle comment se produisent ces images si claires et si nettes qui nous apparaissent quelquefois ? (…) Dans le somnambulisme naturel, que personne ne conteste, dit-elle d'où vient cette étrange faculté de voir sans le secours des yeux ? de voir, non pas vaguement, mais les détails les plus minutieux, au point de pouvoir faire avec précision et régularité des travaux qui, dans l'état normal, exigeraient une vue perçante ? Il y a donc en nous quelque chose qui voit indépendamment des yeux. Dans cet état, non seulement le sujet agit, mais il pense, il calcule, il combine, il prévoit, il se livre à des travaux d'intelligence dont il est incapable dans l'état de veille, et dont il ne conserve aucun souvenir ; il y a donc quelque chose qui pense indépendamment de la matière. Quel est ce quelque chose ? là, elle s'arrête. Ces faits cependant ne sont pas rares ; mais un savant ira aux antipodes pour voir et calculer une éclipse, tandis qu'il n'ira pas chez son voisin pour observer un phénomène de l'âme. Les faits naturels et spontanés, qui prouvent l'action indépendante d'un principe intelligent, sont très nombreux, mais cette action ressort avec encore plus d'évidence dans les phénomènes magnétiques et spirites, où l'isolement de ce principe se produit pour ainsi dire à volonté. »
8. Comment se construit un modèle scientifique ?
Citons quelques concepts modernes de méthodologie scientifique.
En 1962, Thomas Kuhn, professeur de Physique au MIT (Université du Massachusetts), passionné d'histoire et de philosophie de la Science, a publié "La Structure des Révolutions Scientifiques". Il y introduit le concept de paradigme (modèle). « Les paradigmes sont les découvertes scientifiques universellement reconnues qui, pour un temps, fournissent à une communauté de chercheurs des problèmes types et des solutions. » Selon lui, la science progresse par des révolutions pendant lesquelles les certitudes scientifiques et les paradigmes doivent être revus, de nombreux fondements perdant leur validité.
Les idées d'Imre Lakatos vont dans le même sens. Selon lui, la science se développe selon un programme scientifique de recherche, qui consiste en un noyau rigide d'hypothèses fondamentales, entouré par des hypothèses auxiliaires, ajustant le noyau central. Ce programme scientifique évolue, et il est dit progressif s'il permet d'expliquer de nouveaux faits, et dégénérant dans le cas contraire. Dans ce dernier cas, il faut élaborer un nouveau programme de recherche.
9. Comme se situe le Spiritisme par rapport à ces concepts ?
Les faits spirites existent de tout temps, mais Allan Kardec les a codifiés avec précision, en établissant des principes théoriques, des méthodes, des critères et des valeurs pour les recherches et même plusieurs exemples concrets de problèmes résolus par la théorie spirite. Une analyse plus détaillée[4] permet d'affirmer qu'il nous a ainsi légué un véritable paradigme scientifique, dans le sens donné par Kuhn, qui n'a rien à envier aux autres paradigmes scientifiques comme la thermodynamique, la mécanique relativiste, etc[5].
De même, le Spiritisme porte toutes les caractéristiques d'un programme scientifique de recherche progressif, constituant une science légitime selon Lakatos. « Son noyau de principes fondamentaux est lié à l'existence, la préexistence et la survie de l'esprit, son évolution, son libre arbitre, la loi de causalité, etc. » Les principes auxiliaires concernent la nature du périsprit, la réincarnation, la condition de l'esprit après la mort, et relient les principes fondamentaux aux phénomènes.
De nombreux autres chercheurs de la phénoménologie spirite ont suivi la même voie. Frederic Myers affirme (La Personnalité Humaine, pages 1et 2) : « La méthode que notre race a trouvée la plus efficace au point de vue de l'acquisition des connaissances est (…) la méthode de la science moderne, le procédé qui consiste à interroger la nature sans passion ni parti pris, d'une façon patiente et systématique, par une expérimentation minutieuse et un enregistrement de résultats qui permettent de deviner les vérités les plus profondes d'après les indications les plus légères. » C’est celle qu’il a suivi dans ses travaux au sein de la SPR de Londres.
A l'exemple de nos aînés, nous devons être rigoureux dans l'organisation des séances spirites. Le sérieux, la patience, la persistance et la rigueur dans la définition des protocoles dans les recherches sont nécessaires à l'obtention de résultats. En outre, les résultats des séances doivent être rapportés dans des compte-rendus, pour permettre leur analyse rigoureuse et constante.
10. Comment pouvons-nous procéder pour prouver l'immortalité ?
L'immortalité de quoi ? De l'âme, bien sûr.
Il convient de procéder par étapes selon une séquence logique, bien expliquée par Allan Kardec[6] : « 19. On croit généralement que pour convaincre, il suffit de montrer des faits ; (…) pourtant l'expérience montre que ce n'est pas toujours la meilleure, car on voit souvent des personnes que les faits les plus patents ne convainquent nullement. (…) »
Il poursuit ainsi, au chapitre III du Livre des Médiums : « Dans le spiritisme, la question des Esprits est secondaire et consécutive ; ce n'est pas le point de départ, et là précisément est l'erreur dans laquelle on tombe, et qui souvent fait échouer vis-à-vis de certaines personnes. Les Esprits n'étant autre chose que les âmes des hommes, le véritable point de départ est donc l'existence de l'âme. Or, comment le matérialiste peut-il admettre que des êtres vivent en dehors du monde matériel, alors qu'il croit que lui-même n'est que matière ? Comment peut-il croire à des Esprits en dehors de lui, quand il ne croit pas en avoir un en lui ? En vain accumulerait-on à ses yeux les preuves les plus palpables, il les contestera toutes, parce qu'il n'admet pas le principe. Tout enseignement méthodique doit procéder du connu à l'inconnu ; pour le matérialiste, le connu c'est la matière ; partez donc de la matière, et tâchez avant tout, en la lui faisant observer, de le convaincre qu'en lui il y a quelque chose qui échappe aux lois de la matière ; en un mot, avant de le rendre SPIRITE, tâchez de le rendre SPIRITUALISTE ; (…) »
Mais surtout, si nous voulons être crédibles, donnons l’exemple : Ne tombons pas dans les excès du matérialisme en donnant l’impression de faire du business avec le spiritisme. Rejetons énergiquement, comme l’ont fait nos aînés Allan Kardec, Léon Denis, Gabriel Delanne et tant d’autres, toute forme de médiumnité vénale.
11. Quels sont les phénomènes spirites qui constituent les meilleures preuves de l'immortalité ?
Nous avons déjà parlé du somnambulisme, cité par Allan Kardec. Citons également les travaux d’autres chercheurs, qui se sont rendus à l’évidence de l’existence de l’âme.
Dans son ouvrage « A propos de l'Introduction à la Métapsychique Humaine », magistrale réfutation du traité de Métapsychique, publié par René Sudre, Ernest Bozzano énumère onze catégories de phénomènes inexplicables avec toutes les théories métapsychiques, et constituant une excellente convergence de preuves sur l'existence et l'immortalité de l'âme. Ces phénomènes sont les suivants :
« 1. - Les cas d'identification de décédés inconnus du médium et des assistants.
2. - Les cas d'apparitions des défunts au lit de mort.
3. - Les cas d'enfants voyants au lit de mort de tierces personnes.
4. - Quelques phénomènes très spéciaux de « télékinésie » au lit de mort et après la mort.
5. - Quelques phénomènes extraordinairement significatifs de « musique transcendantale » au lit de mort et après la mort.
6. - Les cas de personnalités de défunts qui causent avec facilité et écrivent couramment en des langues ignorées du médium, et parfois de tous les assistants.
7. - Les cas de personnalités de défunts qui écrivent couramment avec l'écriture qui leur était propre de leur vivant - ce qui est infiniment différent de l'autre phénomène de la reproduction d'une simple signature.
8. - Les phénomènes de « bilocation » au moment préagonique ; surtout quand ils sont visibles collectivement pas tous les assistants.
9. - Les phénomènes de matérialisations de fantômes vivants et parlants ; parfois parlant et écrivant en des langues ignorées de tous les assistants.
10. - Quelques modalités spéciales de « correspondances croisées »
11. - L'existence dans la subconscience humaine de facultés supernormales de sens, indépendantes de la loi d'évolution biologique. »
Après avoir illustré chacune de ces onze catégories par la narration de nombreux faits, Ernesto Bozzano conclut en affirmant (page 238), au sujet de Myers, Hodgson, Hyslop, Barrett, Mrs. Verrall, Oliver Lodge, Zöllner, du Prel, Aksakoff, Boutleroff, Flammarion, Lombroso, Brofferio : « C'est l'éloquence irrésistible des faits, et surtout la constatation imposante de la convergence admirable de toutes les preuves - animiques et spirites - vers la démonstration de l'existence et survivance de l'âme, qui les a amenés à conclure définitivement en faveur de l'hypothèse spirite. Il s'ensuit que leurs conclusions sont rigoureusement scientifiques, autant que celles soutenues par les opposants ; avec cette différence, toutefois, que ces derniers fondent leurs inductions et leurs déductions sur des groupes isolés de phénomènes, et jamais sur leur totalité : tandis que les inductions et les déductions de ceux qui soutiennent l'hypothèse spirite sont très fermement basées sur la totalité des manifestations médiumniques, animiques et spirites. »
Ernest Bozzano s’appuie sur les arguments des Métapsychistes, concernant l’animisme, « que c’est le complément nécessaire du spiritualisme, et que le spiritisme manquerait de base sans l'animisme ; (…) pour parvenir à la démonstration scientifique de l'hypothèse spirite, il est indispensable de procéder du connu à l'inconnu ; c'est-à-dire que l'on est tenu de passer par la filière des causes et des effets d'ordre psycho-physiologique, qui s'élèvent graduellement, se raffinent, se spiritualisent jusqu'à se trouver en rapport, sans solution de continuité, avec les manifestations de nature essentiellement spirituelle. »
Frederic Myers, illustre chercheur de la SPR de Londres, affirme dans son ouvrage intitulé "La Personnalité Humaine", écrit la veille de son retour dans le monde spirituel le 17 janvier 1901, après plus de 25 ans de travaux dédiés aux recherches sur les Phénomènes Spiritualistes (p. 20) :
« Il existe une conscience plus vaste, des facultés plus profondes, dont la plupart restent virtuelles en ce qui concerne la vie terrestre, dont la conscience et les facultés de la vie terrestre ne se sont dégagées qu'à la suite d'une sélection et qui s'affirment de nouveau dans toute leur plénitude après la mort.
J'ai été amené à cette conclusion qui a revêtu pour moi sa forme actuelle il y a 14 ans environ, lentement, à la suite d'une longue série de réflexions basées sur des preuves dont le nombre allait en augmentant progressivement. »
Frederic Myers s'appuie sur une base factuelle énorme, qui se trouve dans le livre "Phantasms of the Living", et dans les "Comptes Rendus de la Société de Recherches Psychiques de Londres". Il affirme également :
« Elle est en effet d'une importance capitale, cette doctrine de la télépathie qu'on peut considérer comme la première loi qui s'offre à la curiosité humaine et qui, tout en opérant dans le monde matériel, est, à mon avis tout au moins, une loi du monde spirituel ou méta-éthéré. Je tâcherai de montrer au cours de cet ouvrage, sur des exemples nombreux, combien sont importantes les conséquences qui découlent de la doctrine des communications interspirituelles directes et suprasensorielles. Parmi ces conséquences, la plus importante est le jour que jette cette découverte sur la nature intime de l'homme et sur la possibilité de sa survivance après la mort. »
45 minutes d'exposé ne permettent pas d’entrer dans le détail de chacune de ces catégories de phénomènes, qui seront développées par ailleurs dans les conférences suivantes notamment sur la médiumnité et la transcommunication instrumentale, mais je souhaite approfondir rapidement celle dite des « correspondances croisées ».
12. Les correspondances croisées
Les Esprits de trois chercheurs éminents de la SPR, ayant passé plus de dix années de leur vie aux recherches sur le Spiritualisme, ont organisé ce phénomène admirable après leur désincarnation. Ce sont Edmund Gurney, Henry Sidgwick et Frederic Myers. Ils étaient bien placés pour apporter une réponse péremptoire aux éventuels points faibles des phénomènes analysés jusqu’alors.
L’un des médiums étaient Mme Verall, qui avait déjà travaillé avec ces chercheurs avant leur désincarnation. Les premières communications reçues contenaient des citations en grec et en latin, mais le niveau du langage était inférieur à ce que l’on pouvait attendre de F. Myers. De plus, elles étaient rédigées bizarrement, et leur sens n’apparaissait pas clairement. Simultanément, d’autres messages signés F. Myers étaient parvenus à d’autres médiums, habitant très loin de Mme Verall et ignorant totalement le contenu des messages reçus par Mme Verall. Ce furent Mme Piper, résidant aux Etats Unis, et Mme Fleming, résidant en Inde, sous le pseudonyme de Mme Holland. Mme Verall et Mme Piper avaient remis spontanément les messages reçus à Alice Johnson, au secrétariat de la SPR, et Mme Fleming avait reçu dans l’un des messages l’instruction de les envoyer à ce même secrétariat, qu’elle ne connaissait pas, l’adresse exacte ayant été précisée dans le message.
Alice Johnson s’était aperçu que les messages traitaient de sujets similaires, et avaient des caractéristiques communes. Leur analyse a montré que, pris séparément, ils n’étaient pas intelligibles, mais réunis, on pouvait comprendre leur contenu, qui révélait également le niveau culturel et les caractéristiques de leur signataire, alors que les messages avaient été reçus de façon indépendante par des médiums différents. William James et Oliver Lodge avaient participé à cet immense travail d’analyse.
Ces séries complexes de communications se sont produites de 1901 à 1932, faisant intervenir jusqu’à douze médiums, et formant ainsi une abondante documentation de la SPR, qui constitue une excellente preuve de la survie des personnalités de Gurney, Sidgwick et Myers. (Source : Karl W. Goldstein, paru dans Folha Espirita, mai 1996).
13.Pourquoi prouver l’immortalité ?
Dans un commentaire suivant la question n° 148 du Livre des Esprits, Kardec affirme : « (…) quand vient le moment suprême, il en est peu qui ne se demandent ce qu'il va en être d'eux ; car l'idée de quitter la vie sans retour a quelque chose de navrant. Qui pourrait, en effet, envisager avec indifférence une séparation absolue, éternelle de tout ce que l'on a aimé ? Qui pourrait voir sans effroi s'ouvrir devant soi le gouffre immense du néant, où viendraient s'engloutir à jamais toutes nos facultés, toutes nos espérances et se dire : Quoi ! après moi, rien, plus rien que le vide ; tout est fini sans retour ; encore quelques jours et mon souvenir sera effacé de la mémoire de ceux qui me survivent ; bientôt il ne restera nulle trace de mon passage sur la terre ; le bien même que j'ai fait sera oublié des ingrats que j'ai obligés ; et rien pour compenser tout cela, aucune autre perspective que celle de mon corps rongé par les vers !
Ce tableau n'a-t-il pas quelque chose d'affreux, de glacial ? (…) Personne, dit-on, n'est revenu pour nous en rendre compte. C'est une erreur, et la mission du spiritisme est précisément de nous éclairer sur cet avenir, de nous le faire, jusqu'à un certain point, toucher au doigt et à l'œil, non plus par le raisonnement, mais par les faits.(…) »
Allan Kardec affirme également (La Genèse, chapitre IV, 14) : « L'incertitude sur les choses de la vie future fait que l'homme se rejette avec une sorte de frénésie sur celles de la vie matérielle. »
Il existe de nombreuses personnes qui passent leurs nuits et leur vie à rechercher et à guetter des traces d'OVNIS, afin de découvrir le fait matériel irrécusable confortant leur croyance en des êtres extraterrestres, croyance qui vient de leur intuition, de leur Esprit. Ces efforts sont vains, car il leur manque souvent une base théorique et philosophique pour conduire leurs recherches.
Certains spirites prennent parfois une position similaire, attendant le "big message" pour se décider à prendre leur bâton de pèlerin. Souvent, ils se désincarnent avant de l’avoir reçu…
14. Quel est le lien entre cette question et le thème central du 3° Congrès Spirite Mondial (l'Education au XXI° siècle) ?
Qu’est-ce que le Spiritisme, page 119 : « Dans les leçons de philosophie classique, les professeurs enseignent l'existence de l'âme et ses attributs selon les différentes écoles, mais sans preuves matérielles. N'est-il pas étrange qu'alors que ces preuves arrivent, elles soient repoussées et traitées de superstitions par ces mêmes professeurs ? N'est-ce pas dire à leurs élèves : nous vous enseignons l'existence de l'âme, mais rien ne la prouve ? Lorsqu'un savant émet une hypothèse sur un point de la science, il recherche avec empressement, il accueille avec joie, les faits qui peuvent, de cette hypothèse, faire une vérité ; comment un professeur de philosophie, dont le devoir est de prouver à ses élèves qu'ils ont une âme, traite-t-il avec dédain les moyens de leur en donner une démonstration patente ? »
Les abus des religions traditionnelles ont entraîné la montée du matérialisme avec le progrès de la Science au XIX° et au XX° siècle. Nous sommes passés d’un extrême à l’autre, et la ferveur des conceptions matérialistes n’a eu d’égal que celle de l’imposition des dogmes religieux.
La force du Spiritisme est dans l'intégration logique et rationnelle des trois aspects de la connaissance : scientifique, philosophique et éthique ou religieux. Allan Kardec a eu la mission « de présenter une nouvelle approche de la connaissance humaine, considérant l'homme au-delà des limites du corps et laissant entrevoir la connaissance sous le point de vue de l'Esprit[7] . » C’est en cela que le Spiritisme est une proposition éducative pour le XXI° siècle.
15. Conclusion
Le rejet sans preuves ou le refus d'examiner rationnellement le monde spirituel présentent l'inconvénient de laisser le champ libre aux abus en tout genre, généralement d'ordre financier, et même parfois dramatiques, exploitant la crédulité des personnes, par des pratiques fanatiques, sectaires, rituelles, mystiques ou autres. Le Spiritisme apporte les éléments logiques permettant de réfuter ces abus de façon formelle, tout en offrant des réponses claires et consolatrices à la majorité des questions existentielles, si souvent à l'origine du désespoir humain.
En observant l’actualité contemporaine, parmi ces désordres encouragés par le matérialisme, l'orgueil et l'égoïsme, on peut citer des atteintes graves au respect de la vie, notamment la misère, la criminalité et les guerres, mais aussi les drogues, le suicide, l’avortement, la peine de mort, l’euthanasie, le terrorisme, etc.
« En donnant la preuve matérielle de l'existence et de l'immortalité de l'âme, en nous initiant aux mystères de la naissance, de la mort, de la vie future, de la vie universelle, en nous rendant palpables les conséquences inévitables du bien et du mal, la doctrine spirite fait, mieux que tout autre, ressortir la nécessité de l'amélioration individuelle. Par elle, l'homme sait d'où il vient, où il va, pourquoi il est sur la terre ; le bien a un but, une utilité pratique ; elle ne forme pas l'homme seulement pour l'avenir, elle le forme aussi pour le présent, pour la société ; par leur amélioration morale, les hommes prépareront sur la terre le règne de la paix et de la fraternité. »
Reprenons aussi les paroles de Léon Denis : « Le spiritisme est donc, en même temps qu'une puissante synthèse des lois physiques et morales de l'univers, un moyen de régénération et d'avancement ; malheureusement, trop peu d'hommes s'intéressent encore à son étude. La vie du grand nombre est une course frénétique vers des biens illusoires. Nous nous hâtons, nous craignons de perdre notre temps à des choses que nous regardons comme superflues ; et nous le perdons réellement en nous attachant à ce qui est éphémère. Dans son aveuglement, l'homme dédaigne ce qui le ferait aussi heureux qu'on peut l'être en ce monde, c'est-à-dire d'accomplir le bien et de créer autour de lui-même une atmosphère de paix, de calme et de sérénité morale. »
« (…) En démontrant l'existence et l'immortalité de l'âme, le spiritisme ranime la foi en l'avenir, relève les courages abattus, fait supporter avec résignation les vicissitudes de la vie ; (…) il donne une base à la justice, à la charité et à l'amour de ses semblables ; (…) il console et montre le vaste champ de l'avenir ; (…) » (Livres des Esprits, conclusion, III)
16. Autres citations sur le sujet
Livre des Esprits, Introduction, IX : « Aux yeux de toute personne judicieuse, l'opinion des gens éclairés qui ont longtemps vu, étudié et médité une chose, sera toujours, sinon une preuve, du moins une présomption en sa faveur, puisqu'elle a pu fixer l'attention d'hommes sérieux n'ayant ni un intérêt à propager une erreur, ni du temps à perdre à des futilités. »
Œuvres posthumes, chap. 1, II : « 9. Dieu, l'âme, survivance et individualité de l'âme après la mort du corps, peines et récompenses futures, sont les principes fondamentaux de toutes les religions.
Le Spiritisme vient ajouter aux preuves morales de ces principes les preuves matérielles des faits et de l'expérimentation, et couper court aux sophismes du matérialisme. En présence des faits, l'incrédulité n'a plus de raison d'être ; c'est ainsi que le Spiritisme vient redonner la foi à ceux qui l'ont perdue et lever les doutes chez les incertains. »
QU’EST-CE QUE LE SPIRITISME, PAGE 15 : « LA CONVICTION NE SE FORME QU'A LA LONGUE, PAR UNE SUITE D'OBSERVATIONS FAITES AVEC UN SOIN TOUT PARTICULIER. LES PHENOMENES SPIRITES DIFFERENT ESSENTIELLEMENT DE CEUX QUE PRESENTENT NOS SCIENCES EXACTES : ILS NE SE PRODUISENT PAS A VOLONTE ; IL FAUT LES SAISIR AU PASSAGE ; C'EST EN VOYANT BEAUCOUP ET LONGTEMPS QU'ON DECOUVRE UNE FOULE DE PREUVES QUI ECHAPPENT A LA PREMIERE VUE, SURTOUT QUAND ON N'EST PAS FAMILIARISE AVEC LES CONDITIONS DANS LESQUELLES ELLES PEUVENT SE RENCONTRER, ET ENCORE PLUS QUAND ON Y APPORTE UN ESPRIT DE PREVENTION. POUR L'OBSERVATEUR ASSIDU ET REFLECHI, LES PREUVES ABONDENT : POUR LUI, UN MOT, UN FAIT INSIGNIFIANT EN APPARENCE PEUT ETRE UN TRAIT DE LUMIERE, UNE CONFIRMATION ; POUR L'OBSERVATEUR SUPERFICIEL ET DE PASSAGE, POUR LE SIMPLE CURIEUX, ELLES SONT NULLES ; VOILA POURQUOI JE NE ME PRETE PAS A DES EXPERIENCES SANS RESULTAT PROBABLE. »
Qu’est-ce que le Spiritisme, page 91 : « 20. Le spiritisme a pour but la constatation et l'étude de la manifestation des Esprits, de leurs facultés, de leur situation heureuse ou malheureuse, et de leur avenir ; en un mot, la connaissance du monde spirituel. Ces manifestations étant avérées, elles ont pour résultat la preuve irrécusable de l'existence de l'âme, de sa survivance au corps, de son individualité après la mort, c'est-à-dire de la vie future ; c'est, par cela même, la négation des doctrines matérialistes, non plus par des raisonnements, mais par des faits. »
L’Evangile selon le Spiritisme, chapitre V, 7 : « Puisque les manifestations spontanées sont souvent permises et même provoquées dans le but de convaincre, il nous semble que si certains incrédules en étaient personnellement l'objet, ils seraient bien forcés de se rendre à l'évidence. Ils se plaignent quelquefois de ne pouvoir être témoins de faits concluants ; ne dépendrait-il pas des Esprits de leur faire donner quelque preuve sensible ?
« Les athées et les matérialistes ne sont-ils pas à chaque instant témoins des effets de la puissance de Dieu et de la pensée ? Cela ne les empêche pas de nier Dieu et l'âme. Les miracles de Jésus ont-ils converti tous ses contemporains ? Les Pharisiens qui lui disaient : "Maître, faites-nous voir quelque prodige", ne ressemblent-ils pas à ceux qui, de votre temps, demandent que vous leur fassiez voir des manifestations ? S'ils ne sont pas convaincus par les merveilles de la création, ils ne le seraient pas davantage quand bien même les Esprits leur apparaîtraient de la manière la moins équivoque, parce que leur orgueil les rend comme des chevaux rétifs. Les occasions de voir ne leur manqueraient pas s'ils les cherchaient de bonne foi, c'est pourquoi Dieu ne juge pas à propos de faire pour eux plus qu'il ne fait pour ceux qui cherchent sincèrement à s'instruire, car il ne récompense que les hommes de bonne volonté. Leur incrédulité n'empêchera pas la volonté de Dieu de s'accomplir ; vous voyez bien qu'elle n'a pas empêché la doctrine de se répandre. Cessez donc de vous inquiéter de leur opposition qui est à la doctrine comme l'ombre est au tableau, et lui donne un plus grand relief. Quel mérite auraient-ils à être convaincus par la force ? Dieu leur laisse toute la responsabilité de leur entêtement, et cette responsabilité sera plus terrible que vous ne pensez. Bienheureux ceux qui croient sans avoir vu, a dit Jésus, parce que ceux-là ne doutent pas de la puissance de Dieu. »
Livre des Esprits, questions n° 147 et 148 :
« 147. Pourquoi les anatomistes, les physiologistes, et en général, ceux qui approfondissent les sciences de la nature, sont-ils si souvent portés au matérialisme ?
« Le physiologiste rapporte tout à ce qu'il voit. Orgueil des hommes qui croient tout savoir et qui n'admettent pas que quelque chose puisse dépasser leur entendement. Leur science même leur donne de la présomption ; ils pensent que la nature ne peut rien avoir de caché pour eux. »
« 148. N'est-il pas fâcheux que le matérialisme soit une conséquence d'études qui devraient, au contraire, montrer à l'homme la supériorité de l'intelligence qui gouverne le monde ? Faut-il en conclure qu'elles sont dangereuses ?
« Il n'est pas vrai que le matérialisme soit une conséquence de ces études ; c'est l'homme qui en tire une fausse conséquence, car il peut abuser de tout, même des meilleures choses. Le néant, d'ailleurs, les effraye plus qu'ils ne veulent le faire paraître, et les esprits forts sont souvent plus fanfarons que braves. La plupart ne sont matérialistes que parce qu'ils n'ont rien pour combler ce vide ; devant ce gouffre qui s'ouvre devant eux, montrez-leur une ancre de salut, et ils s'y cramponneront avec empressement. »
Après la Mort de Léon Denis,chapitre XXVIII - UTILITÉ DES ÉTUDES PSYCHOLOGIQUES :
« La science est restée impuissante à exercer une influence salutaire et moralisatrice. Privée, jusqu'ici, de toute vue d'ensemble, de ses travaux accumulés, elle n'avait pu faire jaillir cette conception supérieure de la vie qui doit fixer les destinées de l'homme, tracer ses devoirs, lui fournir un principe d'amélioration individuelle et sociale. »
« Le spiritualisme expérimental peut devenir un moyen de conciliation, un trait d'union entre ces deux systèmes ennemis : spiritualisme métaphysique et matérialisme, qui se combattent et se déchirent sans résultat depuis tant de siècles. Il adopte les principes du premier, fait sur eux la lumière et leur procure une base de certitude ; il donne satisfaction au second, en procédant d'après les méthodes scientifiques, en montrant dans le périsprit, corps fluidique semi-matériel, la cause de nombreux phénomènes physiques et biologiques. Il fait plus : il apporte à la science la synthèse philosophique et la conception morale dont celle-ci était dépourvue, et sans lesquelles elle restait sans action sur la vie sociale. »
La Genèse, Chapitre X – Genèse Organique :
« 29.- Quoi qu'il en puisse coûter à son orgueil, l'homme doit se résigner à ne voir dans son corps matériel que le dernier anneau de l'animalité sur la terre. L'inexorable argument des faits est là, contre lequel il protesterait en vain.
Mais plus le corps diminue de valeur à ses yeux, plus le principe spirituel grandit en importance ; si le premier le met au niveau de la brute, le second l'élève à une hauteur incommensurable. Nous voyons le cercle où s'arrête l'animal : nous ne voyons pas la limite où peut atteindre l'Esprit de l'homme.
30.- Le matérialisme peut voir par là que le Spiritisme, loin de redouter les découvertes de la science et son positivisme, va au-devant et les provoque, parce qu'il est certain que le principe spirituel, qui a son existence propre, n'en peut souffrir aucune atteinte.
Le Spiritisme marche de conserve avec le matérialisme sur le terrain de la matière ; il admet tout ce que celui-ci admet ; mais là où ce dernier s'arrête, le Spiritisme va au-delà. Le Spiritisme et le matérialisme sont comme deux voyageurs qui cheminent ensemble en partant d'un même point ; arrivés à une certaine distance, l'un dit : « Je ne puis aller plus loin ; » l'autre continue sa route et découvre un monde nouveau. Pourquoi donc le premier dit-il que le second est fou, parce que celui-ci, entrevoyant de nouveaux horizons, veut franchir la limite où il convient à l'autre de s'arrêter ! Christophe Colomb ne fut-il pas aussi traité de fou, parce qu'il croyait à un monde au-delà de l'Océan ? Combien l'histoire ne compte-t-elle pas de ces fous sublimes qui ont fait avancer l'humanité, auxquels on tresse des couronnes après leur avoir jeté de la boue ? »
CHARLES KEMPF
[1] Léon Denis, le Problème de l'Etre et de la Destinée, Introduction.
[2] « L'homme superlumineux », par le Pr. Régis Dutheil et Brigitte Dutheil, Ed. Sand, 1990.
[3] Allan Kardec, "Le Livre des Esprits", question n°800.
[4] Voir Silvio Chibeni, "Spiritisme, science et philosophie de la science".
[5] Voir Silvio Chibeni, "Spiritisme, science et philosophie de la science".
[6] « Livre des Médiums », chapitre III – Méthode.
[7] André Henrique, Reformador, Septembre 1995.
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